"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 2 avril 2012

La montagne de l'âme, Gao Xingjian



Ma note: 8,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Dans les années quatre-vingts, un homme s’embarque dans un long voyage pour fuir les troubles du Pékin communiste. Il suit la piste d’une mystérieuse montagne et traverse une Chine méconnue, infiniment riche, qu’il n’imaginait pas… À la recherche de lui-même, son voyage est aussi spirituel et philosophique. Un roman poétique, teinté d’autobiographie, considéré comme l’un des chefs d’oeuvre de la littérature du XXe siècle.

Il ne fait aucun doute pour moi que ce roman est bien ancré dans le courant littéraire post-moderne. Ce qui frappe d'emblée, ce sont les narrateurs. Même si l'on suit le même personnage tout au long du roman, celui-ci utilise le "Je", le "Tu", le "Il" et le "Elle". Mais surtout, jamais le "Nous" et il explique d'ailleurs pourquoi dans le roman. Comme Paul Auster (autre auteur du post-modernisme), l'identité devient la pierre angulaire du récit. Ces différentes voix nous rappellent aussi les théories psychanalytiques de Freud (Le "Ça", le "Moi" et le "Surmoi").

Habituellement, je n'aime pas la narration au "Tu". J'avais lu cette narration dans un très mauvais roman, le "Contre Dieu" de Patrick Senécal, et par moment, Paul Auster l'utilise, notamment dans "Invisible". Avec ce dernier, les parties les plus faibles, selon moi, étaient celles écrites au "Tu". Mais avec "La montagne de l'âme", l'écrivain chinois Gao Xingjian parvient à réaliser l'impensable et rendre ce genre de narration parfaitement agréable.

Prix Nobel de littérature en 2000, Gao Xingjian fut le premier Chinois à recevoir ce prestigieux prix. C'était la première fois que je lisais un écrivain de ce pays et il m'a rappelé la littérature asiatique que j'avais lue auparavant (en grande partie japonaise). Comme eux, cet écrivain chinois n'a pas une plume impatiente comme on en retrouve trop souvent en Occident. Il ne bouscule pas le lecteur, malgré un style et une histoire originale, et il prend le temps de bien décrire, de bien poser son histoire.

Énorme bouquin de quelque 600 pages, "La montagne de l'âme" est le roman parfait pour bien pénétrer dans la littérature asiatique. Encore une fois, le comité du Nobel a récompensé un auteur qui méritait entièrement le plus international des prix littéraires. Pour ce qui est de l'histoire en tant que telle, malgré qu'elle soit linéaire dans sa construction, l'écrivain parvient à rendre le tout très subtilement, avec même des passages purement philosophiques et conceptuels. C'est un roman sur l'attente, sur la conquête de soi. Il est un de mes préférés des dernières années.

2 commentaires:

  1. Très intéressant ta réflexion sur la narration et la question de la personne. C'est un roman que je trouve à la fois facile et difficile à lire, il a un charme particulier tout en étant très complexe.

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  2. Merci ! En effet, moi aussi je l'ai trouvé à la fois facile et difficile à lire.

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