"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 8 novembre 2010

Les particules élémentaires, Michel Houellebecq



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Michel, chercheur en biologie rigoureusement déterministe, incapable d’aimer, gère le déclin de sa sexualité en se consacrant au travail, à son Monoprix et aux tranquilisants. Une année sabbatique donne à ses découvertes un tour qui bouleversera la face du monde. Bruno, de son côté, s’acharne en une quête désespérée du plaisir sexuel. Un séjour au "Lieu du Changement", camping post-soixante-huitard tendance new age, changera-t-il sa vie ? Un soir, une inconnue à la bouche hardie lui fait entrevoir la possibilité pratique du bonheur.
Par leur parcours familial et sentimental chaotique, les deux demi-frères illustrent de manière exemplaire la société d’aujourd’hui et la quête complexe de l’Amour vrai.

C'est étrange de faire une critique d'un roman de Houellebecq aujourd'hui. Il a gagné, aujourd'hui même, le précieux prix Goncourt avec son roman La carte et le territoire. Hasard que je termine le même jour un Houellebecq? J'ose espérer. Mais peut-être pas en fin de compte, je vous laisse deviner...

C'est la première fois que je lisais Houellebecq. En retard certes, mais le personnage "Houellebecq" ne m'inspirait pas confiance. Je me permets de l'appeler le personnage, parce qu'en fait ce n'est même pas son vrai nom et en plus, il a des propos controversés sur une foule de sujets, dont l'Islâm. Et Houellebecq est l'auteur qui vend le plus en France à notre époque. Mais comme j'habite le Québec, je ne m'étais pas laisser emporter par la vague.

Donc, trêve d'anecdotes, et qu'en est-il de ce roman acclamé par la critique de l'époque? Et bien j'ai été surpris. Je commençais le roman avec un scepticisme sans borne mais je dois dire que j'ai été conquis par le talent de Houellebecq. Sa plume nous transporte. C'est un page-turner mais avec une histoire riche et quand même pas dénuée d'intellectualisme. Les sujets sont intéressants. C'est enrichissant. On en apprend, on rit aussi, parce que c'est parfois très drôle. Il n'y a pas à dire, Houellebecq a un grand talent d'écrivain. Les grands vendeurs n'ont pas souvent un réel talent d'auteur mais, comme Stephen King, Houellebecq est une exception. Il sait écrire et le mot est faible. Je suis même surpris qu'il vende autant avec ce genre de roman.

Une force du roman est que l'auteur s'en est tenu au strict minimum. Il aurait pu répéter son propos et son histoire pendant 600 pages mais il s'en est tenu à 300 pages. C'est un point important parce qu'on ne s'ennuie pas du tout. Il n'y a aucune page de trop. Il n'a pas tombé dans le piège.

Sur la forme et même sur le fond, tout compte fait, Houellebecq m'a rappelé Philip Roth. En effet, c'est une biographie romancée et de fiction que nous offre l'auteur un peu comme Philip Roth nous a habitué. Par contre Houellebecq utilise deux personnages principaux, deux frères. Mais comme Roth, il nous parle d'hommes tourmentés. Personnellement, j'aime mieux le talent de Roth. Mais ça, c'est très personnel.

Au final, voici un roman qu'il faut lire. Il rend compte avec justesse de notre époque. En fait, on passe un agréable moment de lecture et moi, j'ai ri beaucoup, presqu'à chaque page. Jaune par moment.

2 commentaires:

  1. Houellebecq conquiert tout le monde en ce moment! Rien ne semble pouvoir l'arrêter!

    RépondreEffacer
  2. En effet, je pensais pouvoir m'en tirer mais j'ai été conquis!

    RépondreEffacer