"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mercredi 15 juin 2011

Le Bourg de Stépantchikovo et sa population, Dostoïevski



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Par une lettre, le narrateur est invité à rejoindre son oncle de toute urgence dans le village de Stépantchikovo, où il devra épouser une jeune gouvernante qu'il n'a pourtant jamais vue. Rendu sur les lieux, il pense se trouver dans un asile de fous : l'entière maisonnée est soumise à la tyrannie imbécile d'un tartuffe de province, animé d'une haine inexpugnable envers le monde qui a fait de lui un raté. Quasiment inconnu, ce roman porté par une belle énergie comique, celle de la farce ou du théâtre de marionnettes, fut écrit en 1859 par un auteur qui, après dix ans de bagne et de relégation, revenait dans la vie littéraire et préparait en même temps deux de ses chefs-d'œuvre, Humiliés et Offensés et Les Carnets de la maison morte.

Ce n'est certainement pas le meilleur roman de Dostoïevski. Bien qu'il y ait quelques passages forts intéressants, entre autres quand le narrateur explique l'absurdité de la situation dans laquelle il se retrouve, les nombreux dialogues viennent un peu refroidir le tout. À mi-chemin entre le théâtre absurde et le roman Dostoïevskien, "Le Bourg de Stépantchikovo et sa population" exprime une certaine réalité de la vie en usant de la parodie. Mais personnellement, je préfère cet auteur quand il nous écrit des romans plus conventionnels.

Le narrateur de l'histoire est en fait un personnage secondaire de l'histoire en tant que telle. Dostoïevski utilise souvent cette technique et le résultat est toujours satisfaisant. Le narrateur est en sourdine, dans l'ombre, mais toujours présent dans les situations importantes de l'action. Dans "Les possédés", le narrateur semblait être le plus idiot des protagonistes mais ici, c'est le contraire. Le seul avec un minimum de bon sens est le neveu du personnage principal, soit le narrateur. C'est bien rendu parce que nous jugeons les personnages comme lui les juge. Ce sont de parfaits imbéciles. Ils se font manipuler grossièrement, sans subtilité et ils n'y voient que du feu.

Selon moi, on doit être un très grand admirateur de cet écrivain pour se lancer dans cette lecture. Bien que la longueur du récit soit raisonnable (quelque 400 pages), certains pourront trouver l'histoire ennuyeuse.

Finalement, on pourrait résumer l'histoire comme celle d'une secte dirigée par un gourou sans scrupule. Mais je ne vous en dis pas plus. Bonne lecture!

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