"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 11 novembre 2011

Seul dans le noir, Paul Auster



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: "Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain." Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d'un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad... Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l'assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n'aurait pas eu lieu et où l'Amérique ne serait pas en guerre contre l'Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l'Histoire. En plaçant ici la guerre à l'origine d'une perturbation capable d'inventer la "catastrophe" d'une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l'infatigable et fécond questionnement qu'il poursuit quant à l'étrangeté des chemins qu'emprunte, pour advenir, l'invention romanesque.

"Seul dans le noir" de Paul Auster est un roman beaucoup trop court pour ses promesses. Avec seulement 180 pages en format hardcover, notre lecture, comme c'est souvent le cas avec cet auteur, coule tout seul sous nos yeux. Auster écrit très bien, mais on croirait qu'avec celui-ci, il n'a pas su développer une histoire digne de la quatrième de couverture (du résumé).

Pourtant, le roman jouit de quelques idées remarquables. Le fait de reconstituer le monde sans le 11 septembre 2001 avait tout pour me plaire. En plus, cette reconstitution romanesque se fait sous nos yeux, parce qu'encore une fois, l'écrivain utilise la mise en abyme pour nous en mettre plein la gueule. C'est particulièrement bien rendu avec "Seul dans le noir". Mais la brièveté du récit, et la minceur de la dystopie sur le 11 septembre, viennent gâcher notre plaisir.

Pour terminer, je n'ai pas regretté ma lecture non plus. Le talent de l'auteur vient racheter le désastre que cela aurait pu être. Malgré la petitesse du bouquin (c'est davantage une novella), Auster construit les personnages avec une profondeur surprenante. Il y a aussi une leçon d'écriture qui s'en dégage. Donc, avec une plume plus poétique qu'avec plusieurs autres de ses romans, on peut dire qu'il réussi sur plusieurs plans. Par contre, je ne saurais si je vous le conseille. Ce n'est vraiment pas son meilleur...

3 commentaires:

  1. Merci beaucoup pour votre blog et vos critiques
    Je peux dire que par exemple concernant P.K.Dick vos critiques ont dirigées mes lectures vers certaines oeuvres plus que d'autres

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  2. Merci à vous aussi.

    Si vous n'êtes pas d'accords avec certainement de mes critiques, ne vous gênez pas pour me le dire aussi, je suis ouvert à la discussion.

    Jimmy

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  3. Je suis tout à fait du même avis ..., l'histoire (la fiction dans laquelle il est le personnage principal) contée par le narrateur m'a tellement prise , que je ne m'attendais pas à ce qu'il en termine aussi rapidement et aussi facilement , du coup le dialogue avec sa petite fille me semblait presque désuet ...Mais cela étant dit, très bien ficelé tout de même , juste dommage oui que ce roman s'arrêtait à 180 pages ...

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