"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

dimanche 28 novembre 2010

Tandis que j'agonise, William Faulkner



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Histoire d'un voyage funéraire : accompagné de ses enfants, Anse Bundren fait un voyage de plusieurs jours pour enterrer sa femme. Chemin faisant, le corps se décompose et les désastres s'accumulent. Ce roman a permis à Jean-Louis Barrault de faire son entrée dans la vie théâtrale de Paris en 1935.

Quand on demande aux écrivains et spécialistes littéraires américains le nom du plus grand écrivain de l'histoire des États-Unis, un nom revient continuellement. Celui de William Faulkner. Avec raison.

C'est seulement la deuxième fois que je lisais Faulkner. En plus c'était il y a longtemps. J'avais hâte de redécouvrir ce grand écrivain. Surtout après mes nombreuses lectures de ces dernières années. Je voulais comparer. Et bien, je dois dire qu'il m'a épaté! Même si selon moi sa plume n'est pas aussi "spéciale" et extraordinaire que Cormac McCarthy (son héritier US), dès la première page, on voit le grand talent de Faulkner. Il n'y a pas un mot de trop, ça se lit bien et nous rentrons dans l'histoire d'un coup! C'est magnifique!

Pour ce roman en particulier, Faulkner fait parler une quinzaine de personnages à travers seulement 250 pages. Chaque personnage a son propre style, son propre caractère aussi. C'est une réussite. Faulkner nous invite à lire une prose au sommet de son art accompagnée d'un réalisme intransigeant. On est dans le sud américain des années 30. La pauvreté est très présente. La vie difficile. Dieu aussi est présent.

Finalement, en terminant la lecture je me demande si ça vaut la peine de lire un roman d'un auteur sans lire le reste de son oeuvre. Pour Faulkner c'est encore plus questionnable. On sent que ce roman fait partie d'une fresque. On sent qu'il nous manque quelque chose. On sent que Faulkner veut passer un message...

vendredi 26 novembre 2010

La carte et le territoire, Michel Houellebecq



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait peut-être par vous parler d'une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passe seul de nombreux réveillons de Noël. Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l'écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l'exercice de leur profession. Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police. Sur la fin de sa vie il accèdera à une certaine sérénité, et n'émettra plus que des murmures. L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Après "Les particules élémentaires", ma première lecture de Houellebecq, je viens maintenant de lire celui qui lui a donné le goncourt, "La carte et le territoire". Bien que très différent, celui-ci est tout aussi bon. Il dérangera moins le lecteur, c'est certain, mais la plume de Houellebecq est encore une fois parfaite. Il a le sens du roman cet écrivain. Ça se lit bien, vite et il nous transporte cette fois-ci sur 425 pages.

Je ne parle pas souvent du contenu d'un roman dans mes critiques. Je laisse le lecteur découvrir ce même contenu par lui-même et la quatrième de couverture en dit bien assez la plupart du temps. Mais ici j'effleurerai le sujet en disant que le roman se déroule dans le milieu de l'art et que ce point m'a particulièrement enchanté. Je m'y connais très peu sur ce sujet, ce qui m'a permis d'en apprendre un peu plus. Je me suis aussi aperçu que les accusations de plagiat sur wikipedia étaient ridicules. Wikipedia est bel et bien cité dans le roman et de plus, s'il y a un site où le plagiat est courant c'est wikipedia lui-même.

Finalement, Houellebecq est maintenant mon écrivain français préféré (de notre époque s'entend) même après avoir lu seulement deux livres de cet auteur. Il a dépassé, de mon point de vue, Maurice G. Dantec parce que ce dernier ne cesse de nous ressasser les mêmes thèmes et est souvent incompréhensible pour le lecteur. Dommage que Dantec n'a pas su se renouveler après ses premiers écrits. Contrairement à Houellebecq qui le prouve avec ce très bon roman!

samedi 20 novembre 2010

Le double, Dostoievski



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Le héros de notre récit entra tout hagard dans son logement ; sans quitter ni manteau ni chapeau, il traversa le couloir et, comme frappé de la foudre, s'arrêta sur le seuil de sa chambre. L'inconnu était assis devant lui, en manteau et chapeau lui aussi, sur son propre lit, souriant légèrement, et, clignant un peu des yeux, il le saluait amicalement de la tête. M. Goliadkine voulut crier mais ne put et il se laissa tomber sur une chaise presque évanoui d'épouvante. Et à vrai dire, il y avait de quoi. M. Goliadkine avait tout à fait reconnu son nocturne compagnon qui n'était autre que lui-même, M. Goliadkine, mais tout à fait identique à lui-même ; en un mot ce qui s'appelle son double sous tous les rapports...

Les grandes oeuvres prennent du temps à mûrir. "Le double" de Dostoievski, son deuxième roman, a été mal reçu par la critique. Mais avec le temps, ce roman a été réhabilité et est considéré maintenant au même titre que les autres livres de cet auteur. Et pour cause!

On est en présence d'une véritable leçon d'écriture. Tout est bon, ou presque! On rit beaucoup. La plume de Dostoievski est encore une fois extraordinaire. La psychologie des personnages est riche. On la sent à chaque page cette psychologie. L'idée de départ est géniale, tout comme sa fin d'ailleurs. C'est un roman court pour Dostoievski, mais combien enrichissant.

Les jeunes auteurs devraient s'inspirer de ce roman pour apprendre l'écriture. Même si lui-même, Fiodor Dostoievski, n'aimait pas son roman(il l'a même réécrit sans succès par la suite) je considère qu'avec le temps, ce roman a atteint un degré de maturité tel qu'on peut le considérer comme un véritable chef-d'oeuvre, ou, à tout le moins, comme un grand roman qu'on se doit de lire!

En terminant, vous devez savoir que Dostoievski est maintenant mon écrivain préféré, toute époque considérée. D'une analyse globale, il est le plus grand sans aucun doute. Ses histoires(et intrigues) sont toujours bonnes. Sa plume est une merveille. Ses personnages, toujours profonds. Ses descriptions minutieuses et intéressantes. En plus, Dostoievski est le maître pour sonder l'âme humaine.

J'ai donc essayé d'être le plus objectif possible pour la critique. Mais qui est vraiment objectif...(?)

mercredi 17 novembre 2010

Le périple de Baldassare, Amin Maalouf



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d'Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d'un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence. Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l'amour, à l'heure où il ne l'attendait plus.

Je ne serai pas un bon juge pour ce roman. De mes souvenirs, Maalouf est le premier écrivain d'origine arabe que je lis.(On est tellement influencé par l'Occident!) Que l'on veule ou non, la critique d'un roman repose beaucoup sur le jeu des comparaisons et je ne pense pas être en mesure de le critiquer à sa juste valeur. Donc, par respect pour ce grand auteur, reconnu par tous, je serai très court dans ma critique.

Alors qu'en est-il de ce roman? Et bien, le style d'écriture m'a plu et j'ai trouvé cette lecture plus légère que je m'y attendais. Maalouf a déjà gagné le goncourt et je m'attendais donc à une lecture ardue. Pas du tout. Ça se lit bien. D'un autre côté, on est pas non plus en présence d'une plume exceptionnelle comme celle de Cormac McCarthy, par exemple. En fait, la plume de Maalouf est bien, mais sans plus.

Roman écrit à la première personne, Le périple de Baldassare a comme toile de fond la fin du monde, parce qu'on est en 1666, et donc, ces trois derniers chiffres constituent le nombre de la bête dans l'Apocalyspe, entre autres. Cet élément est intéressant parce que très d'actualité. À notre époque, la fin du monde est annoncée pour décembre 2012 et on peut vivre pleinement le questionnement de Baldassare.(Si vous lisez ceci après cette date, et bien, on a survécu!)

Finalement, on a droit à une lecture agréable sans être extraordinaire. Bien que cet auteur ait un certain talent, il ne m'a pas enchanté comme bien d'autres ont su le faire. Mais faut dire qu'il y a pire aussi! À vous de juger...

vendredi 12 novembre 2010

La méthode Schopenhauer, Irvin Yalom




Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Quand Julius Hertzfeld, un célèbre psychiatre de San Francisco, apprend qu'il n'a plus que quelques mois à vivre, que fait-il ? Il contacte l'un de ses anciens patients, l'arrogant Philip Slate, accro au sexe, rigide, asocial et manipulateur, le plus grand échec de sa carrière, devenu depuis psychothérapeute. Au centre de cette relation : Schopenhauer...

Pour commencer, parlons de ma note, le 8,5/10. J'ai essayé d'être le plus honnête possible avec celle-ci parce qu'en étant subjectif je lui mettais un 9,5/10 et en étant objectif, le roman méritait un 7,5/10. Donc un 8,5 est le juste milieu et le mieux que je puisse faire. Parce que vous devez savoir que personnellement j'ai adoré ce bouquin pour la simple raison que Schopenhauer est mon philosophe préféré.

L'auteur est psychiatre et prof à Stanford et ça paraît. Il nous invite avec ce roman dans l'univers des thérapies de groupe, ce qui est assez paradoxal parce que Schopenhauer est très solitaire. Cet élément rajoute donc de la profondeur au récit parce qu'il oppose, en quelque sorte, la pensée très solitaire d'un écrivain et la relation avec les autres. Tout ça dans le but de préparer Julius à affronter la mort qui l'attend. Mais plus on avance dans la lecture, on s'aperçoit que ce n'est pas nécessairement Julius qui en sortira changé...

Aussi, plus le roman avance, plus le parti pris anti-Schopenhauer de l'auteur devient évident. Même s'il rend un vibrant hommage à Schopenhauer, M. Yalom glisse vers une critique du philosophe. Le tout se fait subtilement, mais en lisant entre les lignes on perçoit que l'écrivain n'épouse pas toute la philosophie d'Arthur Schopenhauer. Ainsi, à chaque deux chapitres ou à peu près, il y a la biographie du grand philosophe qui nous est racontée par Yalom et il n'est pas vraiment tendre envers lui. Mais tout est fait avec classe, ce qui prouve la grande honnêteté intellectuelle de l'auteur et il répare même l'histoire de la psychanalyse en plaçant Schopenhauer sur un pied d'égalité avec Freud et même plus haut. Ce qui n'est pas rien de la part d'un psychiatre.

Pour le style d'écriture, et bien on est quand même pas en présence d'un grand styliste. En plus, les personnages sont froids, ce qui rebute le lecteur par moment. La force du roman est dans le contenu et non le contenant, si je peux m'exprimer ainsi. C'est pour ça qu'objectivement, le roman méritait un 7,5/10.

Pour terminer, étant un lecteur assidu de Schopenhauer, je ne peux pas dire que j'en ai appris beaucoup avec ce roman. (À part l'aspect biographique de la vie du philosophe). Par contre, l'histoire est très bonne et l'intégration de la pensée de Schopenhauer dans un roman est réussie. Ainsi, en terminant le bouquin, on peut dire : mission accomplie!

lundi 8 novembre 2010

Les particules élémentaires, Michel Houellebecq



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Michel, chercheur en biologie rigoureusement déterministe, incapable d’aimer, gère le déclin de sa sexualité en se consacrant au travail, à son Monoprix et aux tranquilisants. Une année sabbatique donne à ses découvertes un tour qui bouleversera la face du monde. Bruno, de son côté, s’acharne en une quête désespérée du plaisir sexuel. Un séjour au "Lieu du Changement", camping post-soixante-huitard tendance new age, changera-t-il sa vie ? Un soir, une inconnue à la bouche hardie lui fait entrevoir la possibilité pratique du bonheur.
Par leur parcours familial et sentimental chaotique, les deux demi-frères illustrent de manière exemplaire la société d’aujourd’hui et la quête complexe de l’Amour vrai.

C'est étrange de faire une critique d'un roman de Houellebecq aujourd'hui. Il a gagné, aujourd'hui même, le précieux prix Goncourt avec son roman La carte et le territoire. Hasard que je termine le même jour un Houellebecq? J'ose espérer. Mais peut-être pas en fin de compte, je vous laisse deviner...

C'est la première fois que je lisais Houellebecq. En retard certes, mais le personnage "Houellebecq" ne m'inspirait pas confiance. Je me permets de l'appeler le personnage, parce qu'en fait ce n'est même pas son vrai nom et en plus, il a des propos controversés sur une foule de sujets, dont l'Islâm. Et Houellebecq est l'auteur qui vend le plus en France à notre époque. Mais comme j'habite le Québec, je ne m'étais pas laisser emporter par la vague.

Donc, trêve d'anecdotes, et qu'en est-il de ce roman acclamé par la critique de l'époque? Et bien j'ai été surpris. Je commençais le roman avec un scepticisme sans borne mais je dois dire que j'ai été conquis par le talent de Houellebecq. Sa plume nous transporte. C'est un page-turner mais avec une histoire riche et quand même pas dénuée d'intellectualisme. Les sujets sont intéressants. C'est enrichissant. On en apprend, on rit aussi, parce que c'est parfois très drôle. Il n'y a pas à dire, Houellebecq a un grand talent d'écrivain. Les grands vendeurs n'ont pas souvent un réel talent d'auteur mais, comme Stephen King, Houellebecq est une exception. Il sait écrire et le mot est faible. Je suis même surpris qu'il vende autant avec ce genre de roman.

Une force du roman est que l'auteur s'en est tenu au strict minimum. Il aurait pu répéter son propos et son histoire pendant 600 pages mais il s'en est tenu à 300 pages. C'est un point important parce qu'on ne s'ennuie pas du tout. Il n'y a aucune page de trop. Il n'a pas tombé dans le piège.

Sur la forme et même sur le fond, tout compte fait, Houellebecq m'a rappelé Philip Roth. En effet, c'est une biographie romancée et de fiction que nous offre l'auteur un peu comme Philip Roth nous a habitué. Par contre Houellebecq utilise deux personnages principaux, deux frères. Mais comme Roth, il nous parle d'hommes tourmentés. Personnellement, j'aime mieux le talent de Roth. Mais ça, c'est très personnel.

Au final, voici un roman qu'il faut lire. Il rend compte avec justesse de notre époque. En fait, on passe un agréable moment de lecture et moi, j'ai ri beaucoup, presqu'à chaque page. Jaune par moment.

vendredi 5 novembre 2010

Nana, Émile Zola



Ma note: 5,5/10

Voici la quatrième de couverture: Zola brûlait d'écrire Nana. "Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes "filles de joie". En fait de joie, l'actrice, Nana, dévore les hommes, croque les héritages et plonge les familles dans le désespoir. Belle et prodigue, elle mène une danse diabolique dans le Paris du Second Empire, le Paris des lettres, de la finance et du plaisir. En se détruisant elle-même, elle donne le coup de grâce à une société condamnée, détestée par Zola. Neuvième volume de la série des Rougon-Macquart.

Je ne serai pas un bon juge pour le "Nana" d'Émile Zola. Je n'aime pas ce genre d'histoire et quand l'action de ce genre en particulier se déroule au 19e siècle, encore moins. Je l'ai lu pour une seule raison, c'est que je veux tout lire la série de 20 volumes des Rougon-Macquart. Point final. Je m'attendais au pire pour "Nana" et c'est ce que j'ai eu, croyez-moi.

Il n'y a pratiquement pas d'intrigue dans ce livre. On a droit à un enchaînement de scène qui m'ont ennuyé au plus haut point. Je lui ai donné une note de 5,5/10 parce que je considère que je ne suis pas dans le public cible de ce bouquin et en plus, j'aime beaucoup les Rougon-Macquart de Zola. À part quelques livres comme "Son excellence Eugène Rougon" qui est très mauvais et celui-ci, Nana, qui m'a laissé de glace. Aussi, je dois dire que Zola a une plume très jolie.

Par contre, il pourrait plaire aux amateurs de l'époque et plus particulièrement, ceux et celles qui sont intéressés à en apprendre plus sur les cabarets de l'époque, les spectacles et le glamour qui régnaient et que Zola veut dénoncer avec ce roman. En fait, Zola a toujours quelque chose à dénoncer avec ses romans.

Finalement, ce "Nana" a été un passage obligé pour moi et très difficile. J'ai lu les 8 premiers Rougon-Macquart qui m'avaient particulièrement enchantés. Espérons que d'ici la fin(Le docteur Pascal étant le 20e et dernier) Zola m'épargnera et continuera à me faire passer un agréable moment de lecture.