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dimanche 26 août 2012

La transmigration de Timothy Archer, Philip K. Dick



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : II y a des jours où le karma vous tombe dessus. C'est ce que se dit Angel Archer, la narratrice, alors qu'elle assiste à un séminaire sur le soufisme le jour même où John Lennon vient de se faire assassiner. Désormais, elle croit savoir pourquoi nous sommes sur terre. « C'est pour découvrir que ce que vous aimez vous sera enlevé, sans doute à cause d'une erreur en haut lieu plutôt qu'à titre délibéré. » Déjà, le soir où elle lisait La Divine Comédie tout en se saoulant au bourbon pour cause de rage de dents, elle avait compris que la douleur ouvre la voie de la connaissance. Elle avait traversé les apparences. Comme les a traversées Timothy Archer le jour où il s'est demandé si Jésus n'était pas un simple trafiquant de drogue...Mélange de science-fiction spéculative, de récit autobiographique, de questionnement métaphysique et de délires schizophréniques, La trilogie divine, qui compte parmi les plus déroutants romans de Dick, est sans cloute l'œuvre qui a fait de lui un auteur culte.

Ce roman est tellement différent des deux premiers tomes de la trilogie divine qu'on se demande qui a bien pu le placer comme troisième tome. Je ne sais pas si c'est l'auteur lui-même ou l'éditeur mais étant donné que Philip K. Dick est décédé juste après son écriture (et juste avant de voir son premier livre adapté au cinéma, en l'occurrence "Blade Runner") je pencherais sur le deuxième choix. L'histoire, la prose, la trame narrative et la forme se rapprochent davantage du prélude, soit "Radio libre Albemuth". Comme ce dernier, "La transmigration de Timothy Archer" est intimiste, contrairement aux deux autres tomes. C'est un croisement entre Albert Camus et Stephen King. On sent encore le manque d'inspiration des dernières années de l'écrivain, et sa maladie mentale semble de plus en plus préoccupante. Le roman en lui-même, et surtout la fin, sont éloquents à ce sujet. On navigue entre la réalité et la folie. Entre les univers parallèles et la schizophrénie.

Malgré quelques belles envolées littéraires et de bonnes idées ici et là, j'ai de sérieux problèmes avec ce roman (roman qui se suffit à lui-même et qui fait partie d'une trilogie d'une façon très subtile). L'intrigue est tellement mince que par moments elle est insuffisante pour que l'on puisse considérer ce livre comme une grande oeuvre de la science-fiction. La fin ne nous surprend pas, contrairement à une foule de romans de cet auteur, et on a même hâte que cela se termine. Aussi, on n'est pas plus avancé dans notre compréhension globale de cette dernière saga de K. Dick. C'est frustrant.

Pour terminer, le roman nous offre une facette qu'on connaissait moins de cet écrivain. Et c'est sa grande érudition dans le domaine de la philosophie et des religions. Il parle aussi bien de Heidegger, du christianisme, du bouddhisme. On voit qu'il est intéressé par la spiritualité New Age qui consiste à se faire sa propre vision spirituelle en prenant des concepts un peu partout dans les autres religions et même, dans le cas qui nous occupe, dans la philosophie. Donc, sur le plan de la profondeur philosophique-littéraire c'est réussi. Mais sinon, c'est un roman assez banal.

vendredi 24 août 2012

L'invasion Divine, Philip K. Dick


Ma note: 6/10

Voici la présentation de l'éditeur: « Ce monde présent, cette planète; tout ce qui la compose, tous ceux qui l'habitent... tout dort ici. » Voilà ce que déclare Emmanuel, un enfant entré en fraude sur la Terre. Il dit que notre univers est un simulacre, un rideau de fumée, une illusion. Que la Création a échappé à son Créateur, quel que soit le nom qu'on lui donne, Dieu ou Siva. Qu'elle est désormais régie par le mal. Il vous dit d'ouvrir les yeux, comme lui, sur cet univers parallèle que, peut-être, une vague intuition, des doutes, certaines incohérences dans votre vie quotidienne vous font pressentir déjà. Dormez-vous ? L'avant dernier roman de Dick et l'un des plus étonnants de sa période « mystique » : écrit par un prophète ou par un fou ?

Ce roman est le deuxième tome de la trilogie divine, si l'on fait exception du prélude, le très bon "Radio libre Albemuth". Avec "Siva", le premier tome "officiel", j'avais été déçu par ce qu'il représentait. Il était une vague copie du prélude, en moins original et les concepts de spiritualités me semblaient prendre trop de place. Avec celui-ci, "L'invasion Divine", non que la spiritualité prenne trop de place - elle prend une place davantage mesurée - mais le roman en lui-même n'est pas très brillant. K. Dick nous a habitués à beaucoup mieux et l'intrigue de "L'invasion Divine" m'a parfois paru incompréhensible ou simplement mauvaise.

"L'invasion Divine" est l'avant-dernier roman écrit par l'auteur, et je remarque qu'il manque d'inspiration dans ses oeuvres tardives. On est à des années-lumière d'un chef-d'oeuvre comme "Ubik" et même de "En attendant l'année dernière". C'est une suite sans saveur de "SIVA" qui lui, était déjà faible. À chaque roman de cette trilogie de Philip K. Dick, une nouvelle couche s'ajoute sur la dernière, un nouveau monde apparaît dans le même univers que le dernier mais en étant toujours un peu plus faible. Jusqu'à maintenant, les trois livres que j'aie lus de cette saga sont trop semblables et de plus en plus avantagés en superflu.

Par contre, certains fils conducteurs entre les récits restent forts. SIVA plane toujours dans l'ombre à la recherche d'un je-ne-sais-quoi, qui, je l'espère, nous sera dévoilé dans le dernier tome que je commence à l'instant. Mais cette étape devra être fort intéressante pour me faire apprécier cette oeuvre dans son ensemble. Il y a encore trop de questions sans réponses et je n'arrive pas à bien saisir cette fresque.

mercredi 22 août 2012

SIVA, Philip K. Dick



Ma note: 7/10

Voici la présentation de l'éditeur : C'est en 1974 qu'un faisceau de lumière rose communique à Horselover Fat des informations capitales concernant l'avenir de l'humanité. Cette force, qui a fait fondre la réalité de cet homme, c'est SIVA. Système Intelligent Vivant et Agissant. Mais qui se cache réellement derrière ces quatre lettres ? Dieu ? Un satellite ? Une race extraterrestre ? Mélange de science-fiction spéculative, de récit autobiographique, de questionnement métaphysique et de délires schizophréniques, La trilogie divine, qui compte parmi les œuvres les plus déroutantes de Dick, est sans doute celle qui a fait de lui un auteur culte.

C'est un sept sur dix pour le moins délicat que je donne à ce roman. Les lecteurs qui n'ont jamais lu Philip K. Dick ne devraient surtout pas commencer par "SIVA". De plus, je crois qu'il faut avoir lu au préalable "Radio libre Albemuth". Ce dernier met la table pour "SIVA" même si la table était déjà complète. On apprend rien de plus d'intéressant avec le présent bouquin, si ce n'est que quelques points spirituels.

En effet, presque tout le roman est composé de la vision de l'auteur sur la spiritualité et la cosmologie (en philosophie). Il y a un certain ennui qui se dégage de l'ensemble de l'oeuvre et contrairement à "Radio libre Albemuth", il n'y a presque pas d'intrigue, la forme est beaucoup moins original que le prélude de la trilogie divine (i.e. "Radio libre Albemuth") et la spiritualité New Age de K. Dick est davantage explicitée. Ainsi, si ce sujet ne vous intéresse aucunement, vous trouverez le temps long. Le roman nous permet d'approfondir ce qui avait été commencé lors du prélude. On comprend mieux ce prélude et "l'histoire dans l'histoire" en est encore augmentée. J'aurais cru que "SIVA" serait difficile à comprendre, mais en ayant tout lu ou presque de cet écrivain, je m'en suis bien sorti.

Par contre, je dois dire que c'est un des plus faibles de l'auteur, peut-être dû à l'état mental de K. Dick lors de son écriture. On sent cette espèce de paranoïa, à la limite de la schizophrénie, qui peut parfois donner de bons romans, mais ici c'est moins évident. Ne comptez pas sur moi pour expliquer le fond de l'histoire et du récit, parce qu'en moins de dix pages, c'est impossible.

Pour terminer, cet ouvrage ajoute une mince couche à l'oeuvre de l'auteur. Mais est-ce qu'il était nécessaire? Rien n'est moins certain.

lundi 20 août 2012

Radio libre Albemuth, Philip K. Dick


Ma note: 8/10

Voici la présentation de l'éditeur: Dans une Amérique où le Mal a triomphé et quadrillée par les milices de Ferris Fremont, que faire lorsque, comme Nicholas Brady, ami intime de Philip K. Dick, on reçoit des messages dans son sommeil, et que ces messages en provenance de Dieu - ou des extraterrestres - vous conseillent d'entrer dans la Résistance ? Dénoncer ses amis ? Se livrer aux Amis du Peuple Américain ? Utiliser la maison de disques dans laquelle on travaille pour propager la subversion sous forme de messages subliminaux ? Obéir aveuglément à SIVA au risque de perdre la raison ? Un roman posthume antérieur à la fameuse trilogie divine qu'il éclaire et nuance. Un texte brut et brutal qui est aussi un document sur le Dick des dernières années.

Je fus soufflé par cette lecture. Je sais qu'il n'est pas le préféré de plusieurs - ni de moi d'ailleurs - mais il y a dans ce roman quelque chose de grand. Quelque chose qui complète l'oeuvre de Dick et l'amène un peu plus loin. En se mettant en scène d'une façon parfaite, l'auteur nous apparaît, si on a lu le reste de son oeuvre, comme un des plus grands écrivains de l'histoire.

Il y a de tout dans ce livre. Fondamentalement, c'est une histoire de "contacté" extra-terrestre. Mais pour ma part, ce qui m'a fasciné avec ce bouquin, c'est le post-modernisme qui s'en dégage, l'histoire dans l'histoire portée à son paroxysme. Il y a une touche de Paul Auster dans la manière de raconté mais dans le genre de la science-fiction. C'est par moment très autobiographique - et beaucoup mieux que "La fille aux cheveux noirs" qui m'avait déçu dans le même genre - et K. Dick nous permet de plonger dans son délire qui était bien réel, et d'une façon très littéraire. Selon moi, la première moitié du roman est de loin supérieure à la deuxième, surtout sur le plan littéraire, stylistique et romanesque au sens large.

Stephen King avait fait un peu la même chose avec "La tour sombre", mais Philip K. Dick le réussi mieux, avec plus d'imagination et sans l'esbroufe de la prose de King. En plus, avec K. Dick, il y a un message social fort. Il s'attaque sans ménagement à Richard Nixon qui prend les traits de Ferris Fremont dans une Amérique pas si lointaine de la nôtre. Si l'écrivain pouvait voir le "Patriot act" américain signé au 21e siècle, je crois qu'il comprendrait qu'il a vu juste avec ses romans. "Ubik" s'attaquait davantage au capitalisme alors que le présent roman s'en prend sans vergogne et plus globalement au sale gouvernement américain.

Alors, pour conclure, je dirai que "Radio libre Albemuth" cible surtout les grands lecteurs de Philip K. Dick. Pour bien le comprendre, je crois qu'il faut avoir lu au moins une vingtaine de ses romans (comme moi). Même s'il est le dernier de l'auteur, il prépare quand même à "La trilogie divine" que je commence dès maintenant. Il met la table pour "Siva" en nous expliquant l'origine du mot et je me sens ainsi plus confiant d'affronter la saga ultime. Cette saga que plusieurs décrivent comme incompréhensible. Alors, je fonce !

mercredi 15 août 2012

Deus Irae, Philip K. Dick et Roger Zelazny


Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Après l'holocauste qui a mis fin à la Troisième Guerre mondiale, deux Églises se disputent les rares survivants et leur — méconnaissable — descendance : celle du Bien et celle Du Mal, qui vénère le Deus Irae, le Dieu de Colère, celui qui a lâché sur le monde l'horreur atomique. Et c'est un Michel-Ange sans bras ni jambes, un hérétique de surcroît, le peintre Tibor McMasters, qui part, bien malgré lui, à la recherche de Dieu pour faire son portrait et le proposer à l'adoration des foules. Dans ce voyage halluciné sur une Terre dévastée, peuplée d'insectes géants, d'oiseaux qui parlent et de robots retournés à l'état sauvage, les lecteurs de Philip K. Dick et de Roger Zelazny essaieront sans doute de faire la part de l'un et la part de l'autre. Ils reconnaîtront sûrement que ce livre d'un humour désespéré est plus grand que la somme des deux parties qui le composent.

Je sais que c'est un cliché pour un roman écrit à quatre mains, mais il manque de cohérence dans ce bouquin. Deux têtes valent mieux qu'une, j'en conviens. Cependant, elles doivent être sur les mêmes épaules. Cela aurait dû donner un roman linéaire mais les différents chapitres ne forment pas un tout cohérent et en plus, K. Dick écrivait un chapitre, ensuite Zelazny en écrivait un autre (et ainsi de suite), ce qui amène une certaine discontinuité.

Je m'attendais davantage à un Philip K. Dick pur laine. L'autre auteur, Roger Zelazny, que je n'avais jamais lu, prend beaucoup trop de place à mon avis. Philip K. Dick le décrit comme plus intelligent que lui et plus cultivé (surtout sur le sujet de la religion) et donc, il y a plus de passages érudits qui n'apportent vraiment pas grand chose de plus. La religion est trop présente, c'est ce qui avait donné du mal à K. Dick quand il avait commencé seul l'écriture du présent roman, et l'intrigue principale, qui est décrite sur la quatrième de couverture, est plus ou moins intéressante et certainement mal exploitée.

Mais bon. Il y a quand même un intérêt à lire ce livre. Premièrement, cela ajoute à ma culture dickienne étant le seul roman de l'auteur écrit en collaboration. Ensuite, je crois que les amateurs de science-fiction post-apocalyptique-théologique seront quelque peu comblés. Et finalement, ce roman est un bon complément à un autre roman de K. Dick qui avait sensiblement la même histoire, j'ai nommé "Dr. Bloodmoney". Cependant, il demeure un des plus faibles du génial Philip K. Dick.

vendredi 10 août 2012

La fille aux cheveux noirs, Philip K. Dick


Ma note : 6/10

Voici la quatrième de couverture : Elle est Emily Hnatt dans Le Dieu venu du Centaure, Donna Hawthorne dans Substance Mort, Sherri Solvig dans Siva, Rybys Romney dans L'Invasion divine... Multiple, fantasmée, elle traverse une existence marquée par des expériences mystiques, le doute et l'abus de drogue. Ses cheveux sont noirs comme la nuit ; figure invariante, démiurgique, elle est chaque femme que Philip K. Dick a connue et aimée. La fille aux cheveux noirs rassemble toutes les lettres qu'il a adressées à cette mystérieuse muse, personnage aussi réel que virtuel et raison d'être de son travail littéraire. Au détour de cette correspondance à sens unique, où se mêlent fiction et autobiographie, apparaît en filigrane le portrait d'un auteur qui fit de sa vie son meilleur roman.

Je n'avais aucune attente pour ce livre. Et c'est à peu près ce que j'ai eu. Rien.

Étant un grand fan de cet auteur et ayant lu de lui plus de vingt romans, je considère que ce livre s'adresse uniquement aux amateurs de Philip K. Dick comme moi. Parce que sinon, on peut presque parler d'une arnaque. Avec ce livre, l'éditeur a décidé de nous livrer quelques lettres de K. Dick qui, peut-être, aurait dû rester privée. On n'en apprend pas beaucoup plus sur le sujet, sur la conscience (et l'inconscient) de l'écrivain. Quelques rares lettres sont intéressantes, mais la plupart tombent à plat, et l'on ne sait pas trop si elles sont réelles. Par moment cela devient tellement inintéressant que le grand romancier de science-fiction parle de son auto, de la vaisselle à faire, etc. Ce livre n'est pas vraiment essentiel, vous l'aurez deviné, et à la limite, on pourrait dire que c'est une mauvaise autobiographie, même si cela en est même pas une.

Pourtant la préface entrevoyait de belles choses. Cette préface, écrite par un ami de Phil Dick (comme il le nomme) est fort probablement ce qu'on retrouve de mieux dans le bouquin. En quelques pages, on apprend l'essentiel de l'être unique qu'était l'auteur, et cela aurait été suffisant selon moi.

Bref, pour terminer, je lui ai donné la note de passage parce que tout ce que fait cet écrivain me semble important, même quand ce n'est pas le cas. En plus, on voit un Philip K. Dick beaucoup plus vulnérable que ne laisse paraître ses romans. La substance de ce livre est peut-être inventée, irréelle, et c'est cela qui est intéressant avec ce génie des lettres américaines. L'imaginaire s'imbrique dans la réalité, qui elle, est dépassée par la fiction. On est dans l'inconscient autant que dans la conscience désabusée et blessée. Malgré tous les défauts qu'on peut sortir sur ce livre, son auteur parvient encore à nous avoir sur le sens de la réalité. Et pour son oeuvre, je lui dis bravo !

samedi 4 août 2012

Substance Mort, Philip K. Dick


Ma note : 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: Dans une Amérique imaginaire livrée à l'effacement des singularités et à la paranoïa technologique, les derniers survivants de la contre-culture des années 60 achèvent de brûler leur cerveau au moyen de la plus redoutable des drogues, la Substance Mort. Dans cette Amérique plus vraie que nature, Fred, qui travaille incognito pour la brigade des stups, le corps dissimulé sous un « complet brouillé », est chargé par ses supérieurs d'espionner Bob Arctor, un toxicomane qui n'est autre que lui-même. Un voyage sans retour au bout de la schizophrénie, une plongée glaçante dans l'enfer des paradis artificiels.

Le film tiré de ce roman avait été une grande déception pour moi. Je l'attendais de pied ferme, comme tous les films signés Philip K. Dick, et selon les producteurs, il avait des chances de révolutionner le cinéma avec une nouvelle technique de dessins animés. Mais non, le rendu final était pitoyable, le scénario bâclé et malgré deux tentatives de ma part, je ne l'ai jamais fini. Après une dizaine de minutes, un malaise s'empare de moi tellement je suis incapable de visionner ce genre de film.

Alors, je commençais le roman avec une certaine fébrilité. Je me disais qu'il allait certainement être meilleur que le film (et c'est le cas) et de plus, un certain nombre de critiques le considèrent comme le chef-d'oeuvre de Philip K. Dick.

Et bien, non seulement je ne crois pas qu'il soit son chef-d'oeuvre mais en plus, je crois même qu'il est un des moins bons de l'auteur. L'histoire de départ est appréciable, quoique très semblable à ses romans antérieurs, mais le développement manque grandement de consistance. La plume est fluide, efficace - même si la traduction est parfois faible - mais l'essentiel de l'intrigue tourne autour de la drogue et on assiste aux "psychoses" des personnages. Malgré les promesses de la quatrième de couverture, le genre policier est évacué sous l'action des personnages et leur prise de drogue systématique. Il n'y a pas vraiment d'enquête compréhensible, ou à peu près pas, mais seulement une foule de péripéties plus ou moins intéressantes.

Donc, en terminant, ce qu'il y a probablement de mieux dans ce texte est la société surveillée, contrôlée par des caméras inexistantes en apparences. C'est la force de cet écrivain, celle de prévoir l'avenir sous son oeil de romancier à moitié fou. Par contre, je n'ai pas senti le génie de Philip K. Dick comme je le sentais dans la plupart de ses autres romans (j'en ai lu une vingtaine). Et sur ce point, c'est une énorme déception.

dimanche 29 juillet 2012

Blade Runner, Philip K. Dick


Ma note: 7,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Philip K. Dick a obtenu en 1962 le Prix Hugo. Il est resté jusqu'à sa mort en 1982 au premier rang des auteurs de S-F avec Loterie solaire, Dr Bloodmoney, L'oeil dans le ciel, etc. Un blade runner, c'est un tueur chargé d'exterminer les androïdes qui s'infiltrent sur Terre. Et Rick est le meilleur blade runner de la Côte Ouest. Ce qui ne l'empêche pas d'être un tendre : il rêve de remplacer un jour son simulacre (électrique) de mouton par un vrai ! Hors de prix sur une planète où s'éteint la vie animale ! Aussi quand on lui propose une somme fabuleuse pour éliminer de dangereux Nexus 6 signalés en Californie, il fonce... Mais, face à lui, surgit la très belle Rachel. Femme ou androïde ? L'aime-t-il ? Peut-il l'aimer ?

Je retrouve Philip K. Dick, un de mes auteurs préférés, dans la plus grande joie possible. L'univers qu'il a créé est incroyablement riche et l'ambiance futuriste de ses romans est inégalée. Malgré un style d'écriture particulièrement simple, il réussi à s'infiltrer dans notre inconscient et pendant longtemps, ses récits nous restent gravés. Avec celui-ci, "Blade Runner", on a droit à un roman un peu plus linéaire que les autres mais aussi riche en idées et en thèmes.

Parlant du thème, celui qui marque le plus dans ce bouquin est l'identité et celui-ci est amené sous l'angle de l'androïde contre l'humain. La science évolue tellement vite que ce genre de questionnement fera surface un jour ou l'autre comme semble le prédire K. Dick dans ce livre. Il nous amène à nous demander ce qui fait qu'un humain est un humain et si l'androïde devra être traité en humain ou en objet, en machine. En plus, il incorpore d'une façon judicieuse et originale ce questionnement avec les animaux. S'ils doivent être traités comme les humains, à quel degré comparativement aux humains, aux androides, etc.? J'aimais beaucoup plus le titre original, qui était : "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?". En plus de son originalité, il saisissait mieux l'essence du roman. L'histoire entourant les "Blade Runner" n'est, selon moi, qu'un prétexte au questionnement métaphysique de l'auteur pour ne pas dire mystique.

En terminant, je dois affirmer que j'ai aimé ma lecture mais cela est peut-être dû au fait que cet auteur me manquait. Parce qu'objectivement il est peut-être un peu plus faible que les autres. Il a été le premier mis en scène parce que l'action est foisonnante et davantage cinématographique. Et cela en fait un très bon film qui n'a pas à pâlir devant son oeuvre original, le roman. Par contre, il réserve moins de surprises et il est moins complet, si l'on regarde l'ensemble de l'oeuvre.

vendredi 16 septembre 2011

Le guérisseur de cathédrales, Philip K. Dick



Ma note: 8/10

Voici la présentation de l'éditeur: Joe Farnwright ne vit que par son métier. Homme ordinaire broyé par une société rigide et tyrannique, Joe recolle des morceaux de céramique, il guérit des objets avec un talent merveilleux. Hélas, arrive un jour où plus personne n'a besoin de ses services. Il sombre lentement jusqu'à ce qu'un message venu de l'espace donne un nouveau tournant à sa vie misérable.
Une entité extraterrestre souhaite l'engager, lui et d'autres individus venant des quatre coins de la galaxie, pour une entreprise titanesque : restaurer une cathédrale au fond de l'océan, sur une planète lointaine. Alors Joe n'hésite pas, il part et rejoint un étrange équipage. Cette créature pourra peut-être les sauver...

Le roman le plus humain de Philip K. Dick. On suit un personnage principal fort attachant, qui se cherche, qui est profondément humain. Trop humain comme le dirait Nietzsche. C'est certainement un livre à part dans l'oeuvre de K. Dick. L'âme y est, le désespoir, la recherche de sens, la blessure mais aussi la guérison. Le récit en lui-même est une métaphore de la condition humaine. Le tout traité dans un environnement de science-fiction. Mais évidemment, cet univers n'est qu'un prétexte. L'auteur voulait, selon moi, parler de l'humain. Faire abstraction de l'intrigue, de l'histoire, etc. Il voulait faire différent. Je crois même qu'il pensait que ce serait son dernier roman. (mais ce n'est pas son dernier, grand merci!)

Pas surprenant que l'écriture soit si poétique. Encore une fois, on peut dire que c'est rare chez Philip K. Dick. Aussi, les références aux grands écrivains parsèment le roman. Malgré une intrigue très mince (au milieu de l'histoire le personnage principal se voit confier une mission et c'est à peu près tout ce qu'on a comme intrigue), il se dégage de ce roman une ambiance mélancolique, profonde et ainsi, fort agréable pour les amateurs de littérature.

Cette édition de Folio nous offre la traduction la plus réussie des livres de K. Dick. Cela fait une quinzaine de romans de l'auteur que je lis et ce fut, pendant ces lectures, le point faible. Mais pas ici.

Alors, pour terminer, "Le guérisseur de cathédrales" ajoute encore plus de profondeur à une oeuvre de science-fiction déjà remarquable. Je me surprends même à espérer que ce que nous disait K. Dick dans "Ubik" soit vrai. Vous savez quand on pouvait y lire la phrase suivante : "Je suis vivant et vous êtes morts". Eh oui Philip, on souhaite que tu sois vivant.

mercredi 14 septembre 2011

Message de Frolix 8, Philip K. Dick



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Sur Terre, en l'an 2135, ce sont les Exceptionnels et les Hommes Nouveaux qui gouvernent - surdoués, technocrates et tyranniques. Et les Ordinaires obéissent, sans désespérer tout à fait... Ils se souviennent, en effet, de Thors Provoni, un Ordinaire comme eux, mais rebelle. A bord d'un vaisseau, il s'est échappé dans la galaxie, à la recherche d'alliés qui libéreront la Terre de l'oppression. Où est-il ? Vit-il encore ? Oui, un message clandestin circule : Provoni revient, mission réussie. Ce que le message ne dit pas, c'est que l'aide qu'il a obtenue est celle des Frolixiens, des créatures non humaines... Va-t-il avec eux sauver la Terre, ou la perdre ?

J'ai bien aimé ce roman de Philip K. Dick. Même si ce n'est pas son meilleur ("Ubik", "Le temps désarticulé" et "Coulez mes larmes, dit le policier" sont d'après moi ses plus puissants, et mes préférés), le récit de base, comme vous avez pu le lire en quatrième de couverture, est très original et fort intéressant. On embarque dès les premières pages et notre lecture se fait très rapidement, ce qui est généralement bon signe en littérature. La plume de l'auteur est davantage efficace que plusieurs autres de ses romans. Donc, on ne regrette certainement pas les quelques heures pour lire ce bouquin (même s'il est court, le roman est un des plus longs de l'auteur).

Quant à l'histoire, je l'ai perçu, plus le récit avançait, comme une métaphore de la religion chrétienne. Surtout en ce qui a trait à l'aspect du messie qui est attendu sur terre (il est joué par Provoni). Pour ce qui est de Dieu, il est fait mention dans le roman qu'il aurait été trouvé (physiquement, eh oui!) mais il y a des protagonistes qui réfutent cette théorie. Je ne vous en dis pas plus, à vous de lire le livre pour en savoir plus sur ces éléments religieux.

Finalement, ce fut une belle lecture. Souvent, avec K. Dick, il y a trop d'éléments de la science-fiction traités en peu de pages. On se perd, cela devient ardu et notre lecture en souffre. Ici, l'auteur a un peu épargné le lecteur. On est dans un monde contrôlé par des forces supérieures et tout tourne autour de ce fait. C'est réussi !

lundi 12 septembre 2011

Les clans de la lune Alphane, Philip K. Dick



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Chuck Rittersdorf est programmeur de simulacre pour le compte de la CIA, un travail médiocre et répétitif dont il s'accommode parfaitement. Ce n'est cependant pas le cas de sa femme, Mary, une brillante psychologue qui a décidé que son mari devait employer ses talents créatifs à de meilleures fins. Hélas, sa demande de divorce ne produit pas sur Chuck l'électrochoc espéré, initiant au contraire une longue et pénible déchéance qui le mène au bord du suicide. Sur le point de commettre l'irréparable, le programmeur commence alors à entrevoir la vérité : et si tout cela n'était que la partie émergée d'un terrible complot ? Quels liens existent entre la CIA, Mary, un fongus ganymédien, et les terribles clans de la lune alphane ?

Je vais être honnête, je n'ai tout simplement pas embarqué dans ce roman de Philip K. Dick (même si j'aime beaucoup l'auteur). En aucun moment l'histoire ne m'a pris aux tripes comme c'est souvent le cas avec lui. Le récit est inutilement complexe et malgré le style d'écriture (qui est particulièrement réussi), je n'ai à peu près rien compris de cette histoire de malades psychiatriques qui aboutissent sur la lune (et oui c'est bien la thèse de départ, des clans de malades qui habitent la lune).

Ces malades sont classés par différents troubles psychologiques, ce qui est à la base très original. Mais le tout est mélangé avec plusieurs autres idées de la science-fiction importantes pour K. Dick. Par exemple, on y retrouve les simulacres, les différents habitats autres que la terre, etc. On ne sait plus qui est qui et en plus, la CIA vient faire son tour dans l'histoire. Bref, tout pour porter à confusion. J'ai lu une quinzaine de romans de K. Dick et selon moi, celui-ci est le plus complexe. Pas complexe pour ce qui est de l'histoire en tant que telle, mais il est excessivement difficile à suivre.

Un autre point faible du roman est l'absence d'histoire et surtout, d'intrigues intéressantes. Tout au long de notre lecture on se fout éperdument de ce qui arrivera aux personnages et comment l'histoire se développera (ou aboutira). On nage en plein dans la science-fiction classique alors que moi, je préfère cet écrivain quand il est bien ancré dans la réalité mais avec une touche de science-fiction. Ici, pas du tout, on est les deux pieds dans ce genre littéraire. Je n'ai pas vu les thèmes habituellement bien exploités par l'auteur comme celui de l'identité, de notre perception de la réalité, etc.

Alors, pour finir, j'aime mieux oublier cette lecture le plus tôt. Je lui ai mis une note convenable parce que je crois que les vrais amateurs de la science-fiction traditionnelle sauront apprécier. Pour les autres : oubliez ça !

samedi 10 septembre 2011

Dr. Bloodmoney, Philip K. Dick



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Les bombes étaient finalement tombées. Malgré l'équilibre de la terreur, un jour un homme avait été assez fou pour appuyer sur le bouton. Cependant, dans ce coin perdu de Californie, la vie continuait : pour Bonny Keller que six ans d'analyse n'avait pas réussi à rééquilibrer ; pour Bruno Blugthgeldn l'un des responsable de la grande Carastrophe ; pour Hoppy, le pholclomèle, l'ancien bébé thalidomide... doté de pouvoir supranormaux. Elle continuait pour Walt Dangerfield, l'astronaute expédié vers Mars, mais dont la cabine s'était satélisée autour de la Terre. Là, à l'abris des radiations, il s'était transformé en une sorte de superdisc-jockey dont l'écoute était devenue une drogue pour tous les survivants. Mais peut-on réellement survivre dans un monde radioactif?

Voici un roman très différent des autres oeuvres de Philip K. Dick. On pourrait presque dire que c'est un "Dean Koontz", mais avec l'aspect thriller en moins.

Même le style d'écriture de l’auteur, dans "Dr. Bloodmoney", est quelque peu différent de ce qu’il fait habituellement. En effet, sa plume est plus subtile, les descriptions davantage appuyées. C'est le roman le plus littéraire que j'ai lu de cet écrivain. Il n'y a pas vraiment d'intrigue, en tout cas moins que dans ses autres romans et cette fois-ci, les personnages occupent presque toute la place. Habituellement, avec K. Dick, l'histoire (le récit et l'intrigue) passe avant tout. Mais pas ici.

Ensuite, le roman est une autre variation sur les thèmes de "l'après nucléaire" et "l'après-apocalypse" qui ont été traités maintes et maintes fois dans la littérature contemporaine. Je crois que "La route" de Cormac McCarthy remporte la palme. Ici, avec "Dr. Bloodmoney", on est très loin du chef-d'oeuvre qu'est "La route". Le style est bien entendu plus faible que celui de McCarthy et aussi, on est davantage dans la science-fiction avec des personnages plus loufoques les uns que les autres. Ça se lit bien mais sans plus.

Alors, pour terminer, je dois dire que j'aime mieux un Philip K. Dick qui reste dans ses propres standards de la science-fiction. La grande qualité de cet auteur est son imagination sans limite et ses intrigues intéressantes avec le paradigme de la science-fiction en avant-plan. Il a essayé de faire différent avec "Dr. Bloodmoney" et le résultat est plus ou moins bien réussi selon moi, même si plusieurs aimeront.

mercredi 7 septembre 2011

La brèche dans l'espace, Philip K. Dick



Ma note: 7/10

Voici la présentation de l'éditeur: Que peut faire un président des Etats-Unis, un président de race noire, face au problème de la surpopulation, alors que déjà plus de dix millions d’individus sont hibernés et que même l’avortement n’y pourvoit plus ? Il ne reste qu’un espoir : gagner, à travers les dimensions, un monde parallèle, un refuge enfin habitable. Mais comment ? Et à quel prix ? Et si, vraiment, les Terriens étaient de « trop » au sein de l’univers ? Indésirables ?

Ce roman de Philip K. Dick offre quelques belles pistes d'écritures, mais l'auteur semble avoir eu de la difficulté à les exploiter. Premièrement, la politique États-Unienne est très présente dans le roman et fait particulier, un futur Président noir en est un des personnages principaux. Il est confronté à une population en désespoir et on peut donc faire un rapprochement intéressant avec Barack Obama. Sauf que le roman a été écrit au cours des années 60 et qu'il est du genre de la science-fiction...

En plus de la politique, on retrouve les univers parallèles. C'est mon premier K. Dick qui traite de cet aspect fort intéressant de la science-fiction (intéressant, notamment parce qu'il est maintenant appuyé - tant bien que mal - par la théorie des cordes en physique). Je suis mitigé quant à la façon dont l'auteur a fait évoluer l'histoire. Il y a des éléments intéressants et bien décrits, dont la façon qu'ils découvrent la brèche pour pénétrer dans une deuxième planète terre, mais le tout se déroule beaucoup trop vite. Le roman est peut-être trop court. Mais une chose est sûre, c'est qu'on ne parvient pas à s'attacher aux nouveaux habitants et à la nouvelle planète en général. Comme on ne s'attache pas aux personnages du roman non plus.

Finalement, ce livre de Philip K. Dick jouit d'une bonne idée de départ mais est, par moment, mal exploitée. La politique n'avait peut-être pas d'affaire dans le récit. Je ne sais vraiment pas, mais je crois que l'auteur aurait gagné à écrire plus longuement sur la nouvelle planète. Ce n'est pas un échec, mais non plus une grande réussite. J'attends plus d'un auteur de génie comme lui.

lundi 5 septembre 2011

Le profanateur, Philip K. Dick



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Allen Purcell, communicateur, était chargé de faire respecter l'ordre moral à coups de feuilletons télévisés dans un monde de comité de quartier, de minuscules mouchards robots et de conformisme absolu. Il était un citoyen parfait. Le seul ennui pour lui et pour le Rémor, le Réarmement Moral, c'était qu'il avait le sens de l'humour. Profond, dévastateur, inconscient. Il y avait un trou dans son emploi du temps. Et la statue du Major Streiter avait perdu la tête. Dans ce roman qui aurait pu s'intituler L'imprécateur, Philip K. Dick, l'un des maîtres incontestés de la science-fiction américaine, introduit pour la première fois dans son oeuvre un humour grinçant et corrosif qui défonce la société et la réalité.

Contrairement à la plupart des romans de cet auteur (enfin, ceux que j'ai lu), "Le profanateur" démarre prodigieusement mais s'essouffle un peu par après. Le début est donc très bien, ce qui est rare avec K. Dick, mais ensuite, l'histoire devient banale et redondante et finalement, elle reprend de son lustre vers la fin. Les 20 dernières pages viennent sauver le tout.

On est dans une société totalitaire dans ce récit. Écrit en 1955, le livre est grandement actuel, parce que la société est contrôlée par d'obscures forces par l'entremise de la télévision. Rigides, les valeurs morales ont pour fonctions de crédibiliser le tout. Encore une fois, on est dans un roman proche de "1984" d'Orwell.

En plus, le personnage principal, comme dans "1984", se révolte contre cette société complètement fausse et artificielle (en référence aux États-Unis ?). Par moment, cette révolution est subtile et plutôt inconsciente. Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, ce sera intéressant de voir pour vous le développement qui suivra cette révolte.

Pour terminer, voici donc un Philip K. Dick plutôt moyen dans l'ensemble. L'idée de départ était très bonne mais malgré la brièveté du roman (c'est quasiment une novella), quelques longueurs viennent porter ombrage au tout. Pour une première approche de son oeuvre, je conseillerais plutôt "Ubik".

samedi 3 septembre 2011

Le zappeur de mondes, Philip K. Dick



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: Les deux blocs ont remplacé la guerre froide par des spectacles truqués censés faire croire leurs populations en la supériorité de leurs armements. Pour cela, ils utilisent des créateurs de mode d'armement. Chacun a sa drogue spécifique destinée aux transes où ils trouvent leurs idées. Mais Lars Powderdry, le concepteur de l'Ouest est las, cette tromperie qui assure sa célébrité le mine. Il se sent attiré par son homologue de l'autre bloc, la jeune Lilo Toptchev. Et un jour, les aliens débarquent, et on leur demande de concevoir des vraies armes pour sauver la Terre...

Première déception pour moi en ce qui concerne Philip K. Dick. L'histoire de départ était pourtant très bonne (malgré un titre ridicule en français) mais la plume de l'auteur ne fait pas le travail et en plus, le récit est plus ou moins bien mené à son terme. Peut-être quelque centaine de pages de plus auraient été profitable, parce que vers la fin de ce court roman, l'intrigue commence à être intéressante.

Par contre, comme je disais, l'idée générale du livre est intéressante. C'est la guerre froide poussée à l'extrême. Deux parties qui se font une guerre ridicule pour plonger la population dans la peur et par le fait même, dans la servitude. Aussi, on sent l'auteur inspiré par le fabuleux "1984" de George Orwell. Cependant, je vous conseille beaucoup plus "1984". L'intrigue, l'histoire, le style d'écriture, à peu près tout ce qui compose un roman est supérieur au "Zappeur de mondes".

Donc, finalement, sans être un désastre total, le présent roman a de grands défauts. On s'attend à plus d'un auteur de génie comme Philip K. Dick. On voit qu'il a écrit ce roman à la hâte. On voit qu'il s'est presque débarrassé pour l'écrire.

samedi 27 août 2011

En attendant l'année dernière, Philip K. Dick



Ma note: 8,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Une Terre de l’avenir en guerre contre des fourmis de quatre mètres qui ne l’ont jamais envahie… Un dictateur bonhomme que l’on remplace par un double venu d’un univers parallèle, chaque fois qu’il meurt… Un ingénieur fou qui équipe de caisses à roulettes des cerveaux électroniques fêlés pour leur éviter la casse… Et surtout, le docteur Sweetscent, époux d’une femme infernale, balloté à travers le temps sous l’effet d’une drogue et seul sauveur possible de l’humanité…

Ce roman est un excellent Philip K. Dick. Comme plusieurs autres de l'auteur, celui-ci a la drogue comme thème principal. Et particulièrement ici, parce que cette drogue permettra au personnage principal, le médecin Sweetscent de voyager à travers le temps pour essayer de régler la guerre en cours entre la terre et une autre planète. La première partie du récit est beaucoup plus faible que le reste, qui lui, nous tiendra en haleine jusqu'à la toute dernière page.

Outre la drogue et les voyages dans le temps, ce roman fort réussi nous entraîne dans d'autres contrées souvent explorées par cet écrivain. Ainsi, on est dans un monde proche du totalitarisme avec, notamment, le secrétaire des nations unis qui contrôle ce qui se passe sur la terre. La guerre est aussi exploitée avec force créatrice parce que la terre se retrouve en guerre contre une autre planète.

Donc, voici un autre K. Dick à lire absolument. Le début est un peu moins bien réussi et ainsi, on s'interroge sur la réelle intrigue qui s'ensuivra. Mais comme c'est souvent le cas avec son auteur, le bouquin prendra son air d'aller vers le milieu de l'histoire. Et là, accrochez vous, parce que le voyage ne sera pas de tout repos! Parce qu'en plus de sauver la terre, le docteur Sweetscent devra sauver sa femme mais par dessus tout, il devra se sauver lui-même, son corps, et plus important encore, sa conscience.

mercredi 24 août 2011

Au bout du labyrinthe, Philip K. Dick



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Philip K. Dick, né en 1928, est sans doute l'un des écrivains américains les plus originaux de ce temps. Il excelle à introduire par petites touches l'incertitude dans des mondes apparemment banaux et finit par faire douter de la raison. Lors de la parution d'Ubik, son précédent roman, Jacques Goimard a rapproché, dans « Le Monde », l'oeuvre de Dick de celle de William Burroughs, en avouant sa préférence pour la première. Lire Au bout du labyrinthe, c'est faire — sans risque — l'expérience de la psychose, c'est s'aventurer très loin dans les univers mystérieux et parfois sinistres des « voyages » au L.S.D.

Dans ce livre fort original de Philip K. Dick, une douzaine de protagonistes aboutissent sur une mystérieuse planète. Le problème c'est que plusieurs d'entre eux meurent un après l'autre.

C'est à peu près le résumé le plus succinct que je puisse faire. Le reste est d'une part, de la science-fiction à l'état pur et d'autre part, des événements que je ne peux vous expliquer de peur d'en dire trop. En effet, au cours du récit (je ne vous dis même pas quand et où), il y a un nouvel élément qui s'ajoute à l'histoire et là, ça devient intéressant. Parce que je ne vous cacherai pas que le début m'a ennuyé et même déplu. Je croyais à un Dick complètement raté et même si le roman est court, un peu moins de 300 pages, j'ai failli fermer définitivement le bouquin. On est, au début, dans le côté de la science-fiction qui me plaît moins. Les voyages banales interstellaires, l'arrivée sur une planète, etc. J'ai l'habitude, avec K. Dick, d'être transporté ailleurs, plus loin que ces banalités. J'ai fini par être servi. C'est finalement un très bon Philip K. Dick.

Donc, en général, je ne regrette pas cette lecture, même si j'ai dû m'accrocher. La plume de l'auteur semble, au début, encore plus faible que d'habitude. Mais au final, l'histoire sauve le tout. Comme c'est à peu près toujours le cas avec cet écrivain que j'aime tant. En fait, je pense que Philip K. Dick est né avec un don. Le don d'une imagination incroyable qui fera de lui un visionnaire de la société dans laquelle on vit. Où tout et tous sont surveillés et où la paranoïa a eu raison de l'humain.

samedi 20 août 2011

Les chaînes de l'avenir, Philip K. Dick



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Jones prévoyait l'avenir. Non pas à la façon vague d'un diseur de bonne aventure, mais de manière précise, dans tous ses détails. Il se souvenait de l'avenir. L'ennui, c'était que son don était limité à une année. Et le drame, c'était qu'il ne pouvait rien changer à ce futur certain. Il savait ce qui allait lui arriver. Et ce qui allait arriver à toute l'humanité en un temps où d'étranges créatures, les dériveurs tombaient de l'espace interstellaire sur toutes les planètes du système solaire, y compris la Terre. De quoi devenir un Prophète, un Messie, bouleverser l'ordre déjà ébranlé d'une Terre mal en point et la charger des chaînes de l'avenir. Pour l'Éternité ?

Voici donc le deuxième roman de Philip K. Dick à être édité. Il vient tout de suite après "Loterie solaire" et il semble souffrir des mêmes défauts, même s'il n'est pas mal du tout. Par contre, la plupart de ses oeuvres subséquentes seront mieux.

Alors, bien que l'histoire de base soit intéressante, "Les chaînes de l'avenir" a quelque peu de difficulté à prendre son air d'aller. Le tout se développe tant bien que mal et l'histoire ne parvient jamais vraiment à se former en un tout cohérent. On voit très rapidement que ce roman est dans les premiers que K. Dick a écrit. C'était le début, la formation d'un écrivain qui allait devenir un incontournable de la littérature de science-fiction.

Comme pour "Loterie solaire", on est dans un monde totalitaire. Mais contrairement à ce dernier, ce n'est pas une société régie par le hasard dont nous invite Dick mais plutôt basée sur le Relativisme. C'est donc un système politique où chaque citoyen peut aimer ou faire ce qu'il veut mais ne peut l'imposer aux autres. D'où le nom "relativisme" où tout est relatif à chaque personne. Au premier abord, cela semble être la perfection sociale mais dans le monde des "chaînes de l'avenir", les gens sont donnés en pâture aux travaux forcés pour un rien. Ils ne peuvent rien dire ou presque parce qu’ils ne peuvent imposer leurs goûts. Ainsi, par exemple, ils ne peuvent dire que Bach est le meilleur compositeur (cet exemple n'est pas dans le roman, c'est seulement pour vous expliquer le Relativisme). Ils ne peuvent encore moins fonder une religion, une nouvelle manière de penser, etc. Le monde devient une vaste prison à ciel ouvert où chacun doit s'en tenir à soi-même.

Avec de bonnes idées comme cela, "Les chaînes de l'avenir" auraient pu devenir un chef-d'oeuvre. Mais la construction du récit a des failles, tout comme la plume encore immature de l'auteur.

Finalement, pour résumer brièvement, on peut dire que c'est un bon livre. Mais certainement pas dans les bons de Philip K. Dick. Malheureusement.

mercredi 3 août 2011

L'oeil dans le ciel, Philip K. Dick



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : Ils sont huit à avoir été précipités dans un faisceau de protons. Huit miraculés qui s'étonnent de revenir à la vie normale. Normale ? L'est-elle vraiment ? Jack et Marsha, sa femme, ressentent une sorte de gêne indéfinissable, comme si tout, autour d'eux, était bizarre, irréel. La réalité semble se fissurer, le quotidien se craqueler. Comment un essaim de sauterelles peut-il surgir de nulle part ? Pourquoi attaque-t-il Jack ? Mais surtout, pourquoi le visage et le corps de Marsha se déforment-ils monstrueusement ? Les rescapés sont-ils encore des hommes ou des simulacres ? La réalité n'a-t-elle pas fait place à un délirant monde de cauchemars, où les règles de notre univers n'ont plus cours, où tout est possible, même, dans le ciel, la présence de l'œil de Dieu qui surveille
Philip Dick vit près de San Francisco. Le caractère violent de ses romans avait fait d'abord qualifier de « noir » son type de science-fiction. En 1962, le Prix Hugo le mit en vedette. Il est aujourd'hui au premier rang des auteurs de S-F avec Ubik, Loterie solaire, etc.

Voici un roman qui représente parfaitement l'univers dickien. Premièrement, c'est une réussite totale, comme la plupart de ses livres. L'écriture est bien rendue mais sans être exceptionnelle non plus. La science-fiction est présente mais un profane saura s'y retrouver. Les personnages ne sont décrits qu'en surface mais plus l'action avance et plus on sent bien leurs caractères, attitudes et ainsi, la profondeur de leur être nous est dévoilée. L'histoire regorge d'idées pour le moins originales (surtout pour les années 50) et bref, l'imagination infinie de Philip K. Dick est encore une fois bien présente dans ce merveilleux roman.

Le début m'avait pourtant laissé de glace. Je ne comprenais pas bien l'intrigue mais au fil des pages, tout est devenu clair. En résumé - et sans vous en dévoiler trop - les personnages deviennent prisonniers du psychisme de leurs collègues. Alors, chaque monde dans lequel ils basculent sont façonnés par la conscience (et l'inconscient) du personnage dans laquelle ils se retrouvent (le film Inception a repris en partie cette idée). Bien que cela semble compliqué, K. Dick nous rend le tout très simplement et c'est là la force de cet auteur. En plus d'être un écrivain de génie, il est un vulgarisateur hors pair.

Par contre, j'ai quelques petites réserves. Ainsi, j'ai déploré l'absence d'un peu plus d'explications quant à la scientificité de la chose. Le roman est trop court (moins de 300 pages) et donc, au moment où l'on embarque vraiment dans l'histoire, le bouquin se termine en un rien de temps. Je crois que 100 pages supplémentaires auraient été de mise. Et finalement, ce roman est très proche de "Coulez mes larmes, dit le policier", ce qui enlève un peu d'authenticité à cette oeuvre. Mais en général, on n'est pas loin d'un véritable chef-d'oeuvre et dieu sait la rareté que cela représente en littérature.

mercredi 22 juin 2011

Loterie solaire, Philip K. Dick



Ma note: 7,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Au XXIIIe siècle, n'importe qui peut accéder au pouvoir. Le dirigeant du monde, ou Meneur de Jeu, est désigné par tirage au sort. Et comme dans toute société ludique, ce sont les Règles qui régissent la vie, le hasard venant régulièrement en remettre en cause le déroulement du jeu. C'est ce que découvre Ted Benteley, un scientifique tout juste licencié, qui décide de prêter allégeance à Reese Verrik, le Meneur de Jeu. C'est ce que découvre aussi Léon Cartwright, un électronicien que la grande loterie ou « bouteille », vient de désigner comme nouveau Meneur, alors qu'il comptait quitter la terre. Deux destins contrariés, deux destins liés. car Verrik veut reprendre sa place. Benteley tombe bien...

Voici le premier roman publié de Philip K. Dick. C'est une belle entrée en matière parce qu'on retrouve plusieurs thèmes de l'oeuvre future (sans jeu de mots) de l'auteur. Aussi, l'histoire de départ est très bonne. On est dans un univers complètement régie par le hasard. L'histoire qui nous occupe traite plus particulièrement du fait que le meneur de jeu (Le président en quelque sorte) est choisi non pas pour ses compétences comme c'est le cas dans nos démocraties (je vous vois rire) mais par une loterie qui désigne le gagnant et donc, celui qui pourra gouverner. Par contre, ce même gagnant devient par le fait même l'homme à abattre et est pourchassé par un (ou des) mercenaires. Bref, c'est sur ce constat de départ que débute l'histoire. Mais cela se complique un peu par la suite. D'autres éléments de la science-fiction viennent s'ajouter.

Donc, avec ce récit, K. Dick nous dévoile le début de son oeuvre gigantesque en science-fiction. Très court (quelque 200 pages) on remarque vite que les défauts de la plupart des premiers romans remontent à la surface. Il y a trop d'informations en peu de pages et les descriptions ne sont pas assez nombreuses. Aussi, il y a un aspect "brouillon" qui se dégage de l'ensemble. On est perdu par moment, ce qui n'est pas bon signe, surtout qu'à la base ce n'est pas de la science-fiction très compliquée. Les oeuvres suivantes de cet auteur sont beaucoup mieux, à tout le moins celles que j'ai lu.

Pour terminer, j'ai bien aimé la première moitié du bouquin parce qu'il met en place cette histoire intéressante, ce monde nouveau qui s'offre à nous. Un monde contrôlé par le hasard. Par contre, la deuxième moitié est plus faible parce que là, les défauts du roman se cristallisent. Ce n'est pas un mauvais roman de Philip K. Dick mais ce n'est pas à la hauteur de ses oeuvres subséquentes. Il a écrit plusieurs chefs-d'oeuvre, mais pas ici. Dommage.