"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 24 octobre 2011

La bête humaine, Zola



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s'entend vraiment qu'avec sa machine... Une femme qui semble née pour faire le malheur de tous les hommes qui l'approchent... Un juge pétri de préjugés, prêt à renier la justice au profit de l'intérêt social ou politique... Tels sont les personnages de ce drame, un des plus sombres qu'ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart. Vivante et précise comme un reportage, puissante comme une épopée, son évocation du monde des chemins de fer au moment de leur âge d'or va de pair avec la vision d'une humanité en proie à ses démons héréditaires et sociaux - l'alcoolisme, la misère -, et chez qui la jalousie et la convoitise charnelle portent le meurtre comme la nuée porte l'orage.

La préface fait beaucoup mention de Freud, de l'inconscient, des pulsions. Je me demandais si le roman allait dans ce sens, notamment parce que Zola a écrit au 19e siècle alors que Freud est surtout un psychanalyste-écrivain du 20e siècle. Et bien, je dois dire que la préface est juste. Zola traite abondamment de ces thèmes dans "La bête humaine". Le personnage principal est tourmenté par ses pulsions de meurtres. Aussi, Zola traite de l'inconscient, cette partie cachée de notre être, avec Jacques Lantier, un autre descendant des Rougon-Macquart. Schopenhauer avait déjà traité de l'inconscient avant Zola (et avant Freud aussi, mais bien sûr en tant que métaphysicien et non en romancier).

Le roman est aussi proche, selon moi, du "Crime et châtiment" de Dostoïevsky. Les deux personnages principaux ont quelques points en communs et l'histoire est, par bien des façons, proche du récit de Dostoïevsky. C'est surtout le désir de meurtre et la tourmente qui s'ensuit qui rapprochent les deux livres. Mais la question fondamentale qu'ils posent (d'après moi), c'est l'innocence ou non des meurtriers. S'agit-il d'une tare héréditaire, d'une ombre cachée dans notre être? Est-ce la société qui en est responsable? Ou est-ce le démon qui se cache en nous? Ou tout simplement, le libre arbitre de l'individu qui le pousse à agir ainsi pour une récompense quelconque? Sans donner de véritable réponse, ces deux romans proposent quelques pistes intéressantes.

Donc, ce bouquin traite de la bête humaine qui est en nous. Le tout, métaphoriquement, nous est présenté par la locomotive, les chemins de fers (outils qui sont à la base de notre développement collectif). C'est assez complet comme histoire et Zola revient avec un style d'écriture plus conventionnel pour celui-ci. Ce n'est probablement pas un chef-d'oeuvre mais c'est une lecture qui nous tourmente. C'est déjà beaucoup...

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