"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mardi 23 octobre 2012

Indignation, Philip Roth



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Nous sommes en 1951, seconde année de la guerre de Corée. Marcus Messner, jeune homme de dix-neuf ans, intense et sérieux, d’origine juive, poursuit ses études au Winesburg College, dans le fin fond de l’Ohio. Il a quitté l’école de Newark, dans le New Jersey où habite sa famille. Il espère par ce changement échapper à la domination de son père, boucher de sa profession, un homme honnête et travailleur, mais qui est depuis quelque temps la proie d’une véritable paranoïa au sujet de son fils bien-aimé. Fierté et amour, telles sont les sources de cette peur panique. Marcus, en s’éloignant de ses parents, va tenter sa chance dans une Amérique encore inconnue de lui, pleine d’embûches, de difficultés et de surprises. Indignation, le vingt-neuvième livre de Philip Roth, propose une forme de roman d’apprentissage : c’est une histoire de tâtonnements et d’erreurs, d’audace et de folie, de résistances et de révélations, tant sur le plan sexuel qu’intellectuel. Renonçant à sa description minutieuse de la vieillesse et de son cortège de maux, Roth poursuit avec l’énergie habituelle son analyse de l’histoire de l’Amérique – celle des années cinquante, des tabous et des frustrations sexuelles – et de son impact sur la vie d’un homme jeune, isolé, vulnérable.

Cela fait plusieurs romans de Philip Roth que je lis. Il utilise souvent le même procédé, dans l'écriture, pour sa prose, mais aussi pour la construction de son intrigue. En effet, il place un revirement - on pourrait même appeler cela une chute - dans le premier tiers de son récit. Cela nous fait perdre le souffle, nous surprend, en quelque sorte, mais étant donné qu'il place la chute avant le milieu du roman, on reprend notre air d'aller et la lecture qui suit est passionnante. Il l'avait utilisé entre autres pour "Pastorale américaine" et "La tache", deux romans que je vous recommande grandement. Ici, pour "Indignation", un autre roman que j'ai aimé, il utilise ce procédé et le coup est encore plus difficile à prendre. Mais pour le bien de votre lecture, je n'en dirai pas plus.

Je l'affirmais lors de précédentes critiques, je préfère les romans de Philip Roth qui ont au minimum 300 ou 400 pages. On a ainsi le temps de bien embarquer dans l'histoire. "Indignation" en fait moins de 200. Quoique ce soit 200 pages de grandes littératures, c'est court. Il fait partie du cycle "Némésis" qui compte quatre romans. Tous de courts romans. J'avais lu "Un homme" qui m'avait quelque peu déçu et je m'attendais donc à cette même déception cette fois-ci. Et bien non. L'histoire nous permet d'en découvrir un peu plus sur les États-Unis, d'une période que je connais peu, et ici on est dans le particulier qui nous explique, du mieux qu'il peut, le général. Les thèmes sont bien identifiés en quatrième de couverture et je parierais que l'auteur a demandé de l'aide à un professionnel pour la partie psychologique du récit, parce que le tout est très réaliste.

Pour terminer, sans être un grand roman - non plus le roman qui doit nous introduire à Philip Roth, parce que sur ce point je crois que "Pastorale américaine" est davantage à considérer - "Indignation" nous offre de belles pages de littérature et l'on sent le souffle de ce grand auteur américain. Encore une fois, on pourrait croire qu'il l'a écrit en un seul jet tellement il parvient à nous saisir et nous fait relâcher le livre qu'à la toute fin. Il a par contre des défauts. Et un particulièrement, que je retrouve dans plusieurs romans contemporains, est le léger manque d'inspiration qui est comblé par les interminables biographies de chaque personnage. Le roman est déjà une biographie fictive, une autre forme souvent utilisée par Roth, et comme plusieurs autres écrivains le font (notamment Paul Auster), il ne peut s'empêcher de raconter la vie de chaque personnage et cela en résulte en une sorte de remplissage. Mais bon, c'est sa prérogative et cela n'entache pas l'ensemble de l'oeuvre.

2 commentaires:

  1. Certains auteurs ont fait le bon choix le jour où ils ont décidé de rédiger un roman. Ce n’est pas donné à tout le monde de savoir comment rédiger un roman intéressant et qui sera choisi par un éditeur. La simplicité, la spontanéité des personnages et la véracité des événements seront des atouts précieux. Les faits racontés devront être crédibles et captivants. Pour rédiger un roman intéressant, certains vous diront qu’il y a une méthode et d’autres vous diront qu’ils écrivent ce que leur coeur leur dicte. Pour ma part, je crois que l’on peut écrire un roman sans méthode, mais qu’il est préférable d’avoir une méthode pour écrire un bon roman. 
    Merci pour votre blog. J’apprécie vos analyses.

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