"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

dimanche 20 mai 2012

Pars vite et reviens tard, Fred Vargas


Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture : Qui glisse des annonces incompréhensibles dans la boîte à messages du Crieur de la place Edgar- Quinet ? Est-ce l’oeuvre d’un fou ? D’un maniaque ? Ou encore d’un pervers impuissant qui cherche à établir son pouvoir en enfonçant l’homme de la rue dans son inculture crasse ? Un retraité lettré, “conseiller en choses de la vie”, et le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg trouvent ces messages souterrains, putrides et dangereux. Et pour cause. Ce sont des annonces de mort, de destruction générale, de catastrophe : elles annoncent la peste. Lorsque d’étranges signes tracés à la peinture noire font leur apparition sur des portes d’appartements, le dispositif est en place. Le cauchemar peut commencer. Personnages sortis de nulle part, intrigue passionnante, dialogues jubilatoires… Auteure inspirée, Fred Vargas ne se rattache décidément à aucun courant et détourne avec brio les conventions du genre.

Cela faisait longtemps que je n'avais lu un roman policier. Ma principale critique vis-à-vis ce genre en particulier, c'est que chaque roman se ressemble trop, peu importe l'auteur, peu importe le genre de policier. J'avais bien aimé Stieg Larsson et ses Millennium parce qu'ils sortaient un peu du lot avec une véritable critique sociologique et psychologique. Ici, avec "Pars vite et reviens tard", on est en face d'un roman plutôt conforme aux règles du policier - contrairement à Stieg Larsson - et sur ce point il est décevant.

Par contre, ce n'est pas du tout un mauvais polar. L'histoire de départ est intéressante et le fait que l'assassin transmet la peste à ses victimes est fort original. Fred Vargas n'a pas inutilement rallongé son récit comme plusieurs auteurs de ce genre ont tendances à faire. Elle reste à l'essentiel et l'intrigue tient la route, à l'exception peut-être de la fin qui ne m'a pas du tout convaincu. L'incongruité de la chute m'a déçu et l'on sort de l'histoire sans être attaché aux personnages. Mais ce qui me tracasse le plus avec ce genre de roman policier c'est que leurs auteurs sont à peu près tous sur le pilote automatique. Le seul auteur avec un réel talent de conteur c'est Agatha Christie. Depuis ce temps, personne ne l'a égalé et le genre tourne en rond. Il n'y a plus de surprise et les écrivains semblent avoir de la difficulté à bien ficeler leur intrigue. La reine Christie est imbattable.

Pour terminer, je ne crois pas que Vargas ait un style d'écriture qui sort de l'ordinaire. Elle n'est ni pire ni meilleure que les autres. Mais personnellement je préfère les polars scandinaves. Ils sont souvent traduits en français international alors que Fred Vargas écrit comme la plupart des autres écrivains français, soit en français très fanco-France, ce qui est difficile d'embarquer pour un Québécois comme moi. Aussi, les Scandinaves sont meilleurs pour recréer l'ambiance inquiétante qui est de mise pour un thriller-policier. Bref, Fred Vargas n'est certainement pas mon écrivain de policier préféré, même si tout n'est pas raté dans "Pars vite et reviens tard".

5 commentaires:

  1. Tu es assez dur avec ce roman, mais je peux comprendre que l'on soit difficile avec un incontournable du polar d'aujourd'hui. J'ai pour ma part bien apprécié l'intrigue autour de la peste ainsi que les personnages. Le style n'a certes rien d'extraordinaire, mais il est agréable à lire. Quant à Agatha Christie, elle sait trousser des intrigues, mais dans mon souvenir, l'ensemble est un peu "mondain" et les personnages pas assez "charnels". Je pense que j'aurais du mal à me replonger dans un de ses écrits, hormis peut-être Dix petits nègres, parce qu'il était vraiment réussi.

    RépondreEffacer
  2. Tu résumes parfaitement Vargas dans ton dernier paragraphe. Je suis une parisienne franco-française, (la totale) et pour nous, Vargas, c'est la crème du bonheur. Je vais même enfoncer le clou, beaucoup de ses romans se situent dans le sud parisien, où j'habitais. Mais en effet, si on n'a pas vécu là, l'auteure peut paraître "ni pire ni meilleure" que les autres romanciers(ières) de polars.
    Je partage également ton opinion concernant les policiers scandinaves, les ambiances sont étonnamment rendues. Et je vais même rajouter les auteurs islandais si tu le permets... Je les apprécie énormément : Arnaldur Indridasson, pour ne citer que lui dont j'ai lu tous les romans. As-tu lu "la voix" ? Un bijou !

    RépondreEffacer
  3. Non je n'ai pas encore lu Indridasson mais je viens de regarder et je l'ai en e-book. Donc je le rajoute sur ma liste de centaine de romans à lire. :)))

    RépondreEffacer
  4. Idem que Nico, je trouve que tu es assez dur avec ce roman, personnellement j'ai adoré. C'est ce roman qui m'a fait lire d'autre Fred Vargas avec toujours autant de plaisir

    RépondreEffacer
  5. On peut ne pas l'apprécier spécialement ( c'est mon cas) mais il fait tout de même reconnaître qu' elle a créé un univers rocambolesque bien à elle et qui ne manque pas d' une certaine poésie ! Elle a clairement ses fanatiques , en France, en tout cas...

    RépondreEffacer