"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

samedi 1 décembre 2012

Les voyageurs du temps, Philippe Sollers



Ma note: 7,5/10

Voici la présentation de l'éditeur, tirée du roman: «Je viens du Centre de tir. Quelques bavures pour commencer (fatigue, souffle court), et puis précision. Je ne sais plus quel poète américain a écrit ces deux vers : "Paradis calme/Au-dessus du carnage". C'est mon état d'esprit à l'entraînement. En haut, si j'arrive à penser le moins possible, ciel bleu, calme lumineux. En bas, explosion et larmes. Je me concentre sur le mot "mot". Je le vois là-bas, dans la ligne de mire. Il respire un peu, il grandit, c'est lui que je vise, que je veux toucher et trouer. MOT. Avec une lettre de plus, c'est MORT. En anglais, ça ferait WORD et WORLD. Je tire sur la mort, je tire sur le monde. Petite plaisanterie, mais qui fait du bien. Ma voisine de stand, Viva, me félicite d'avoir mis dans le mille. Je ne sais rien de ses activités, ni elle des miennes. On se sourit, ça suffit.»

Après "Le Secret" de Philippe Sollers, je me lance dans un de ses romans les plus récents, "Les voyageurs du temps". Je me demandais bien qui ils étaient ces voyageurs du temps. Et encore une fois le parallèle avec l'oeuvre de Kundera est fort, notamment parce que ce dernier avait écrit un roman semblable, "L'immortalité". Un des meilleurs romans qu'il m'ait été donné de lire, alors ces voyageurs du temps avaient beaucoup à faire pour rivaliser avec celui de Kundera.

Et comme je m'y attendais, il n'arrive pas à la qualité du premier. Contrairement à "L'immortalité", ici l'histoire du roman est réduite à sa plus simple expression. J'avais dit du "Secret" qu'il était davantage un essai sur l'histoire des idées. Avec "Les voyageurs du temps" on est en présence d'un essai sur l'art en général et la littérature en particulier. Entre autres, l'écrivain Sollers nous parle, sous forme de petits paragraphes discontinus, des écrivains qui l'ont marqués et de quelques anecdotes de leur vie personnelle. Présenter ce livre comme un roman est de la fausse représentation. C'est un essai et rien d'autre. Et pour rester sur le cas Kundera, j'ai lu dernièrement ses essais sur la littérature et "Les voyageurs du temps" se rapprochent davantage de ceux-ci, notamment "Le rideau", "Une rencontre" et "Les Testaments trahis".

"Les voyageurs du temps" est un des derniers livres de Sollers et cela se voit. La plume de l'auteur est plus posée, sage, en retenue, en douceur de ce que j'avais lu avec "Le Secret". C'est donc un bouquin de la maturité où l'écrivain rend un certain hommage à ses modèles qui ont traversé le temps.

Sollers nous parle donc des écrivains qu'il admire. Proust, Kafka, Lacan, Nietzsche, Orwell, Dante, Rimbaud, Baudelaire et bien d'autres. Il nous parle aussi de peintres comme Watteau, qu'il considère comme un génie. Bref, pour terminer, ceux qui apprécient les essais, comme moi, sur la littérature et les arts, seront servis à souhait par un bon écrivain, érudit qui plus est. Mais ceux qui recherchent une bonne histoire, linéaire ou pas, devront s'en abstenir parce que ce bouquin leur tombera certainement des mains.

2 commentaires:

  1. J'ai souvent été déçu par Sollers, surtout par ses récentes biographies qui semblent un peu écrites rapidement... Je vais donc zapper ce livre, même s'il est question d'écrivains que j'aime beaucoup. A ce propos, bravo pour cette belle citation de Proust mise en avant dans ce blog!

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  2. C'est vrai que c'est une belle citation. Et en effet, Sollers est quelque peu décevant et il publie beaucoup et donc, écrit (trop) rapidement !

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