"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 7 mars 2011

L'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera



Ma note : 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : Qu'est-il resté des agonisants du Cambodge ? Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune. Qu'est-il resté de Tomas ? Une inscription : il voulait le Royaume de Dieu sur la terre. Qu'est-il resté de Beethoven ? Un homme morose à l'invraisemblable crinière, qui prononce d'une voix sombre : Es muss sein ! " Qu'est-il resté de Franz ? Une inscription : Après un long égarement, le retour. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d'être oubliés, nous serons changés en kitsch. Le kitsch, c'est la station de correspondance entre l'être et l'oubli.

Avec en toile de fond le fait historique trop souvent oublié du printemps de Prague, ce magnifique roman de Kundera représente plus qu'un simple roman. Avec ce livre, Kundera prend le temps de parler au lecteur, entre autres en l'avertissant qu'il lit un roman et qu'il n'est pas dans la réalité (il nous dévoile ses ficelles). Mais aussi, en ayant un côté essayiste en son corpus et même philosophique. Le tout écrit avec la plume d'un géant des lettres, trop souvent oublié par le comité du nobel de littérature.

Comme son roman "La vie est ailleurs" (au fait on y voit plusieurs points en communs entre les deux romans) Kundera nous transporte, page après page, tout en douceur. C'est doux lire du Kundera, même si le propos est souvent lourd, cet auteur a le don de tout rendre léger et selon moi, il est un maître incontesté du roman.

Quant au titre, il représente bien cette douceur (et pas nécessairement parce qu'il contient "légèreté"). Il met bien la table pour le propos du livre, soit un penchant assurément nihiliste. Tout au long de notre lecture, on sent l'absurdité de la vie, sa légèreté mais aussi sa lourdeur et ainsi, on peut en ressortir changé.

Donc, au final, ce roman a été une lecture des plus agréable pour moi. Kundera commence en parlant de Nietzsche (un de mes philosophes préférés) et à maintes occasions au cours de notre lecture, on est en mode pause en ce sens que Kundera joue franc-jeu avec nous pour s'entretenir en quelque sorte avec le lecteur. En fait, je pourrais en parler pendant des lunes mais je me contenterais de conclure en vous invitant à lire ce roman époustouflant!

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