"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 13 février 2012

Onitsha, J.M.G. Le Clézio



Ma note: 8/10

Voici la présentation de l'éditeur: Fintan, Maou, Geoffroy : trois rêves, trois révoltes. Et une même soif. Fintan Allen a douze ans lorsque, le 14 mars 1948, il embarque pour l'Afrique avec sa mère, Maou. Geoffroy Allen, qui avait laissé en France sa femme et son fils, leur a enfin demandé de venir le rejoindre à Onitsha, petit port fluvial où il travaille pour la United Africa. Fintan ne connaît ni son père, ni l'Afrique. Maou, elle, rêve d'une Afrique idyllique où elle pourra vivre près de l'homme qu'elle aime, à l'abri des préjugés familiaux qui condamnaient en lui le rêveur sans le sou, et anglais de surcroît. C'est une Afrique bien différente qu'elle va découvrir, dévorante, insaisissable. Et un conformisme plus oppressant encore : celui du milieu colonial, fait de haines, de mesquineries, d'échecs inavouables. «L'Afrique brûle comme un secret, comme une fièvre. Geoffroy Allen ne peut pas détacher son regard, un seul instant, il ne peut pas rêver d'autres rêves.»

Je poursuis ma lecture des prix Nobel de littérature avec, cette fois-ci, Le Clézio, que je lis pour la première fois. Après deux romans d'un génie littéraire comme Herta Müller, je m'attendais à une petite baisse quant à la qualité de l'écriture, et c'est ce que j'ai eu. En effet, même si le style de Le Clézio est lui aussi très poétique, on peut voir, notamment avec l'emploi plus fréquent des verbes "être" et "avoir", que sa plume n'est pas aussi recherchée et maîtrisée que celle de Müller.

Mais n'empêche, ce "Onitsha" est un très beau roman que je vous conseille chaleureusement. C'est un roman sur l'Afrique, sur l'évasion, la découverte et malgré les grands espaces, Le Clézio a réussi à nous représenter l'enfermement, entre autres psychologique.

Ce n'est certainement pas pour l'histoire que ce roman m'a plu, mais bien pour le style, la façon de raconter de l'auteur. Il n'y a pas beaucoup d'action pour un roman de 300 pages, et c'est très bien ainsi. Il y a plusieurs voix (narrateur, journal intime, etc.). Et malgré une simplicité qui se dégage de l'oeuvre, au départ, on en vient par réaliser ensuite que c'est un roman très recherché, quant à la forme.

J'ai déjà prévu à moyen terme de lire l'oeuvre complète de cet écrivain. Comme ce fût le cas pour Herta Müller, Sartre, Camus, Faulkner et bien d'autres, on doit admettre que le comité du Nobel ne se trompe pas dans ses choix. Malgré plusieurs oubliés (Philip Roth, Cormac McCarthy, Milan Kundera entre autres) je crois qu'ils font un bon travail et je continuerai à lire les auteurs primés.

2 commentaires:

  1. Je compare la lecture d’un bon roman à celle de l’expérience d’un voyage agréable.
    Au début, on est fébrile, on se prépare à la découverte. Ensuite, on est dans l’action, on savoure. Puis arrive la fin, souvent bien trop rapidement.

    Tout comme un séjour agréable dans un endroit idyllique, la lecture d’un bon roman se savoure un instant à la fois.

    Je suis heureuse de constater que je ne suis pas seule à partager cette passion.

    Bonne lecture à tous.

    RépondreEffacer
  2. Un joli roman, bien écrit, mais dommage que l'histoire ne soit pas plus prenante. Et j'ai eu beaucoup de mal avec les passages plus "étroits". Mais cela reste une belle lecture.

    RépondreEffacer