"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 29 avril 2011

Miroirs de sang, Dean Koontz



Ma note : 6,5/10

Voici la quatrième de couverture : « Je suis un vampire et un démon, » murmura la voix dans sa tête. « J'aime le goût du sang. » Mary Bergn a le don de clairvoyance : elle peut voir de ses yeux des meurtres qui se commettent ou vont se commettre loin d'elle. Son pouvoir lui a déjà permis d'élucider ou même d'empêcher bien des crimes, mais elle le paie très cher : elle est poursuivie par la vision de belles jeunes femmes sauvagement mutilées et ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pourquoi ne voit-elle pas le visage du sadique ? Chaque fois qu'elle croit y parvenir, elle entend ces bruissements d'ailes de chauve-souris et tout bascule. Mais l'assassin, lui, semble tout savoir d'elle...

"Miroirs de sang" est un court roman de moins de trois cents pages. Il a paru en 1977. Je ne m'attendais pas à un grand roman et malheureusement c'est ce que j'ai eu.

Par contre, on ne peut pas dire que c'est un roman complètement raté. En fait, c'est rare quand je ne m'amuse pas avec cet auteur (même s'il fait dans l'horreur bien souvent). Pour "Miroirs de sang", Dean Koontz va à l'essentiel avec une plume concise et une histoire où l'on côtoie le paranormal (surtout la clairvoyance) et le thriller. Mais le tout est condensé et donc, notre plaisir s'en retrouve amoindri. Il n'y a pas de longueur dans ce bouquin mais d'un autre côté, il n'y a rien d'exceptionnel non plus. C'est juste moyen tout au long de notre lecture.

Les premiers romans de Dean Koontz souffrent à peu près tous de ces mêmes défauts. On sent une immaturité dans l'écriture et dans l'intrigue. Cet auteur est à son summum un peu plus tard dans sa carrière (années 80 et 90). Mais pour un grand fan de Dean Koontz comme moi, on doit lire "Miroirs de sang", ne serait-ce que pour explorer son oeuvre au complet.

mardi 26 avril 2011

Le cimetière de Prague, Umberto Eco



Ma note : 7,5/10

Voici la présentation de l'éditeur : Trente ans après Le Nom de la rose, Umberto Eco nous offre le grand roman du XIXème siècle secret. De Turin à Paris, en passant par Palerme, nous croisons une sataniste hystérique, un abbé qui meurt deux fois, quelques cadavres abandonnés dans un égout parisien. Nous assistons à la naissance de l'affaire Dreyfus et à la création de l'évangile antisémite, Les Protocoles des sages de Sion. Nous rencontrons aussi des jésuites complotant contre les francs-maçons, des carbonari étranglant les prêtres avec leurs boyaux. Nous découvrons les conspirations des renseignements piémontais, français, prussien et russe, les massacres dans le Paris de la Commune où l'on se nourrit d'illusions et de rats, les coups de poignard, les repaires de criminels noyés dans les vapeurs d'absinthe, les barbes postiches, les faux notaires, les testaments mensongers, les confraternités diaboliques et les messes noires. Les ingrédients sont donc réunis pour faire de ce savoureux feuilleton un diabolique roman d'apprentissage. Tout est vrai ici, à l'exception de Simon Simonini, protagoniste dont les actes ne relèvent en rien de la fiction mais ont probablement été le fait de différents auteurs. Qui peut, cependant, l'affirmer avec certitude ? Lorsque l'on gravite dans le cercle des agents doubles, des services secrets, des officiers félons, des ecclésiastes peccamineux et des racistes de tous bors, tout peut arriver...

Le narrateur de ce roman est un profond antisémite. Tout au long de notre lecture on a droit à un discours violent et haineux envers les juifs. Tous les clichés antisémites sont réunis dans ce livre et Umberto Eco a dit qu'il voulait dénoncer cet antisémitisme ou, à tout le moins, nous faire découvrir les lectures de ce genre qu'il avait lu pour préparer le roman et qui le rebutait.

Aussi, le roman a une foule de faits historiques, mais traités comme de la fiction. On est à la fin du 19e siècle et tout y passe, de l'affaire Dreyfus aux protocoles des sages de sion. Les personnages historiques sont eux aussi abordés dans le roman, dont les écrivains Victor Hugo, Émile Zola, Alexandre Dumas et Dostoïevski. L'auteur semble avoir un faible pour Dumas et ainsi, le narrateur du récit (le personnage principal) en vient à le rencontrer.

Personnellement, j'ai plusieurs réticences quant à ce roman. Bien que le style soit correct et l'histoire intéressante (en général, l'histoire à trait aux faux (documents)), les longueurs sont omniprésentes et Umberto Eco ne m'a pas enchanté comme je m'y attendais. C'est un bon roman mais vraiment sans plus. C'est un "Dan Brown" plus littéraire. Je n'ai jamais lu "Le nom de la rose" (en fait "Le cimetière de Prague" est le premier Umberto Eco que je lisais) mais j'ose espérer qu'il est supérieur à celui-ci. Parce que sinon, j'aurais tendance à dire que cet écrivain a une réputation surfaite.

En terminant, je ne saurais dire si je vous recommande ce bouquin. Même si on passe quand même un agréable moment de lecture, ses défauts portent ombrages à la qualité de l'ensemble. Pour ma part, cela va prendre quelque temps avant de relire un livre de cet écrivain. Il n'est pas mauvais, loin de là, mais pour une première approche, je l'ai trouvé moyen.

vendredi 22 avril 2011

Simulacres, Philip K. Dick



Ma note : 8/10

Voici la quatrième de couverture: 2040. La Troisième Guerre mondiale a ravagé des zones entières de la planète et en a modifié le climat, les spots publicitaires sont vivants et sèment la zizanie, le Président est un robot, et sa femme ne vieillit pas d'un pouce depuis un siècle... Avec la cohérence implacable de la logique paranoïaque qui le rendit célèbre, Philip K. Dick, maître incontesté de la science-fiction, dépeint un monde où rien ne garantit plus la stabilité de la frontière entre la réalité et l'illusion.

D'après plusieurs spécialistes de Philip K. Dick, "Simulacres" est son roman le plus complexe. Je suis plutôt d'accord avec eux, même si je ne suis pas un spécialiste de cet auteur et que je n'ai pas lu son oeuvre au complet. Pour un écrivain qui est déjà difficile d'approche, ce n'est pas rien. Les romans que j'ai lu de lui sont tous complexes. Mais celui-ci est tellement compliqué que l'intrigue en souffre parce qu'elle est dissimulée sous une foule de thèmes de la science-fiction. Chaque page de ce bouquin qui en compte 230 est importante et on se perd assez rapidement. Par contre, l'effort qu'on y met en vaut la chandelle et cette complexité est probablement le seul défaut du roman.

L'imagination de Philip K. Dick est incroyablement grande. Il nous le prouve une fois de plus avec "Simulacre". Tous les thèmes développés dans ce roman sont intéressants et il y a de petits bijoux comme les publicités "vivantes" qui cherchent à s'infiltrer partout. Donc, ce livre est encore une fois une critique du capitalisme. Le voyage dans le temps est très présent aussi dans le roman et il rehausse selon moi la qualité du récit, parce que Dick en fait une utilisation judicieuse. Le nazi Goering fait même une apparition dans le futur à la demande des protagonistes de l'histoire. C'est très réussi de la part de cet auteur au talent exceptionnel.

Finalement, en plus d'avoir une histoire plus qu'intéressante (même si un peu trop complexe), "Simulacres" profite de la plume concise (et parfaite) de Philip K. Dick. C'est une oeuvre très profonde comme tous les romans que j'ai lu de lui. Plus le temps passe et plus j'admire l'oeuvre remarquable et prodigieuse de Philip K. Dick. Mille fois bravo!

mercredi 20 avril 2011

Dôme, Stephen King



Ma note : 6,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Quelle déception pour moi que ce "Dôme" de Stephen King. Surtout qu'il est le plus long de l'auteur (plus de 1000 pages). Alors, je m'attendais à un sujet intéressant et un récit bien ficelé. Mais non. Et en plus, c'est long et par moment, très ennuyeux. Je comprends pourquoi l'auteur avait commencé à l'écrire en 1976 mais avait abandonné. Le sujet est trop difficile à développer et cela paraît au cours de notre lecture. Il ne s'y passe pas grand chose d'intéressant et la fin aurait pu être mieux, elle aussi.

Pour résumer ce roman on ne peut que citer quelques livres de King. En effet, "Dôme" a déjà été traité bien avant. Les mêmes thèmes (à l'exception du fameux dôme, l'idée de départ) se retrouvent dans "Le fléau", "Bazaar", "Brume" (une novella) et "La tempête du siècle" (un scénario). En fait "Dôme" est une pâle copie de ces bouquins de Stephen King. Donc, je vous conseille davantage ces derniers si vous ne les avez jamais lu. Mais si c'est déjà fait, je vous conseille d'y penser à deux fois avant de vous attaquer à "Dôme", notamment parce qu'il est beaucoup trop long.

Par contre, j'ai quand même mis une note acceptable au présent roman parce que, malgré ses nombreux défauts, il se lit quand même bien. Tout au long de notre lecture on veut savoir ce qui se passera par la suite. Il m'a fait penser aux séries télé. Il a plus en commun avec les séries américaines qu'avec le roman. On croirait qu'il a été bâti pour la télé. Pas étonnant que Spielberg ait acheté les droits pour le diffuser au petit écran.

mardi 5 avril 2011

Le Dieu venu du centaure, Philip K. Dick



Ma note : 8/10

Voici la quatrième de couverture : Leo Bulero, pourvoyeur du D-Liss, une formidable drogue, règne sans partage sur les délires d'une humanité devenue presque folle. Aux télépathes clairvoyants ou aux colons misérables exilés sur mars, il dispense une fuite salvatrice. Tout se gâte cependant le jour où un certain Palmer Eldritch revient après dix ans d'exil au sein du système proxien. Il vient apporter aux hommes une autre drogue, véritable secret du bonheur. Comme il l'affirme lui-même, Dieu promet la vie éternelle, lui la dispense. Mais qui est vraiment Eldritch ? Un imposteur, un magicien fou, une nouvelle divinité ? Dans un monde où réalité et illusion n'ont plus de frontière, tout est possible...

Cette lecture ne fut pas facile. Pour plusieurs raisons. J'avais lu "Ubik" la semaine dernière et il m'avait complètement soufflé. Pour moi, c'était presque impossible de faire mieux et en effet, "Le Dieu venu du centaure" est quelque peu inférieur à "Ubik". Aussi, il est très difficile d'accès et même si on est très attentif au cours de notre lecture, je n'ai jamais véritablement pénétré dans l'histoire (en tout cas au premier abord, avant de lire des analyses du livre). Il est très difficile de le lire, surtout pour moi qui ne lis pas souvent de la science-fiction.

Par contre, en lisant les sites internet où ce roman était analysé, en parallèle de ma lecture du roman en tant que tel, j'ai réussi à comprendre de grandes parties et la base de ce bouquin. En fait, ma lecture c'est quand même bien passée et globalement, ce fut merveilleux ce récit et particulièrement la fin.

Les drogues du futur sont souvent abordées dans les romans de Philip K. Dick. Dans ce roman-ci on peut dire que c'est le point central du bouquin. Tout tourne autour de deux drogues qui ont pour but ultime le contrôle de l'individus. J'en dirai pas plus, ce n'est pas ma méthode de fonctionner de dévoiler trop d'intrigue mais il faut garder à l'esprit que les drogues sont traitées comme un thème majeur dans le roman.

Pour terminer, je n'ai vraiment pas regretté ma lecture. Même si on est souvent perdu quant à l'histoire, on passe un agréable moment de littérature. Surtout quand on commence à comprendre où l'auteur veut nous emmener. Et comme je l'ai dit dans ma chronique sur "Ubik", Philip K. Dick est un génie. Rien de moins!

samedi 2 avril 2011

Hygiène de l'assassin, Amélie Nothomb



Ma note : 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d'une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.

C'est la première fois que je lisais Amélie Nothomb. Je me suis donc attaqué à son premier roman. C'est très court pour un roman, quelque 200 pages. Même si ce n'est pas un gros effort de lecture, j'hésitais à embarquer parce que je pensais que cette auteure écrivait un dérivé de la "chick lit". Je n'ai jamais lu ce genre de livres mais Amélie Nothom semble faire très différent de cela.

Donc, en général, ce roman m'a beaucoup plu. Sans être un roman exceptionnel, ce fut une lecture très agréable. J'ai rit par moment, ce qui est assez rare avec les lectures que je fais habituellement et j'ai senti une certaine légèreté dans ce bouquin. Même si les sujets sont parfois lourds, elle les traite avec désinvolture et sans aucune prétention, ce qui la distingue de plusieurs autres écrivains (je me permettrai de passer sous silence les noms).

Tout au long du récit on a droit à (presque) seulement des dialogues. Ces dialogues sont intéressants ce qui en fait un roman bien structuré pour un premier (de l'auteur). Le fait que le roman soit court amène une concision au récit et ainsi, notre plaisir de lecture s'en trouve augmenté. Par contre, cela amène aussi une minceur de l'intrigue et de l'histoire en tant que telle, ce qui explique ma note tempérée.

Finalement, on ne regrette pas ce petit moment de lecture. On est loin d'un chef-d'oeuvre mais je lirai certainement plusieurs autres Amélie Nothomb. Sans m'avoir complètement enchanté, elle m'a certainement séduit. Et comme on a qu'une seule chance de faire une première bonne impression, c'est gagné!