"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 23 décembre 2011

Brooklyn Follies, Paul Auster



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Nathan Glass a soixante ans. Un divorce, un cancer en rémission, trente ans de carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan et une certaine solitude qui ne l'empêche pas d'aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Chaque jour, Brooklyn et ses habitants le séduisent davantage, il prend ses habitudes, tombe sous le charme d'une serveuse et décide de faire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses faiblesses de langage, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps, le 23 mai de l'an 2000, ce livre intitulé Brooklyn Follies prend une autre dimension. Ce jour-là, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood. Perdu de vue depuis longtemps, ce garçon de trente ans reprend très vite la place qui fut la sienne dans le cœur de son oncle. Et c'est ensemble qu'ils vont poursuivre leur histoire, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout, le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence... Un livre sur le désir d'aimer. Un roman chaleureux, à travers lequel tous les grands thèmes austériens se répondent, où les personnages reprennent leur vie en main, choisissent leur destin, vivent le meilleur des choses - mais pour combien de temps encore, en Amérique ?...

Ce fût une de mes plus belles lectures de Paul Auster. On y retrouve à peu près tous les thèmes chers à l'auteur (notamment l'identité, la solitude, les livres, la création artistique, l'imagination, etc.) et j'ai aimé particulièrement "Brooklyn Follies" parce qu'on y parle d'auteurs que j'affectionne, comme Thoreau (mais cela n'est pas nouveau pour Auster), Emily Dickinson, Wittgenstein et Kafka, qui n'est pas mon préféré du lot mais qui a eu une vie extraordinaire. Il décrit même l'histoire de la poupée de Kafka, que je ne vous conterai pas mais que je vous laisserai plutôt découvrir. Avec "Brooklyn Follies", Paul Auster n'a pas peur de nous faire part de sa grande culture littéraire, pour notre plus grand bonheur. Dans ses autres oeuvres, il semblait afficher, malheureusement, un peu plus de retenue sur ce point.

Le concept de L'Hôtel Existence est particulièrement réussi. Sans vous en dévoiler trop, comme plusieurs critiques le font souvent, je vous dirai simplement que l'art d'écrire occupe une grande place dans ce livre et L'Hôtel Existence y joue un grand rôle.

Donc, pour terminer, ce que j'aime en littérature se retrouve dans ce roman. En plus d'une construction bien menée, d'un juste équilibre dans le rythme et de personnages plus attachants les uns que les autres, on en apprend beaucoup avec ce bouquin. La musicalité de la prose de Paul Auster y est pour beaucoup dans mon appréciation de ce grand auteur (même en traduction, on sent parfaitement cette musicalité des mots). Ainsi, tous les éléments sont réunis pour lui donner le nom de chef-d'oeuvre.

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