jeudi 31 mars 2011

Ubik, Philip K. Dick



Ma note : 9/10

Voici la quatrième de couverture : La publicité des organismes de protection anti-psi proclame : « Défendez votre intimité. Est-ce qu'un étranger n'est pas à l'affût de vos pensées ? Ëtes-vous vraiment seul ? Cela concerne les télépathes mais aussi les précognitifs. Vos actes sont-ils prédits par quelqu'un que vous n'avez jamais rencontré ? Mettez fin à votre anxiété ; contactez le plus proche organisme de protection... » C'est dans cet univers que Glen Runciter vit et meurt. Mais meurt-il vraiment ? Le temps s'en va en lambeaux. Une bouffée de 1939 dérive en 1992. Et par les trous du décor se glissent les messages d'Ubik. Ubik qui est partout, Ubik qui est tout. Mais qui est Ubik ?

Je me souviens d'avoir lu "Le maître du Haut château" de Philip K. Dick, il y a quelques années. L'idée de départ m'intéressait et Dick avait une solide réputation dans le domaine. Mais finalement, j'avais été déçu. Mes attentes étaient trop grandes et j'ai donc décidé de mettre cet auteur de côté. Je me disais : "Réputation surfaite" et puis j'ai laissé flotter ce nom d'écrivain dans mon inconscient sans jamais y revenir, à tout le moins jusqu'à cette semaine.

Et là... Le coup de foudre! Un coup de massue même, tellement j'ai aimé "Ubik". C'est un roman de science-fiction exceptionnel. Le nombre d'idées extraordinaires qu'on retrouve dans ce roman est effarent mais le pire (ou plutôt le mieux) c'est que toutes ces idées se déversent jusqu'à nous en seulement 280 pages. L'auteur se joue de nous d'une main de maître et son immense talent nous fait vivre de fortes émotions. Il faut aimer la science-fiction pour bien apprécier le livre mais aussi, on doit être très attentif tout au long de notre lecture pour ne rien échapper de cette histoire.

En plus d'être un excellent divertissement, ce livre nous fait réfléchir, rêver, imaginer l'impossible et nous parle beaucoup de tout ce qui a rapport à l'identité mais d'une façon plus globale, c'est-à-dire sur la "vérité" de la réalité (notre point de vue biaisé sur la réalité et ce qu'on prétend être telle ; vivons-nous vraiment et réellement dans la réalité, tous et chacun?). Et tout cela nous est servi avec une plume concise et efficace. Du grand art.

Pour terminer, je considère qu'"Ubik" est un chef-d'oeuvre non seulement de la science-fiction mais aussi, de la littérature. Je me suis attaché aux personnages et en fait, pour faire simple, il n'y a que du bon dans ce bouquin. La fin m'a jeté par terre et l'idée des "semi-vivants" est exploitée judicieusement tout au long du récit. Je dirais même que l'auteur est un génie!!

mardi 29 mars 2011

Christine, Stephen King



Ma note : 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : Christine est belle, racée, séduisante. Elle aime les sensations fortes, les virées nocturnes et le rock n'roll des années héroïques. Depuis qu'elle connaît Arnie, elle est amoureuse. Signe particulier : Christine est une Plymouth « Fury », sortie en 1958 des ateliers automobiles de Detroit. Une seule rivale en travers de sa route : Leigh, la petite amie d'Arnie... Ce roman légendaire de Stephen King, rythmé par la musique de Chuck Berry et de Janis Joplin, a déjà pris place dans les classiques de l'épouvante.

Quand on me demande le nom de mon auteur préféré, pour faire court, je réponds souvent Stephen King (pour bien situer les gens étant donné qu'il est connu de tous). Premier mensonge de ma part. Et après, quand on me demande quels livres de Stephen King j'ai lu, je réponds : tous. Deuxième mensonge de ma part. Généralement, mes interlocuteurs sont impressionnés par ces deux réponses, allez savoir pourquoi. Dorénavant je pourrai répondre que j'ai tout lu de Stephen King sans mentir, parce que le seul que je n'avais jamais lu c'est bel et bien celui-ci, "Christine". Par contre, ma première réponse sur mon auteur préféré continuera à être fausse!

Alors, qu'en est-il du seul roman de Stephen King que je n'avais jamais lu? Et bien, ce fut une lecture somme toute agréable. C'est un bon divertissement, il n'y a pas de doute et l'atmosphère créée par King est juste et agréable. En plus, il situe les personnages à la fin de l'adolescence et ce point est intéressant, parce qu'il décrit très bien les tourments de cette période. On voit que l'auteur sait de quoi il parle.

Stephen King, sans être un écrivain classique, est quand même un excellent conteur. "Christine" n'échappe pas à ce constat. J'ai attendu très longtemps avant de le lire parce que l'histoire de départ ne m'intéressait pas et je n'avais pas aimé le film de John Carpenter. Mais je dois dire que le roman est beaucoup mieux. Il nous tient en haleine et on s'attache vite aux personnages. Contrairement à plusieurs autres romans de King, celui-ci n'a pas de longueurs et l'action est au rendez-vous. Sans être trop rapide, le rythme est juste comme il se doit.

Je sais que l'autre roman (de M. King) sur ce sujet, "Roadmaster", n'est pas apprécié par les lecteurs (en général), mais pour ma part j'avais davantage apprécié ce dernier. J'avais aimé l'atmosphère plus mystérieuse que "Christine" mais je dois dire que les longueurs étaient plus présentes par contre. Quoi qu'il en soit, ce fut deux lectures agréables sur un sujet qui ne m'intéresse pas à priori.

Finalement, sans être dans les bons romans de Stephen King, "Christine" se situe selon moi dans la moyenne de ses écrits. On a droit à un récit d'horreur comme lui seul sait en écrire et on devient vite tourmenté par cette histoire. En plus, il a une petite touche sociologique (sur le sujet de l'adolescence). En fait, je n'ai vraiment pas regretté d'avoir lu le dernier Stephen King qu'il me restait à lire.

mercredi 23 mars 2011

Les soldats de la nuit, Alan Furst



Ma note : 6,5/10

Voici la quatrième de couverture : Parce qu'il a vu son frère mourir devant lui, assassiné par une milice fasciste, Khristo Stoiaven possède une qualité essentielle aux yeux du NKVD : le désir de vengeance. Recruté par cette redoutable organisation secrète, au service de la jeune Union Soviétique (nous sommes en 1934), Khristo devient l'espion parfait. As du renseignement, artiste de la filature, expert en explosifs, polyglotte, il excelle dans tous les domaines. La guerre d'Espagne lui donne l'occasion de montrer l'étendue de ses talents. Avec Faye, Renata, Sasha et Andres, ses compagnons de lutte, il mène une guerre sans merci contre le franquisme. Mais la terreur stalinienne aura raison de son idéal. Fuyant les purges ordonnées par le Parti, il se réfugie en France, sans savoir qu'il va ainsi à la rencontre d'un nouvel ennemi en uniforme vert-de-gris. Des bords du Danube au maquis d’Epinal puis en Tchécoslovaquie, l’épopée de la première génération d’agents communistes est la matière de ce roman extraordinaire, où l’on retrouve l’écho des récits de Jan Valtin, Gustav Regler ou Victor Serge.

Je ne lis jamais de roman d'espionnage. De mémoire, c'est le premier roman de ce genre que je lisais, même s'il y a un "John Le Carré" qui attend dans ma bibliothèque depuis deux ans. Même si je n'aime pas le genre, je tenais à lire ce Alan Furst parce qu'il avait comme cadre historique une époque que j'affectionne particulièrement et surtout, il parlait des bolcheviks, un parti politique que j'aime étudier.

Le roman a bien commencé, de mon point de vue. Le premier élément qui m'a frappé est la plume exceptionnelle de cet auteur. Je ne m'attendais vraiment pas à cela (notamment à cause du genre de roman), mais le style d'écriture de Furst est très bien peaufiné et notre lecture devient agréable en peu de temps. Aussi, cet écrivain a le don de la narration. En fait, il sait conter une histoire, ce qui n'est pas le cas de tous. Mais ici s'arrête les points positifs, voyons maintenant ce que je n'ai pas aimé.

Donc, pour les points négatifs, il y a la confusion qu'on rencontre un peu plus loin dans le roman. C'est peut-être dû au fait que c'était mon premier roman d'espionnage, mais plus le récit avançait, moins je comprenais l'histoire, les situations, les personnages, etc. Le livre est vite devenu lassant pour moi. Il m'a fait réaliser que je n'aimais vraiment pas les romans d'espionnage. En plus, le livre est quand même assez volumineux, ce qui fait perdurer encore plus notre malaise et notre difficulté, en tout cas pour les profanes. Même si l'auteur a su créer une ambiance rempli de tension, tout au long du roman, on ne sait pas trop où l'on se trouve et on ne comprend pas trop les buts recherchés par les personnages.

Finalement, je peux dire que j'ai été déçu de ma lecture. Même si Alan Furst m'a surpris avec une écriture splendide, c'est à peu près tout ce que j'ai eu à me mettre sous la dent. Donc, définitivement, je ne lirai pas d'autres livres de Furst. Non plus le John Le Carré qui attend patiemment dans ma bibliothèque. J'espère pour lui qu'il saura être très patient...

samedi 19 mars 2011

Apocalypse bébé, Virginie Despentes



Ma note : 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : Valentine disparue... Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée... Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.

Ce résumé de la quatrième de couverture décrit bien le portrait général qui se dégage du roman. Cela serait difficile de faire mieux. Donc, je vais m'en tenir au strict minimum.

Tout d'abord, il y a quelques éléments qui m'ont agacés lors de la lecture. Le pire, c'est certainement l'argot français omniprésent tout au long du roman et pas seulement lors des dialogues (ce qui aurait été plus acceptable). Étant québécois, je déteste les romans français trop français, point de vue langagier. J'aime mieux le français international. Aussi, on se perd un peu en ce qui a trait au narrateur, parce qu'on suit différents personnages mais pas nécessairement différents narrateurs. Ensuite, pour terminer avec mes petites déceptions quant à ce roman, je dois dire que mes attentes ont dépassé le résultat. Non que ce roman soit faible, mais j'ai quand même été un peu déçu. Il avait gagné le prix Renaudot 2010, ce qui n'est pas rien. En plus, je n'avais jamais lu cette auteure et j'avais entendu que du bien. Mais au final, je ne crois pas que Virginie Despentes soit si exceptionnelle. Elle a du talent, certes, mais elle ne m'a pas complètement conquis.

Par contre, dans l'ensemble, ce roman tient la route sans problème. Il a un souffle, ce qui n'est pas facile à décrire, et notre lecture est agréable malgré quelques longueurs au milieu. La fin du roman est surprenante et même époustouflante. Un personnage important du roman, Valentine, est absente pendant presque tout le roman, mais en même temps, ce personnage nous prend aux tripes. La société malade dans laquelle on vit est aussi très bien décrite et analysée par Despentes. En fait, même si on est à la recherche de Valentine pendant tout le roman, c'est la société qu'on recherche. C'est la société qui est analysée. Ce n'est pas seulement une poursuite contre la montre ce roman, c'est plus que ça. C'est une critique de notre vie, supposément moderne et évoluée.

Finalement, on sort de notre lecture décontenancé. Bien sûr que le roman a plein de défauts (comme ceux que j'ai décrit plus haut). Mais ce roman est une lecture essentielle. Du moins, si on veut en apprendre un peu plus sur nous...

jeudi 10 mars 2011

La possibilité d'une île, Michel Houellebecq



Ma note : 7,5/10

En quatrième de couverture on ne peut lire que cette question : Qui, parmi vous, mérite la vie éternelle ?

C'est peu et selon moi, pas assez révélateur comme résumé. On est en présence d'un roman de science-fiction et même, à la limite, d'anticipation. Bien que Houellebecq explore pour la première fois ce genre, on ne peut pas dire que ce roman soit éloigné de l'oeuvre de Houellebecq. Au contraire, c'est la continuation et la finalité de son oeuvre (parce qu'avec son roman suivant, "La carte et le territoire", il explore d'autres genres). Ses théories sur le sexe, la société et la vie en général sont poussées à l'extrême avec "La possibilité d'une île". Pour résumer grossièrement, c'est un clone qui raconte les vies de ses clones antérieurs, avec une touche Houellebecq, c'est-à-dire philosophique, psychologique et sociologique.

Pour mon appréciation, j'ai réalisé assez tôt dans ma lecture que ce serait le roman de Houellebecq que j'apprécierais le moins. Il est construit assez faiblement et même si le style d'écriture de Houellebecq, que j'adore, est encore présent, ce fut somme toute une lecture banale. En plus, c'est l'histoire de la secte des raéliens qui nous est racontée (même si Houellebecq a modifié le nom) et personnellement, ce n'est pas un sujet qui m'intéresse.

Donc, au final, j'ai été déçu de ma lecture, même si tout n'est pas raté. Entre autres, la plume agréable de l'auteur. D'où ma note acceptable de 7,5. Mais c'est le seul roman de Houellebecq que je n'avais pas lu et c'est son plus faible selon moi. Sans aucun doute.

Il ne vous reste plus qu'à le lire, si ce n'est déjà fait, pour vous faire votre propre idée. Bonne lecture!

lundi 7 mars 2011

L'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera



Ma note : 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : Qu'est-il resté des agonisants du Cambodge ? Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune. Qu'est-il resté de Tomas ? Une inscription : il voulait le Royaume de Dieu sur la terre. Qu'est-il resté de Beethoven ? Un homme morose à l'invraisemblable crinière, qui prononce d'une voix sombre : Es muss sein ! " Qu'est-il resté de Franz ? Une inscription : Après un long égarement, le retour. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d'être oubliés, nous serons changés en kitsch. Le kitsch, c'est la station de correspondance entre l'être et l'oubli.

Avec en toile de fond le fait historique trop souvent oublié du printemps de Prague, ce magnifique roman de Kundera représente plus qu'un simple roman. Avec ce livre, Kundera prend le temps de parler au lecteur, entre autres en l'avertissant qu'il lit un roman et qu'il n'est pas dans la réalité (il nous dévoile ses ficelles). Mais aussi, en ayant un côté essayiste en son corpus et même philosophique. Le tout écrit avec la plume d'un géant des lettres, trop souvent oublié par le comité du nobel de littérature.

Comme son roman "La vie est ailleurs" (au fait on y voit plusieurs points en communs entre les deux romans) Kundera nous transporte, page après page, tout en douceur. C'est doux lire du Kundera, même si le propos est souvent lourd, cet auteur a le don de tout rendre léger et selon moi, il est un maître incontesté du roman.

Quant au titre, il représente bien cette douceur (et pas nécessairement parce qu'il contient "légèreté"). Il met bien la table pour le propos du livre, soit un penchant assurément nihiliste. Tout au long de notre lecture, on sent l'absurdité de la vie, sa légèreté mais aussi sa lourdeur et ainsi, on peut en ressortir changé.

Donc, au final, ce roman a été une lecture des plus agréable pour moi. Kundera commence en parlant de Nietzsche (un de mes philosophes préférés) et à maintes occasions au cours de notre lecture, on est en mode pause en ce sens que Kundera joue franc-jeu avec nous pour s'entretenir en quelque sorte avec le lecteur. En fait, je pourrais en parler pendant des lunes mais je me contenterais de conclure en vous invitant à lire ce roman époustouflant!

samedi 26 février 2011

Chasse à mort, Dean Koontz



Ma note : 6/10

Voici la quatrième de couverture: Travis Cornell est un homme bien solitaire depuis qu'il a quitté l'armée et perdu sa femme, trois ans auparavant. Aussi, lorsque sa route croise celle d'einstein, un chien errant, se fait-il une joie de l'adopter.
Mais Einstein, n'est pas un animal comme les autres. Et son maître découvre bien vite que nombreux sont ceux qui le recherchent : les services secrets, un tueur â gages psychopathe... Et une créature qui suit le chien comme son ombre. Travis Cornell, le vétéran, a vu bien des horreurs dans sa vie. Mais là, tapi dans l'obscurité, â l'affût, se cache le prédateur le plus sanguinaire qu'il ait jamais eu à affronter. L'autre...

Dean Koontz est mon auteur de thriller préféré (thriller au sens large). Cependant, ses romans ont souvent la même constitution. 1) Il y a un couple qui se forme au cours du récit 2) il y a souvent un laboratoire qui évolue dans le domaine des nouvelles sciences 3) il y a des méchants (qui travaillent pour ce laboratoire) et des bons et, finalement 4) ces méchants cours après les bons et ceux-ci doivent percer le secret des méchants. Mine de rien ce corpus représente environ 75% des romans de Dean Koontz. Dans "Chasse à mort", c'est exactement cela qui se produit. À la virgule près.

J'ai tout lu de Dean Koontz, du moins ce qui est disponible en français. J'aime beaucoup ce qu'il écrit même si ça reste du divertissement à l'état pur. Mais "Chasse à mort" est justement trop typique de Dean Koontz (c'est le seul roman en français de lui que je n'avais jamais lu). Avant même de le lire je savais ce qui allait se passer, parce que c'est presque toujours la même chose avec Dean Koontz. Ce qui m'a dérangé encore plus est le fait qu'il met en scène des animaux intelligents (un peu comme "L'île du docteur Moreau") et c'est un sujet que je n'aime pas vraiment. C'est pour ça, entre autres, que je ne l'avais jamais lu. Ma lecture m'a confirmé ce que je craignais. Je n'ai pas apprécié le sujet du roman et, particulièrement, l'histoire du chien intelligent ne m'a pas comblé.

Donc, au final, on a droit à un faible Dean Koontz. Sans être son pire, il est quand même dans ses plus faibles. Il est trop long aussi, parce que 150 pages de moins auraient été dans les limites de l'acceptable (il fait 472 pages). Je conseillerais plutôt aux non-initiés "La nuit des cafards" ou "Le temps paralysé". Décidemment, j'ai presque détesté "Chasse à mort". Presque, parce que ça reste quand même Dean Koontz, mon auteur de thriller préféré...

mercredi 23 février 2011

don Quichotte, Cervantes



Ma note : 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : Mythe du chevalier se battant contre les moulins à vent, dessin de Gustave Doré, de Picasso, de Dalí, tel est le don Quichotte qui survit aujourd'hui dans nos mémoires. Pourtant, ce fou de littérature, ce dévoreur de romans de chevalerie, qui part à l'aventure pour voir si ce que disent les livres est vrai, est le héros du premier roman moderne. Retraduire don Quichotte, c'est tenter de redonner au lecteur d'aujourd'hui le même plaisir et la même passion qu'éprouvèrent les lecteurs contemporains de Cervantes. En restituant l'originalité des dialogues et des jeux de mots, en faisant rebondir l'aventure qui va et vient entre réalité et fiction, en rendant à Sancho sa dimension de personnage, Aline Schulman fait tout à coup surgir la merveilleuse modernité du Quichotte enfouie sous un palimpseste de traductions archaïques.

C'est la première fois que je lisais le plus grand classique des lettres mondiales. Pourquoi le plus grand classique? Et bien, premièrement, il est considéré comme le premier roman moderne(il a été publié au début du 17e siècle). Ensuite, ce roman est considéré, par 100 écrivains originaires de 54 pays différents, comme étant le plus grand livre jamais écrit. Il sert aussi de base pour traiter du roman. Alors oui, on peut dire sans se tromper que "L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche" est le plus classique des romans et même le plus grand roman de l'histoire de la littérature mondiale.

Reçu tout d'abord comme une parodie des romans de chevalerie, don Quichotte de Cervantes a, au fil des siècles, été perçu davantage comme une immense fresque complète et profonde. Il y a plusieurs niveaux de lectures possibles avec ce roman. On rit au début, parce que le roman est drôle, même après quatre siècles, mais plus l'histoire avance, plus on est frappé par la profondeur des personnages et par l'histoire en tant que telle. La fiction est entremêlée de réalité(la réalité du personnage principal, don Quichotte) tout au long du récit et Cervantes fait usage d'une plume magnifique, à la portée de tous. Donc, pas besoin de vous dire qu'on est en présence d'un véritiable chef-d'oeuvre.

Finalement, on ne peut qu'en sortir grandit, de cette lecture. Les deux personnages principaux(Don Quichotte et Sancho) deviennent très attachants plus l'action avance. Ils se compliquent la vie pour notre plus grand bonheur. Seul ombre au tableau selon moi, la suite, le tome 2, qui n'était peut-être pas essentielle. En plus, ce deuxième tome est plus faible que le premier. On se doit par contre de lire le premier tome. Absolument!

vendredi 11 février 2011

Extension du domaine de la lutte, Michel Houellebecq



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture : " Vendredi soir, j'étais invité à une soirée chez un collègue de travail. On était une bonne trentaine, rien que des cadres moyens âgés de vingt-cinq à quarante ans. A un moment donné, il y a une connasse qui a commencé à se déshabiller. Elle a ôté son T-shirt, puis son soutien-gorge, puis sa jupe, tout ça en faisant des mines incroyables. Elle a encore tournoyé en petite culotte pendant quelques secondes, et puis elle a commencé à se resaper ne voyant plus quoi faire d'autre. D'ailleurs c'est une fille qui ne couche avec personne. Ce qui souligne bien l'absurdité de son comportement. " Ainsi débute l'odyssée désenchantée d'un informaticien entre deux âges, peu convaincu de l'intérêt de son métier, jouant toutefois son rôle en observant les mouvements humains et les banalités qui s'échangent autour des machines à café. L'installation d'un progiciel en province lui permettra d'étendre le champ de ses observations, d'anéantir les dernières illusions d'un collègue - obsédé malchanceux - et d'élaborer une théorie complète du libéralisme, qu'il soit économique ou sexuel.

C'est le premier roman de Houellebecq. Même si du point de vue du style d'écriture il n'atteint pas le niveau de ses romans subséquents - c'est parfaitement normal, parce que les premiers romans sont rarement les mieux écrits - ce livre de Houellebecq est tout aussi puissant, selon moi, que les autres, à tout le moins ceux que j'ai lu.

La critique sociale est forte et plusieurs éléments philosophiques sont abordés. On peut voir l'influence qu'a le philosophe Arthur Schopenhauer sur lui, même s'il ne le cite pas dans le roman. Par contre, il cite Maupassant qui lui aussi était un disciple de Schopenhauer. L'absurdité de la vie est donc vécue par le personnage principal et alors, un détachement total de la vie est perçu par le lecteur. En fait, la vacuité de la vie au sens large se dégage du roman. Pour un premier roman, c'est une réussite totale.

Finalement, on peut dire que ce très bon roman avait bien commencé la grande carrière littéraire qu'a vécu Houellebecq par la suite. On perçoit des élans de Kafka et Bret Easton Ellis, entre autres. C'est un beau mélange et personnellement j'adore le travail de Houellebecq. Longue vie à son oeuvre!

jeudi 10 février 2011

Temps difficiles, Charles Dickens



Ma note : 6/10

Voici la quatrième de couverture : Le roman le plus engagé de Dickens. Les Temps difficiles, ce sont les débuts de la révolution industrielle qui transforme l'aimable campagne anglaise en un pandémonium d'usines, de canaux, d'installations minières, de fabriques, d'entrepôts, de banlieues misérables où vit à la limite de la survie le prolétariat le plus exploité qui sans doute fût jamais. Sous un ciel de suie, Coketown, la ville du charbon (Manchester en réalité), est d'autant plus l'image de l'enfer que la classe ouvrière n'y est pas encore organisée et qu'elle apparaît ainsi comme la victime toute désignée de politiciens sans scrupules et d'une bourgeoisie, parfois compatissante et troublée dans son confort moral, mais toujours persuadée de la divinité de ses droits. Le roman de Dickens correspond point pour point à l'analyse qu'en ces mêmes années et dans cette même Angleterre, Fr. Engels entreprenait de la naissance du capitalisme moderne.

C'est le premier roman de Dickens que je lisais. Vaut mieux tard que jamais. Je ne serai donc pas un bon juge pour le roman en tant que tel puisque je ne peux le comparer aux autres oeuvres de Dickens. Mais parlons de Dickens lui-même, ce qu'il m'a laissé comme première impression.

Et bien je dois dire que mes premiers pas avec Dickens m'ont déçu. Je m'attendais à mieux, compte tenu, entre autres, des critiques positives que j'avais lu sur cet auteur mais aussi à cause du nombre faramineux de livres qu'il a vendu. C'est ni plus ni moins un des plus grands vendeurs de l'histoire de la littérature et un des premiers auteurs qu'on peut catégoriser comme un "Best-seller". Même s'il a quand même une bonne plume, je ne fus pas subjugué par elle et l'histoire non plus ne m'a pas séduite tant que ça. C'est une critique du capitalisme de l'époque. Sur ce point, le point de vue historique et sociologique, on en apprend. Mais pour le reste, cette histoire ne m'a pas accroché au point de vouloir tout lire de Dickens.

Au final, tout ce que je peux donner comme critique sur ce livre n'est que mon humble opinion. Donc, point de vue personnel, je l'ai trouvé moyen. Par contre, si Dickens a su traverser les siècles, c'est qu'il a dû faire quelque chose de magnifique. À vous de le trouver...

mercredi 26 janvier 2011

American psycho, Bret Easton Ellis



Ma note : 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : " Je suis créatif, je suis jeune, [...] extrêmement motivé et extrêmement performant. Autrement dit, je suis foncièrement indispensable a la société ". Avec son sourire carnassier et ses costumes chics, Patrick Bateman correspond au profil type du jeune Yuppie des années Trump. Comme ses associés de la Chemical Bank, il est d'une ambition sans scrupules. Comme ses amis, il rythme ses soirées-cocktails pauses cocaïne. À la seule différence que Patrick Bateman viole torture et tue. La nuit, il dévoile sa double personnalité en agressant de simples passants, des clochards, voire un ami. Mais il ne ressent jamais rien. Juste une légère contrariété lorsque ses scénarios ne se déroulent pas exactement comme prévu...

Écrit à la première personne, ce roman de Bret Easton Ellis fit scandale à sa sortie, surtout aux États-Unis. À cause de sa violence extrême, entre autres. Avec le recul, on peut affirmer que ce fut un scandale pour rien, en fin de compte. Certes ce roman est violent, mais nous sommes devenus avec le temps insensibles à cette violence. S'il sortait aujourd'hui, "American psycho" n'aurait pas dérangé. Mais en 1991, ce fut différent.

La violence commence réellement vers la page 200. Donc, l'entrée en matière est quand même longue. Au cours de notre lecture, on voyage dans la tête d'un tueur en série. Mais à la sauce Easton Ellis. Les marques de vêtements, des appareils électroniques, etc., sont omniprésentes encore une fois. Aussi, le style minimaliste de l'auteur est encore présent malgré un bouquin de 500 pages.

Au final, je dois vous dire que je m'attendais à mieux. J'avais lu plusieurs critiques qui l'encensaient. C'est vrai qu'il est original pour l'époque, mais sans plus selon moi. Je n'ai pas trouvé ça mauvais, loin de là. Mais j'ai pas lu non plus le chef-d'oeuvre que j'attendais. Quant à l'écrivain, M. Ellis, il a dit en entrevue qu'il voulait écrire un livre "à la Stephen King". Pour ma part, j'aime mieux le vrai "roi" de l'horreur, Stephen King lui-même!

samedi 22 janvier 2011

Anna Karénine, Tolstoï



Ma note: 8/10

Voici "Anna Karénine" expliquée par Kundera : «Quand Tolstoï a esquissé la première variante d'Anna Karénine, Anna était une femme très antipathique et sa fin tragique n'était que justifiée et méritée. La version définitive du roman est bien différente, mais je ne crois pas que Tolstoï ait changé entre-temps ses idées morales, je dirais plutôt que, pendant l'écriture, il écoutait une autre voix que celle de sa conviction morale personnelle. Il écoutait ce que j'aimerais appeler la sagesse du roman. Tous les vrais romanciers sont à l'écoute de cette sagesse suprapersonnelle, ce qui explique que les grands romans sont toujours plus intelligents que leurs auteurs. Les romanciers qui sont plus intelligents que leurs œuvres devraient changer de métier.»

C'est probablement le plus classique des romans que j'ai lu. Par là, j'entends le style de l'écrivain, qui est d'une beauté et d'une précision sans faille. J'entends aussi son histoire, qui a su toucher toutes les critiques littéraires du xxe siècle. La longueur aussi du bouquin - qui est un point trop souvent sous-estimé selon moi par les critiques - qui compte 858 pages. C'est long à lire mais sans être excessif non plus. Donc, je conseillerais ce livre à quiconque veut lire un classique de la littérature. Sur ce point, on ne peut se tromper.

Par contre, ce texte a les défauts de ses qualités. Bien qu'il soit parfait, c'est justement là mon problème. Il est trop parfait selon moi. Il ne prend pas assez de risques, comme Dostoievski en a pris, par exemple, avec ses romans. Tout est parfait, les dialogues, la narration. Les mots choisis par l'auteur sont toujours justes. En creusant un peu, j'ai cru voir qu'il manque une âme à ce roman. Mais ça, c'est seulement mon opinion. Même si la prose de Tolstoï a bien vieilli, ça reste un classique et donc, il n'est pas toujours facile à suivre. Chaque chapitre est une scène de la vie courante sans avoir beaucoup de liens entre eux.

Avant de vous laisser, j'aimerais vous dire que les cent dernières pages sont à mon avis de beaucoup supérieures au reste. Elles m'ont renversé. À travers un personnage du roman (je vous laisse découvrir qui!) Tolstoï nous parle de ses interrogations philosophiques, spirituelles et en fait, métaphysiques. C'est de la grande écriture! Alors, voici un bon roman....presque trop parfait!!