"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mercredi 8 février 2012

L'homme est un grand faisan sur terre, Herta Müller



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Roumanie. Depuis que le meunier Windisch veut émigrer, il voit la fin partout dans le village. Peut-être n'a-t-il pas tort. Les chants sont tristes, on voit la mort au fond des tasses, et chacun doit faire la putain pour vivre, a fortiori pour émigrer. Windisch a beau livrer des sacs de farine, et payer, le passeport promis se fait toujours attendre. Sa fille Amélie se donne au milicien et au pasteur, dans le même but. Un jour, ils partiront par l'ornière grise et lézardée que Windisch empruntait pour rentrer du moulin. Plus tard, ils reviendront, un jour d'été, en visite, revêtus des vêtements qu'on porte à l'Ouest, de chaussures qui les mettent en déséquilibre dans l'ornière de leur village, avec des objets de l'Ouest, signe de leur réussite sociale, et, « sur la joue de Windisch, une larme de verre ».

J'avais particulièrement aimé "La bascule du souffle" de cet auteur, prix Nobel de littérature, et qui use d'une plume très poétique. En fait, c'est une des plus belles plumes que j'ai lu de ma vie.

Avec "L'homme est un grand faisan sur terre", on est à peu près dans les mêmes eaux, du point de vue du style d'écriture. Bien que très court, cette novella de Müller nous transporte vers la poésie, surtout qu'elle est écrite avec de très courtes phrases, un peu à la manière de vers poétiques. C'est le parfait équilibre entre la poésie et la prose.

Même si on a peu de temps pour bien embarquer dans l'histoire, on s'attache dès les premières pages au personnage principal, Windisch, qui veut fuir son pays. Müller nous décrit ce quotidien absurde, vide, en noir et blanc. C'est l'ancien pays de Müller, la Roumanie, qui est brillamment dépeint par cette grande écrivaine.

Mais, fondamentalement, ce court récit en est un sur le désir de partir. Loin, très loin de Ceaucescu. Le bouquin aurait pu tomber à plat, mais l'auteur vient nous chercher avec sa prose originale et poétique. Les courtes phrases et le style minimaliste nous rappellent Cormac McCarthy. Quant à l'histoire en tant que telle, elle nous rappelle, par moment, l'oeuvre de Kundera qui était lui aussi très critique sur son pays natal (et communiste). Bref, que du bon, mais trop rapidement dévoré !

2 commentaires:

  1. Je n'ai pas aimé ce livre-là. Je l'ai trouvé poétiquement ennuyeux, si je peux m'exprimer ainsi. Ou alors peut-être ne suis-je pas encore assez littéraire et n'aie-je pas su comprendre !?

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  2. J'ai lu sur le net qu'il y a plusieurs personnes qui n'ont pas aimé ce livre. Mais faut dire que j'ai un gros faible pour Herta Müller, chaque ligne qu'elle écrit, j'adore!!

    Mais je crois que la littérature, ça reste subjectif dans son appréciation.

    À bientôt

    Jimmy

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