"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 4 mars 2013

Le ravin, Joyce Carol Oates



Ma note: 5,5/10


Voici la présentation de l'éditeur: Weymouth, New Jersey. Agent immobilier le jour et photographe la nuit, Matt McBride semble heureux. Qui se douterait qu'il n'a pas oublié le cadavre atrocement mutilé de Marcey Mason, découvert jadis dans un ravin ? Aujourd'hui encore, il est certain c ce meurtre aurait pu être évité s'il avait été moins indifférent au charme de la jeune fille. Aussi, quand il apprend que son amie Diana Zwolle a récemment disparu, impossible ne pas lier les deux affaires. A croire que Matt porte malheur et qu'il a raison de se sentir coupable. Même s'il est innocent. Ce qui n'est pas évident à prouver. Surtout à la police, qui le soupçonne d'être le tueur qu'elle recherche. Comme expliquer que culpabilité et innocence sont parfois affaire de nuances ?

Joyce Carol Oates est une auteure américaine très réputée qui a remporté nombre de prix littéraires parmi les plus prestigieux. Mais elle n'écrit pas que des romans "littéraires". Parfois, sous le nom de Rosamond Smith elle écrit des thrillers. Et pour mes premiers pas avec cette auteure, j'ai décidé de commencer par un de ces thrillers. Je crois avoir fait une erreur. Elle n'impressionne pas vraiment, non plus par sa qualité stylistique, même si "Le ravin" est quelque peu supérieur à la moyenne des thrillers sur ce point. Comme tous les romans de ce genre, elle place l'écriture au service de l'histoire et de la mécanique du thriller.

Mais comme je le disais, le style d'écriture est un peu supérieur à ce qui se fait dans le thriller. Son écriture est un peu recherchée, avec de fréquentes références au grand poète William Blake et le tout devient assez noir et ténébreux. L'objectif de Joyce Carol Oates semble être d'introduire la poésie dans le policier, mais ce n'est pas très réussi. C'est un "page-turner" sans réel substance. Il y a un grand nombre de clichés dans ce roman. Par exemple, le livre est entrecoupé de chapitres où l'on suit un mystérieux personnage qui a toute apparence du meurtrier. En plus, celui qui nous est présenté comme étant NOM INCONNU était la risée de sa classe et il a eu une enfance difficile. C'est un artiste raté, il considère les femmes comme des objets, etc. Bref, c'est du déjà vu en littérature.

Le roman fait parfois penser à un scénario de film. Un peu comme James Patterson le fait. Comme avec les romans de Patterson, les personnages sont d'une minceur certaine, le roman est superficiel, même si au début on croit lire un thriller psychologique profond, pour se rendre compte ensuite que l'histoire devient une enquête comme la plupart des autres policiers. Aussi, l'enquête est menée par celui qui est soupçonné au départ et cela n'est pas très original non plus.

En conclusion, je ne peux dire que c'est un mauvais roman. Il souffre seulement des mêmes défauts que la grande majorité des autres thrillers. Un bon roman nous permet de saisir la musicalité de la prose, son rythme, etc., mais ici, comme tous les thrillers (ou presque), c'est l'histoire qui prime et donc, le style a pour objectif de raconter une histoire sans la beauté pour elle-même, sans avoir une démarche a priori esthétique. Pour le contenu, la quatrième de couverture le décrit assez bien. Et la fin, est-elle surprenante? Eh bien, le méchant meurt et le bon survit. C'est américain, est-ce que je vous l'avais dit?

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