"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 22 août 2011

Abattoir 5, Kurt Vonnegut



Ma note: 6,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Abattoir 5 retrace l’histoire de Billy Pélerin (double quasi autobiographique de Kurt Vonnegut), né à Ilium en 1922, fils unique du coiffeur de la petite ville. Appelé sous les drapeaux pendant la seconde guerre mondiale (comme assistant d’aumonier militaire...), il est capturé par les allemands et fait prisonnier dans un camp à Dresde. Démobilisé en 1945, il devient opticien, passe une petite dépression nerveuse dans un hôpital militaire, puis se marie, a bientôt deux enfants et fait fortune. De retour d’un congrès d’opticien il est victime d’un accident d’avion, tous les passagers périssent sauf lui. Pendant qu’il est à la clinique, sa femme meurt. Il ne reprend pas son activité en sortant de l’hôpital mais va tout droit à New York. Là, il participe à une émission de radio où il révèle avoir été enlevé par une soucoupe volante en 1967 et amené de force sur la planète Tralfamadore. Objet de spectacle, montré nu dans un zoo, les trafalmadoriens le feront s’accoupler avec une terrienne, ancienne actrice de cinéma, elle-même kidnapée, avant de le relâcher. De retour sur terre, il comprend que les années qu’il a passé sur Trafalmadore n’ont été chez lui que quelques secondes. Bien sûr, Billy ayant atteint l’âge de quatre-vingt six ans, tout le monde est persuadé qu’il a définitivement perdu le sens des réalités et que la sénilité avance à grands pas. Mais Billy insiste pour remonter dans le passé et raconter son histoire, notamment sa vie de soldat et, ce faisant, il ne va plus cesser alors d’effectuer des sauts dans le temps, évoluant et vieillissant, ou régressant vers son enfance. Ce sont ces différents épisodes, et principalement celui de la seconde guerre, de l’emprisonnement et du bombardement de Dresde qui font la trame quelque peu décousue, ironique et pleine d’humour de ce roman étonnant où les saynètes se multiplient et s’enchevêtrent. Dans ce livre, Kurt Vonnegut utilise les méthodes de la Science-fiction pour permettre les continuels flash-back du personnage, mais aussi pour ouvrir une faille, une sorte de décalage narratif dans le récit principal, sous-titrés « La croisade des enfants », et qui est peut-être avant tout une formidable dénonciation des tueries organisées par les hommes, et le plus souvent par des appelés de dix-huit ans à peine... Un des plus étonnants chefs-d’œuvre de la littérature de guerre américaine. Vonnegut emprunte la liberté de mettre en scène des épisodes merveilleux (proches de la Science-fiction) qui viennent contrebalancer l’errance misérable d’un « brave soldat » yankee, que le vent imbécile des tueries modernes ratatine de froid et de peur au fond d’un abattoir de Dresde, sous une pluie de bombes...

Je ne sais trop quoi penser de cette lecture. Déception peut s'approcher d'un bon terme en ce qui a trait à mon état d'esprit. En effet, "Abattoir 5" est vu par plusieurs comme un chef-d'oeuvre absolu de la littérature de science-fiction, mais aussi, de la littérature de la seconde guerre mondiale. Probablement que la force de ce bouquin est d'avoir rallié les amateurs d'histoire et de l'imaginaire, et plus particulièrement de la science-fiction. Pour ma part, je ne crois pas que ce livre soit si exceptionnel. Voici pourquoi.

Le défaut que j'ai à lui reprocher est sa brièveté. Pour toutes ses idées, le roman aurait dû être beaucoup plus long. Il n'a que 210 pages et on est constamment perdu au cours de notre lecture. Au moins une relecture s'imposerait (en tout cas pour moi). Il y a plusieurs endroits (et temps) visités par le personnage principal et chacun d'eux n'est pas assez approfondi. Vonnegut écrit bien, le style passe le test sans problème, mais il n'a pas la capacité de faire court comme un Philip K. Dick, par exemple. Il essaie d'aller à l'essentiel mais n'y parvient pas et je croyais lire un résumé du roman, par moment.

Par contre, pour terminer, il y a quelques passages réussis, comme par exemple les dernières pages. La phrase "C'est la vie" revient tout au long de notre lecture, et cet exercice de style, en particulier, est réussi. Il y a une profondeur qui se dégage quelque peu de l'oeuvre dans son ensemble mais je crois qu'il aurait mérité plusieurs centaines de pages de plus, pour bien pénétrer dans l'histoire et comprendre où l'auteur voulait réellement nous amener. Selon moi, c'est cela qui manque dans ce bouquin.

1 commentaire:

  1. Je prévois de le lire prochainement. Je n'ai pas beaucoup lu dessus donc je n'ai pas vraiment d'attentes. Rdv dans quelques semaines !

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