"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mercredi 22 mai 2013

Rome, Émile Zola



Ma note: 7/10


Voici la quatrième de couverture: Le deuxième roman de la suite des Trois Villes (Lourdes, Rome, Paris) parut en 1896. Après avoir écrit un livre où il résume son expérience très critique de la société, La Rome nouvelle, l'abbé Pierre Froment se rend à Rome pour défendre son livre qui risque d'être condamné. Il souhaite rencontrer le pape Léon XIII (cet entretien sera le sommet du livre). On assiste aux intrigues, aux rivalités du «monde noir». «Le clergé romain depuis les cardinaux jusqu'aux petits prêtres de campagne sont défiés», écrit Zola.L'intérêt de Rome réside non seulement dans l'itinéraire intellectuel et spirituel du héros, prêtre en proie au doute, mais dans la peinture psychologique et sociale des milieux du Vatican, sujet que très peu de romans ont abordé en France. Le christianisme peut-il se renouveler, proposer un remède aux malheurs de l'humanité ?

Le premier volume de cette série sur les grandes villes, "Lourdes", m'avait un peu déçu et avec ce second volume, c'est la même chose. Comme promis, on retrouve Pierre, le personnage intéressant que l'on suivait dans "Lourdes" et qui évoluait dans un roman qui me laissait froid, avec un sujet, celui des miracles de Lourdes, assez ennuyeux. Ce deuxième tome de plus de 900 pages nous arrive cette fois encore avec le thème du christianisme mais on est plus particulièrement au coeur de la religion catholique, dans le Vatican.

On en apprend un peu plus sur Pierre Froment, de nouvelles facettes de sa personnalité nous sont dévoilées. Il dit revenir de Lourdes le coeur défait de ce qu'il a vu, et sur ce point (sur plusieurs autres aussi) c'est Émile Zola lui-même qui parle. Ensuite, nous découvrons le socialisme de Pierre et il s'interroge sur son travail auprès des démunis. Par le prisme de son livre, il se demande si un filet social exercé par l'état est nécessaire (sa réponse est sans équivoque), et ici aussi, ce n'est pas vraiment Pierre qui parle mais bien Zola. Après cela, il parle de l'histoire du christianisme et du catholicisme dans une perspective socialiste. Ce cours d'histoire fort instructif découle du livre que Pierre vient présenter et défendre à Rome.

Par contre, la suite du roman (en fait la majeure partie du roman), nous présente le Vatican et ses intrigues internes. Et là, c'est beaucoup moins plaisant. Sur 800 pages, on rencontre une foule de prêtres, de cardinaux et même le pape. Le Vatican (et Rome) de l'époque de Zola est fouillé de fond en comble. Pierre, comme Zola auparavant, veut rencontrer le pape. Cela devient aussi lassant que "Lourdes". Même si le début du bouquin m'avait enchanté, j'ai eu peine à terminer ma lecture. Il est certainement beaucoup trop long, avec une suite de digressions banales sur Rome. À moins d'être un grand amateur de l'histoire de cette ville, je ne vous conseille pas ce livre, malgré la beauté de la prose de l'auteur. Vraisemblablement, la série des trois villes n'arrive pas à retrouver la puissance de la saga des Rougon-Macquart. Comme plusieurs écrivains, Zola a connu son apogée avec le milieu de son oeuvre mais la fin (cette série des villes et les quatre évangiles) avec des sujets aussi pointus et des romans répétitifs, est malheureusement à éviter. Je lui place une note respectable pour son style et sa critique sociale, mais pour le reste...    

1 commentaire:

  1. Fascinée par les rougon-macquart dans mon adolescence, je continue de citer Zola comme auteur préféré. Mais je m'aperçois que je ne connais rien du reste de son oeuvre.

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