"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

samedi 19 mars 2011

Apocalypse bébé, Virginie Despentes



Ma note : 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : Valentine disparue... Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée... Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.

Ce résumé de la quatrième de couverture décrit bien le portrait général qui se dégage du roman. Cela serait difficile de faire mieux. Donc, je vais m'en tenir au strict minimum.

Tout d'abord, il y a quelques éléments qui m'ont agacés lors de la lecture. Le pire, c'est certainement l'argot français omniprésent tout au long du roman et pas seulement lors des dialogues (ce qui aurait été plus acceptable). Étant québécois, je déteste les romans français trop français, point de vue langagier. J'aime mieux le français international. Aussi, on se perd un peu en ce qui a trait au narrateur, parce qu'on suit différents personnages mais pas nécessairement différents narrateurs. Ensuite, pour terminer avec mes petites déceptions quant à ce roman, je dois dire que mes attentes ont dépassé le résultat. Non que ce roman soit faible, mais j'ai quand même été un peu déçu. Il avait gagné le prix Renaudot 2010, ce qui n'est pas rien. En plus, je n'avais jamais lu cette auteure et j'avais entendu que du bien. Mais au final, je ne crois pas que Virginie Despentes soit si exceptionnelle. Elle a du talent, certes, mais elle ne m'a pas complètement conquis.

Par contre, dans l'ensemble, ce roman tient la route sans problème. Il a un souffle, ce qui n'est pas facile à décrire, et notre lecture est agréable malgré quelques longueurs au milieu. La fin du roman est surprenante et même époustouflante. Un personnage important du roman, Valentine, est absente pendant presque tout le roman, mais en même temps, ce personnage nous prend aux tripes. La société malade dans laquelle on vit est aussi très bien décrite et analysée par Despentes. En fait, même si on est à la recherche de Valentine pendant tout le roman, c'est la société qu'on recherche. C'est la société qui est analysée. Ce n'est pas seulement une poursuite contre la montre ce roman, c'est plus que ça. C'est une critique de notre vie, supposément moderne et évoluée.

Finalement, on sort de notre lecture décontenancé. Bien sûr que le roman a plein de défauts (comme ceux que j'ai décrit plus haut). Mais ce roman est une lecture essentielle. Du moins, si on veut en apprendre un peu plus sur nous...

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