"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mercredi 1 décembre 2010

Le voyage d'Anna Blume, Paul Auster



Ma note : 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : In the Country of Last Things est le titre original du Voyage d'Anna Blume. De ce " pays des choses dernières " où elle tente de survivre au froid, aux prédations et au désespoir, Anna Blume - venue chercher son frère disparu, William - écrit une longue lettre dont on ne sait si elle trouvera jamais son destinataire : ses errances dans une ville aux rues éventrées, sa lutte pour subsister parmi les " chasseurs d'objets " et les " ramasseurs d'ordures ", la mort omniprésente, la difficulté de vivre des amours durables... revêtent ici une force symbolique d'une actualité étonnante. Et cette lettre, en même temps qu'elle éveille en lui un passé de terreurs et d'apocalypse, interroge d'insidieuse façon le lecteur sur son rapport au monde... et au langage.

J'aime beaucoup Paul Auster. Son style d'écriture est splendide et il est le maître de la "poupée russe" littéraire, soit des romans qui contiennent plusieurs illusions ou plusieurs autres romans en un seul. On croit lire un roman quelconque mais il revire la situation et on s'aperçoit qu'on ne lisait pas nécessairement ce qu'on pensait. Dans les romans de Paul Auster, il y a donc emboîtement d'histoires différentes, de narrateurs différents aussi. Le tout fait avec une main de maître pour notre plus grand plaisir.

Pour "Le voyage d'Anna Blume" la situation n'est pas différente. C'est un mystérieux personnage qui nous lit la lettre qu'il a trouvée, écrite par Anna Blume. Cette lettre étant écrite d'un endroit très différent du nôtre. Tout le roman repose sur la description de la cité où Anna Blume se trouve. Le coup de génie de Paul Auster avec ce roman est que cet endroit est très différent de notre monde mais quand on le lit comme une métaphore, - de notre monde, de nos villes (New york en particulier)- on peut y faire des liens. L'endroit où se trouve Anna Blume est très intéressant, c'est le moins que l'on puisse dire, et l'ambiance qu'a réussi à créer Paul Auster est magique. C'est un véritable coup de maître ce roman!

Finalement, j'aurais aimé mettre une note plus haute pour ce roman(je l'ai tellement aimé) mais comme à chaque fois que je lis Paul Auster il manque un petit je-ne-sais-quoi pour crier au chef-d'oeuvre. À chaque fois c'est la même chose. C'est difficile à expliquer, mais on finit la lecture en ayant le sentiment que l'auteur a passé à côté de quelque chose d'exceptionnelle. Ne vous méprenez pas, c'est très bon comme roman. C'est à lire absolument, mais il manque quelque chose. Un petit quelque chose...

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