"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mardi 28 septembre 2010

Endymion, Dan Simmons



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Raul Endymion est né sur la planète Hypérion à l'ère de la Pax. Il n'a pas accepté le cruciforme, ce qui le voue à une mort définitive. Mais voici qu'il est exécuté (à l'âge de 27 ans) et se réveille vivant. Pour le vieux poète Martin Silenus, auteur des Cantos inachevés, le jeune homme est marque par le destin: à lui de retrouver la petite Enée, disparue à l'âge de douze ans dans l'un des Tombeaux du Temps, de la protéger de la Pax, et finalement de renverser la puissance de l'Eglise. Un programme d'autant difficile que la Pax est prête à les poursuivre, et les voyages d'Enée et d'Endymion ne sont pas près de finir.

J'ai lu plusieurs fois Hypérion au cours des 15 dernières années. Chef-d'oeuvre absolu selon moi. Il précède Endymion.

Par contre, je n'avais jamais lu Endymion. J'avais peur d'être déçu et les critiques étaient presque toutes unanimes. Soit un roman raté, dépourvu de toute substance. Un échec qu'il ne fallait pas lire pour ne pas porter ombrage sur le roman culte qu'est Hypérion. Heureusement, j'ai, après trois lectures d'hypérion, décidé de lire Endymion....enfin!

Quelle surprise pour moi. J'ai adoré. Le personnage d'Endymion est mon préféré depuis le début de cette saga commencée par Hypérion. Il est le narrateur de ce roman et il a plus de profondeur que les pèlerins d'Hypérion pour la simple et bonne raison qu'on le suit tout au long du livre contrairement aux pèlerins qui n'avaient droit qu'à une parcelle du récit.

Certes ce roman qu'est Endymion n'arrive quand même pas au niveau d'Hypérion. L'histoire est beaucoup plus linéaire et dans les normes de la littérature de science-fiction. Le personnage principal doit protéger une fillette et tout le roman tourne autour de ce fait. Donc, Hypérion, avec ses nombreux récits différents en lui-même était plus complet et profond, ce qui a résulté en un chef-d'oeuvre.

Finalement, même si l'action d'Endymion se passe longtemps après celle d'Hypérion, on peut dire que le premier met la table pour le second. J'ai profondément aimé Endymion et je m'explique mal les mauvaises critiques quasi-unanimes. Comme quoi on n'est jamais gagnant en écrivant une suite à un chef-d'oeuvre. À part peut-être faire plaisir à quelques lecteurs, comme moi.

jeudi 16 septembre 2010

Prédateurs, Maxime Chattam



Ma note: 5,5/10

Voici la quatrième de couverture: Ils sont déjà parmi nous... Une guerre sans nom. De jeunes soldats sauvagement mutilés dans des mises en scène effroyables. Mais l'ennemi n'est pas le coupable. Pour le lieutenant Frewin, fasciné par le langage du sang, il ne peut s'agir que d'un psychopathe, un monstre de ruse et sadisme, un prédateur cruel et archaïque qui va les décimer un par un... Renouant avec la veine de sa Trilogie du Mal, Maxime Chattam nous propulse dans un vortex de terreur, imposant une fois encore son univers mystérieux et sanglant. Plus qu'un thriller, un guide de survie !

Un roman beaucoup trop long pour ce qu'il contient, Chattam nous livre, avec Prédateurs, une histoire remplie de clichés enrobée d'une vulgaire expérience littéraire. Je m'explique. Dans ce roman, il n'y a aucun indice des lieux où se déroule l'intrigue. Ou presque. Il n'y a aucun indice de l'époque et du temps. Ou presque. On sait qu'on est en plein coeur d'une guerre effroyable ( probablement la 2e guerre mondiale) et qu'un tueur en série frappe un contingent de soldats. On suit donc l'inspecteur Frewin afin de débusquer ce tueur.

Selon moi, l'expérience littéraire qu'a voulu créer Chattam tourne à la catastrophe. En plus d'avoir facilement 200 à 300 pages de trop, le roman n'est en fin de compte qu'un gros cliché du thriller. Il n'est qu'une chasse aux tueurs en série sans grande originalité. Il n'est qu'un roman banal sans grand intérêt.

Ensuite, la violence qu'a voulu montrer Maxime Chattam ne nous prend pas aux tripes. Qu'est-ce que la violence dans les arts de nos jours? Comment être encore original et créatif sur ce thème et faire réfléchir le lecteur en même temps sur le monde dans lequel on vit? Certainement pas comme s'est pris Chattam avec Prédateurs.

Dans les dernières années, Maxime Chattam m'a déçu à répétition. Pour moi, il demeure seulement l'écrivain de trois très bons romans, soit la trilogie du mal. Point final.

La chute de l'hypérion, Dan Simmons



Ma note: 9/10
(Ne pas lire ce qui suis si vous n'avez pas lu Hypérion)
Voici la quatrième de couverture: La Chute d'Hypérion prolonge Hypérion (prix Hugo 1991). Tous les secrets d'Hypérion seront dévoilés, toutes les énigmes résolues, dans un style à nouveau différent qui démontre une fois encore l'exceptionnel talent de Dan Simmons. Vous saurez pourquoi les sept pèlerins se sont retrouvés sur la planète mystérieuse qui abrite les Tombeaux du Temps. Vous découvrirez les véritables ressorts de la guerre qui fait rage autour d'elle et qui menace d'embraser toute la galaxie humaine, tout le Retz. Vous comprendrez le rôle unique du cybride de John Keats, le poète ressuscité, et celui du gritche. Ici s'affrontent des dieux, créés par les humains ou descendant d'eux.

Probablement la critique la plus difficile qu'il m'ait été donné de faire. Pour la simple et bonne raison qu'une suite est toujours difficile à critiquer. Qui plus est, Hypérion, le prédécesseur, était un pur chef-d'oeuvre.

Alors, pour celui-ci, La chute de l'Hypérion, on a droit à un roman de science-fiction suivant les règles de l'art. Davantage même qu'Hypérion. L'action est au rendez-vous et comme comparaison, on pourrait citer Stars Wars. N'ayant pas la profondeur du premier tome des Cantos d'Hypérion, ce deuxième tome voit éclater la guerre que son précurseur avait mis en place. On ne s'ennuie pas et on est tenté plus que jamais de lire le cycle d'Endymion, la suite de La chute de l'Hypérion et par le fait même la suite des Cantos D'Hypérion.

Finalement, encore une fois, Dan Simmons nous éblouit. Sa plume est grandiose. La poésie, la philosophie, la psychologie, etc., prend sa place dans cette oeuvre magistrale. Les poèmes - et même la vie - du grand John Keats viennent appuyer un roman déjà riche en contenu. Même s'il est quelque peu inférieur à Hypérion - qui lui était presque impossible à battre - La chute de l'hypérion nous envoûte et nous fait voyager à l'intérieur d'un monde fabuleux. Celui de Dan Simmons!