"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 30 mai 2011

Le joueur, Dostoïevski



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : Alexis Ivanovitch joue d'abord pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n'a pas misé seulement de l'argent mais sa vie elle-même. Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et à Baden-Baden où il se ruina au jeu. Jouer, c'est tenter le diable, c'est aussi tenter Dieu. Alexis a voulu tout risquer, toucher le fond pour connaître la compassion et la grâce divine. Il y a une autre malédiction dans la vie du joueur, une femme-bourreau, Pauline, la belle-sœur du général qu'il sert comme précepteur. C'est, dans la vie de l'auteur, Apollinaria, que Dostoïevski aima d'un amour douloureux. Autour d'eux, des êtres malfaisants ou étonnants, dévorés par la passion du gain. Ce court roman, plein de brio, annonce toute l'œuvre de Dostoïevski. " Demain, demain tout cela finira ", dit le joueur qui recommence à jouer éternellement.

Écrit en seulement 27 jours (faut le faire!), ce court roman de Dostoievski, de 218 pages, est peut-être le plus faible que j'ai lu (de cet auteur). Mais il n'est pas mauvais, ne vous méprenez pas. Dostoievski nous a tellement habitué à de bons romans que celui-ci fait pâle figure, si on compare aux autres oeuvres magnifiques de ce génie des lettres russes.

Tout au long du roman, on est dans l'univers du jeu. Le personnage principal joue pour d'autres mais aussi pour lui-même. L'auteur semble traiter le jeu comme une maladie. Une maladie de l'Âme certes, mais aussi comme étant bien ancrée dans l'époque. L'influence de la société sur les pathologies des gens remonte bien à la surface.

Dans le Québec du 21e siècle, ce livre est fortement d'actualité. On connait tous des joueurs compulsifs et le roman traite abondamment de ce sujet. Du joueur compulsif, de ses tourments, des ses gains mais surtout, de ses pertes et les conséquences de ses gestes.

Pour terminer, je ne saurais dire si je vous conseille ce roman. Pour ceux qui n'ont jamais lu cet auteur je conseillerais plutôt "Le double" qui lui aussi n'est pas très long mais beaucoup plus profond (et il a influencé le film "Black Swan"). Ou si vous disposez de beaucoup de temps de lecture devant vous, pourquoi ne pas lire "Les possédés" ou "Les frères Karamazov", deux chefs-d'oeuvre à l'état pur qui ont fait de Fedor Dostoievski, mon écrivain préféré!

dimanche 29 mai 2011

Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture : Dans le golfe du Mexique, pendant trois jours, un vieil homme lutte, seul sur sa barque, pour capturer un espadon. Lorsqu'il le tient enfin, au prix d'un combat acharné, les requins se précipitent, ne laissant de sa prise que la tête et l'arête... Hemingway voulait que cette histoire soit la plus réaliste possible afin qu'elle dise plus que la réalité... Brillante métaphore de la condition humaine, de sa vanité, de son désespoir, ce livre lui valut le prix Nobel de littérature en 1954.

Ce chef-d'oeuvre d'Hemingway m'a laissé de glace. Pour l'aimer, je crois qu'on doit avoir un intérêt pour la pêche et tout ce qui l'entoure (la mer, les longs voyages, les techniques pour capturer les proies, etc.). C'est un très court roman, quelque centaine de pages, et je n'ai donc pas eu le temps de bien pénétrer dans l'histoire, surtout avec un sujet que je ne maîtrise pas.

Certains spécialistes voient dans cette histoire la métaphore de la condition humaine, comme il est spécifié en quatrième de couverture. Par exemple, le désespoir, la fraternité mais aussi, la solitude (entre autres). Encore une fois, le fait que le roman soit très court m'a empêché de bien profiter de cette métaphore. On passe au travers en quelques heures et ça en devient quasiment une banale histoire de pêche.

Donc, pour terminer, même si le récit est bien écrit et qu'il n'est pas dénué de qualités, je n'ai pas apprécié cette lecture autant que plusieurs littéraires avant moi (mais je dois dire que c'est le premier roman d'Hemingway que je lisais). Il se lit bien mais l'aventure est trop rapidement terminée. L'écriture concise de l'auteur réduit encore le tout et aussitôt qu'on a commencé notre lecture, en un rien de temps, on a finit. Pas mauvais, loin de là, mais juste convenu, selon moi.

samedi 28 mai 2011

Le voleur de corps, Anne Rice



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Vampire impie, ne croyant ni en Dieu, ni au diable, ivre d'amour et de sensualité, Lestat a été pendant des siècles un prince courtisé dans le monde ténébreux et flamboyant des morts vivants. Mais aujourd'hui, à l'aube d'un nouveau millénaire, au cœur des jungles de néons de l'Amérique contemporaine ou dans l'immensité désolée du désert de Gobi, le doute le ronge, une obsession le tenaille : redevenir mortel. Regarder le soleil en face. Regarder la mort en face. Impossible? Peut-être pas... C'est du moins ce que prétend le mystérieux inconnu qui se livre avec lui à un diabolique jeu de cache-cache, Miami à Amsterdam, de la Nouvelle-Orléans aux caraïbes.

"Le voleur de corps" souffre des mêmes défauts que la plupart des romans d'Anne Rice (du moins ceux qui ont plus de 350 pages). Le début est parfait, l'atmosphère créée est juste, la plume est belle et somptueuse, et l'histoire de départ promet d'intéressantes choses. Pendant quelque centaine de pages on y prend plaisir. Mais ensuite, le point de rupture. Ça devient vite redondant et on se force pour lire. Donc, Mme Rice n'est pas une grande auteure et elle devrait absolument s'en tenir à de courts romans. Parce que sinon, c'est l'horreur (et je ne parle pas du genre de roman qu'elle écrit).

Celui-ci est peut-être un peu plus faible que les autres, parce que l'intrigue est très mince pour un roman de 540 pages. Une nouvelle littéraire (ou une novella) aurait été plus à propos. Certes, cela permet à Anne Rice d'écrire un roman plus léger que les précédant de cette série (parce que les trois premiers sont lourds et même surchargés en intrigue) mais d'un autre côté, le talent limité de l'auteure ne permet pas de nous accrocher pendant 500 pages. Sa plume ne suffit pas et il ne se passe presque rien.

Finalement, "Le voleur de corps" est à la limite d'un roman raté. Ce qui lui fait sortir la tête de l'eau, si vous me permettez l'expression, est qu'il nous permet de retrouver Lestat, un personnage fort amusant et terrifiant, et de suivre ses péripéties pour ainsi mieux comprendre ce vampire qui est le point central des chroniques des vampires. Mais honnêtement, nous ne sommes pas en présence d'un très bon roman ni d'une grande romancière.

mercredi 25 mai 2011

Frankenstein, Mary Shelley



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Victor Frankenstein ! C’est l’inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d’un violent orage foudre, traînée de feu, destruction d’un chêne... Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l’alchimie est pour lui une seconde nature. Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l’horrible créature faite d’un assemblage de cadavres ! L’oeuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant, inachevé mais doté, d’une force surhumaine et conscient de sa solitude. Echappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation. D’esclave qu’il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui... Pour Frankenstein, l’enfer est à venir... ... ou le Prométhée moderne, indique le titre originel de ce roman de 1817 qui, tout en conservant les ingrédients du fantastique chers au roman noir, introduit un élément scientifique qui en fait, suivant certains auteurs, l’ancêtre moderne de la science-fiction. Il n’empêche que ce récit romantique, écrit par gageure par l’épouse du grand poète anglais, a servi de prototype à un nombre considérable de récits ou de films d’épouvante, où l’on a curieusement donné au monstre innommé le nom de son créateur, le docteur Frankenstein. Un classique. Un dossier d’une trentaine de pages complète cette édition et permet d’en savoir un peu plus sur l’oeuvre et sur l’auteur.

C'est la première fois que je lisais ce classique de la littérature du fantastique. Comme ce fut le cas avec "Dracula" de Bram Stoker, j'ai hésité longtemps avant de le lire étant donné qu'il fait partie intégrante de la culture populaire et ainsi, je connaissais le récit mais surtout, je m'attendais à être déçu. Aussi je m'attendais à tomber sur un récit fade, que le temps (et la culture populaire) avait gonflé (avec les époques).

Quelle erreur. Dès les premières lignes, j'ai constaté que Mary Shelley a une plume exceptionnelle. Écrit dans le style gothique (et même romantique par moment), "Frankenstein" jouit d'une construction hors pair dans sa forme et le génie qu'est Shelley nous envoûte sur 300 pages, sans longueur mais surtout avec une puissance littéraire inégalable. Il y a plusieurs niveaux de narrateurs dans l'histoire et cela ajoute une profondeur que peu de romans ont.

Donc, ce fut une expérience extraordinaire de lire cette grande écrivaine pour la première fois. Elle est une pionnière absolue de la littérature de terreur, du fantastique et même de la science-fiction. On lui doit tout. Alors, je suggèrerais aux supposés littéraires (universitaires) qui prennent de haut ce genre de littérature, de relire Mary Shelley pour constater qu'aucun écrivain contemporain ne peut rivaliser avec cette grande écrivaine du 19e siècle. Surtout pour la qualité de son style d'écriture!

samedi 21 mai 2011

Stalker, Arcadi et Boris Strougatski



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture : Des Visiteurs sont venus. Sortis d'on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu'ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d'un chemin. Adapté au cinéma en 1979 par Andreï Tarkovski, Stalker ou Pique-nique au bord du chemin (ici publie pour la première fois en France en version intégrale) est le chef-d'oeuvre des frères Strougatski. Un roman qui a eu un tel impact sur le XXe siècle que c'est sous le surnom de stalkers qu'on connaît désormais les hommes et femmes qui ont étouffé le coeur du réacteur en fusion de Tchernobyl, entre le 26 avril et le 16 mai 1986.

Je suis déçu de cette lecture. Roman culte de la science-fiction, russe aussi, "Stalker" saura plaire aux vrais amateurs de science-fiction, mais pour les autres, comme moi, vaut mieux s'en tenir loin. Bien que la construction du roman soit acceptable, la plume des auteurs (ou la traduction) m'a agacé tout au long du roman. À chaque deux mots on retrouve une virgule ou un point. Et j'exagère à peine. On n'est pas loin du travail d'amateur mais je ne saurais dire si c'est le traducteur qui n'est pas à la hauteur ou les frères Strougatski. En fait, le style d'écriture est tout simplement bâclé.

Je ne suis pas surpris que ce récit soit devenu un jeu vidéo. C'est à peu près ce que je ressentais en le lisant, ce livre contient une suite de scènes d'action (à part quelques pages) plus ou moins intéressantes. Je ne suis plus capable de lire ce genre de livres (ou regarder ce genre de films ou encore, jouer à des jeux vidéo). Je sais qu'il y a un public pour cela et eux, ils vont aimer ce livre. C'est de la science-fiction à "l'état pur" mais personnellement, j'aime mieux des écrivains comme Philip K. Dick et Dan Simmons (quand il écrit sur ce genre en particulier).

Finalement, bien qu'il y ait quelques passages réussis dans ce roman, ce fut somme toute une énorme déception. Je m'attendais à un récit original et complètement éclaté mais ce que j'ai lu était fade et inintéressant. Il ne remplit pas ses promesses (surtout pour un livre culte). C'est dommage...

jeudi 19 mai 2011

Une forme de vie, Amélie Nothomb



Ma note: 8/10

En quatrième de couverture on peut lire cette phrase : « Ce matin-là, je reçus une lettre d'un genre nouveau. »

En fait, dans ce roman, l'auteur entretient une correspondance avec un militaire américain basé en Irak. Obèse, celui-ci semble souffrir et Mme Nothomb répond à sa première lettre, ce qui débouche sur une correspondance des plus intéressantes. Parfois touchante et souvent drôle, cette correspondance nous entraînera sur quelque cent pages. C'est court pour un roman (même si c'est la norme chez Nothomb) et ainsi, je ne m'attendais pas à l'aimer autant (j'ai de la difficulté avec les très courts romans).

Je n'avais même pas lu la quatrième de couverture au préalable. Je m'étais fait recommander ce livre et comme je lis maintenant en numérique, je ne savais rien sur ce livre. Tant mieux, je l'ai découvert pendant ma lecture.

Donc, pour revenir sur le livre en tant que tel, sa brièveté nous épargne des longueurs. La plume de cet écrivain est exquise et le sujet de l'obésité (surtout dans l'armée US) est traité d'une main de maître. Amélie Nothomb en fait un judicieux rapprochement avec les autres dépendances (alcool, toxicomanie, etc.). La fin est surprenante et très bien ficelée aussi.

Finalement, je ne saurais dire si "Une forme de vie" est un chef-d'oeuvre, étant donné qu'il se lit beaucoup trop vite. Je ne suis pas habitué à des romans aussi courts. Par contre, le plaisir que j'ai eu à le lire fut immense et en plus, il nous fait réfléchir. On se pose un tas de questions en le lisant et par-dessus tout, il a un humour mordant. Donc, même si je ne sais pas si je le considère comme un chef-d'oeuvre, une chose est sûre, c'est un tour de force littéraire.

mercredi 18 mai 2011

Le temps désarticulé, Philip K. Dick



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture : Depuis trois ans, Ragle Gumm fait le concours du quotidien local. Une seule question posée : « Où sera le petit homme vert demain ? » Tous les jours, Ragle poste le bulletin-réponse. Et il gagne. Les gens pensent qu'il a un pouvoir. Mais le plus inquiétant, ce sont les objets qui s'effacent. Cette buvette qui disparaît, remplacée par une étiquette portant le mot buvette. Cet annuaire du téléphone dont les numéros renvoient à des abonnés inexistants. Cette photo d'une certaine Marilyn Monroe, présentée comme une star célèbre — alors que nul n'en a entendu parler. Ragle décide de franchir les limites et de voir les choses telles qu'elles sont. Il colle sur un camion l'étiquette « Un monde unique et heureux » qui lui donne le droit de circuler dans la réalité. Puis il entend la sirène derrière lui et comprend qu'on est décidé à l'avoir. Comme si on l'avait guetté. Comme s'il était le centre de l'univers.

Je ne comprends pas comment le film "Le show Truman", avec Jim Carrey, a pu éviter une poursuite des héritiers de Philip K. Dick. Au moins 80% du roman ("Le temps désarticulé"), écrit en 1958, se retrouve dans ce film. Enfin, c'est mon opinion. Mais passons...

Donc, pour le roman en tant que tel, c'est un véritable chef-d'oeuvre. Il n'y a que du bon dans ce bouquin. Il n'est pas trop long et ainsi, il n'y a aucune longueur et on ne s'ennuie pas. L'écriture de Philip K. Dick est simple et efficace. L'histoire est facile à suivre même pour un lecteur débutant dans le genre de la science-fiction. L'aspect "thriller" est omniprésent et cela a pour effet de nous accrocher solidement au récit et on se demande sans cesse ce que nous réservera la prochaine page. L'atmosphère de la banlieue américaine des années 50 est judicieusement créée par l'auteur. En fait, K. Dick nous embarque dans son récit, on est tourmenté pendant plus de 200 pages et la fin est à jeter par terre. C'est bon sans bon sens ce roman.

Finalement, comme cela semble le cas des premiers écrits de Dick, comme celui-ci, l'histoire coule à merveille et rien ne nous échappe (comme c'est parfois le cas avec les derniers récits de l'auteur). On ne peut reposer le livre et les images se forment toutes seules dans notre tête. C'est comme le cinéma, mais plus original et mieux construit (que la plupart des films).

Ah! Vous vous demandez si le roman se termine comme le film que je vous ai parlé, "Le show Truman"? Et bien, je vous laisse le découvrir par vous-même!

mardi 17 mai 2011

Résurrection, Tolstoï



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture : Tolstoï entame une enquête immense, descend dans l'enfer putride des prisons, scrute les détenus, polémique avec les " idéologues " révolutionnaires, interroge le peuple. Résurrection se veut un roman total, mais cette fois-ci le Tolstoï millénariste refuse la durée et exige tout tout de suite : le salut total de la création. C'est peut-être ce qui fait de Résurrection, paru quand naissait le XXe siècle, un signe avant-coureur des grands soubresauts millénaristes de notre siècle à nous.

C'est certainement le roman de Tolstoï le plus facile à lire (c'est aussi son plus court) et contrairement à "Anna Karénine" ou "Guerre et paix", on ne se perd pas dans celui-ci. On suit, en général, qu'un seul personnage et sa quête pour rétablir une erreur de son passé. C'est donc un roman sur la rédemption, coûte que coûte et sur les conséquences que peuvent avoir nos gestes. Aussi bien nos actions conscientes qu'inconscientes.

On dit de "Résurrection" qu'il commence comme un récit privé, intime et qu'il finit comme une grande fresque sur la Russie, la chrétienneté et même sur le salut du monde. On dit qu'il commence microscopiquement pour finir avec une vue d'ensemble sur la société, sur la vie. Personnellement, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce constat que lui prête la majorité des critiques littéraires du 20e siècle. Ce roman reste un récit intime. Même s'il semble se dresser en drame social à grand déploiement (au fil du récit), je crois qu'on est constamment sur les traces du personnage principal et de sa quête, sa rédemption. Ce que j'ai lu, tout au long du récit, est la relation de cette homme avec la femme qu'il essaie de sauver mais surtout, avec lui-même. Il essaie de se sauver lui-même et la fin est explicite sur ce sujet, en tout cas sur ce qu'il trouve comme salut.

Avec un style impeccable et des descriptions précises et justes, Tolstoï nous livre un grand roman de fin de siècle (1899). "Résurrection" a longtemps été jugé comme le plus faible de ses romans mais il est de plus en plus réhabilité. Et pour cause! C'est une histoire beaucoup plus puissante qu'elle ne paraît au premier abord et l'écriture est tout simplement parfaite. Sans être le chef-d'oeuvre de cet écrivain hors pair, on peut dire sans se tromper qu'il constitue une lecture essentielle, ne serait-ce que pour ajouter un peu plus d'humanité dans ce monde qui en a de moins en moins.

dimanche 8 mai 2011

La voix des ténèbres, Dean Koontz



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Le pacte était scellé : ils étaient "frères de sang". Mais l'expression n'avait pas tout à fait la même signification pour Colin et pour Roy. Pour Roy, tuer c'est l'"éclate". Mieux que les filles, mieux que le football, mieux que tout. Quoique encore adolescent, il a déjà plusieurs crimes parfaits à son actif. Mais il se sent seul. Il voudrait bien avoir un ami sûr avec qui partager sa passion. Colin ferait l'affaire. Roy lui confie son secret. Mais il refuse tout d'abord de le croire puis recule bêtement devant un meurtre pourtant sans risque. Qu'importe : Roy est obstiné et tient en réserve un argument décisif...

J'ai lu quelques critiques de ce roman et à ma grande surprise, il y a plusieurs personnes qui ont aimé "La voix des ténèbres". Pour ma part, sans le classer dans les pires de l'auteur, je dois dire qu'il m'a fortement déçu. C'est un banal thriller où le fantastique est absent même si c'est la marque de commerce de Koontz. Mais il faut dire que je n'aime pas les thrillers de Koontz comme celui-ci, où le surnaturel fait place au réel. Il m'a fait penser à "Intensité" que je n'avais pas aimé non plus. Je m'attends à plus de Koontz.

Il n'y a rien de fouillé dans ce roman. Le personnage principal commence à lire des livres de psychologies au cours du récit, mais cet élément est rapidement écarté de l'histoire. L'écrivain se contente de nous décrire une suite de situations assez banales. Encore une fois, c'est le bon contre le méchant mais cette fois-ci on est bien ancré dans le réel. L'impression que le roman me laisse est celui d'un film américain où le côté "rebondissement" et "thriller" prend toute la place. Non, décidément j'aime mieux un Dean Koontz plus mordant avec une intrigue plus riche et plus complexe.

Cependant, tout n'est pas mauvais. Ce bouquin se lit bien et rapidement. Aussitôt commencé, aussitôt fini. Mais malheureusement, vite oublié!

vendredi 6 mai 2011

Midnight, Dean Koontz



Ma note : 8/10

Voici la quatrième de couverture: Sinistres nuits que celles de la Côte ! En Californie, Moonlight Cove sombre soudain dans le cauchemar. Cris rauques, haletants, sauvages... Ombres furtives plus rapides que des félins. Dans cette petite communauté jusqu'alors paisible, des gens sont mis en pièces par des espèces inconnues... Loups-garous, vampires ou créatures déchues ? Mystère ! Envoyé secret du FBI, Sam Booker découvre l'indicible horreur... Chrissie Foster, elle, sait qu'il s'agit de " convertis ". Elle a assisté à la métamorphose de ses parents. Quant à Tessa, venue enquêter sur le suicide de sa soeur, elle est à son tour confrontée à cette bande de charognards. Des " régressifs " ! Pur produit d'un cerveau dérangé. Sam Booker en a la certitude lorsqu'il apprend l'existence du projet Faucon-Lune...

Quelle joie de retrouver un roman où l'horreur à "l'ancienne" est omniprésente. Par cette expression j'entends un retour aux sources, de "Frankenstein" à "L'île du Dr. Moreau" en passant par "Dracula"(dans une moindre mesure cependant). Donc, Koontz a misé sur la sensation du lecteur provoquée par une écriture sombre, obscure, qui a pour but de faire peur. On est loin des romances (de l'horreur) qui sont maintenant très présentes sur le marché de l'édition. Alors, en ces jours où la "Bit lit" est maître et où le thriller a innondé les librairies, relire ce roman de Dean Koontz écrit en 1989 est un véritable plaisir.

En plus d'avoir les classiques de l'horreur (mentionnés plus haut) comme influence, on sent aussi que "Salem" de Stephen King n'est pas trop loin non plus, tout comme les zombies de George A. Romero (en film). J'ai beaucoup aimé l'atmosphère terrifiante créée par l'auteur et son style d'écriture se prête parfaitement à ce genre en particulier. Il y a quelques longueurs dans le récit mais rien pour rebuter le lecteur.

Finalement, étant amateur de l'horreur "pure" et des romans de loups-garous, de zombies et de vampires, je me permets de vous conseiller cette lecture. Par contre, on doit aussi aimer Dean Koontz au préalable (parce que la science et le fantastique sont encore une fois réunis), ce qui n'est pas le lot de tous. Probablement pas le meilleur "Koontz", mais assurément dans le peloton de tête.