"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 12 novembre 2010

La méthode Schopenhauer, Irvin Yalom




Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Quand Julius Hertzfeld, un célèbre psychiatre de San Francisco, apprend qu'il n'a plus que quelques mois à vivre, que fait-il ? Il contacte l'un de ses anciens patients, l'arrogant Philip Slate, accro au sexe, rigide, asocial et manipulateur, le plus grand échec de sa carrière, devenu depuis psychothérapeute. Au centre de cette relation : Schopenhauer...

Pour commencer, parlons de ma note, le 8,5/10. J'ai essayé d'être le plus honnête possible avec celle-ci parce qu'en étant subjectif je lui mettais un 9,5/10 et en étant objectif, le roman méritait un 7,5/10. Donc un 8,5 est le juste milieu et le mieux que je puisse faire. Parce que vous devez savoir que personnellement j'ai adoré ce bouquin pour la simple raison que Schopenhauer est mon philosophe préféré.

L'auteur est psychiatre et prof à Stanford et ça paraît. Il nous invite avec ce roman dans l'univers des thérapies de groupe, ce qui est assez paradoxal parce que Schopenhauer est très solitaire. Cet élément rajoute donc de la profondeur au récit parce qu'il oppose, en quelque sorte, la pensée très solitaire d'un écrivain et la relation avec les autres. Tout ça dans le but de préparer Julius à affronter la mort qui l'attend. Mais plus on avance dans la lecture, on s'aperçoit que ce n'est pas nécessairement Julius qui en sortira changé...

Aussi, plus le roman avance, plus le parti pris anti-Schopenhauer de l'auteur devient évident. Même s'il rend un vibrant hommage à Schopenhauer, M. Yalom glisse vers une critique du philosophe. Le tout se fait subtilement, mais en lisant entre les lignes on perçoit que l'écrivain n'épouse pas toute la philosophie d'Arthur Schopenhauer. Ainsi, à chaque deux chapitres ou à peu près, il y a la biographie du grand philosophe qui nous est racontée par Yalom et il n'est pas vraiment tendre envers lui. Mais tout est fait avec classe, ce qui prouve la grande honnêteté intellectuelle de l'auteur et il répare même l'histoire de la psychanalyse en plaçant Schopenhauer sur un pied d'égalité avec Freud et même plus haut. Ce qui n'est pas rien de la part d'un psychiatre.

Pour le style d'écriture, et bien on est quand même pas en présence d'un grand styliste. En plus, les personnages sont froids, ce qui rebute le lecteur par moment. La force du roman est dans le contenu et non le contenant, si je peux m'exprimer ainsi. C'est pour ça qu'objectivement, le roman méritait un 7,5/10.

Pour terminer, étant un lecteur assidu de Schopenhauer, je ne peux pas dire que j'en ai appris beaucoup avec ce roman. (À part l'aspect biographique de la vie du philosophe). Par contre, l'histoire est très bonne et l'intégration de la pensée de Schopenhauer dans un roman est réussie. Ainsi, en terminant le bouquin, on peut dire : mission accomplie!

2 commentaires:

  1. je partage votre avis, pour les lecteurs de Schopenhauer c'est un bon roman intelligent mais pour quelqu'un qui ne fait que s'intéresser au philosophe c'est carrément excellent comme introduction

    je vous recommande aussi son livre sur Epicure qui est très bien

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  2. Merci pour cette recommandation, je voulais un jour me replonger dans l'oeuvre de Yalom, ça me manque ces romans centrés sur des philosophes...

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