"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 2 juillet 2012

Acide sulfurique, Amélie Nothomb


Ma note: 6,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée. Étudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie… Les jeux du cirque modernes : téléréalité, voyeurisme, ignominie, bonne conscience, dénonciation moralisante y ont partie liée. Un monde de bêtise et de cruauté, d’hypocrisie bien-pensante où l’individu a perdu toute liberté d’agir puisque tout est récupéré, où même la dénonciation du système appartient au système. Et cependant qui dit victime dit désir de sauver sa peau. En premier chef de reconquérir la faculté de nommer, le début de l’humanité selon Nothomb…

Malheureusement pour Amélie Nothomb, ce genre d'histoire (c'est une dystopie) demande plus que 100 pages. Cela demande une profondeur qui est inatteignable en si peu de pages. Ainsi, avec "Acide sulfurique", l'auteure ne parvient pas à développer assez le récit et l'intrigue en souffre grandement. Les personnages sont eux aussi très peu développés, même si par moment ils sont attachants, mais cela, on l'a à chaque roman de l'auteure.

Pour ceux qui ne l'ont pas lu, je conseillerais plutôt "1984" d'Orwell et même "Le meilleur des mondes" d'Huxley, dans une moindre mesure. Nothomb pousse la logique malsaine des téléréalités à sa limite et le roman devient une allégorie de notre monde, mais aussi de la télévision et même des camps de concentration nazis. Cela en fait beaucoup trop pour un court roman comme celui-là.

Je doute que cette écrivaine puisse écrire des romans plus volumineux. Son style semble conçu uniquement pour des novellas, et donc, ses meilleures histoires sont plus intimistes et se déroulent sur une courte période. Non que "Acide sulfurique" soit raté (j'ai quand même apprécié ma lecture), mais en écrivant pour le divertissement, pour la légèreté et d'une façon concise, Amélie Nothomb se tire parfois dans le pied. Et ici, je crois que cela est un bon exemple.

2 commentaires:

  1. Je partage tout à fait ce commentaire. Acide sulfurique ne m'a pas plu.

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  2. Je viens de lire ce livre et c'est spécial, ça ma pas déplu mais ça ma pas enchanté quand même.
    Mais beaucoup de chose sont vrais dans ce qu'elle décris, on regarde les émissions de téléréalité et on aime au fond de nous cette partie malsaine.
    J’espère juste qu'une telle émission n’existera jamais.
    En tout cas je lirai un autre Nothomb prochainement pour continuer a découvrir cet auteur.

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