"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

samedi 25 décembre 2010

L'homme inquiet, Henning Mankell



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Wallander a réalisé ses rêves : vivre à la campagne avec son chien. Et il est devenu grand-père d’une petite Klara. Sa fille Linda vit avec le père de l’enfant, incroyable mais vrai, un financier aristocrate. Le beau-père de Linda, ancien officier de marine haut gradé, disparaît après avoir évoqué avec Wallander la guerre froide et les sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises. Puis la belle-mère est retrouvée morte. Soupçons d’espionnage. Au profit de la Russie ? Des Etats-Unis ? Wallander mène une enquête parallèle à celle de la police de Stockholm et des services secrets.

Mankell est un très bon auteur de romans policiers(et autres). Avec "L'homme inquiet" il nous raconte la dernière enquête de son détective fétiche, Kurt Wallander. Par contre, il mêle ici l'enquête policière dont on est habitué et le roman d'espionnage.

C'est relativement réussi comme exercice. Henning Mankell s'en sort bien, comme toujours, avec une écriture efficace et sans fioriture. Il nous fait vivre le cheminement de Wallander depuis ses débuts avec de constants retours en arrière. Ça sent la recette du dernier roman (de la dernière enquête d'un détective) mais on embarque quand même dans l'aventure. On passe un agréable moment de lecture mais ce ne sera certainement pas un classique du genre. Le "Poirot quitte la scène" d'Agatha Christie est de beaucoup supérieur.

Finalement, Mankell ne nous livre pas l'enquête la plus intéressante de Wallander. Mais une fois qu'on a lu les précédentes enquêtes avec le détective Wallander, celle-ci prend tout son sens. Sans être en présence d'un chef-d'oeuvre, on ne regrette pas non plus notre lecture. Adieu Wallander!

vendredi 17 décembre 2010

Le troisième reich, Roberto Bolano



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture : Udo Berger, vingt-cinq ans, est passionné par les jeux de guerre. En compagnie de sa fiancée, Ingeborg, il part quelques jours sur la Costa Brava, dans l'hôtel tenu par la belle Frau Else. Dans sa chambre, Ugo installe une grande table afin d'établir de nouvelles stratégies pour son jeu, "Le Troisième Reich ". La nuit venue, le couple rencontre deux autres Allemands, Charly et Hanna. Lorsqu'ils descendent sur la plage, l'imprévisible Charly leur présente certains locaux : le Loup et l'Agneau, deux personnages mystérieux, ou encore le Brûlé, un homme défiguré dont personne ne sait rien, même si le bruit court qu'il serait étranger et aurait été torturé dans son pays... Texte inédit écrit en 1989, Le Troisième Reich est un roman splendide des débuts de Roberto Bolaño. S'y trouvent certains thèmes chers à l'auteur - remaniés et amplifiés dans ses textes ultérieurs - comme les formes étranges que peut prendre le nazisme ou l'idée que la culture - les jeux ou la littérature - se confond avec la réalité.

Avant de commencer ma critique, j'aimerais vous citez les deux premières lignes du roman. Je ne le fais jamais mais Bolano a une très belle plume et cette première phrase du bouquin en est la preuve:

"Par la fenêtre pénètrent la rumeur de la mer mêlée aux rires des derniers noctambules [...]."

Avec Dostoievski, à égalité en fait, Roberto Bolano est mon auteur préféré. Quand on referme un livre de Bolano, on est tourmenté pour une longue période. Il est difficile à critiquer parce que ses romans ne sont jamais à quoi on s'attendait. En plus, ils sont souvent comme un tableau vague, brumeux, mais qui nous dévoile une grande oeuvre quand on s'y attarde.

Dans "Le troisième reich", c'est exactement cela, soit un roman à la profondeur sans borne. C'est bien écrit, mais étant donné que c'est seulement son deuxième roman, on voit très vite qu'il n'atteint pas le niveau de "2666" ou "Les détectives sauvages". Je m'attendais à une métaphore sur le nazisme, mais c'est plutôt un roman comme seul Roberto Bolano sait le faire que j'ai lu. Un roman qui décrit en fait le vide de l'existence. Essentiellement. Après avoir lu trois romans de ce génie des lettres, j'ai maintenant compris que Bolano écrit sur la condition humaine. Son vide. Ses tourments. Sa poésie.

Finalement, si vous n'avez jamais lu cet écrivain, je vous conseille de commencer par "2666" et non par "Le troisième reich". Par contre, ce dernier plaira aux grands fans de Bolano, dont je suis. Il ajoute une couche à l'oeuvre exceptionnelle de ce Dieu littéraire.

mardi 14 décembre 2010

Crime et châtiment, Dostoievski



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : Crimes, prisons, décapitations, autant de thèmes qui parcourent en tous sens l'art depuis la Révolution française et ses premières tentatives d'abolir la peine de mort. Qu'il soit politique ou crapuleux, le crime de sang décuple par l'image sa puissance fantasmatique sur nous. Car la violence, même si elle n'est pas assortie de l'expression du plaisir, en apporte au spectateur, quelle que soit sa répulsion première. Des représentations littérales aux allégories de toutes sortes, la peinture confirme à foison cette ambiguïté fondamentale: des pendus de Victor Hugo à La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime de Pierre Paul Prud'hon. De nouveaux thèmes s'imposent à l'imaginaire, telle la femme criminelle. Stigmatisée par Jacques Louis David, réhabilitée par Paul Baudry puis noircie à nouveau par Edvard Munch, Charlotte Corday rejoint ainsi les figures du mythe. Se pose aussi la question des rapports entre folie, génie et crime, des prisonniers d'Eugène Delacroix à ceux d'Egon Schiele. Les plus grands artistes sont ceux chez qui la représentation exaspérée du crime ou de la peine capitale aboutit au saisissement maximum, de Francisco Goya et Théodore Géricault à Edgar Degas, Pablo Picasso, Otto Dix, George Grosz. Paria social, monstre conscient ou tueur irresponsable, le criminel a toujours fait débat. De même, son châtiment. Il n'est pas de meilleur miroir de l'homme et de l'art modernes.

Depuis un certain temps, Fedor Dostoievski est mon écrivain préféré. Il n'y a pas mieux que Dostoievski pour sonder l'âme humaine, comme l'a si bien décrit le Laroussse. En plus, cet auteur a une plume inégalable et est le pionnier des dialogues intérieurs, ce qu'on retrouve maintenant avec plusieurs écrivains.

Pour "Crime et châtiment", Dostoievski poursuit son oeuvre avec un roman très psychologique. Sans entrer dans les détails de l'intrigue, disons simplement qu'on a le droit à un questionnement fort intéressant d'un homme qui vient de commettre un meurtre atroce. Quasiment tout le bouquin tourne autour de ce questionnement. Bien sûr que plusieurs personnages viennent se greffer petit à petit dans cette histoire, mais le roman demeure très centré sur le personnage principal et ses tourments. C'est un roman psychologique au possible, beaucoup plus que ce que je m'attendais.

Finalement, voici donc une grande oeuvre. L'épilogue est une des plus belles qu'il m'ait été donné de lire. Écrit en seulement 3 mois(?!?) par Dostoievski, ce livre nous fait passer par toute la gamme des émotions. On en vient même à aimer l'assassin...

mercredi 8 décembre 2010

Et Nietzsche a pleuré, Irvin Yalom



Ma note : 8/10

Voici la quatrième de couverture : Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé somme le Dr Breuer de rencontrer Friedrich Nietzsche. Encore inconnu du grand public, le philosophe traverse une crise profonde due à ses relations orageuses avec Lou Salomé et à l’échec de leur ménage à trois avec Paul Rée. Friedrich Nietzsche ou le désespoir d’un philosophe. Le Dr Breuer, l’un des fondateurs de la psychanalyse. Un pacte secret, orchestré par Lou Salomé, sous le regard du jeune Sigmund Freud. Tout est là pour une magistrale partie d’échecs entre un patient extraordinaire et son talentueux médecin. Mais qui est le maître ? Qui est l’élève ? Qui soigne qui ? Et c’est à une nouvelle naissance de la psychanalyse, intense, drôle et machiavélique, que nous convie Irvin Yalom.

Après avoir lu l'excellent roman "La méthode Schopenhauer" de cet auteur, j'ai maintenant complété la lecture de son premier roman publié, "Et Nietzsche a pleuré". Première impression : c'est un très bon roman!

En effet, j'ai adoré ce livre. Habituellement, le premier roman d'un auteur est moins bien écrit et l'histoire plus disparate. Pas ici. Et même, on peut dire que ce roman est mieux écrit que "La méthode Schopenhauer". Peut-être y a-t-il eu un long travail de réécriture et d'édition, mais j'ai trouvé le style d'écriture superbe.

L'histoire est elle aussi magnifique. Nietzsche est très bien mis en scène et sans artifice inutile. Même si c'est de la fiction, tout semble plausible. On en apprend beaucoup aussi à travers cette oeuvre. Il y a beaucoup de citations intéressantes de Nietzsche et pour ceux qui connaissent mal l'oeuvre de ce très grand philosophe, et bien, ils apprendront à la connaître. Personnellement, j'ai tout lu de Nietzsche et je peux donc affirmer que Yalom a fait un travail remarquable.

Au final, voici un roman qui devrait plaire à tous. Les débutants (de l'oeuvre de Nietzsche, de la psychologie, de la philosophie) comme les érudits. Le thème de la psychologie est abondamment présent et traité de manière juste. La philosophie aussi. Vous ne pouvez pas vous tromper avec ce bouquin. C'est vraiment un grand roman!

dimanche 5 décembre 2010

Lignes de faille, Nancy Huston



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d’une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York. Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l’époque où l’on vit, l’homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C’est contre elle pourtant que s’élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.

C'est le premier roman de Nancy Huston que je lis. Par contre, j'ai lu deux de ses essais il n'y a pas si longtemps. J'avais bien aimé. "Professeur de désespoir" fut le premier et "L'espèce fabulatrice" étant le deuxième. Quand je lisais ces deux essais, il m'est venu à l'esprit que Nancy Huston avait une plume toute désignée pour l'essai. Je doutais donc de sa capacité à faire de bons romans, mais surtout je doutais de sa plume. Un essai n'est jamais un roman, surtout pour le style d'écriture. Et bien, je ne me suis pas trompé de beaucoup. Bien que ce roman ne soit pas mauvais, on est loin du chef-d'oeuvre.

En effet, sa plume est trop "quelconque" selon moi pour le roman. Elle sait écrire mais là n'est pas la question. Je pense qu'elle ne sort pas assez des sentiers battus. Elle ne prend pas assez de risques. En tout cas pas assez pour devenir une très grande écrivaine, selon moi.

Le roman tient la route. Il livre la marchandise. Cependant, je ne peux pas dire que j'ai été envoûté par lui. En plus d'avoir une plume dans les standards, ce roman a quelques défauts dans son contenu, comme le fait qu'on suit les pensées de jeunes de 6 ans alors qu'au minimum ces jeunes devraient avoir 10 ans tellement leurs pensées sont profondes et développées. À chaque page ce constat me venait à l'esprit.

Les thèmes du roman sont par contre accrocheurs et bien traités. L'auteure évoque la guerre, la religion et la famille à des périodes différentes de l'histoire. C'est bien fait et on se questionne constamment. En plus, en traitant différentes générations, tout le monde ou à peu près y trouvera son compte.

Finalement, Nancy Huston ne m'a pas complètement conquis avec "Lignes de faille". C'est peut-être dû à mes dernières lectures qui furent remarquables. Je sais pas. Mais chose certaine, je vais probablement oublier ce roman aussi vite que je l'ai lu. Ce qui n'est habituellement pas bon signe pour revenir lire un écrivain.

mercredi 1 décembre 2010

Le voyage d'Anna Blume, Paul Auster



Ma note : 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : In the Country of Last Things est le titre original du Voyage d'Anna Blume. De ce " pays des choses dernières " où elle tente de survivre au froid, aux prédations et au désespoir, Anna Blume - venue chercher son frère disparu, William - écrit une longue lettre dont on ne sait si elle trouvera jamais son destinataire : ses errances dans une ville aux rues éventrées, sa lutte pour subsister parmi les " chasseurs d'objets " et les " ramasseurs d'ordures ", la mort omniprésente, la difficulté de vivre des amours durables... revêtent ici une force symbolique d'une actualité étonnante. Et cette lettre, en même temps qu'elle éveille en lui un passé de terreurs et d'apocalypse, interroge d'insidieuse façon le lecteur sur son rapport au monde... et au langage.

J'aime beaucoup Paul Auster. Son style d'écriture est splendide et il est le maître de la "poupée russe" littéraire, soit des romans qui contiennent plusieurs illusions ou plusieurs autres romans en un seul. On croit lire un roman quelconque mais il revire la situation et on s'aperçoit qu'on ne lisait pas nécessairement ce qu'on pensait. Dans les romans de Paul Auster, il y a donc emboîtement d'histoires différentes, de narrateurs différents aussi. Le tout fait avec une main de maître pour notre plus grand plaisir.

Pour "Le voyage d'Anna Blume" la situation n'est pas différente. C'est un mystérieux personnage qui nous lit la lettre qu'il a trouvée, écrite par Anna Blume. Cette lettre étant écrite d'un endroit très différent du nôtre. Tout le roman repose sur la description de la cité où Anna Blume se trouve. Le coup de génie de Paul Auster avec ce roman est que cet endroit est très différent de notre monde mais quand on le lit comme une métaphore, - de notre monde, de nos villes (New york en particulier)- on peut y faire des liens. L'endroit où se trouve Anna Blume est très intéressant, c'est le moins que l'on puisse dire, et l'ambiance qu'a réussi à créer Paul Auster est magique. C'est un véritable coup de maître ce roman!

Finalement, j'aurais aimé mettre une note plus haute pour ce roman(je l'ai tellement aimé) mais comme à chaque fois que je lis Paul Auster il manque un petit je-ne-sais-quoi pour crier au chef-d'oeuvre. À chaque fois c'est la même chose. C'est difficile à expliquer, mais on finit la lecture en ayant le sentiment que l'auteur a passé à côté de quelque chose d'exceptionnelle. Ne vous méprenez pas, c'est très bon comme roman. C'est à lire absolument, mais il manque quelque chose. Un petit quelque chose...

dimanche 28 novembre 2010

Tandis que j'agonise, William Faulkner



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Histoire d'un voyage funéraire : accompagné de ses enfants, Anse Bundren fait un voyage de plusieurs jours pour enterrer sa femme. Chemin faisant, le corps se décompose et les désastres s'accumulent. Ce roman a permis à Jean-Louis Barrault de faire son entrée dans la vie théâtrale de Paris en 1935.

Quand on demande aux écrivains et spécialistes littéraires américains le nom du plus grand écrivain de l'histoire des États-Unis, un nom revient continuellement. Celui de William Faulkner. Avec raison.

C'est seulement la deuxième fois que je lisais Faulkner. En plus c'était il y a longtemps. J'avais hâte de redécouvrir ce grand écrivain. Surtout après mes nombreuses lectures de ces dernières années. Je voulais comparer. Et bien, je dois dire qu'il m'a épaté! Même si selon moi sa plume n'est pas aussi "spéciale" et extraordinaire que Cormac McCarthy (son héritier US), dès la première page, on voit le grand talent de Faulkner. Il n'y a pas un mot de trop, ça se lit bien et nous rentrons dans l'histoire d'un coup! C'est magnifique!

Pour ce roman en particulier, Faulkner fait parler une quinzaine de personnages à travers seulement 250 pages. Chaque personnage a son propre style, son propre caractère aussi. C'est une réussite. Faulkner nous invite à lire une prose au sommet de son art accompagnée d'un réalisme intransigeant. On est dans le sud américain des années 30. La pauvreté est très présente. La vie difficile. Dieu aussi est présent.

Finalement, en terminant la lecture je me demande si ça vaut la peine de lire un roman d'un auteur sans lire le reste de son oeuvre. Pour Faulkner c'est encore plus questionnable. On sent que ce roman fait partie d'une fresque. On sent qu'il nous manque quelque chose. On sent que Faulkner veut passer un message...

vendredi 26 novembre 2010

La carte et le territoire, Michel Houellebecq



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait peut-être par vous parler d'une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passe seul de nombreux réveillons de Noël. Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l'écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l'exercice de leur profession. Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police. Sur la fin de sa vie il accèdera à une certaine sérénité, et n'émettra plus que des murmures. L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Après "Les particules élémentaires", ma première lecture de Houellebecq, je viens maintenant de lire celui qui lui a donné le goncourt, "La carte et le territoire". Bien que très différent, celui-ci est tout aussi bon. Il dérangera moins le lecteur, c'est certain, mais la plume de Houellebecq est encore une fois parfaite. Il a le sens du roman cet écrivain. Ça se lit bien, vite et il nous transporte cette fois-ci sur 425 pages.

Je ne parle pas souvent du contenu d'un roman dans mes critiques. Je laisse le lecteur découvrir ce même contenu par lui-même et la quatrième de couverture en dit bien assez la plupart du temps. Mais ici j'effleurerai le sujet en disant que le roman se déroule dans le milieu de l'art et que ce point m'a particulièrement enchanté. Je m'y connais très peu sur ce sujet, ce qui m'a permis d'en apprendre un peu plus. Je me suis aussi aperçu que les accusations de plagiat sur wikipedia étaient ridicules. Wikipedia est bel et bien cité dans le roman et de plus, s'il y a un site où le plagiat est courant c'est wikipedia lui-même.

Finalement, Houellebecq est maintenant mon écrivain français préféré (de notre époque s'entend) même après avoir lu seulement deux livres de cet auteur. Il a dépassé, de mon point de vue, Maurice G. Dantec parce que ce dernier ne cesse de nous ressasser les mêmes thèmes et est souvent incompréhensible pour le lecteur. Dommage que Dantec n'a pas su se renouveler après ses premiers écrits. Contrairement à Houellebecq qui le prouve avec ce très bon roman!

samedi 20 novembre 2010

Le double, Dostoievski



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Le héros de notre récit entra tout hagard dans son logement ; sans quitter ni manteau ni chapeau, il traversa le couloir et, comme frappé de la foudre, s'arrêta sur le seuil de sa chambre. L'inconnu était assis devant lui, en manteau et chapeau lui aussi, sur son propre lit, souriant légèrement, et, clignant un peu des yeux, il le saluait amicalement de la tête. M. Goliadkine voulut crier mais ne put et il se laissa tomber sur une chaise presque évanoui d'épouvante. Et à vrai dire, il y avait de quoi. M. Goliadkine avait tout à fait reconnu son nocturne compagnon qui n'était autre que lui-même, M. Goliadkine, mais tout à fait identique à lui-même ; en un mot ce qui s'appelle son double sous tous les rapports...

Les grandes oeuvres prennent du temps à mûrir. "Le double" de Dostoievski, son deuxième roman, a été mal reçu par la critique. Mais avec le temps, ce roman a été réhabilité et est considéré maintenant au même titre que les autres livres de cet auteur. Et pour cause!

On est en présence d'une véritable leçon d'écriture. Tout est bon, ou presque! On rit beaucoup. La plume de Dostoievski est encore une fois extraordinaire. La psychologie des personnages est riche. On la sent à chaque page cette psychologie. L'idée de départ est géniale, tout comme sa fin d'ailleurs. C'est un roman court pour Dostoievski, mais combien enrichissant.

Les jeunes auteurs devraient s'inspirer de ce roman pour apprendre l'écriture. Même si lui-même, Fiodor Dostoievski, n'aimait pas son roman(il l'a même réécrit sans succès par la suite) je considère qu'avec le temps, ce roman a atteint un degré de maturité tel qu'on peut le considérer comme un véritable chef-d'oeuvre, ou, à tout le moins, comme un grand roman qu'on se doit de lire!

En terminant, vous devez savoir que Dostoievski est maintenant mon écrivain préféré, toute époque considérée. D'une analyse globale, il est le plus grand sans aucun doute. Ses histoires(et intrigues) sont toujours bonnes. Sa plume est une merveille. Ses personnages, toujours profonds. Ses descriptions minutieuses et intéressantes. En plus, Dostoievski est le maître pour sonder l'âme humaine.

J'ai donc essayé d'être le plus objectif possible pour la critique. Mais qui est vraiment objectif...(?)

mercredi 17 novembre 2010

Le périple de Baldassare, Amin Maalouf



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d'Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d'un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence. Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l'amour, à l'heure où il ne l'attendait plus.

Je ne serai pas un bon juge pour ce roman. De mes souvenirs, Maalouf est le premier écrivain d'origine arabe que je lis.(On est tellement influencé par l'Occident!) Que l'on veule ou non, la critique d'un roman repose beaucoup sur le jeu des comparaisons et je ne pense pas être en mesure de le critiquer à sa juste valeur. Donc, par respect pour ce grand auteur, reconnu par tous, je serai très court dans ma critique.

Alors qu'en est-il de ce roman? Et bien, le style d'écriture m'a plu et j'ai trouvé cette lecture plus légère que je m'y attendais. Maalouf a déjà gagné le goncourt et je m'attendais donc à une lecture ardue. Pas du tout. Ça se lit bien. D'un autre côté, on est pas non plus en présence d'une plume exceptionnelle comme celle de Cormac McCarthy, par exemple. En fait, la plume de Maalouf est bien, mais sans plus.

Roman écrit à la première personne, Le périple de Baldassare a comme toile de fond la fin du monde, parce qu'on est en 1666, et donc, ces trois derniers chiffres constituent le nombre de la bête dans l'Apocalyspe, entre autres. Cet élément est intéressant parce que très d'actualité. À notre époque, la fin du monde est annoncée pour décembre 2012 et on peut vivre pleinement le questionnement de Baldassare.(Si vous lisez ceci après cette date, et bien, on a survécu!)

Finalement, on a droit à une lecture agréable sans être extraordinaire. Bien que cet auteur ait un certain talent, il ne m'a pas enchanté comme bien d'autres ont su le faire. Mais faut dire qu'il y a pire aussi! À vous de juger...

vendredi 12 novembre 2010

La méthode Schopenhauer, Irvin Yalom




Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Quand Julius Hertzfeld, un célèbre psychiatre de San Francisco, apprend qu'il n'a plus que quelques mois à vivre, que fait-il ? Il contacte l'un de ses anciens patients, l'arrogant Philip Slate, accro au sexe, rigide, asocial et manipulateur, le plus grand échec de sa carrière, devenu depuis psychothérapeute. Au centre de cette relation : Schopenhauer...

Pour commencer, parlons de ma note, le 8,5/10. J'ai essayé d'être le plus honnête possible avec celle-ci parce qu'en étant subjectif je lui mettais un 9,5/10 et en étant objectif, le roman méritait un 7,5/10. Donc un 8,5 est le juste milieu et le mieux que je puisse faire. Parce que vous devez savoir que personnellement j'ai adoré ce bouquin pour la simple raison que Schopenhauer est mon philosophe préféré.

L'auteur est psychiatre et prof à Stanford et ça paraît. Il nous invite avec ce roman dans l'univers des thérapies de groupe, ce qui est assez paradoxal parce que Schopenhauer est très solitaire. Cet élément rajoute donc de la profondeur au récit parce qu'il oppose, en quelque sorte, la pensée très solitaire d'un écrivain et la relation avec les autres. Tout ça dans le but de préparer Julius à affronter la mort qui l'attend. Mais plus on avance dans la lecture, on s'aperçoit que ce n'est pas nécessairement Julius qui en sortira changé...

Aussi, plus le roman avance, plus le parti pris anti-Schopenhauer de l'auteur devient évident. Même s'il rend un vibrant hommage à Schopenhauer, M. Yalom glisse vers une critique du philosophe. Le tout se fait subtilement, mais en lisant entre les lignes on perçoit que l'écrivain n'épouse pas toute la philosophie d'Arthur Schopenhauer. Ainsi, à chaque deux chapitres ou à peu près, il y a la biographie du grand philosophe qui nous est racontée par Yalom et il n'est pas vraiment tendre envers lui. Mais tout est fait avec classe, ce qui prouve la grande honnêteté intellectuelle de l'auteur et il répare même l'histoire de la psychanalyse en plaçant Schopenhauer sur un pied d'égalité avec Freud et même plus haut. Ce qui n'est pas rien de la part d'un psychiatre.

Pour le style d'écriture, et bien on est quand même pas en présence d'un grand styliste. En plus, les personnages sont froids, ce qui rebute le lecteur par moment. La force du roman est dans le contenu et non le contenant, si je peux m'exprimer ainsi. C'est pour ça qu'objectivement, le roman méritait un 7,5/10.

Pour terminer, étant un lecteur assidu de Schopenhauer, je ne peux pas dire que j'en ai appris beaucoup avec ce roman. (À part l'aspect biographique de la vie du philosophe). Par contre, l'histoire est très bonne et l'intégration de la pensée de Schopenhauer dans un roman est réussie. Ainsi, en terminant le bouquin, on peut dire : mission accomplie!

lundi 8 novembre 2010

Les particules élémentaires, Michel Houellebecq



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Michel, chercheur en biologie rigoureusement déterministe, incapable d’aimer, gère le déclin de sa sexualité en se consacrant au travail, à son Monoprix et aux tranquilisants. Une année sabbatique donne à ses découvertes un tour qui bouleversera la face du monde. Bruno, de son côté, s’acharne en une quête désespérée du plaisir sexuel. Un séjour au "Lieu du Changement", camping post-soixante-huitard tendance new age, changera-t-il sa vie ? Un soir, une inconnue à la bouche hardie lui fait entrevoir la possibilité pratique du bonheur.
Par leur parcours familial et sentimental chaotique, les deux demi-frères illustrent de manière exemplaire la société d’aujourd’hui et la quête complexe de l’Amour vrai.

C'est étrange de faire une critique d'un roman de Houellebecq aujourd'hui. Il a gagné, aujourd'hui même, le précieux prix Goncourt avec son roman La carte et le territoire. Hasard que je termine le même jour un Houellebecq? J'ose espérer. Mais peut-être pas en fin de compte, je vous laisse deviner...

C'est la première fois que je lisais Houellebecq. En retard certes, mais le personnage "Houellebecq" ne m'inspirait pas confiance. Je me permets de l'appeler le personnage, parce qu'en fait ce n'est même pas son vrai nom et en plus, il a des propos controversés sur une foule de sujets, dont l'Islâm. Et Houellebecq est l'auteur qui vend le plus en France à notre époque. Mais comme j'habite le Québec, je ne m'étais pas laisser emporter par la vague.

Donc, trêve d'anecdotes, et qu'en est-il de ce roman acclamé par la critique de l'époque? Et bien j'ai été surpris. Je commençais le roman avec un scepticisme sans borne mais je dois dire que j'ai été conquis par le talent de Houellebecq. Sa plume nous transporte. C'est un page-turner mais avec une histoire riche et quand même pas dénuée d'intellectualisme. Les sujets sont intéressants. C'est enrichissant. On en apprend, on rit aussi, parce que c'est parfois très drôle. Il n'y a pas à dire, Houellebecq a un grand talent d'écrivain. Les grands vendeurs n'ont pas souvent un réel talent d'auteur mais, comme Stephen King, Houellebecq est une exception. Il sait écrire et le mot est faible. Je suis même surpris qu'il vende autant avec ce genre de roman.

Une force du roman est que l'auteur s'en est tenu au strict minimum. Il aurait pu répéter son propos et son histoire pendant 600 pages mais il s'en est tenu à 300 pages. C'est un point important parce qu'on ne s'ennuie pas du tout. Il n'y a aucune page de trop. Il n'a pas tombé dans le piège.

Sur la forme et même sur le fond, tout compte fait, Houellebecq m'a rappelé Philip Roth. En effet, c'est une biographie romancée et de fiction que nous offre l'auteur un peu comme Philip Roth nous a habitué. Par contre Houellebecq utilise deux personnages principaux, deux frères. Mais comme Roth, il nous parle d'hommes tourmentés. Personnellement, j'aime mieux le talent de Roth. Mais ça, c'est très personnel.

Au final, voici un roman qu'il faut lire. Il rend compte avec justesse de notre époque. En fait, on passe un agréable moment de lecture et moi, j'ai ri beaucoup, presqu'à chaque page. Jaune par moment.

vendredi 5 novembre 2010

Nana, Émile Zola



Ma note: 5,5/10

Voici la quatrième de couverture: Zola brûlait d'écrire Nana. "Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes "filles de joie". En fait de joie, l'actrice, Nana, dévore les hommes, croque les héritages et plonge les familles dans le désespoir. Belle et prodigue, elle mène une danse diabolique dans le Paris du Second Empire, le Paris des lettres, de la finance et du plaisir. En se détruisant elle-même, elle donne le coup de grâce à une société condamnée, détestée par Zola. Neuvième volume de la série des Rougon-Macquart.

Je ne serai pas un bon juge pour le "Nana" d'Émile Zola. Je n'aime pas ce genre d'histoire et quand l'action de ce genre en particulier se déroule au 19e siècle, encore moins. Je l'ai lu pour une seule raison, c'est que je veux tout lire la série de 20 volumes des Rougon-Macquart. Point final. Je m'attendais au pire pour "Nana" et c'est ce que j'ai eu, croyez-moi.

Il n'y a pratiquement pas d'intrigue dans ce livre. On a droit à un enchaînement de scène qui m'ont ennuyé au plus haut point. Je lui ai donné une note de 5,5/10 parce que je considère que je ne suis pas dans le public cible de ce bouquin et en plus, j'aime beaucoup les Rougon-Macquart de Zola. À part quelques livres comme "Son excellence Eugène Rougon" qui est très mauvais et celui-ci, Nana, qui m'a laissé de glace. Aussi, je dois dire que Zola a une plume très jolie.

Par contre, il pourrait plaire aux amateurs de l'époque et plus particulièrement, ceux et celles qui sont intéressés à en apprendre plus sur les cabarets de l'époque, les spectacles et le glamour qui régnaient et que Zola veut dénoncer avec ce roman. En fait, Zola a toujours quelque chose à dénoncer avec ses romans.

Finalement, ce "Nana" a été un passage obligé pour moi et très difficile. J'ai lu les 8 premiers Rougon-Macquart qui m'avaient particulièrement enchantés. Espérons que d'ici la fin(Le docteur Pascal étant le 20e et dernier) Zola m'épargnera et continuera à me faire passer un agréable moment de lecture.

vendredi 22 octobre 2010

La chute des géants, Ken Follett



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Ken Follett nous plonge dans l'une des périodes les plus captivantes et les plus violentes de l'Histoire... La grande aventure du XXe siècle, telle que personne ne l'a jamais racontée. En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d'insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde... De l'Europe aux Etats-Unis, du fond des mines du pays de Galles aux antichambres du pouvoir soviétique, en passant par les tranchées de la Somme, cinq familles vont se croiser, s'unir, se déchirer, au rythme des bouleversements de l'Histoire. Passions contrariées, rivalités et intrigues, jeux politiques et trahisons... Cette fresque magistrale explore toute la gamme des sentiments humains à travers le destin de personnages exceptionnels, visionnaires et ambitieux... Billy et Ethel Williams, Lady Maud Fitzherbert, Walter von Ulrich, Gus Dewar, Grigori et Lev Pechkov vont braver les obstacles et les peurs pour s'aimer, pour survivre, pour tenter de changer le cours du monde. Entre saga historique et roman d'espionnage, drames amoureux et lutte des classes, ce premier volet du Siècle raconte une vertigineuse épopée où l'aventure et le suspense rencontrent le souffle de l'Histoire...

Voici la nouvelle épopée de Ken Follett. Elle comptera 3 volumes. Pour ma part, ce sera probablement le seul dans ma bibliothèque. Ce premier tome compte 1000 pages en format harcover. C'est facilement 400 de trop, et encore...

Donc, nous sommes en présence d'un roman ennuyeux au possible, même s'il traite de la 1er guerre mondiale. En plus d'être banales, les 600 premières pages nous plongent dans un désarroi total. On comprend rien et c'est peut-être mieux ainsi. Des histoires inintéressantes nous sont racontées. Trop d'histoires et il ne fait qu'aligner des mots. On est aux quatre coins de la planète et la guerre se prépare. Ensuite, le roman devient un peu plus captivant parce qu'on suit Lenin et Trotsky dans la préparation de la révolution russe qui conduira à Octobre 1917 où le régime de Lenin fut mis en place. Sur ce point, Follett nous envoûte mais il ne forme qu'une petite partie du roman.

Je suis un grand admirateur du roman Les piliers de la terre de Ken Follett. Malheureusement je m'aperçois, de ce que j'ai lu, qu'il est l'auteur d'un seul bon roman. Son "modus operandi" est toujours le même. Il ne raconte pas une histoire mais il décrit des scènes. Un peu comme un téléroman. Ce procédé devient spectaculaire quand la "sauce" prend. Mais souvent, il n'y a pas de fil conducteur et ainsi, le roman devient vite ennuyant ou tout simplement mauvais. Mais il faut dire que cet écrivain a quand même une belle plume. Ça se lit bien.

Finalement, ce nouveau Ken Follett s'adresse uniquement aux très grands fans de l'auteur. En plus, avec ses 1000 (!) pages, on doit avoir beaucoup de temps devant soi, ce qui n'en vaut pas la peine selon moi. Vaut mieux lire un bon roman de 500 pages et un livre d'histoire de 500 pages sur la première guerre mondiale. Ou tout simplement lire ce texte qui traite de ce fait historique fort intéressant du 20e siècle, qui est la révolution russe des Bolcheviks :
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_russe

mardi 12 octobre 2010

L'éveil d'Endymion, Dan Simmons



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Enée a seize ans. Elle vient de passer quatre ans sur la Terre, kidnappée. Des années consacrées à l'étude avant de rebondir. Ses adversaires sont neutralisés pour le moment : le père de Soya exerce son ministère sur le monde désertique de Madre de Dios ; Némès, la chose vivante, est restée fondue sur une roche du Bosquet de Dieu. Mais la Pax lance une nouvelle croisade : la solution finale au problème des Extros ? Et tous reprennent du service pour leurs causes respectives. Mais leurs fins gardent une bonne partie de leur mystère : Enée est-elle vraiment un virus nanotech envoyé pour contaminer l'humanité ? Et le gritche, qui le manipule ? Quant à Endymion, il part pour un long voyage cryogénique au terme duquel il trouvera Enée adulte. Alors sonnera pour lui l'heure de l'éveil.

Je serai très vite pour cette critique. J'ai déjà commenté mes lectures de cette saga par trois fois auparavant. L'éveil d'Endymion n'est donc que la suite et la fin de la grande fresque que Simmons avait commencé avec Hypérion, un chef-d'oeuvre de la littérature de science-fiction.

Donc, L'éveil d'Endymion clôture d'une merveilleuse façon cette saga. On poursuit notre lecture des aventures de Raul Endymion et Énée dans leur quête de la vérité et dans la guerre commencée avec Hypérion plusieurs siècles avant. Ce que j'ai remarqué au fil de ma lecture est que plus on avance, plus l'histoire tourne autour de la religion. Mais comme je ne veux surtout pas vous décrire la fin, je vais m'arrêter ici.

Finalement, après avoir lu huit livres de cette saga de Dan Simmons, Hypérion et Endymion m'ont fait passer un agréable moment de lecture. Tout est bon dans ces livres. Le début est un chef-d'oeuvre(hypérion) et la fin nous transporte avec deux personnages intéressants à suivre. Donc on peut estampiller ce récit comme: À lire absolument!

mardi 28 septembre 2010

Endymion, Dan Simmons



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Raul Endymion est né sur la planète Hypérion à l'ère de la Pax. Il n'a pas accepté le cruciforme, ce qui le voue à une mort définitive. Mais voici qu'il est exécuté (à l'âge de 27 ans) et se réveille vivant. Pour le vieux poète Martin Silenus, auteur des Cantos inachevés, le jeune homme est marque par le destin: à lui de retrouver la petite Enée, disparue à l'âge de douze ans dans l'un des Tombeaux du Temps, de la protéger de la Pax, et finalement de renverser la puissance de l'Eglise. Un programme d'autant difficile que la Pax est prête à les poursuivre, et les voyages d'Enée et d'Endymion ne sont pas près de finir.

J'ai lu plusieurs fois Hypérion au cours des 15 dernières années. Chef-d'oeuvre absolu selon moi. Il précède Endymion.

Par contre, je n'avais jamais lu Endymion. J'avais peur d'être déçu et les critiques étaient presque toutes unanimes. Soit un roman raté, dépourvu de toute substance. Un échec qu'il ne fallait pas lire pour ne pas porter ombrage sur le roman culte qu'est Hypérion. Heureusement, j'ai, après trois lectures d'hypérion, décidé de lire Endymion....enfin!

Quelle surprise pour moi. J'ai adoré. Le personnage d'Endymion est mon préféré depuis le début de cette saga commencée par Hypérion. Il est le narrateur de ce roman et il a plus de profondeur que les pèlerins d'Hypérion pour la simple et bonne raison qu'on le suit tout au long du livre contrairement aux pèlerins qui n'avaient droit qu'à une parcelle du récit.

Certes ce roman qu'est Endymion n'arrive quand même pas au niveau d'Hypérion. L'histoire est beaucoup plus linéaire et dans les normes de la littérature de science-fiction. Le personnage principal doit protéger une fillette et tout le roman tourne autour de ce fait. Donc, Hypérion, avec ses nombreux récits différents en lui-même était plus complet et profond, ce qui a résulté en un chef-d'oeuvre.

Finalement, même si l'action d'Endymion se passe longtemps après celle d'Hypérion, on peut dire que le premier met la table pour le second. J'ai profondément aimé Endymion et je m'explique mal les mauvaises critiques quasi-unanimes. Comme quoi on n'est jamais gagnant en écrivant une suite à un chef-d'oeuvre. À part peut-être faire plaisir à quelques lecteurs, comme moi.

jeudi 16 septembre 2010

Prédateurs, Maxime Chattam



Ma note: 5,5/10

Voici la quatrième de couverture: Ils sont déjà parmi nous... Une guerre sans nom. De jeunes soldats sauvagement mutilés dans des mises en scène effroyables. Mais l'ennemi n'est pas le coupable. Pour le lieutenant Frewin, fasciné par le langage du sang, il ne peut s'agir que d'un psychopathe, un monstre de ruse et sadisme, un prédateur cruel et archaïque qui va les décimer un par un... Renouant avec la veine de sa Trilogie du Mal, Maxime Chattam nous propulse dans un vortex de terreur, imposant une fois encore son univers mystérieux et sanglant. Plus qu'un thriller, un guide de survie !

Un roman beaucoup trop long pour ce qu'il contient, Chattam nous livre, avec Prédateurs, une histoire remplie de clichés enrobée d'une vulgaire expérience littéraire. Je m'explique. Dans ce roman, il n'y a aucun indice des lieux où se déroule l'intrigue. Ou presque. Il n'y a aucun indice de l'époque et du temps. Ou presque. On sait qu'on est en plein coeur d'une guerre effroyable ( probablement la 2e guerre mondiale) et qu'un tueur en série frappe un contingent de soldats. On suit donc l'inspecteur Frewin afin de débusquer ce tueur.

Selon moi, l'expérience littéraire qu'a voulu créer Chattam tourne à la catastrophe. En plus d'avoir facilement 200 à 300 pages de trop, le roman n'est en fin de compte qu'un gros cliché du thriller. Il n'est qu'une chasse aux tueurs en série sans grande originalité. Il n'est qu'un roman banal sans grand intérêt.

Ensuite, la violence qu'a voulu montrer Maxime Chattam ne nous prend pas aux tripes. Qu'est-ce que la violence dans les arts de nos jours? Comment être encore original et créatif sur ce thème et faire réfléchir le lecteur en même temps sur le monde dans lequel on vit? Certainement pas comme s'est pris Chattam avec Prédateurs.

Dans les dernières années, Maxime Chattam m'a déçu à répétition. Pour moi, il demeure seulement l'écrivain de trois très bons romans, soit la trilogie du mal. Point final.

La chute de l'hypérion, Dan Simmons



Ma note: 9/10
(Ne pas lire ce qui suis si vous n'avez pas lu Hypérion)
Voici la quatrième de couverture: La Chute d'Hypérion prolonge Hypérion (prix Hugo 1991). Tous les secrets d'Hypérion seront dévoilés, toutes les énigmes résolues, dans un style à nouveau différent qui démontre une fois encore l'exceptionnel talent de Dan Simmons. Vous saurez pourquoi les sept pèlerins se sont retrouvés sur la planète mystérieuse qui abrite les Tombeaux du Temps. Vous découvrirez les véritables ressorts de la guerre qui fait rage autour d'elle et qui menace d'embraser toute la galaxie humaine, tout le Retz. Vous comprendrez le rôle unique du cybride de John Keats, le poète ressuscité, et celui du gritche. Ici s'affrontent des dieux, créés par les humains ou descendant d'eux.

Probablement la critique la plus difficile qu'il m'ait été donné de faire. Pour la simple et bonne raison qu'une suite est toujours difficile à critiquer. Qui plus est, Hypérion, le prédécesseur, était un pur chef-d'oeuvre.

Alors, pour celui-ci, La chute de l'Hypérion, on a droit à un roman de science-fiction suivant les règles de l'art. Davantage même qu'Hypérion. L'action est au rendez-vous et comme comparaison, on pourrait citer Stars Wars. N'ayant pas la profondeur du premier tome des Cantos d'Hypérion, ce deuxième tome voit éclater la guerre que son précurseur avait mis en place. On ne s'ennuie pas et on est tenté plus que jamais de lire le cycle d'Endymion, la suite de La chute de l'Hypérion et par le fait même la suite des Cantos D'Hypérion.

Finalement, encore une fois, Dan Simmons nous éblouit. Sa plume est grandiose. La poésie, la philosophie, la psychologie, etc., prend sa place dans cette oeuvre magistrale. Les poèmes - et même la vie - du grand John Keats viennent appuyer un roman déjà riche en contenu. Même s'il est quelque peu inférieur à Hypérion - qui lui était presque impossible à battre - La chute de l'hypérion nous envoûte et nous fait voyager à l'intérieur d'un monde fabuleux. Celui de Dan Simmons!

vendredi 27 août 2010

Les corrections, Jonathan Franzen



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Entre guerre des sexes et libération des femmes, drame de la vieillesse et obsession des stock-options, aliénation de la famille et sursauts de révolte face à une nation ultra-traditionnaliste qui n'est pas toujours l'avocate idéale des modes de vie " alternatifs ", cette chronique contemporaine en forme de saga familiale brosse le portrait sans concession d'un pays malade de lui-même. Tout en se laissant porter par son ironie mordante et son sens aigu de l'observation, Jonathan Franzen pointe les travers d'une Amérique profonde en totale déliquescence, au bord du gouffre et de la plus complète schizophrénie.

Jonathan Franzen est la nouvelle étoile montante des lettres américaines. Il a fait la couverture du Times en 2010, ce qu'aucun écrivain n'avait réussi depuis Stephen King en 2000. Les critiques l'adorent, notamment pour son style et sa critique acide de la société américaine. Pour Les corrections, comme Zola l'a fait plus d'un siècle avant lui, il décrit une société malade à travers une famille elle aussi malade, mais qui représente la famille typique américaine. On est pas loin du chef-d'oeuvre, ça c'est sûr.

Sans avoir une plume aussi belle que Zola, ce qui est pratiquement impossible de nos jours, elle nous transporte quand même vers des contrées plus qu'intéressantes. C'est de moins en moins fréquent avec les écrivains d'aujourd'hui. Il a un talent certain et pour preuve, ce roman-fleuve de plus de 700 pages se lit vite. Très vite. Et en plus, sans avoir droit à un huis clos, on peut dire que Les correction est un roman très fermé sur lui-même, parce qu'il nous décrit la vie de chaque membre de la famille Lambert, sans plus. Mais, la force du roman est dans ses non-dits, et là c'est intéressant. On ressent au plus profond de notre âme le malaise de cette société malade, le non-sens de la société de consommation. Tout ça avec une seule famille, c'est donc une réussite ce roman. Franzen a frappé fort.

Finalement, Les corrections n'a pas gagné le prestigieux National Book Award(prix littéraire américain le plus convoité) pour rien. Même s'il n'y a pas d'intrigue à proprement parler, le roman compense par de fortes doses de sociologie et de philosophie(entre autres avec les références à Schopenhauer). C'est un roman pessimiste mais réaliste. On est dans le très littéraire mais loin du thriller. En fait, on est dans la littérature, ce qui est rafraîchissant à notre époque!

mercredi 18 août 2010

Hypérion, Dan Simmons



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Quand les sept pèlerins se posent à Hypérion, le port spatial offre un spectacle de fin du monde. Des millions de personnes s'entassent derrière les grilles : les habitants de la planète sont sûrs que le gritche va venir les prendre et ils veulent fuir. Mais l'Hégémonie ne veut rien savoir. Une guerre s'annonce et les routes du ciel doivent être dégagées. Et tout ce que le gouvernement a trouvé, c'est d'envoyer les sept pèlerins. La présidente le leur a dit d'emblée : Il est essentiel que les secrets des Tombeaux du Temps soient percés. C'est notre dernière chance. " Mais les pèlerins n'y comprennent rien, et ne se connaissent même pas ! Heureusement, le voyage leur permettra de se rapprocher. Chacun raconte son histoire, et l'on s'aperçoit vite que nul n'a été pris au hasard. Celui qui a fait la sélection, au fil des confidences, parait avoir fait preuve d'une lucidité... diabolique. Et d'une cruauté... raffinée!

Chef-d'oeuvre absolu de la littérature de science-fiction, Hypérion, le premier tome des Cantos d'Hypérion, est selon moi, la plus grande oeuvre de ce genre jamais écrite. Un roman parfait qui fait partie d'un cycle de 4 tomes. Le plus difficile pour moi en faisant cette critique est de lui trouver un défaut. Pour en citer un je pourrais dire qu'il manque un peu d'action pour un roman de science-fiction, mais cela on l'aura dans les prochaines parties.

Ce coup de génie de Dan Simmons, ce roman grandiose est imbattable dans le genre. Bien meilleur que les livres et les films Stars Wars, ce cycle de science-fiction fait preuve de beaucoup d'originalité. En fait c'est plus que ça. Comme Bram Stoker avec Dracula et les vampires, Simmons a rassemblé une foule de thèmes de la science-fiction en un seul roman. Le tout raconté avec une main de maître, une écriture plus qu'efficace et une originalité sans borne dans sa trame narrative. En effet, les protagonistes racontent chacun leur histoire qu'ils ont eue par le passé avec Hypérion mais d'une façon différente chacun. Du grand art à l'état pur. Une merveille ce roman.

Pour terminer, je dois dire que je ne suis pas le plus grand spécialiste de ce genre littéraire. C'est peut-être pour ça que j'ai tant apprécié ce roman. Comme les films Stars Wars, il ne s'adresse pas seulement aux amateurs inconditionnels du genre. C'est plus que ça Hypérion. Et comme le dit Stephen King, je suis de plus en plus impressionné par ce qu'écrit Dan Simmons. C'est un grand, il n'y a pas de doute.

lundi 9 août 2010

Les intrus, Michael Marshall



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: Depuis qu'il a quitté la police de Los Angeles, Jack Whalen est devenu écrivain et s'est installé dans une petite ville tranquille sur la côte nord du Pacifique, dans l'espoir d'échapper au chaos de la cité des Anges. Un jour, un ancien copain de lycée, Gary Fisher, lui demande son concours pour élucider un double meurtre. Mais Jack a un dossier plus urgent à résoudre : sa femme Amy, partie en voyage d'affaires à Seattle, ne lui donne plus signe de vie, et cette disparition inopinée l'oblige à considérer leur histoire d'un œil neuf. De ce moment, toutes ses certitudes vont voler en éclats. D'ailleurs, tout change autour de lui, y compris ce bon vieux Gary, qui n'est sans doute pas celui qu'il prétend être. Peut-être Jack Whalen trouvera-t-il des réponses à ces mystères dans les entrailles d'un immeuble de Seattle, sur les traces d'une fillette capable du pire...

Un des seuls romans de Michael Marshall que je n'avais pas lus, Les intrus, est loin de révolutionner le monde du thriller fantastique. Beaucoup moins intéressant que Les hommes de paille, ce roman de Marshall est trop long à démarrer. Même s'il n'a que 400 pages, l'histoire devient intéressante qu'à la page 300. On doit se taper au préalable un mauvais roman et un mauvais thriller pendant 300 pages. C'est assez pénible!

Étonnement, la plume de Marshall est de moins en moins bonne au fil des romans qu'il écrit. Habituellement c'est le contraire mais dans son cas, on pourrait penser à la paresse, à un laisser-aller ou tout simplement à un essoufflement pur et simple. On peut ajouter à cet essoufflement le fait que ses romans sont de moins en moins bons et recherchés. Depuis Les hommes de paille, chaque roman est identique aux autres. Le style est semblable tout comme la trame narrative. Des romans quelconques même si Les hommes de paille est selon moi un chef-d'oeuvre du genre. Ensuite, les quatre suivants, dont Les intrus, sont sans grand intérêt.

Finalement, si vous n'avez jamais lu Michael Marshall ne commencez surtout pas par celui-ci. Comme je l'ai écrit plus haut, son chef-d'oeuvre absolu est Les hommes de paille. Ses romans de science-fiction du début de sa carrière sont eux aussi pas si mal. Mais depuis son chef-d'oeuvre, c'est presque l'horreur, sans jeux de mots....

mardi 3 août 2010

Glamorama, Bret Easton Ellis



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Après le yuppie sanguinaire d'American Psycho, les ados névrosés de Moins que Zéro et Les Lois de l'attraction, Bret Easton Ellis présente Victor Ward, l'homme qui monte dans les milieux branchés de New York. Jeune mannequin chargé de lancer la nouvelle boîte de nuit à la mode, il côtoie toutes les célébrités de la couture et du cinéma avant de plonger dans une sordide histoire de terrorisme. Naomi Campbell, Calvin Klein, Pedro Almodovar, Bruce Willis, Kate Moss, Johnny Depp et tous les obsédés de l'objectif défilent. Dans le désordre, ce petit monde joyeux tape de la coke, se bourre de vodka et de calmants, s'envoie en l'air dans tous les sens, part en cure de désintoxication, porte du Donna Karan ou du Gucci, s'observe derrière d'incontournables verres fumés. Sous la plume toujours aussi clinique de l'auteur, un univers de sitcom impitoyable prend vie et se transforme vite en une mise en abyme vertigineuse de la vacuité du monde.

Ce roman est trop long. Il y a facilement 150 pages de trop, ce qui laisse un goût amer. En plus, il a beaucoup trop d'interminables énumérations de vedettes et de produits de marque. Ça ne finit plus. Je sais que c'est le credo de l'auteur et qu'il veut passer un message, mais ça devient vite lassant.

Ensuite, pour continuer au rayon des défauts, le roman est un peu trop burlesque et peu crédible. M. Easton Ellis le voulait de toute évidence ainsi, mais il y a une limite que je m'impose pour la crédibilité d'un roman et celui-ci est continuellement sur cette limite et la dépasse parfois.

Les qualités du roman sont par contre eux aussi nombreuses. Pour ce qui est du style d'écriture et de la plume de l'auteur, il y a une nette amélioration entre celui-ci et son premier roman, Moins que zéro. Sa plume est plus mature, moins lourde et davantage agréable à lire. En plus, au final, le roman est captivant. C'est comme si l'auteur l'avait écrit avec une boule de cristal. Il y a des allusions subtiles ou moins subtiles sur les attaques du 11 septembre 2001, sur le Da vinci code et même sur la future auteure vedette Stephenie Meyers, l'écrivaine de Twilight. Aussi, on peut faire un parallèle avec ce roman et les extravagances et la superficialité de Paris Hilton. Tout ça écrit en 1998!!

Donc, en résumé, voici un roman loin d'être parfait mais plutôt plaisant à lire. Moi qui croyais à une densité à la Moins que zéro, j'ai été comblé.

mardi 27 juillet 2010

L'ombre de ton sourire, Mary Higgins Clark



Ma note: 4/10

Voici la quatrième de couverture: La fin d'Olivia Morrow, 83 ans, est proche et elle se retrouve face à un véritable dilemme : révéler un douloureux secret de famille ou l'emporter dans la tombe avec elle ? Sa cousine, Soeur Catherine, une nonne qui va bientôt être béatifiée par l'église catholique, était tombée enceinte après un viol et avait abandonné son enfant.Le violeur de Catherine, devenu un médecin et un chercheur de renommée internationale, a amassé une immense fortune grâce à ses découvertes médicales.La petite-fille de Catherine, le Dr Monica Farell, est son héritière de droit, mais pour le lui révéler, Olivia devrait revenir sur sa promesse de garder le silence. Et ceux qui actuellement dilapident la fortune du médecin n'ont aucune envie qu'elle rompe ce silence. L'un deux est prêt à tout pour que la vérité n'éclate pas au grand jour...

Ouf! Quel roman décevant et fade de Mary Higgins Clark. J'ai déjà été fan de ses polars mais cela fait une bonne décennie que je ne l'avais pas lu. Je ne trouvais pas les synopsis intéressants et je laissais tomber l'achat. J'aurais dû faire de même avec celui-ci...

Mme Higgins Clark a maintenant 83 ans et, même si c'est tout en son honneur d'écrire à cet âge, au fil de notre lecture, on voit que l'histoire est confuse, ses personnages aucunement étoffés et qu'il n'y a aucune réelle substance dans ce roman. On assiste à de l'action en grande quantité mais tout à fait dénuée d'intérêt. En plus, il y a beaucoup trop de personnages. Malheureusement, elle a écrit un suspense caricatural et au final, complètement raté.

En terminant, les grands fans de Mary Higgins Clark pourront, à la limite, trouver peut-être leur compte avec ce bouquin mais il ne leur restera certainement pas à l'esprit très longtemps. Pour les autres, de grâce, passez votre tour! C'est dommage mais elle ne vieillie pas comme un bon vin. Il nous reste à nous rabattre sur ses ouvrages plus anciens qui eux, sont beaucoup plus intéressants.

dimanche 25 juillet 2010

J'ai épousé un communiste, Philip Roth



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Le maccarthysme a beau déferler sur l'Amérique au tournant des années cinquante, Ira Ringold se croit à l'abri de la chasse aux sorcières. Non seulement parce que son appartenance au parti communiste est ignorée même de ses amis, mais surtout parce que l'enfant des quartiers pauvres de Newark, l'ancien terrassier au lourd passé, s'est réinventé en Iron Rinn, vedette de la radio, idéale réincarnation de Lincoln, et heureux époux de Eve Frame, ex-star du muet. Mais c'est compter sans la pression du pouvoir, sans les aléas du désir et de la jalousie, sans la part d'ombre que cachent les êtres les plus chers. Car si Ira a changé d'identité, Eve elle-même a quelque chose à cacher. Et lorsqu'une politique dévoyée contamine jusqu'à la sphère intime, les masques tombent et la trahison affecte, au-delà d'un couple, une société tout entière. Ne reste alors aux témoins impuissants, le frère d'Ira et son disciple fervent, le jeune Nathan Zuckerman, qu'à garder en mémoire ces trajectoires brisées, avant enfin, au soir de leur vie, de faire toute la lumière sur une page infâme de l'Amérique. Un roman qui rend justice à ces individus détruits par la tourmente des événements et qui décrit avec une rare puissance comment l'Histoire ébranle la trame même de nos existences.

Ce roman de Philip Roth est une merveille selon moi. Encore une fois, le narrateur est Nathan Zuckerman, l'alter ego littéraire de Roth, et le roman se dévore tout aussi bien que La tache de ce même Roth. Il est aussi puissant, aussi intense et dévoile une face sombre des États-Unis, soit la chasse aux communistes à l'époque de Joe McCarthy. Pour ma part, je préfère ce sujet à celui de La tache, ce qui en fait un bien meilleur roman d'un point de vue subjectif et personnel, mais pour rester objectif je dois dire que ces deux romans sont sur un même pied d'égalité et sont tous deux magnifiques. Deux (presque) chefs-d'oeuvre de Philip Roth et écrit coup sur coup. Ce n'est pas rien!

On peut faire un rapprochement entre ce roman et 1984 de Orwell, dont la police de la pensée. À l'époque de McCarthy on était jugé si on entretenait des sympathies avec le communisme. Véritable police de la pensée, ces enquêtes publiques sont fortement dénoncées dans ce bouquin et M. Roth a romancé le tout pour notre plus grand bonheur. C'est un véritable tour de force littéraire qu'il a accompli.

En terminant, J'ai épousé un communiste est un roman presque parfait. J'hésitais entre la note de 9 et 8,5 et j'ai finalement choisi cette dernière pour ne pas porter ombrage à la note que j'avais donné à La tache et ainsi être objectif dans ma critique. Avec ce roman, l'auteur fait usage de son procédé habituel d'écriture, soit une biographie de fiction avec un style d'écriture très efficace, accrocheur et débordant de talent. C'est très bon. Alors, n'hésitez pas!!

mercredi 21 juillet 2010

Métacortex, Maurice G. Dantec



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Crimes pédophiles, assassinats de flics et de magistrats, conflits politico-religieux, conspirations croisées... Le lieutenant Paul Verlande, de la Sûreté du Québec, est confronté à une série d'attentats dont le diagramme secret cache le pire crime de droit commun jamais commis, sur fond de guerres civiles, de chaos climatique, d'exodes massifs et de piraterie maritime généralisée. Il marche vers les ruines du monde, cautérisées par l'âge atomique, fixées au sol par les hautes températures qui vont plastifier la terre. Désormais, ce n'est plus qu'une question de jours. Métacortex plonge ses racines dans la guerre totale engagée en 1945 et père, surplombe l'Histoire en reliant un par-delà ancien Waffen SS, et son fils par-delà la vie et la mort. A travers ce roman-monde, Maurice G Dantec explore les pouvoirs secrets du cerveau humain et signe une oeuvre d'une impitoyable puissance d'arrêt.

Maurice Dantec a décidé, il y a plus de 10 ans de quitter la France pour venir s'installer au Québec, mon coin de pays. Pour ce roman, Métacortex, il nous fait l'honneur de le situer à Montréal. En plus de Montréal, il y a une grande partie qui se situe lors de la deuxième guerre mondiale, avec les SS. En fait, cette partie avec les nazis est croisée et intégrée dans le roman en tant que tel et ainsi, on peut être à Montréal et tout d'un coup on se retrouve avec le père du héros et du flic montréalais lors de la deuxième grande guerre.

Pour le style, Dantec ne change pas d'un iota. Son style d'écriture est toujours aussi complexe. J'adore Dantec, mais pour ce roman, encore une fois, il en fait trop. L'histoire de départ était magistrale mais on se perd assez rapidement. Contrairement aux racines du mal, un roman précédent, Dantec pousse la science et les termes techniques trop loin, il tire dans tous les sens sans vraiment se préoccuper du lecteur. C'est dommage, parce qu'avec Atefact, il était revenu à une écriture plus concise et agréable à lire. Le bouquin suivant Artefact était plus ordinaire et je m'attendais au mieux avec celui-ci mais je n'ai pas été comblé.

Donc, même s'il situe l'action au Québec, Dantec n'a pas livré la marchandise selon moi. Quelques passages sont bien réussis et "compréhensibles" mais ce qui se dégage de l'ensemble du livre est que l'auteur a passé à côté de quelques choses de grand. Il faudrait que Maurice Dantec apprenne que tous ses lecteurs ne sont pas lui, notamment qu'ils ne sont pas aussi intelligents. Je vous conseille beaucoup plus Les racines du mal qui constitue son chef-d'oeuvre absolu, qui apparemment ne sera jamais battu par son auteur. Dommage.

vendredi 9 juillet 2010

Les détectives sauvages, Roberto Bolano



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Livre du chaos magistralement mis en chœur, livre aussi de l'amitié, de la passion, Les Détectives sauvages brasse des éléments de la vie errante de Roberto Bolaño et de son ami Mario Santiago Papasquiaro, qu'il transfigure en une épopée ouverte, lyrique, triste et joyeuse de destins qui ont incarné la poésie. La critique internationale a comparé ce roman polyphonique aux grandes œuvres de Cortazar, de Garcia Marquez, de Pynchon. Cette œuvre marque avec force l'arrivée de nouveaux écrivains latino-américains qui sont des héritiers hérétiques des grands auteurs du XXe siècle.

Pavé de plus de 900 pages en format poche, Les détectives sauvages contient un autre chef-d'oeuvre de Roberto Bolano, le génie des lettres latino-américaines. Ayant lu 2666 avant celui-ci je peux dire que Les détectives sauvages est quelque peu inférieur à 2666 pour ce qui est de la trame narrative, l'intrigue et d'une façon plus général, l'histoire en tant que telle. Par contre, le présent roman est tellement bien écrit, que premièrement, on se demande comment il fait pour écrire aussi bien et ensuite, cette écriture splendide rehausse d'un coup cet oeuvre remarquable.

Les détectives sauvages c'est trois parties, presque trois romans en un seul. La 1ère et 3e partie ont a droit au même narrateur mais dans la 2e, il y plus d'une dizaine de narrateurs différents. C'est original et tout au long du roman, on suit deux apprentis poètes, Belano et Lima à travers ces narrateurs. Belle trouvaille de Bolano d'autant plus que Belano est l'alter ego littéraire de Roberto Bolano et donc, Les détectives sauvages sont en quelque sorte une autobiographie romancée de l'auteur.

Bolano dit de son roman qu'il peut se lire comme une agonie ou un jeu. Pour ma part j'ai opté pour la première approche et je ne l'ai pas regretté. Il se lit si bien qu'on ne voit pas le temps passer et en plus, le roman traite de la littérature en général mais plus souvent, il nous parle de poésie.

Alors, les grands fans de Bolano, dont je suis, seront comblés à tous points de vue. Même s'il contient quand même quelques défauts (comme le "name dropping" - si vous me permettez l'expression - et une intrigue presque inexistante) Les détectives sauvages est sublime. Le roman nous envoûte, nous prend aux tripes et nous relâche seulement après 900 pages. Donc, voici de la grande littérature et un autre chef-d'oeuvre absolu signé Roberto Bolano.

vendredi 2 juillet 2010

Ghost story, Peter Straub



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Quatre vieux monsieurs passent leurs soirées à se raconter de fabuleuses histoires de fantômes. Mais depuis la disparition d'un des membres du club dans d'étranges circonstances, ils se sentent menacés, perdent le sommeil. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils vont bientôt se retrouver impliqués dans une hallucinante histoire de réincarnation...

Roman avec une bonne histoire mais mal écrit, Ghost story avait tout pour être un chef-d'oeuvre de la littérature fantastique d'allégeance gothique. Si cette histoire aurait été écrite par Stephen King, Dean Koontz ou Dan Simmons, entre autres, ce roman aurait probablement transcendé les générations de lecteurs de fantastique. Dommage que Peter Straub gâche la fête avec ses descriptions inintéressantes, ses mises en situation mal exploitées et son éparpillement non essentiel. Le roman va dans tous les sens et ce n'est pas long que le lecteur est perdu.

Dès l'ouverture, on voit qu'il s'est grandement inspiré de Salem de Stephen King. Prologue semblable à tous points de vue, petite ville comme décor et parfois, il y a même le thème du vampire qui est exploité. Mais ce n'est pas tout pour ce qui est du lien avec Stephen King. Ainsi, ce roman, Ghost story, a inspiré à son tour un roman de Stephen King parut quelques années plus tard, soit le roman Ça. En effet, l'entité qui change de forme pour propager la peur dans une petite ville au fil des années est le point central de Ça et Ghost story. En plus, elle est pourchassée par des amis d'enfance au fil des décennies. On est pas surpris d'apprendre qu'ils ont tous les deux collaborés ensemble pour deux romans et qu'ils sont devenus des amis personnels.

Au final, tout n'est pas raté avec Ghost story. L'histoire se tient et Peter Straub a quand même de bons moments de lucidité`où il décrit des scènes dignes d'une grande littérature. Par contre, en général, on voit rapidement que cet auteur est limité pour tenir son lecteur en haleine.

Pour terminer, ne vous fiez surtout pas à la préface du livre écrit par un certain M.Rivière. C'est complètement inexacte ce qu'il avance quand il écrit que Peter Straub est plus littéraire que Stephen King et qu'il a été victime injustement de son ombrage. C'est à mourir de rire cette préface.

dimanche 27 juin 2010

Moins que zéro, Bret Easton Ellis



Ma note: 6/10

Voici le résumé: L'histoire, un puzzle dont on ne cesse de replacer les morceaux, est celle de personnages interchangeables, jeunes gens dorés sur tranche, désoeuvrés et la tête enfarinée. L'un s'ennuie à mourir dans son loft de deux cents mètres carrés, l'autre cherche désespérément un endroit ou passer la soirée et tout ce joli monde de dix-huit ans à peine se téléphone et se retrouve dans les lieux les plus chics de Los Angeles. Pour méditer, bien entendu, sur les dernières fringues à la mode ou le meilleur plan dope de la ville. Et les parents dans tout ça ? Ils sont trop occupés et stressés par leurs boulots, leurs maîtresses ou leurs psychiatres pour voir ce que devient leur charmante progéniture. Au bout du compte, on a l'impression d'un immense vide, d'une vie qui n'a plus aucun sens. Et là où l'on était d'abord agacé, on finit par être ému, puis révolté. Car, c'est toute la force d'Ellis de nous faire comprendre que ce monde roule un peu trop souvent sur la jante.

C'était ma deuxième lecture de ce classique des lettres américaines. Écrit à l'âge de seulement 20 ans, et ça paraît, ce roman a causé une petite révolution dans la littérature non seulement américaine mais aussi mondiale. Bret Easton Ellis a, sans contredit, fondé un nouveau courant littéraire qui est le sien. Après avoir écrit Moins que zéro, son premier roman, lors d'un cours de création littéraire, il a écrit Les lois de l'attraction et American psycho, entre autres. Donc, sur ce point on ne peut que le féliciter. Ce n'est pas rien d'accomplir cela à un si jeune âge.

Par contre pour le roman Moins que zéro en tant que tel, il y a d'énormes bémols à apporter. En effet, l'histoire ne décolle vraiment jamais, l'ennui à la lecture de ce roman est au rendez-vous. Une chance qu'il n'est pas long à lire(une ou deux journées maximum) et on se demande sans cesse si on se rendra jusqu'au bout. L'auteur ne cesse de décrire des scènes sans grands intérêts et sans intrigues. Mais c'est aussi une force du bouquin parce qu'il nous fait vivre la vie vide de sens de Los Angeles et le vide intérieur des enfants de familles riches.

En terminant, un petit mot sur l'écriture, sur le style. On a droit à un style minimaliste, un peu comme Cormac McCarthy, le génie et le talent en moins. L'écriture est donc dépouillée et les situations s'enchaînent très rapidement. Les descriptions sont rares et souvent, quand il y en a, c'est pour décrire l'ambiance de la scène, notamment avec la musique.

vendredi 25 juin 2010

Les frères Karamazov, Dostoïevski



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Il y a le père, Fiodor Pavlovich, riche, malhonnête et débauché, et ses trois fils légitimes : Mitia, impulsif, orgueilleux, sauvage ; Yvan, intellectuel, raffiné, intransigeant ; Aliocha, sincère, pieux, naïf et puis il y a le fils illégitime, Smerdiakov, libertin cynique vivant en serviteur chez son père. L'un d'eux sera parricide. Roman complet et flamboyant, les frères Karamazov rassemble une intrigue policière, plusieurs histoires d'amour, des exposés théologiques et métaphysiques éblouissants et des personnages inoubliables déchirés ...par leurs conflits intérieurs. Sans doute le chef-d'oeuvre de Dostoïevski.

Je ne suis pas prêt à dire que ce roman, Les Frères Karamazov est le chef-d'oeuvre de Dostoïevski. J'ai beaucoup plus apprécié Les possédés. Même s'il a des qualités incroyables, les Frères Karamazov souffre, selon moi, d'un manque d'intrigue très grand. Trop grand. Certes il y a le meurtre du père, mais il arrive vers la fin du récit et on doit se taper 600 pages avant. En plus, la présence de Dieu et du Christ est un des seuls éléments traité tout au long du récit même s'il fait 1000 pages. D'autres enjeux spirituels ou philosophiques auraient été les bienvenus.

N'empêche, ce roman demeure quand même une grande oeuvre. Il est considéré par Einstein, Freud et le pape Benoit XVI comme le chef-d'oeuvre absolu de la littérature mondiale.

Dostoïevski a écrit ce livre majeur à la fin de sa vie et son talent pour l'écriture émerge avec une grandeur ultime. Pour le style en tant que tel, il est parfait. Tout simplement parfait. On a droit à un maître de l'écriture. Il est, avec Tolstoï, considéré par plusieurs comme le plus grand romancier de l'histoire, non seulement russe mais mondiale, entre autres par George Steiner qui a consacré un livre à ce sujet. Donc, si vous lisez Dostoïevski, ce que je vous conseille, vous lirez un grand, un très grand!

lundi 21 juin 2010

Les vents mauvais, Michael Marshall



Ma note: 5,5/10

Voici la quatrième de couverture: Il y a trois ans, l’avocat John Henderson a vu son petit garçon tomber dans le lac qui bordait sa maison de l’État de Washington. Il ne s’est pas noyé, ni heurté la tête, il n’a pas succombé à une terrible maladie. Scott Henderson est mort, tout simplement, sans explication. Aujourd’hui divorcé et sans attache, John travaille comme serveur dans un modeste restaurant de l’Oregon. Une nuit, un inconnu lui adresse un e-mail qui le déstabilise : « Je sais ce qui est arrivé. » Cela suffit à l’attirer à Black Ridge – le seul endroit sur terre où il comptait ne plus jamais mettre les pieds – afin de trouver des réponses au mystère qui a anéanti son monde.

Quel roman décevant de M.Marshall. J'ai toujours aimé cet écrivain de science-fiction et/ou de thrillers-angoissants. Adulé par nul autre que Stephen King, il a toujours de bonnes histoires à raconter et il a une plume merveilleuse, à tout le moins pour ces deux genres.

Par contre, avec Les vents mauvais, Michael Marshall nous offre un thriller surnaturel raconté d'une façon malhabile, inintéressante et désordonné dans sa construction. En plus, on est en droit de s'attendre à des explications, en général tout au long du récit et en particulier à la fin, mais elles ne viennent pas. On peut dire que le projet est raté!

Tout n'est pas mauvais par contre. Mais, même si le roman est quand même écrit avec une bonne plume, évidemment celle de Marshall, même s'il est quand même un peu angoissant, la sauce ne prend pas. En fait, les ingrédients sont bien là, mais une fois rassemblés, la recette ne prend pas. On espère seulement que son prochain roman sera mieux.

lundi 14 juin 2010

Forteresse digitale, Dan Brown



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: A la National Security Agency, l'incroyable se produit.TRANSLTR, le puissant ordinateur de décryptage, ne parvient pas à déchiffrer un nouveau code. Appelée à la rescousse, Susan Fletcher, la belle et brillante cryptanalyste, comprend qu'une terrible menace pèse sur tous les échelons du pouvoir. La NSA est prise en otage par l'inventeur d'un cryptage inviolable qui, s'il était mis sur le marché, pulvériserait tout le système de renseignement américain ! Emportée dans un tourbillon de secrets et de faux-semblants, Susan se bat pour protéger son pays et sortir l'agence de ce piège.
Bientôt trahie par tous, c'est sa propre vie qu'elle devra défendre ainsi que celle de l'homme qu'elle aime.

Forteresse digitale est le tout premier roman de Dan Brown, le fameux auteur du Da vinci code, même s'il a paru en français en quatrième lieu. Comme tout, ou à peu près, premier roman d'un écrivain, ce roman-ci contient d'énormes défauts. Pour commencer, l'histoire et l'intrigue de base est très, mais très moyenne si on compare à ce que Brown nous a habitué depuis. L'histoire est mince, sans saveur et ennuyante. En plus, on voit que Brown n'est pas un grand spécialiste d'informatique même s'il a fait de ce sujet la trame principale. Grande erreur de sa part. Aussi, comme à l'habitude, avec cet auteur, on est dans une course folle pour découvrire un code secret. C'est répétitif de sa part(même si pour celui-ci il n'y peut rien étant donné que c'est son premier) et ce roman est le moins réussi sur ce plan. Donc, une histoire moins intéressante que ses autres romans et des codes moins bien ficelés.

On voit qu'on est dans le début de la fabrication d'une recette d'un écrivain de best-sellers. Dan Brown gardera donc la même recette que dans ce roman pour ses suivants, mais la peaufinera ce qui en résulte que ce premier Brown est de loin le moins bien réussi. On est en présence d'une recette qui ne lève pas.

Finalement, bien que Forteresse digitale soit enlevant et qu'il n'y ait aucun temps mort, le roman dans son ensemble est une très grande déception. Je vous conseille davantage un autre Dan Brown, n'importe lequel, étant donné que celui-ci était le seul que je n'avais pas lu et qu'après lecture il est juste....moyen. Le seul mot qui me vient à l'esprit pour décrire l'ensemble est Bof!! Oui oui.....un gros Bof!!!

mercredi 9 juin 2010

Rose Madder, Stephen King



Ma note: 6,5/10

Voici le résumé: Quatorze ans de mariage, quatorze ans de mauvais traitements : toute la vie de Rosie. Un enfer ! Doublé d'une obsession : fuir son tortionnaire de mari, flic jaloux, bourreau sadique, prêt à la massacrer à la première occasion.
900 kilomètres suffiront-ils à la préserver de Norman ? Qui donc pourrait lui venir en aide ? Personne en ce monde. Mais il existe un autre monde. Celui de Rose Madder. Cette femme n'est peut-être qu'un personnage de tableau, une hallucination. Elle possède pourtant un pouvoir étrange. Un pouvoir dont Rosie pourrait profiter. A moins qu'en traversant la toile, elle ne déchaîne l'apocalypse.
Après Jessie et Christine, le plus génial explorateur des zones obscures de notre inconscient se glisse une fois encore dans la peau d'une femme à l'âme fêlée, habitée par la peur. Cette peur qui conduit aux actes les plus fous, aux passions les plus noires.

Je suis un grand fan de Stephen King même si je suis déçu assez fréquemment de ses ouvrages. Il tend à se répéter plus il publie même si on reconnaît qu'il a un réel talent d'auteur. Kellerman dit même de lui qu'il sera un des seuls écrivains de leur génération qui sera encore lu dans 300 ans. Je suis plutôt d'accord avec lui.

Pour le présent roman, Rose Madder, la déception a été dans mon cas encore plus grande. Même si je l'avais déjà lu il y a plus de 10 ans, je n'en avait pas un grand souvenir. Je me rappelais seulement que j'avais été froid à la fin de ma lecture. C'est exactement ça que j'ai ressentie de nouveau mais avec une pointe de déception plus grande.

Il est beaucoup mais beaucoup trop long. Les descriptions traînes en longueur, il ne se passe presque rien. Tout ce qu'on a c'est une poursuite du chat et de la souris entre une femme et son mari violent. C'est très psychologique, mais selon moi, au mauvais sens du terme. L'action est trop lente et quand il y en a , elle tombe à plat et devient inintéressante assez rapidement.

Pourquoi donc une note de 6,5? Et bien on est quand même en présence de Stephen King. Sa plume nous envoûte encore une fois même si je considère que Rose Madder fait partie de ses romans les plus faibles. Bref, lisez un autre Stephen King, pourquoi pas Dolores Claiborne dans le même genre?

samedi 5 juin 2010

La reine des damnés, Anne Rice



Ma note: 6,5/10

Voici le résumé: Et quand Lestat, vampire impie, libertin et suicidaire, s'improvise chanteur de rock pour hurler à la face de l'humanité sa condition de mort-vivant, les mortels lui font un triomphe, sans imaginer une seconde qu'il ne leur dit que la vérité.Mais, en révélant au grand jour leurs secrets les mieux gardés, Lestat est désormais considéré comme un traître. D'autant que soudain, et dans le monde entier, une force mystérieuse semble s'acharner à détruire les siens.Avec sa musique à réveiller les morts", Lestat n'aurait-il pas, non seulement arraché à son sommeil millénaire la Mère, la Reine des Damnés, leur ancêtre à tous, mais aussi convoqué pour un ultime affrontement d'autres créatures plus anciennes encore ?Quel drame s'est alors joué, dont on trouve encore la trace quatre mille ans avant notre ère dans de vieilles peintures murale aussi bien en Palestine qu'au fond des grottes du Pérou ? Serait-il possible que la survie de l'humanité soit entre les mains d'une poignée de vampires ?


Encore une fois, Anne Rice nous livre un roman très intéressant sur le thème du vampire. Par contre, encore une fois aussi, voici un roman avec une bonne histoire mais écrit dans un style lourd et déplaisant par moment, surtout sur une longue période de lecture. Ainsi, plus on avance dans le roman, plus l'écriture est répétitive et de moins en moins intéressante. En fait, le principal défaut de ce bouquin est qu'il est trop long, comme c'est souvent le cas avec Mme Rice.

Troisième volet de la série des chroniques de vampire, La reine des damnés a été réédité par l'éditeur Plon, probablement pour profiter du succès et de la nouvelle vague des romans vampiriques, avec une couverture semblable( Stephenie Meyer, Charlaine Harris, etc...). Bonne idée, sauf qu'on ce demande où est passé Entretien avec un vampire, n'étant pas réédité et épuisé, quand on voit que Lestat le vampire et le présent roman l'ont été????

Finalement, La reine des damnés s'en tire bien d'un point de vue global. Il nous fait découvrir de nouveaux éléments dans la série des chroniques des vampires. Lecture parfois agréable, parfois grisante, mais surtout, pour tout amateur de vampire, lecture essentielle. Cependant, vous feriez mieux de commencer par Entretien avec un vampire et continuer avec Lestat le vampire avant de vous attaquez à celui-ci. Et puis même, je vous conseille beaucoup plus le Dracula de Bram Stoker si nous ne l'avez pas lu. Ne serait-ce que pour les temps de verbes et l'écriture beaucoup plus plaisante que celle de ces chroniques de vampires d'Anne Rice.

vendredi 28 mai 2010

L'ami Odd Thomas, Dean Koontz



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Odd Thomas, dans sa petite ville de Pico Mundo, vit à la lisière de deux mondes, où chaque jour exige son lot d'exploits héroïques et de drames. Odd n'a jamais demandé à pouvoir communiquer avec les morts. Cela lui est tombé dessus. Mais sa qualité d'ambassadeur bienveillant entre le monde des vivants et l'au-delà lui impose de faire le bien. c'est ainsi qu’Odd considère sa charge, et c'est la raison pour laquelle il gagne la confiance des habitants de part et d'autre de la frontière entre la vie et la mort.
Un ami d'enfance d'Odd a été kidnappé. Tout le monde craint le pire. Mais Odd, alors qu'il emploie ses dons à retrouver son ami disparu, va faire une découverte bien plus sinistre qu'un cadavre. Il va être confronté à un ennemi redoutable qui va l'entraîner dans la spirale infernale de la terreur.

Alors, qu'en est-il de cette suite de la série Odd Thomas de l'excellent Dean Koontz. Tout d'abord, ce deuxième volet m'a fait prendre conscience que j'apprécie de plus en plus cette série de bouquin. Le personnage central, Odd Thomas, prend de la force et devient de plus en plus étoffé pour notre plus grand bonheur. Bien que j'avais aimé le premier volet, il m'avait laissé un petit goût amer après ma lecture, mais celui-ci vient de le faire disparaître tout en augmentant la valeur du premier. Donc mission réussie pour M. Koontz.

L'action ne manque pas dans cette suite. On parle vraiment d'un roman très enlevant et il y a toujours la bonne vieille recette de Koontz. On est encore une fois hypnotisé tout au long de notre lecture même si c'est un roman passablement court (350 p.).

Par contre, le plus grand défaut de ce livre, et ce qui explique ma note modérée de 7/10, est qu'on a droit à une petite histoire avec un petit h , et non pas a une histoire à grand déploiement comme les auteurs de thrillers-horreurs-fantastiques nous ont habitué. En effet, tout le roman tourne autour d'une péripétie de Odd Thomas, à un détail(même s'il est majeur) de sa vie et non à une intrigue grandiose. Donc, Koontz veut écrire plusieurs suites sans aucun doute.

Finalement, je conseille ce roman à tous ceux qui ont lu L'étrange Odd Thomas et qui sont de grands fans de Dean Koontz. Vous serez comblés. Pour les autres, passez votre tour!!!

mercredi 26 mai 2010

Le visage de la peur, Dean Koontz



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Une vague de terreur allait déferler sur New York...Qui est le Boucher, et comment parvient-il à convaincre toutes ces femmes si différentes de le faire entrer chez elles en pleine nuit ?
Un tueur qui ne paraît ni fou ni enragé lorsqu'il s'en prend à ses victimes. Qui semble agir... méthodiquement. Mais dans quel but ?

Ce roman de Koontz était à l'origine écrit sous le pseudonyme de Brian Coffey et a paru en 1977. Réédité dans les années 80 sous son vrai nom, Dean Koontz, nous offre un roman très court. En effet, il ne fait que 250 pages en format poche. Étonnement, la plume de Koontz est toujours très très efficace même dans les romans aussi jeunes dans la carrière de l'écrivain, comme celui-ci, Le visage de la peur.

En plus, on a droit à un très bon suspense. L'intrigue est bien ficelée même si ce n'est vraiment pas le meilleur roman de cet auteur. L'histoire est quand même assez simple et tout au long du roman, Koontz ne décrit que l'essentiel, ce qui en fait un livre facile et rapide à lire. Les personnages sont attachants et la recette de Koontz opère à merveille.

Finalement, après une deuxième lecture de ce thriller, ma première remontait quand même à 10 ans, je vous le conseille sans hésiter. L'histoire est inspirée de la philosophie de Nietzsche et du procès de Leopold et Loeb. Pour une meilleure compréhension, voici un site qui décrit bien ce tragique fait divers(celui de Leopold et Loeb) : http://jones-aucunachatrequis.blogspot.com/2010/03/leopold-loeb.html

lundi 24 mai 2010

L'engrenage, John Grisham



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Le patron de la C.I.A., Teddy Mayard n'apprécie guère les réductions du budget militaire américain. Il convoque Aaron Lake, qui anime la Commission des forces armées au Congrès et lui propose un marché. Il sera élu président des États-Unis s'il s'engage à doubler le budget militaire en quatre ans. Lake accepte et sa campagne démarre avec le soutien des patrons et des ouvriers de l'industrie d'armement dont les dons affluent de partout. Au bout de quelques semaines, le candidat de la C.I.A. caracole en tête des sondages, lorsque Mayard découvre un détail de la vie privée de son candidat qui lui avait échappé. Lake a répondu à la petite annonce d'une revue homosexuelle et, sous un faux nom, il entretient une correspondance assidue avec un jeune inconnu. En réalité, cette annonce est utilisée pour piéger des personnalités, puis les faire chanter en menaçant de révéler leur homosexualité. Les maîtres chanteurs sont repérés. Il s'agit de trois juges emprisonnés. Il faut les mettre hors d'état de nuire avant qu'ils n'aient identifié le futur président… Bâti sur une intrigue soigneusement élaborée, ce nouveau roman de John Grisham dépeint la vie carcérale des maîtres chanteurs avec la même précision que cette campagne électorale où l'argent roi fait la loi. Et les petites combines des vieux juges pour extorquer quelques milliers de dollars à des notables paraissent bien dérisoires devant la gigantesque manipulation de l'opinion américaine pour lui faire accepter une politique belliciste.

C'est presque toujours un plaisir de lire John Grisham. Même si son écriture est simple et sans surprise, il nous livre souvent des histoires intéressantes. Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Sans réinventer le roman, loin de là, cette histoire qui tourne essentiellement sous deux tableaux, soit le milieu carcérale et ses combines et la politique américaine et ses campagnes électorales, nous fait passer un agréable moment de lecture.

En plus, la finale est bien élaborée et crédible. Mais surtout, sachant que ce livre à été écrit en 2000, avant la consécration de Bush à la présidence des États-Unis, on peut dire sans se tromper que ce livre est tout à fait visionnaire des années 2000 à 2010. Grisham avait vu juste dans sa boule de cristal. Je vous laisse découvrir comment...

Finalement, ce roman de John Grisham comporte de grandes qualités(enlevant, intéressant, facile à lire, etc.) et comporte aussi les mêmes défauts qu'on retrouve habituellement avec cet auteur. En fait, on peut affirmer, à quelques nuances près, que John Grisham à les qualités de ses défauts...en première place : la simplicité. En plus, étant avocat, il connaît parfaitement les rouages du système juridique et nous en fait part. Pourquoi s'en priver?