"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 28 mai 2010

L'ami Odd Thomas, Dean Koontz



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Odd Thomas, dans sa petite ville de Pico Mundo, vit à la lisière de deux mondes, où chaque jour exige son lot d'exploits héroïques et de drames. Odd n'a jamais demandé à pouvoir communiquer avec les morts. Cela lui est tombé dessus. Mais sa qualité d'ambassadeur bienveillant entre le monde des vivants et l'au-delà lui impose de faire le bien. c'est ainsi qu’Odd considère sa charge, et c'est la raison pour laquelle il gagne la confiance des habitants de part et d'autre de la frontière entre la vie et la mort.
Un ami d'enfance d'Odd a été kidnappé. Tout le monde craint le pire. Mais Odd, alors qu'il emploie ses dons à retrouver son ami disparu, va faire une découverte bien plus sinistre qu'un cadavre. Il va être confronté à un ennemi redoutable qui va l'entraîner dans la spirale infernale de la terreur.

Alors, qu'en est-il de cette suite de la série Odd Thomas de l'excellent Dean Koontz. Tout d'abord, ce deuxième volet m'a fait prendre conscience que j'apprécie de plus en plus cette série de bouquin. Le personnage central, Odd Thomas, prend de la force et devient de plus en plus étoffé pour notre plus grand bonheur. Bien que j'avais aimé le premier volet, il m'avait laissé un petit goût amer après ma lecture, mais celui-ci vient de le faire disparaître tout en augmentant la valeur du premier. Donc mission réussie pour M. Koontz.

L'action ne manque pas dans cette suite. On parle vraiment d'un roman très enlevant et il y a toujours la bonne vieille recette de Koontz. On est encore une fois hypnotisé tout au long de notre lecture même si c'est un roman passablement court (350 p.).

Par contre, le plus grand défaut de ce livre, et ce qui explique ma note modérée de 7/10, est qu'on a droit à une petite histoire avec un petit h , et non pas a une histoire à grand déploiement comme les auteurs de thrillers-horreurs-fantastiques nous ont habitué. En effet, tout le roman tourne autour d'une péripétie de Odd Thomas, à un détail(même s'il est majeur) de sa vie et non à une intrigue grandiose. Donc, Koontz veut écrire plusieurs suites sans aucun doute.

Finalement, je conseille ce roman à tous ceux qui ont lu L'étrange Odd Thomas et qui sont de grands fans de Dean Koontz. Vous serez comblés. Pour les autres, passez votre tour!!!

mercredi 26 mai 2010

Le visage de la peur, Dean Koontz



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Une vague de terreur allait déferler sur New York...Qui est le Boucher, et comment parvient-il à convaincre toutes ces femmes si différentes de le faire entrer chez elles en pleine nuit ?
Un tueur qui ne paraît ni fou ni enragé lorsqu'il s'en prend à ses victimes. Qui semble agir... méthodiquement. Mais dans quel but ?

Ce roman de Koontz était à l'origine écrit sous le pseudonyme de Brian Coffey et a paru en 1977. Réédité dans les années 80 sous son vrai nom, Dean Koontz, nous offre un roman très court. En effet, il ne fait que 250 pages en format poche. Étonnement, la plume de Koontz est toujours très très efficace même dans les romans aussi jeunes dans la carrière de l'écrivain, comme celui-ci, Le visage de la peur.

En plus, on a droit à un très bon suspense. L'intrigue est bien ficelée même si ce n'est vraiment pas le meilleur roman de cet auteur. L'histoire est quand même assez simple et tout au long du roman, Koontz ne décrit que l'essentiel, ce qui en fait un livre facile et rapide à lire. Les personnages sont attachants et la recette de Koontz opère à merveille.

Finalement, après une deuxième lecture de ce thriller, ma première remontait quand même à 10 ans, je vous le conseille sans hésiter. L'histoire est inspirée de la philosophie de Nietzsche et du procès de Leopold et Loeb. Pour une meilleure compréhension, voici un site qui décrit bien ce tragique fait divers(celui de Leopold et Loeb) : http://jones-aucunachatrequis.blogspot.com/2010/03/leopold-loeb.html

lundi 24 mai 2010

L'engrenage, John Grisham



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Le patron de la C.I.A., Teddy Mayard n'apprécie guère les réductions du budget militaire américain. Il convoque Aaron Lake, qui anime la Commission des forces armées au Congrès et lui propose un marché. Il sera élu président des États-Unis s'il s'engage à doubler le budget militaire en quatre ans. Lake accepte et sa campagne démarre avec le soutien des patrons et des ouvriers de l'industrie d'armement dont les dons affluent de partout. Au bout de quelques semaines, le candidat de la C.I.A. caracole en tête des sondages, lorsque Mayard découvre un détail de la vie privée de son candidat qui lui avait échappé. Lake a répondu à la petite annonce d'une revue homosexuelle et, sous un faux nom, il entretient une correspondance assidue avec un jeune inconnu. En réalité, cette annonce est utilisée pour piéger des personnalités, puis les faire chanter en menaçant de révéler leur homosexualité. Les maîtres chanteurs sont repérés. Il s'agit de trois juges emprisonnés. Il faut les mettre hors d'état de nuire avant qu'ils n'aient identifié le futur président… Bâti sur une intrigue soigneusement élaborée, ce nouveau roman de John Grisham dépeint la vie carcérale des maîtres chanteurs avec la même précision que cette campagne électorale où l'argent roi fait la loi. Et les petites combines des vieux juges pour extorquer quelques milliers de dollars à des notables paraissent bien dérisoires devant la gigantesque manipulation de l'opinion américaine pour lui faire accepter une politique belliciste.

C'est presque toujours un plaisir de lire John Grisham. Même si son écriture est simple et sans surprise, il nous livre souvent des histoires intéressantes. Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Sans réinventer le roman, loin de là, cette histoire qui tourne essentiellement sous deux tableaux, soit le milieu carcérale et ses combines et la politique américaine et ses campagnes électorales, nous fait passer un agréable moment de lecture.

En plus, la finale est bien élaborée et crédible. Mais surtout, sachant que ce livre à été écrit en 2000, avant la consécration de Bush à la présidence des États-Unis, on peut dire sans se tromper que ce livre est tout à fait visionnaire des années 2000 à 2010. Grisham avait vu juste dans sa boule de cristal. Je vous laisse découvrir comment...

Finalement, ce roman de John Grisham comporte de grandes qualités(enlevant, intéressant, facile à lire, etc.) et comporte aussi les mêmes défauts qu'on retrouve habituellement avec cet auteur. En fait, on peut affirmer, à quelques nuances près, que John Grisham à les qualités de ses défauts...en première place : la simplicité. En plus, étant avocat, il connaît parfaitement les rouages du système juridique et nous en fait part. Pourquoi s'en priver?

vendredi 21 mai 2010

Méridien de sang, Cormac McCarthy



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Dans les années 1850, un gamin de quatorze ans part au Texas rejoindre une bande de chasseurs payés pour exterminer les Indiens. Au milieu du désert, la loi n'existe plus. À ce jeu de massacre, seuls survivent ceux qui parviennent à éveiller la plus profonde et la plus intime sauvagerie... Avec cet anti-western basé sur des faits réels, l'auteur nous livre l'un de ses plus grands romans : noir, lyrique et violent.

C'est ma deuxième lecture de ce classique de la littérature américaine. Elle était aussi ardue que la première. Pourquoi ardue? Essentiellement pour le manque d'intrigue et en plus, l'écriture de Cormac McCarthy est toujours très répétitive et difficile à lire. Son vocabulaire est tellement bien garnie qu'on s'y perd parfois. Mais encore une fois, notre persévérance en vaut le coup! Qu'on se le dise, McCarthy est un pur génie!

Donc voici un roman d'une grande richesse. Très bien écrit, il est le seul que McCarthy à fait paraître dans les années 80. C'est un de ses bons romans mais n'est pas du tout son meilleur selon moi. Par contre, plusieurs lecteurs de Cormac McCarthy et critiques le considèrent comme tel, comme son plus grand. Aussi, McCarthy a vécue presque toute sa vie dans la pauvreté extrême et selon moi, pour créer il n'y a pas mieux, il nous en fait la preuve encore une fois.

Finalement, je vous laisse sur une vidéo d'un cours à l'Université Yale aux États-Unis. Ce cours traite sur le présent roman et quand on sait le prix des études à Yale, vaut mieux en profiter gratuitement! Le voici et bonne écoute:
http://www.youtube.com/watch?v=FgyZ4ia25gg

lundi 17 mai 2010

La tache, Philip Roth



Ma note: 8,5/10

Voici le résumé: Portrait d'une Amérique à la fois profonde et proche. Voilà le dessein de Philip Roth. Un portrait brossé sans mise à quatre épingles et à travers la figure centrale d'un professeur d'université, Coleman Silk, juif et noir à la peau claire, âgé de soixante et onze ans, accusé à tort de racisme puis à qui l'on reproche d'entretenir une relation avec une femme de trente-quatre ans, illettrée et agent d'entretien. De quoi faire tache dans la bonne conscience américaine, dans les Berkshires, où "il reste des gens, des péquenots comme des universitaires, qui n'auront jamais le bon goût de renoncer à leurs vieilles valeurs pour se mettre au pas de la révolution sexuelle. Des pratiquants étriqués, des maniaques des convenances." L'existence de Coleman, son destin et les êtres gravitant autour de lui ont valeur d'illustration, rapportée par une présence omnisciente, jugeant ci et là les personnages. Pour ce faire, Philip Roth se crée un double, Nathan Zuckerman, qu'il n'épargne pas d'impuissance sexuelle ni d'un cancer de la prostate... Jouant sur le présent, revenant au passé pour conter la jeunesse de Coleman, multipliant les regards, en saute-mouton de narrateur, Philip Roth passe en revue l'enlisement de la guerre du Vietnam et ses horreurs, la pêche à la ligne sur les lacs glacés, les arcanes de l'art noble (jab, droite, gauche, crochet et uppercut), la bouffonnerie du hasard, les cuistreries philologiques, bibliographiques et archéologiques des universitaires, jusqu'au scandale éclaboussant la Maison Blanche, émue et excitée par Monica Lewinsky, dite "Gorge profonde", "pompant généreusement le sexe" de Bill Clinton.

Un excellent roman signé Philip Roth. Il est presque parfait. L'écriture est splendide, accrocheuse et il se lit très bien. On reste accroché avec ce Roth, il n'y a pas de doute. Même si j'avais écouté le film préalablement, ma lecture n'a pas été heurté. Le style est trop accrocheur et original. En plus, personnellement, j'adore un roman qui met en scène des intellectuels, par opposition aux ouvriers qu'on retrouve trop souvent depuis le succès de Zola ou aux rois et reines insignifiants de la littérature du 19e siècle. Non, ici on est bien ancré dans la fin du 20e siècle avec des personnages cultivés comme Philip Roth semble l'être. C'est un délice à lire et en plus, il y a différents thèmes intéressants traités en génie par Roth.

Par contre, ce roman n'est pas très facile d'approche. Sans être ardue, il demande tout de même une bonne concentration à la lecture. Même si j'avais vu le film, je devais être attentif, du moins plus que ce que je m'attendais.

Finalement, n'hésitez surtout pas à dévorer ce très grand roman de Philip Roth. On est pas loin du chef-d'oeuvre et le milieu universitaire est décrit avec ses forces et ses faiblesses. L'auteur n'épargne pas l'Amérique au passage. En fait, toutes les critiques sociales qu'on retrouve dans ce bouquin sont judicieuses. Tout est très bon. Donc allez-y!

jeudi 13 mai 2010

Garde rapprochée, James Patterson



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: La vie de Ned Kelly va-t-elle enfin prendre un tour favorable ? Alors qu'il se morfond à Palm Beach, où il est l'homme à tout faire de son oncle, il fait la rencontre de la ravissante Tess. Coup de foudre ! Ils ne se quittent plus jusqu'au jour où Ned accepte de rendre « service » à son cousin Mickey et à quelques amis d'enfance. Un petit boulot a priori tranquille et surtout lucratif : faire le guet tandis que ses comparses s'introduisent dans la demeure d'un milliardaire pour lui dérober des toiles de maîtres.
A priori seulement. Car c'est le début des ennuis. Primo, les tableaux ne sont pas là où ils auraient dû se trouver Deuzio, quand Ned part retrouver Tess, il apprend qu'elle a été assassinée ! Tertio, quand, pris de panique, il veut rejoindre Mickey et sa bande, il découvre leurs cadavres
Ned évidemment fait figure de coupable idéal. Du reste, l'agent spécial du FBI chargée des vols d'oeuvres d'art, Allie Shurtleff réussit bien vite à retrouver sa trace. Mais Ned la prend en otage pour échapper à la police. Pendant leur cavale, il parvient à la convaincre de son innocence. Reste alors à identifier le mystérieux « docteur Gachet », le commanditaire du vol des tableaux, et à comprendre pourquoi il s'obstine à vouloir retrouver une toile sans valeur Sur fond de trafic d'oeuvres d'art, James Patterson a imaginé une intrigue serrée, servie par des chapitres courts qui ne laissent aucun temps mort.

Cela fait quelques romans de James Patterson que je lis. Même si bien entendu, ce n'est pas de la grande littérature, cet écrivain m'enchante à toutes les fois. Il use d'une écriture très simple mais très efficace. C'est en fait une écriture très cinématographique. Rarement ai-je lu des romans où le film de ce qui est écrit ce fait automatiquement dans notre tête. C'est très poignant et frappant. Je ne connais pas sa technique d'écriture mais elle fonctionne. Il a un talent réel quoi qu'en dise Stephen King et d'autres critiques.

Dans les romans de Patterson, les chapitres sont très très courts. Dans celui-ci il y en a 120 pour 400 pages de lecture. C'est énormes mais c'est peut-être ça qui fait sa force. Le rythme est endiablé et on accroche, il n'y a pas à dire. Bravo!

Cependant, ce roman-ci n'est pas fait pour tous. Même s'il y a des meurtres et tout ce qu'on retrouve dans un thriller, l'action n'est pas conventionnel si je puis m'exprimer ainsi. Le point de départ est un cambriolage raté et la suite tourne autour de ce point(et du milieu de l'art) et donc, ce n'est pas une histoire à laquelle Patterson nous a habitué, notamment avec son inspecteur Alex Cross. Donc, pour une première approche de James Patterson, je vous conseille davantage un roman où l'on retrouve cet inspecteur.

Finalement, pour l'originalité du présent roman on repassera. En effet, plusieurs films ont déjà été fait sur ce sujet. En plus, on doit bien avouer que Patterson ne réinvente rien. C'est accrocheur et bien fait. Comme dans tous ses romans. Point final. Ne cherchez pas plus loin avec cet écrivain.

jeudi 6 mai 2010

L'homme qui rit, Victor Hugo



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: L'Angleterre a connu, cent quarante ans avant la France, une révolution, un parlement régicide, une république et une restauration fertile en règlements de comptes. Victor Hugo a choisi ce dernier épisode pour brosser un tableau épique de l'aristocratie anglaise à travers la destinée extraordinaire de Gwynplaine, l'Homme qui Rit. A la fois roman d'aventures, exposé historique et social, drame injouable et poème visionnaire, ce roman est le plus fou de tous les romans de Hugo. C'est aussi le plus riche de toutes les obsessions de son auteur. On a cru pouvoir, à son propos, citer Freud et le surréalisme. Le bateau pris dans la tempête, la vision du pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'Ursus, les machinations du traître Barkilphedro, la chirurgie monstrueuse d'Hardquanonne, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.

Comment faire la critique d'un roman aussi éclaté? Comment évaluer un roman d'une telle richesse lyrique? Pour répondre à ces questions on doit avoir une connaissance littéraire hors norme mais surtout une connaissance de l'oeuvre de Hugo extraordinaire. Malheureusement je n'ai pas ces deux qualificatifs.

Ce que je sais, par contre, c'est que Victor Hugo est un pur génie. Homme de lettres, peintre, homme politique, etc, Hugo est un de ces rares écrivains qu'en le lisant, on veut se mettre à l'écriture tellement que cela semble facile. Hélas, on perd notre temps!! Hugo est seul sur son île et on a pas son talent!! On doit l'avouer!!

Donc, ce roman est une énorme fresque presque incompréhensible, si on compare aux autres romans de Hugo. Certains prétendent que c'est un roman philosophique, mais personnellement, je ne crois pas qu'il y ait autant de philosophie pour le caractériser comme tel. Je crois davantage que, pour ce qui est du genre littéraire, Hugo garde le cap des Misérables et on assiste plutôt à un roman engagé et d'une critique sociale comme seul notre cher Victor sait le faire.

Finalement, je ne vous conseille pas l'homme qui rit comme première approche de la littérature de Victor Hugo. Je vous recommande plutôt Les misérables ou Les travailleurs de la mer. Ils sont beaucoup plus facile d'accès à tout points de vue. Mais la vrai question qu'on doit se poser, à la lecture de tous ses romans, est la suivante: Est-ce que Hugo est le plus grand?

Une petite anecdote en terminant: L'homme qui rit est très implanté dans notre culture populaire. En effet, plusieurs créateurs s'en sont inspirés, comme par exemple, pour créer le personnage du Joker dans la BD Batman, on y retrouve donc un homme au sourire éternel dû à une blessure à la bouche.