samedi 21 mai 2011

Stalker, Arcadi et Boris Strougatski



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture : Des Visiteurs sont venus. Sortis d'on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu'ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d'un chemin. Adapté au cinéma en 1979 par Andreï Tarkovski, Stalker ou Pique-nique au bord du chemin (ici publie pour la première fois en France en version intégrale) est le chef-d'oeuvre des frères Strougatski. Un roman qui a eu un tel impact sur le XXe siècle que c'est sous le surnom de stalkers qu'on connaît désormais les hommes et femmes qui ont étouffé le coeur du réacteur en fusion de Tchernobyl, entre le 26 avril et le 16 mai 1986.

Je suis déçu de cette lecture. Roman culte de la science-fiction, russe aussi, "Stalker" saura plaire aux vrais amateurs de science-fiction, mais pour les autres, comme moi, vaut mieux s'en tenir loin. Bien que la construction du roman soit acceptable, la plume des auteurs (ou la traduction) m'a agacé tout au long du roman. À chaque deux mots on retrouve une virgule ou un point. Et j'exagère à peine. On n'est pas loin du travail d'amateur mais je ne saurais dire si c'est le traducteur qui n'est pas à la hauteur ou les frères Strougatski. En fait, le style d'écriture est tout simplement bâclé.

Je ne suis pas surpris que ce récit soit devenu un jeu vidéo. C'est à peu près ce que je ressentais en le lisant, ce livre contient une suite de scènes d'action (à part quelques pages) plus ou moins intéressantes. Je ne suis plus capable de lire ce genre de livres (ou regarder ce genre de films ou encore, jouer à des jeux vidéo). Je sais qu'il y a un public pour cela et eux, ils vont aimer ce livre. C'est de la science-fiction à "l'état pur" mais personnellement, j'aime mieux des écrivains comme Philip K. Dick et Dan Simmons (quand il écrit sur ce genre en particulier).

Finalement, bien qu'il y ait quelques passages réussis dans ce roman, ce fut somme toute une énorme déception. Je m'attendais à un récit original et complètement éclaté mais ce que j'ai lu était fade et inintéressant. Il ne remplit pas ses promesses (surtout pour un livre culte). C'est dommage...

jeudi 19 mai 2011

Une forme de vie, Amélie Nothomb



Ma note: 8/10

En quatrième de couverture on peut lire cette phrase : « Ce matin-là, je reçus une lettre d'un genre nouveau. »

En fait, dans ce roman, l'auteur entretient une correspondance avec un militaire américain basé en Irak. Obèse, celui-ci semble souffrir et Mme Nothomb répond à sa première lettre, ce qui débouche sur une correspondance des plus intéressantes. Parfois touchante et souvent drôle, cette correspondance nous entraînera sur quelque cent pages. C'est court pour un roman (même si c'est la norme chez Nothomb) et ainsi, je ne m'attendais pas à l'aimer autant (j'ai de la difficulté avec les très courts romans).

Je n'avais même pas lu la quatrième de couverture au préalable. Je m'étais fait recommander ce livre et comme je lis maintenant en numérique, je ne savais rien sur ce livre. Tant mieux, je l'ai découvert pendant ma lecture.

Donc, pour revenir sur le livre en tant que tel, sa brièveté nous épargne des longueurs. La plume de cet écrivain est exquise et le sujet de l'obésité (surtout dans l'armée US) est traité d'une main de maître. Amélie Nothomb en fait un judicieux rapprochement avec les autres dépendances (alcool, toxicomanie, etc.). La fin est surprenante et très bien ficelée aussi.

Finalement, je ne saurais dire si "Une forme de vie" est un chef-d'oeuvre, étant donné qu'il se lit beaucoup trop vite. Je ne suis pas habitué à des romans aussi courts. Par contre, le plaisir que j'ai eu à le lire fut immense et en plus, il nous fait réfléchir. On se pose un tas de questions en le lisant et par-dessus tout, il a un humour mordant. Donc, même si je ne sais pas si je le considère comme un chef-d'oeuvre, une chose est sûre, c'est un tour de force littéraire.

mercredi 18 mai 2011

Le temps désarticulé, Philip K. Dick



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture : Depuis trois ans, Ragle Gumm fait le concours du quotidien local. Une seule question posée : « Où sera le petit homme vert demain ? » Tous les jours, Ragle poste le bulletin-réponse. Et il gagne. Les gens pensent qu'il a un pouvoir. Mais le plus inquiétant, ce sont les objets qui s'effacent. Cette buvette qui disparaît, remplacée par une étiquette portant le mot buvette. Cet annuaire du téléphone dont les numéros renvoient à des abonnés inexistants. Cette photo d'une certaine Marilyn Monroe, présentée comme une star célèbre — alors que nul n'en a entendu parler. Ragle décide de franchir les limites et de voir les choses telles qu'elles sont. Il colle sur un camion l'étiquette « Un monde unique et heureux » qui lui donne le droit de circuler dans la réalité. Puis il entend la sirène derrière lui et comprend qu'on est décidé à l'avoir. Comme si on l'avait guetté. Comme s'il était le centre de l'univers.

Je ne comprends pas comment le film "Le show Truman", avec Jim Carrey, a pu éviter une poursuite des héritiers de Philip K. Dick. Au moins 80% du roman ("Le temps désarticulé"), écrit en 1958, se retrouve dans ce film. Enfin, c'est mon opinion. Mais passons...

Donc, pour le roman en tant que tel, c'est un véritable chef-d'oeuvre. Il n'y a que du bon dans ce bouquin. Il n'est pas trop long et ainsi, il n'y a aucune longueur et on ne s'ennuie pas. L'écriture de Philip K. Dick est simple et efficace. L'histoire est facile à suivre même pour un lecteur débutant dans le genre de la science-fiction. L'aspect "thriller" est omniprésent et cela a pour effet de nous accrocher solidement au récit et on se demande sans cesse ce que nous réservera la prochaine page. L'atmosphère de la banlieue américaine des années 50 est judicieusement créée par l'auteur. En fait, K. Dick nous embarque dans son récit, on est tourmenté pendant plus de 200 pages et la fin est à jeter par terre. C'est bon sans bon sens ce roman.

Finalement, comme cela semble le cas des premiers écrits de Dick, comme celui-ci, l'histoire coule à merveille et rien ne nous échappe (comme c'est parfois le cas avec les derniers récits de l'auteur). On ne peut reposer le livre et les images se forment toutes seules dans notre tête. C'est comme le cinéma, mais plus original et mieux construit (que la plupart des films).

Ah! Vous vous demandez si le roman se termine comme le film que je vous ai parlé, "Le show Truman"? Et bien, je vous laisse le découvrir par vous-même!

mardi 17 mai 2011

Résurrection, Tolstoï



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture : Tolstoï entame une enquête immense, descend dans l'enfer putride des prisons, scrute les détenus, polémique avec les " idéologues " révolutionnaires, interroge le peuple. Résurrection se veut un roman total, mais cette fois-ci le Tolstoï millénariste refuse la durée et exige tout tout de suite : le salut total de la création. C'est peut-être ce qui fait de Résurrection, paru quand naissait le XXe siècle, un signe avant-coureur des grands soubresauts millénaristes de notre siècle à nous.

C'est certainement le roman de Tolstoï le plus facile à lire (c'est aussi son plus court) et contrairement à "Anna Karénine" ou "Guerre et paix", on ne se perd pas dans celui-ci. On suit, en général, qu'un seul personnage et sa quête pour rétablir une erreur de son passé. C'est donc un roman sur la rédemption, coûte que coûte et sur les conséquences que peuvent avoir nos gestes. Aussi bien nos actions conscientes qu'inconscientes.

On dit de "Résurrection" qu'il commence comme un récit privé, intime et qu'il finit comme une grande fresque sur la Russie, la chrétienneté et même sur le salut du monde. On dit qu'il commence microscopiquement pour finir avec une vue d'ensemble sur la société, sur la vie. Personnellement, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce constat que lui prête la majorité des critiques littéraires du 20e siècle. Ce roman reste un récit intime. Même s'il semble se dresser en drame social à grand déploiement (au fil du récit), je crois qu'on est constamment sur les traces du personnage principal et de sa quête, sa rédemption. Ce que j'ai lu, tout au long du récit, est la relation de cette homme avec la femme qu'il essaie de sauver mais surtout, avec lui-même. Il essaie de se sauver lui-même et la fin est explicite sur ce sujet, en tout cas sur ce qu'il trouve comme salut.

Avec un style impeccable et des descriptions précises et justes, Tolstoï nous livre un grand roman de fin de siècle (1899). "Résurrection" a longtemps été jugé comme le plus faible de ses romans mais il est de plus en plus réhabilité. Et pour cause! C'est une histoire beaucoup plus puissante qu'elle ne paraît au premier abord et l'écriture est tout simplement parfaite. Sans être le chef-d'oeuvre de cet écrivain hors pair, on peut dire sans se tromper qu'il constitue une lecture essentielle, ne serait-ce que pour ajouter un peu plus d'humanité dans ce monde qui en a de moins en moins.

dimanche 8 mai 2011

La voix des ténèbres, Dean Koontz



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Le pacte était scellé : ils étaient "frères de sang". Mais l'expression n'avait pas tout à fait la même signification pour Colin et pour Roy. Pour Roy, tuer c'est l'"éclate". Mieux que les filles, mieux que le football, mieux que tout. Quoique encore adolescent, il a déjà plusieurs crimes parfaits à son actif. Mais il se sent seul. Il voudrait bien avoir un ami sûr avec qui partager sa passion. Colin ferait l'affaire. Roy lui confie son secret. Mais il refuse tout d'abord de le croire puis recule bêtement devant un meurtre pourtant sans risque. Qu'importe : Roy est obstiné et tient en réserve un argument décisif...

J'ai lu quelques critiques de ce roman et à ma grande surprise, il y a plusieurs personnes qui ont aimé "La voix des ténèbres". Pour ma part, sans le classer dans les pires de l'auteur, je dois dire qu'il m'a fortement déçu. C'est un banal thriller où le fantastique est absent même si c'est la marque de commerce de Koontz. Mais il faut dire que je n'aime pas les thrillers de Koontz comme celui-ci, où le surnaturel fait place au réel. Il m'a fait penser à "Intensité" que je n'avais pas aimé non plus. Je m'attends à plus de Koontz.

Il n'y a rien de fouillé dans ce roman. Le personnage principal commence à lire des livres de psychologies au cours du récit, mais cet élément est rapidement écarté de l'histoire. L'écrivain se contente de nous décrire une suite de situations assez banales. Encore une fois, c'est le bon contre le méchant mais cette fois-ci on est bien ancré dans le réel. L'impression que le roman me laisse est celui d'un film américain où le côté "rebondissement" et "thriller" prend toute la place. Non, décidément j'aime mieux un Dean Koontz plus mordant avec une intrigue plus riche et plus complexe.

Cependant, tout n'est pas mauvais. Ce bouquin se lit bien et rapidement. Aussitôt commencé, aussitôt fini. Mais malheureusement, vite oublié!

vendredi 6 mai 2011

Midnight, Dean Koontz



Ma note : 8/10

Voici la quatrième de couverture: Sinistres nuits que celles de la Côte ! En Californie, Moonlight Cove sombre soudain dans le cauchemar. Cris rauques, haletants, sauvages... Ombres furtives plus rapides que des félins. Dans cette petite communauté jusqu'alors paisible, des gens sont mis en pièces par des espèces inconnues... Loups-garous, vampires ou créatures déchues ? Mystère ! Envoyé secret du FBI, Sam Booker découvre l'indicible horreur... Chrissie Foster, elle, sait qu'il s'agit de " convertis ". Elle a assisté à la métamorphose de ses parents. Quant à Tessa, venue enquêter sur le suicide de sa soeur, elle est à son tour confrontée à cette bande de charognards. Des " régressifs " ! Pur produit d'un cerveau dérangé. Sam Booker en a la certitude lorsqu'il apprend l'existence du projet Faucon-Lune...

Quelle joie de retrouver un roman où l'horreur à "l'ancienne" est omniprésente. Par cette expression j'entends un retour aux sources, de "Frankenstein" à "L'île du Dr. Moreau" en passant par "Dracula"(dans une moindre mesure cependant). Donc, Koontz a misé sur la sensation du lecteur provoquée par une écriture sombre, obscure, qui a pour but de faire peur. On est loin des romances (de l'horreur) qui sont maintenant très présentes sur le marché de l'édition. Alors, en ces jours où la "Bit lit" est maître et où le thriller a innondé les librairies, relire ce roman de Dean Koontz écrit en 1989 est un véritable plaisir.

En plus d'avoir les classiques de l'horreur (mentionnés plus haut) comme influence, on sent aussi que "Salem" de Stephen King n'est pas trop loin non plus, tout comme les zombies de George A. Romero (en film). J'ai beaucoup aimé l'atmosphère terrifiante créée par l'auteur et son style d'écriture se prête parfaitement à ce genre en particulier. Il y a quelques longueurs dans le récit mais rien pour rebuter le lecteur.

Finalement, étant amateur de l'horreur "pure" et des romans de loups-garous, de zombies et de vampires, je me permets de vous conseiller cette lecture. Par contre, on doit aussi aimer Dean Koontz au préalable (parce que la science et le fantastique sont encore une fois réunis), ce qui n'est pas le lot de tous. Probablement pas le meilleur "Koontz", mais assurément dans le peloton de tête.

vendredi 29 avril 2011

Miroirs de sang, Dean Koontz



Ma note : 6,5/10

Voici la quatrième de couverture : « Je suis un vampire et un démon, » murmura la voix dans sa tête. « J'aime le goût du sang. » Mary Bergn a le don de clairvoyance : elle peut voir de ses yeux des meurtres qui se commettent ou vont se commettre loin d'elle. Son pouvoir lui a déjà permis d'élucider ou même d'empêcher bien des crimes, mais elle le paie très cher : elle est poursuivie par la vision de belles jeunes femmes sauvagement mutilées et ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pourquoi ne voit-elle pas le visage du sadique ? Chaque fois qu'elle croit y parvenir, elle entend ces bruissements d'ailes de chauve-souris et tout bascule. Mais l'assassin, lui, semble tout savoir d'elle...

"Miroirs de sang" est un court roman de moins de trois cents pages. Il a paru en 1977. Je ne m'attendais pas à un grand roman et malheureusement c'est ce que j'ai eu.

Par contre, on ne peut pas dire que c'est un roman complètement raté. En fait, c'est rare quand je ne m'amuse pas avec cet auteur (même s'il fait dans l'horreur bien souvent). Pour "Miroirs de sang", Dean Koontz va à l'essentiel avec une plume concise et une histoire où l'on côtoie le paranormal (surtout la clairvoyance) et le thriller. Mais le tout est condensé et donc, notre plaisir s'en retrouve amoindri. Il n'y a pas de longueur dans ce bouquin mais d'un autre côté, il n'y a rien d'exceptionnel non plus. C'est juste moyen tout au long de notre lecture.

Les premiers romans de Dean Koontz souffrent à peu près tous de ces mêmes défauts. On sent une immaturité dans l'écriture et dans l'intrigue. Cet auteur est à son summum un peu plus tard dans sa carrière (années 80 et 90). Mais pour un grand fan de Dean Koontz comme moi, on doit lire "Miroirs de sang", ne serait-ce que pour explorer son oeuvre au complet.

mardi 26 avril 2011

Le cimetière de Prague, Umberto Eco



Ma note : 7,5/10

Voici la présentation de l'éditeur : Trente ans après Le Nom de la rose, Umberto Eco nous offre le grand roman du XIXème siècle secret. De Turin à Paris, en passant par Palerme, nous croisons une sataniste hystérique, un abbé qui meurt deux fois, quelques cadavres abandonnés dans un égout parisien. Nous assistons à la naissance de l'affaire Dreyfus et à la création de l'évangile antisémite, Les Protocoles des sages de Sion. Nous rencontrons aussi des jésuites complotant contre les francs-maçons, des carbonari étranglant les prêtres avec leurs boyaux. Nous découvrons les conspirations des renseignements piémontais, français, prussien et russe, les massacres dans le Paris de la Commune où l'on se nourrit d'illusions et de rats, les coups de poignard, les repaires de criminels noyés dans les vapeurs d'absinthe, les barbes postiches, les faux notaires, les testaments mensongers, les confraternités diaboliques et les messes noires. Les ingrédients sont donc réunis pour faire de ce savoureux feuilleton un diabolique roman d'apprentissage. Tout est vrai ici, à l'exception de Simon Simonini, protagoniste dont les actes ne relèvent en rien de la fiction mais ont probablement été le fait de différents auteurs. Qui peut, cependant, l'affirmer avec certitude ? Lorsque l'on gravite dans le cercle des agents doubles, des services secrets, des officiers félons, des ecclésiastes peccamineux et des racistes de tous bors, tout peut arriver...

Le narrateur de ce roman est un profond antisémite. Tout au long de notre lecture on a droit à un discours violent et haineux envers les juifs. Tous les clichés antisémites sont réunis dans ce livre et Umberto Eco a dit qu'il voulait dénoncer cet antisémitisme ou, à tout le moins, nous faire découvrir les lectures de ce genre qu'il avait lu pour préparer le roman et qui le rebutait.

Aussi, le roman a une foule de faits historiques, mais traités comme de la fiction. On est à la fin du 19e siècle et tout y passe, de l'affaire Dreyfus aux protocoles des sages de sion. Les personnages historiques sont eux aussi abordés dans le roman, dont les écrivains Victor Hugo, Émile Zola, Alexandre Dumas et Dostoïevski. L'auteur semble avoir un faible pour Dumas et ainsi, le narrateur du récit (le personnage principal) en vient à le rencontrer.

Personnellement, j'ai plusieurs réticences quant à ce roman. Bien que le style soit correct et l'histoire intéressante (en général, l'histoire à trait aux faux (documents)), les longueurs sont omniprésentes et Umberto Eco ne m'a pas enchanté comme je m'y attendais. C'est un bon roman mais vraiment sans plus. C'est un "Dan Brown" plus littéraire. Je n'ai jamais lu "Le nom de la rose" (en fait "Le cimetière de Prague" est le premier Umberto Eco que je lisais) mais j'ose espérer qu'il est supérieur à celui-ci. Parce que sinon, j'aurais tendance à dire que cet écrivain a une réputation surfaite.

En terminant, je ne saurais dire si je vous recommande ce bouquin. Même si on passe quand même un agréable moment de lecture, ses défauts portent ombrages à la qualité de l'ensemble. Pour ma part, cela va prendre quelque temps avant de relire un livre de cet écrivain. Il n'est pas mauvais, loin de là, mais pour une première approche, je l'ai trouvé moyen.

vendredi 22 avril 2011

Simulacres, Philip K. Dick



Ma note : 8/10

Voici la quatrième de couverture: 2040. La Troisième Guerre mondiale a ravagé des zones entières de la planète et en a modifié le climat, les spots publicitaires sont vivants et sèment la zizanie, le Président est un robot, et sa femme ne vieillit pas d'un pouce depuis un siècle... Avec la cohérence implacable de la logique paranoïaque qui le rendit célèbre, Philip K. Dick, maître incontesté de la science-fiction, dépeint un monde où rien ne garantit plus la stabilité de la frontière entre la réalité et l'illusion.

D'après plusieurs spécialistes de Philip K. Dick, "Simulacres" est son roman le plus complexe. Je suis plutôt d'accord avec eux, même si je ne suis pas un spécialiste de cet auteur et que je n'ai pas lu son oeuvre au complet. Pour un écrivain qui est déjà difficile d'approche, ce n'est pas rien. Les romans que j'ai lu de lui sont tous complexes. Mais celui-ci est tellement compliqué que l'intrigue en souffre parce qu'elle est dissimulée sous une foule de thèmes de la science-fiction. Chaque page de ce bouquin qui en compte 230 est importante et on se perd assez rapidement. Par contre, l'effort qu'on y met en vaut la chandelle et cette complexité est probablement le seul défaut du roman.

L'imagination de Philip K. Dick est incroyablement grande. Il nous le prouve une fois de plus avec "Simulacre". Tous les thèmes développés dans ce roman sont intéressants et il y a de petits bijoux comme les publicités "vivantes" qui cherchent à s'infiltrer partout. Donc, ce livre est encore une fois une critique du capitalisme. Le voyage dans le temps est très présent aussi dans le roman et il rehausse selon moi la qualité du récit, parce que Dick en fait une utilisation judicieuse. Le nazi Goering fait même une apparition dans le futur à la demande des protagonistes de l'histoire. C'est très réussi de la part de cet auteur au talent exceptionnel.

Finalement, en plus d'avoir une histoire plus qu'intéressante (même si un peu trop complexe), "Simulacres" profite de la plume concise (et parfaite) de Philip K. Dick. C'est une oeuvre très profonde comme tous les romans que j'ai lu de lui. Plus le temps passe et plus j'admire l'oeuvre remarquable et prodigieuse de Philip K. Dick. Mille fois bravo!

mercredi 20 avril 2011

Dôme, Stephen King



Ma note : 6,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Quelle déception pour moi que ce "Dôme" de Stephen King. Surtout qu'il est le plus long de l'auteur (plus de 1000 pages). Alors, je m'attendais à un sujet intéressant et un récit bien ficelé. Mais non. Et en plus, c'est long et par moment, très ennuyeux. Je comprends pourquoi l'auteur avait commencé à l'écrire en 1976 mais avait abandonné. Le sujet est trop difficile à développer et cela paraît au cours de notre lecture. Il ne s'y passe pas grand chose d'intéressant et la fin aurait pu être mieux, elle aussi.

Pour résumer ce roman on ne peut que citer quelques livres de King. En effet, "Dôme" a déjà été traité bien avant. Les mêmes thèmes (à l'exception du fameux dôme, l'idée de départ) se retrouvent dans "Le fléau", "Bazaar", "Brume" (une novella) et "La tempête du siècle" (un scénario). En fait "Dôme" est une pâle copie de ces bouquins de Stephen King. Donc, je vous conseille davantage ces derniers si vous ne les avez jamais lu. Mais si c'est déjà fait, je vous conseille d'y penser à deux fois avant de vous attaquer à "Dôme", notamment parce qu'il est beaucoup trop long.

Par contre, j'ai quand même mis une note acceptable au présent roman parce que, malgré ses nombreux défauts, il se lit quand même bien. Tout au long de notre lecture on veut savoir ce qui se passera par la suite. Il m'a fait penser aux séries télé. Il a plus en commun avec les séries américaines qu'avec le roman. On croirait qu'il a été bâti pour la télé. Pas étonnant que Spielberg ait acheté les droits pour le diffuser au petit écran.

mardi 5 avril 2011

Le Dieu venu du centaure, Philip K. Dick



Ma note : 8/10

Voici la quatrième de couverture : Leo Bulero, pourvoyeur du D-Liss, une formidable drogue, règne sans partage sur les délires d'une humanité devenue presque folle. Aux télépathes clairvoyants ou aux colons misérables exilés sur mars, il dispense une fuite salvatrice. Tout se gâte cependant le jour où un certain Palmer Eldritch revient après dix ans d'exil au sein du système proxien. Il vient apporter aux hommes une autre drogue, véritable secret du bonheur. Comme il l'affirme lui-même, Dieu promet la vie éternelle, lui la dispense. Mais qui est vraiment Eldritch ? Un imposteur, un magicien fou, une nouvelle divinité ? Dans un monde où réalité et illusion n'ont plus de frontière, tout est possible...

Cette lecture ne fut pas facile. Pour plusieurs raisons. J'avais lu "Ubik" la semaine dernière et il m'avait complètement soufflé. Pour moi, c'était presque impossible de faire mieux et en effet, "Le Dieu venu du centaure" est quelque peu inférieur à "Ubik". Aussi, il est très difficile d'accès et même si on est très attentif au cours de notre lecture, je n'ai jamais véritablement pénétré dans l'histoire (en tout cas au premier abord, avant de lire des analyses du livre). Il est très difficile de le lire, surtout pour moi qui ne lis pas souvent de la science-fiction.

Par contre, en lisant les sites internet où ce roman était analysé, en parallèle de ma lecture du roman en tant que tel, j'ai réussi à comprendre de grandes parties et la base de ce bouquin. En fait, ma lecture c'est quand même bien passée et globalement, ce fut merveilleux ce récit et particulièrement la fin.

Les drogues du futur sont souvent abordées dans les romans de Philip K. Dick. Dans ce roman-ci on peut dire que c'est le point central du bouquin. Tout tourne autour de deux drogues qui ont pour but ultime le contrôle de l'individus. J'en dirai pas plus, ce n'est pas ma méthode de fonctionner de dévoiler trop d'intrigue mais il faut garder à l'esprit que les drogues sont traitées comme un thème majeur dans le roman.

Pour terminer, je n'ai vraiment pas regretté ma lecture. Même si on est souvent perdu quant à l'histoire, on passe un agréable moment de littérature. Surtout quand on commence à comprendre où l'auteur veut nous emmener. Et comme je l'ai dit dans ma chronique sur "Ubik", Philip K. Dick est un génie. Rien de moins!

samedi 2 avril 2011

Hygiène de l'assassin, Amélie Nothomb



Ma note : 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d'une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.

C'est la première fois que je lisais Amélie Nothomb. Je me suis donc attaqué à son premier roman. C'est très court pour un roman, quelque 200 pages. Même si ce n'est pas un gros effort de lecture, j'hésitais à embarquer parce que je pensais que cette auteure écrivait un dérivé de la "chick lit". Je n'ai jamais lu ce genre de livres mais Amélie Nothom semble faire très différent de cela.

Donc, en général, ce roman m'a beaucoup plu. Sans être un roman exceptionnel, ce fut une lecture très agréable. J'ai rit par moment, ce qui est assez rare avec les lectures que je fais habituellement et j'ai senti une certaine légèreté dans ce bouquin. Même si les sujets sont parfois lourds, elle les traite avec désinvolture et sans aucune prétention, ce qui la distingue de plusieurs autres écrivains (je me permettrai de passer sous silence les noms).

Tout au long du récit on a droit à (presque) seulement des dialogues. Ces dialogues sont intéressants ce qui en fait un roman bien structuré pour un premier (de l'auteur). Le fait que le roman soit court amène une concision au récit et ainsi, notre plaisir de lecture s'en trouve augmenté. Par contre, cela amène aussi une minceur de l'intrigue et de l'histoire en tant que telle, ce qui explique ma note tempérée.

Finalement, on ne regrette pas ce petit moment de lecture. On est loin d'un chef-d'oeuvre mais je lirai certainement plusieurs autres Amélie Nothomb. Sans m'avoir complètement enchanté, elle m'a certainement séduit. Et comme on a qu'une seule chance de faire une première bonne impression, c'est gagné!