"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

samedi 13 août 2011

Mr. Vertigo, Paul Auster



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: " J'avais douze ans la première fois que j'ai marché sur l'eau. L'homme aux habits noirs m'avait appris à le faire, et je ne prétendrai pas avoir pigé ce truc du jour au lendemain. Quand maître Yehudi m'avait découvert, petit orphelin mendiant dans les rues de Saint Louis, je n'avais que neuf ans, et avant de me laisser m'exhiber en public, il avait travaillé avec moi sans relâche pendant trois ans. C'était en 1927, l'année de Babe Ruth et de Charles Lindbergh, l'année même où la nuit a commencé à envahir le monde pour toujours. J'ai continué jusqu'à la veille de la Grande Crise, et ce que j'ai accompli est plus grand que tout ce dont auraient pu rêver ces deux cracks. J'ai fait ce qu'aucun Américain n'avait fait avant moi, ce que personne n'a fait depuis. " Précipité par ce premier paragraphe dans un récit d'une prodigieuse virtuosité narrative - les modèles d'Auster furent Grimm et Andersen - le lecteur découvre, du Ku Klux Klan au gangstérisme, quelques facettes étranges de cette Amérique que l'écrivain n'a pas fini de nous révéler.

Je termine cette lecture avec une déception certaine. C'est la première fois que Paul Auster me déçoit. Comme c'est souvent le cas avec les récits initiatiques (récemment j'avais abordé ce point avec le "Kafka sur le rivage" de Murakami), l'auteur a voulu ratisser trop large quant à l'âge des lecteurs, ce qui donne un roman pour adolescents pour le moins banal. Je ne crois pas que les adultes y trouveront leur compte avec ce bouquin. La première moitié on a droit à un récit plus que fade où le personnage principal apprend à voler dans les airs. Ensuite, c'est un peu mieux mais il n'y a rien d'extraordinaire non plus.

Ce roman est, selon moi, une métaphore. Paul Auster a voulu nous expliquer qu'un enfant doit apprendre à voler avant tout. Il doit apprendre les leçons de la vie avant de la vivre et l'auteur s'adresse ainsi aux adultes, parce que la plupart d'entre eux n'ont rien appris. C'est aussi une critique de la société américaine et occidentale. Le culte de la célébrité qui conduit au désastre est bien représenté par cet enfant qui parcourt les scènes pour leur démontrer qu'il sait voler.

Tout n'est pas raté. Mais la déception est tellement grande dans mon cas que même la plume d'Auster (qui est toujours judicieuse) est ici un peu éteinte. L'imaginaire de l'auteur ressort un peu, mais dans la mauvaise direction. Par chance que le roman n'est pas long (quelque 300 pages) parce que sinon, je ne pense pas que j'aurais tenu le coup. J'aime mieux un Paul Auster plus adulte où les thèmes de la solitude, de l'identité, de l'imaginaire (entre autres), sont traités par un sage, pour des lecteurs aggueris. Ce n'est pas le cas ici.

4 commentaires:

  1. très interessant ton commentaire. j'ai lu ce livre il y a 15-20 ans. J'ai eu le meme sentiment. Comme c'était le premier Paul Auster que je lisais, j'en n'ai jamais rouvert.

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  2. Merci !!

    Et je dois dire que j'ai été généreux pour la note...Je te conseille "La trilogie new-yorkaise" de Auster ou d'autres, enfin tous ceux que j'ai lu sont meilleurs que lui...

    Jimmy

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  3. J'ai moi aussi lu ce roman, que j'ai en revanche particulièrement apprécié. Ton commentaire est juste, et il est vrai que l'on peut percevoir cette oeuvre, et les valeurs qu'il développe comme étant destinés à un public plus jeune. Mais néanmoins, je voudrai quand même expliquer mon engouement pour ce livre. Ce que je trouve génial, c'est le choc, la chute du protagoniste. Pour moi la séparation du livre en deux parties est capitale, dans le sens où l'on aborde le bouquin d'un oeil émerveillé face aux prouesses et à l'apprentissage du jeune homme, son succès. Puis c'est la chute, justement, qui le confronte désormais au monde réel, et à la nature impitoyable de celui-ci. Comme dans d'autres roman d' Auster, où l'on fait connaissance d'un protagoniste "déjà" mal en point, là nous avons l'occasion de l'accompagné dans sa "descente". Dans ma première lecture, j'étais même déçu de cette deuxième partie banale, mais en fait, après digestion, cela transcende la première partie, la rend plus belle, car éphèmere et belle et bien disparue à tout jamais. Voila, Merci avant tout pour ta critique, je vois dans la colonne de droite que K.Dick est là, j'y cours.

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  4. Merci pour tes commentaires.

    Oui, il y a certainement quelque chose que j'ai raté dans ce roman, mais le début m'a tellement déçu, que je n'ai pas pris la peine de bien comprendre le reste.

    Mais je dois dire que cet auteur est génial, selon moi.

    À la prochaine

    Jimmy

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