"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mercredi 13 juin 2012

Cosmétique de l'ennemi, Amélie Nothomb


Ma note: 7,5/10

Voici le résumé : Coincé dans un aéroport alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour Barcelone, l'homme d'affaires Jérôme Angust se voit contraint de supporter, en plus du retard de son avion, la logorrhée d'un étrange individu, bien décidé à lui imposer le récit de sa vie. Qui est donc ce Textor Texel qui le harcèle ? Pourquoi ce raseur a-t-il jeté son dévolu sur lui ? Le dialogue s'engage pourtant entre l'importun et sa victime, vif, alerte, ponctué de réparties cinglantes, prenant les allures d'une joute de haute tenue, et dévoile la passé trouble de Textor, en même temps que le malaise croissant de Jérôme. Car il se sent cerné, l'homme d'affaires irréprochable, par cet étranger qui semble si bien connaître les tréfonds de sa conscience et dont les crimes font douloureusement écho à un passé qu'il croyait enterré. Étranger, cet ennemi ? Pas tant que ça ! Et si, finalement, cette rencontre n'était pas tant le fruit du hasard que l'objet d'une préméditation diabolique destinée à l'anéantir ?

Je suis surpris de ne pas avoir rencontré le nom de Carl Jung lors de ma lecture. Notamment parce que ce roman d'Amélie Nothomb traite, tant bien que mal, de l'"ombre" de Jung. L'"ombre" est un concept psychologique qui réfère à un être différent de nous, aux extrémités même, et qui se cache à l'intérieur de notre être (pour faire court). Nothomb joue avec cela tout au long du roman lors d'un entretien entre deux hommes dans un aéroport. Il y en a un qui veut absolument parler à l'autre tandis que ce dernier refuse, pour finalement entretenir une confrontation avec l'agresseur verbal.

Comme pour son "Hygiène de l'assassin" - les titres se ressemblent en plus - le bouquin est essentiellement composé de dialogues, ce qui serait facilement transposable en pièce de théâtre. Étant donné que le présent roman est très court, cela passe bien et somme toute, j'ai aimé faire la lecture de ce livre. Cela prend seulement quelques heures. Par contre, ce genre de récit psychologique a été écrit et filmé maintes et maintes fois. Il n'y a plus vraiment de surprise quand on rencontre ce genre d'histoire et pour celui-ci j'avais même prédit le dénouement final lors des premières pages. Ce type de récit psychologique a souvent été exploité dans le roman et le film d'horreur (entre autres par Patrick Senécal, Stephen King et Dean Koontz) et ayant fait mes armes de lecteur avec ce genre en particulier, celui du thriller-horreur-psychologique, je n'ai pas été renversé par "Cosmétique de l'ennemi", comme certains ont pu l'être.

Pour terminer, je peux comprendre que cette auteure déçoit souvent les lecteurs. Elle en sort un à chaque automne et ainsi, l'attente est souvent synonyme de déception. Pour ma part je commence tout juste à lire ses livres, un à la suite de l'autre et donc, je ne suis pas vraiment déçu par les novellas de Nothom. De plus, c'est tellement facile et rapide à lire que le plaisir en est relevé quand on n'a pas à supporter l'attente.

1 commentaire:

  1. Un bon Nothomb, l'un de mes préférés. Quel sens du dialogue! Certes, le dénouement est prévisible, mais l'ensemble est tout de même bien construit, prenant, avec un peu d'humour... Bref, une très bonne lecture, largement supérieure à ses très fades dernières parutions.

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