"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mercredi 1 février 2012

La plaisanterie, Milan Kundera



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: « Oui, j'y voyais clair soudain : la plupart des gens s'adonnent au mirage d'une double croyance : ils croient à la pérennité de la mémoire (des hommes, des choses, des actes, des nations) et à la possibilité de réparer (des actes, des erreurs, des péchés, des torts). L'une est aussi fausse que l'autre. La vérité se situe juste à l'opposé : tout sera oublié et rien ne sera réparé. Le rôle de la réparation (et par la vengeance et par le pardon) sera tenu par l'oubli. Personne ne réparera les torts commis, mais tous les torts seront oubliés. »

La traduction. Parlons-en. Parce que c'est certainement le plus grand défaut de ce roman. Je ne l'ai pas lu dans la version que je vous présente mais bien dans la première version du traducteur. Kundera n'avait pas eu le temps de la revisiter et selon ses dires, son roman était très mal traduit. Le traducteur avait rajouté des métaphores, un style, bref plusieurs mots qui n'étaient pas dans la version originale. Et pendant ma lecture, j'y pensais sans cesse, ce qui a provoqué un peu de rage. Mais bon. C'est quand même lisible et l'histoire et la forme de ce récit sont tellement puissantes qu'on passe outre.

En effet, la forme m'a particulièrement plu. L'auteur alterne les narrateurs et les points de vue sur l'histoire. À chaque partie, c'est un narrateur différent et seul le personnage principal, Ludvik, revient. Par contre, on retrouve les narrateurs, le temps de quelques pages, dans la dernière partie.

Quant à l'histoire en tant que telle, et bien, elle tourne surtout autour d'une maladresse de Ludvik qui, pour faire une plaisanterie à une copine, lui écrit en vantant Trotski (ce qui est inacceptable dans le monde de Staline) et en se moquant de l'optimisme du régime communiste. Cela provoque donc de grands changements dans la vie de ce jeune homme.

J'ai perçu le titre, La plaisanterie, à deux niveaux de lecture. Premièrement, la plaisanterie en tant que telle, celle écrite par Ludvik comme je l'écrivais dans le précédent paragraphe. Mais aussi, j'y ai vu une plaisanterie plus globale, celle du communisme, du parti unique qui se prenait pour Dieu, en quelque sorte. Cette plaisanterie dont Kundera se moquera et critiquera toute sa vie.

Pour finir, je dois dire que j'ai adoré le livre. C'est le premier de ce grand écrivain et les défauts habituels des premiers écrits sont peu nombreux. Le livre est, malgré la situation de départ sans équivoque, assez subtile. Il mettait la table pour une grande oeuvre subséquente et où Milan Kundera rentrera dans l'histoire comme un des plus grands littéraires du 20e siècle. Ce n'est pas rien.

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