"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 11 février 2011

Extension du domaine de la lutte, Michel Houellebecq



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture : " Vendredi soir, j'étais invité à une soirée chez un collègue de travail. On était une bonne trentaine, rien que des cadres moyens âgés de vingt-cinq à quarante ans. A un moment donné, il y a une connasse qui a commencé à se déshabiller. Elle a ôté son T-shirt, puis son soutien-gorge, puis sa jupe, tout ça en faisant des mines incroyables. Elle a encore tournoyé en petite culotte pendant quelques secondes, et puis elle a commencé à se resaper ne voyant plus quoi faire d'autre. D'ailleurs c'est une fille qui ne couche avec personne. Ce qui souligne bien l'absurdité de son comportement. " Ainsi débute l'odyssée désenchantée d'un informaticien entre deux âges, peu convaincu de l'intérêt de son métier, jouant toutefois son rôle en observant les mouvements humains et les banalités qui s'échangent autour des machines à café. L'installation d'un progiciel en province lui permettra d'étendre le champ de ses observations, d'anéantir les dernières illusions d'un collègue - obsédé malchanceux - et d'élaborer une théorie complète du libéralisme, qu'il soit économique ou sexuel.

C'est le premier roman de Houellebecq. Même si du point de vue du style d'écriture il n'atteint pas le niveau de ses romans subséquents - c'est parfaitement normal, parce que les premiers romans sont rarement les mieux écrits - ce livre de Houellebecq est tout aussi puissant, selon moi, que les autres, à tout le moins ceux que j'ai lu.

La critique sociale est forte et plusieurs éléments philosophiques sont abordés. On peut voir l'influence qu'a le philosophe Arthur Schopenhauer sur lui, même s'il ne le cite pas dans le roman. Par contre, il cite Maupassant qui lui aussi était un disciple de Schopenhauer. L'absurdité de la vie est donc vécue par le personnage principal et alors, un détachement total de la vie est perçu par le lecteur. En fait, la vacuité de la vie au sens large se dégage du roman. Pour un premier roman, c'est une réussite totale.

Finalement, on peut dire que ce très bon roman avait bien commencé la grande carrière littéraire qu'a vécu Houellebecq par la suite. On perçoit des élans de Kafka et Bret Easton Ellis, entre autres. C'est un beau mélange et personnellement j'adore le travail de Houellebecq. Longue vie à son oeuvre!

3 commentaires:

  1. c'est un livre qui date de quelques annees deja non ? Est-ce le prix Goncourt a l'auteur qui vous a donne envie d'y replonger ?

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  2. Oui il date des années 90. Mais non ce n'est pas cela qui m'a donné le goût de m'y replonger. J'ai découvert Houellebecq avec "Les particules élémentaires" et depuis j'aime beaucoup cet auteur. Je pense même qu'il est le meilleur auteur français de notre époque.

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  3. Merci pour vos commentaires de ce livre.
    http://tranchantsurlordinaire.hautetfort.com/archive/2012/04/23/l-irresistible-suggestion-du-repli-sur-soi.html

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