"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

dimanche 27 juin 2010

Moins que zéro, Bret Easton Ellis



Ma note: 6/10

Voici le résumé: L'histoire, un puzzle dont on ne cesse de replacer les morceaux, est celle de personnages interchangeables, jeunes gens dorés sur tranche, désoeuvrés et la tête enfarinée. L'un s'ennuie à mourir dans son loft de deux cents mètres carrés, l'autre cherche désespérément un endroit ou passer la soirée et tout ce joli monde de dix-huit ans à peine se téléphone et se retrouve dans les lieux les plus chics de Los Angeles. Pour méditer, bien entendu, sur les dernières fringues à la mode ou le meilleur plan dope de la ville. Et les parents dans tout ça ? Ils sont trop occupés et stressés par leurs boulots, leurs maîtresses ou leurs psychiatres pour voir ce que devient leur charmante progéniture. Au bout du compte, on a l'impression d'un immense vide, d'une vie qui n'a plus aucun sens. Et là où l'on était d'abord agacé, on finit par être ému, puis révolté. Car, c'est toute la force d'Ellis de nous faire comprendre que ce monde roule un peu trop souvent sur la jante.

C'était ma deuxième lecture de ce classique des lettres américaines. Écrit à l'âge de seulement 20 ans, et ça paraît, ce roman a causé une petite révolution dans la littérature non seulement américaine mais aussi mondiale. Bret Easton Ellis a, sans contredit, fondé un nouveau courant littéraire qui est le sien. Après avoir écrit Moins que zéro, son premier roman, lors d'un cours de création littéraire, il a écrit Les lois de l'attraction et American psycho, entre autres. Donc, sur ce point on ne peut que le féliciter. Ce n'est pas rien d'accomplir cela à un si jeune âge.

Par contre pour le roman Moins que zéro en tant que tel, il y a d'énormes bémols à apporter. En effet, l'histoire ne décolle vraiment jamais, l'ennui à la lecture de ce roman est au rendez-vous. Une chance qu'il n'est pas long à lire(une ou deux journées maximum) et on se demande sans cesse si on se rendra jusqu'au bout. L'auteur ne cesse de décrire des scènes sans grands intérêts et sans intrigues. Mais c'est aussi une force du bouquin parce qu'il nous fait vivre la vie vide de sens de Los Angeles et le vide intérieur des enfants de familles riches.

En terminant, un petit mot sur l'écriture, sur le style. On a droit à un style minimaliste, un peu comme Cormac McCarthy, le génie et le talent en moins. L'écriture est donc dépouillée et les situations s'enchaînent très rapidement. Les descriptions sont rares et souvent, quand il y en a, c'est pour décrire l'ambiance de la scène, notamment avec la musique.

vendredi 25 juin 2010

Les frères Karamazov, Dostoïevski



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Il y a le père, Fiodor Pavlovich, riche, malhonnête et débauché, et ses trois fils légitimes : Mitia, impulsif, orgueilleux, sauvage ; Yvan, intellectuel, raffiné, intransigeant ; Aliocha, sincère, pieux, naïf et puis il y a le fils illégitime, Smerdiakov, libertin cynique vivant en serviteur chez son père. L'un d'eux sera parricide. Roman complet et flamboyant, les frères Karamazov rassemble une intrigue policière, plusieurs histoires d'amour, des exposés théologiques et métaphysiques éblouissants et des personnages inoubliables déchirés ...par leurs conflits intérieurs. Sans doute le chef-d'oeuvre de Dostoïevski.

Je ne suis pas prêt à dire que ce roman, Les Frères Karamazov est le chef-d'oeuvre de Dostoïevski. J'ai beaucoup plus apprécié Les possédés. Même s'il a des qualités incroyables, les Frères Karamazov souffre, selon moi, d'un manque d'intrigue très grand. Trop grand. Certes il y a le meurtre du père, mais il arrive vers la fin du récit et on doit se taper 600 pages avant. En plus, la présence de Dieu et du Christ est un des seuls éléments traité tout au long du récit même s'il fait 1000 pages. D'autres enjeux spirituels ou philosophiques auraient été les bienvenus.

N'empêche, ce roman demeure quand même une grande oeuvre. Il est considéré par Einstein, Freud et le pape Benoit XVI comme le chef-d'oeuvre absolu de la littérature mondiale.

Dostoïevski a écrit ce livre majeur à la fin de sa vie et son talent pour l'écriture émerge avec une grandeur ultime. Pour le style en tant que tel, il est parfait. Tout simplement parfait. On a droit à un maître de l'écriture. Il est, avec Tolstoï, considéré par plusieurs comme le plus grand romancier de l'histoire, non seulement russe mais mondiale, entre autres par George Steiner qui a consacré un livre à ce sujet. Donc, si vous lisez Dostoïevski, ce que je vous conseille, vous lirez un grand, un très grand!

lundi 21 juin 2010

Les vents mauvais, Michael Marshall



Ma note: 5,5/10

Voici la quatrième de couverture: Il y a trois ans, l’avocat John Henderson a vu son petit garçon tomber dans le lac qui bordait sa maison de l’État de Washington. Il ne s’est pas noyé, ni heurté la tête, il n’a pas succombé à une terrible maladie. Scott Henderson est mort, tout simplement, sans explication. Aujourd’hui divorcé et sans attache, John travaille comme serveur dans un modeste restaurant de l’Oregon. Une nuit, un inconnu lui adresse un e-mail qui le déstabilise : « Je sais ce qui est arrivé. » Cela suffit à l’attirer à Black Ridge – le seul endroit sur terre où il comptait ne plus jamais mettre les pieds – afin de trouver des réponses au mystère qui a anéanti son monde.

Quel roman décevant de M.Marshall. J'ai toujours aimé cet écrivain de science-fiction et/ou de thrillers-angoissants. Adulé par nul autre que Stephen King, il a toujours de bonnes histoires à raconter et il a une plume merveilleuse, à tout le moins pour ces deux genres.

Par contre, avec Les vents mauvais, Michael Marshall nous offre un thriller surnaturel raconté d'une façon malhabile, inintéressante et désordonné dans sa construction. En plus, on est en droit de s'attendre à des explications, en général tout au long du récit et en particulier à la fin, mais elles ne viennent pas. On peut dire que le projet est raté!

Tout n'est pas mauvais par contre. Mais, même si le roman est quand même écrit avec une bonne plume, évidemment celle de Marshall, même s'il est quand même un peu angoissant, la sauce ne prend pas. En fait, les ingrédients sont bien là, mais une fois rassemblés, la recette ne prend pas. On espère seulement que son prochain roman sera mieux.

lundi 14 juin 2010

Forteresse digitale, Dan Brown



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: A la National Security Agency, l'incroyable se produit.TRANSLTR, le puissant ordinateur de décryptage, ne parvient pas à déchiffrer un nouveau code. Appelée à la rescousse, Susan Fletcher, la belle et brillante cryptanalyste, comprend qu'une terrible menace pèse sur tous les échelons du pouvoir. La NSA est prise en otage par l'inventeur d'un cryptage inviolable qui, s'il était mis sur le marché, pulvériserait tout le système de renseignement américain ! Emportée dans un tourbillon de secrets et de faux-semblants, Susan se bat pour protéger son pays et sortir l'agence de ce piège.
Bientôt trahie par tous, c'est sa propre vie qu'elle devra défendre ainsi que celle de l'homme qu'elle aime.

Forteresse digitale est le tout premier roman de Dan Brown, le fameux auteur du Da vinci code, même s'il a paru en français en quatrième lieu. Comme tout, ou à peu près, premier roman d'un écrivain, ce roman-ci contient d'énormes défauts. Pour commencer, l'histoire et l'intrigue de base est très, mais très moyenne si on compare à ce que Brown nous a habitué depuis. L'histoire est mince, sans saveur et ennuyante. En plus, on voit que Brown n'est pas un grand spécialiste d'informatique même s'il a fait de ce sujet la trame principale. Grande erreur de sa part. Aussi, comme à l'habitude, avec cet auteur, on est dans une course folle pour découvrire un code secret. C'est répétitif de sa part(même si pour celui-ci il n'y peut rien étant donné que c'est son premier) et ce roman est le moins réussi sur ce plan. Donc, une histoire moins intéressante que ses autres romans et des codes moins bien ficelés.

On voit qu'on est dans le début de la fabrication d'une recette d'un écrivain de best-sellers. Dan Brown gardera donc la même recette que dans ce roman pour ses suivants, mais la peaufinera ce qui en résulte que ce premier Brown est de loin le moins bien réussi. On est en présence d'une recette qui ne lève pas.

Finalement, bien que Forteresse digitale soit enlevant et qu'il n'y ait aucun temps mort, le roman dans son ensemble est une très grande déception. Je vous conseille davantage un autre Dan Brown, n'importe lequel, étant donné que celui-ci était le seul que je n'avais pas lu et qu'après lecture il est juste....moyen. Le seul mot qui me vient à l'esprit pour décrire l'ensemble est Bof!! Oui oui.....un gros Bof!!!

mercredi 9 juin 2010

Rose Madder, Stephen King



Ma note: 6,5/10

Voici le résumé: Quatorze ans de mariage, quatorze ans de mauvais traitements : toute la vie de Rosie. Un enfer ! Doublé d'une obsession : fuir son tortionnaire de mari, flic jaloux, bourreau sadique, prêt à la massacrer à la première occasion.
900 kilomètres suffiront-ils à la préserver de Norman ? Qui donc pourrait lui venir en aide ? Personne en ce monde. Mais il existe un autre monde. Celui de Rose Madder. Cette femme n'est peut-être qu'un personnage de tableau, une hallucination. Elle possède pourtant un pouvoir étrange. Un pouvoir dont Rosie pourrait profiter. A moins qu'en traversant la toile, elle ne déchaîne l'apocalypse.
Après Jessie et Christine, le plus génial explorateur des zones obscures de notre inconscient se glisse une fois encore dans la peau d'une femme à l'âme fêlée, habitée par la peur. Cette peur qui conduit aux actes les plus fous, aux passions les plus noires.

Je suis un grand fan de Stephen King même si je suis déçu assez fréquemment de ses ouvrages. Il tend à se répéter plus il publie même si on reconnaît qu'il a un réel talent d'auteur. Kellerman dit même de lui qu'il sera un des seuls écrivains de leur génération qui sera encore lu dans 300 ans. Je suis plutôt d'accord avec lui.

Pour le présent roman, Rose Madder, la déception a été dans mon cas encore plus grande. Même si je l'avais déjà lu il y a plus de 10 ans, je n'en avait pas un grand souvenir. Je me rappelais seulement que j'avais été froid à la fin de ma lecture. C'est exactement ça que j'ai ressentie de nouveau mais avec une pointe de déception plus grande.

Il est beaucoup mais beaucoup trop long. Les descriptions traînes en longueur, il ne se passe presque rien. Tout ce qu'on a c'est une poursuite du chat et de la souris entre une femme et son mari violent. C'est très psychologique, mais selon moi, au mauvais sens du terme. L'action est trop lente et quand il y en a , elle tombe à plat et devient inintéressante assez rapidement.

Pourquoi donc une note de 6,5? Et bien on est quand même en présence de Stephen King. Sa plume nous envoûte encore une fois même si je considère que Rose Madder fait partie de ses romans les plus faibles. Bref, lisez un autre Stephen King, pourquoi pas Dolores Claiborne dans le même genre?

samedi 5 juin 2010

La reine des damnés, Anne Rice



Ma note: 6,5/10

Voici le résumé: Et quand Lestat, vampire impie, libertin et suicidaire, s'improvise chanteur de rock pour hurler à la face de l'humanité sa condition de mort-vivant, les mortels lui font un triomphe, sans imaginer une seconde qu'il ne leur dit que la vérité.Mais, en révélant au grand jour leurs secrets les mieux gardés, Lestat est désormais considéré comme un traître. D'autant que soudain, et dans le monde entier, une force mystérieuse semble s'acharner à détruire les siens.Avec sa musique à réveiller les morts", Lestat n'aurait-il pas, non seulement arraché à son sommeil millénaire la Mère, la Reine des Damnés, leur ancêtre à tous, mais aussi convoqué pour un ultime affrontement d'autres créatures plus anciennes encore ?Quel drame s'est alors joué, dont on trouve encore la trace quatre mille ans avant notre ère dans de vieilles peintures murale aussi bien en Palestine qu'au fond des grottes du Pérou ? Serait-il possible que la survie de l'humanité soit entre les mains d'une poignée de vampires ?


Encore une fois, Anne Rice nous livre un roman très intéressant sur le thème du vampire. Par contre, encore une fois aussi, voici un roman avec une bonne histoire mais écrit dans un style lourd et déplaisant par moment, surtout sur une longue période de lecture. Ainsi, plus on avance dans le roman, plus l'écriture est répétitive et de moins en moins intéressante. En fait, le principal défaut de ce bouquin est qu'il est trop long, comme c'est souvent le cas avec Mme Rice.

Troisième volet de la série des chroniques de vampire, La reine des damnés a été réédité par l'éditeur Plon, probablement pour profiter du succès et de la nouvelle vague des romans vampiriques, avec une couverture semblable( Stephenie Meyer, Charlaine Harris, etc...). Bonne idée, sauf qu'on ce demande où est passé Entretien avec un vampire, n'étant pas réédité et épuisé, quand on voit que Lestat le vampire et le présent roman l'ont été????

Finalement, La reine des damnés s'en tire bien d'un point de vue global. Il nous fait découvrir de nouveaux éléments dans la série des chroniques des vampires. Lecture parfois agréable, parfois grisante, mais surtout, pour tout amateur de vampire, lecture essentielle. Cependant, vous feriez mieux de commencer par Entretien avec un vampire et continuer avec Lestat le vampire avant de vous attaquez à celui-ci. Et puis même, je vous conseille beaucoup plus le Dracula de Bram Stoker si nous ne l'avez pas lu. Ne serait-ce que pour les temps de verbes et l'écriture beaucoup plus plaisante que celle de ces chroniques de vampires d'Anne Rice.