"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 27 août 2010

Les corrections, Jonathan Franzen



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Entre guerre des sexes et libération des femmes, drame de la vieillesse et obsession des stock-options, aliénation de la famille et sursauts de révolte face à une nation ultra-traditionnaliste qui n'est pas toujours l'avocate idéale des modes de vie " alternatifs ", cette chronique contemporaine en forme de saga familiale brosse le portrait sans concession d'un pays malade de lui-même. Tout en se laissant porter par son ironie mordante et son sens aigu de l'observation, Jonathan Franzen pointe les travers d'une Amérique profonde en totale déliquescence, au bord du gouffre et de la plus complète schizophrénie.

Jonathan Franzen est la nouvelle étoile montante des lettres américaines. Il a fait la couverture du Times en 2010, ce qu'aucun écrivain n'avait réussi depuis Stephen King en 2000. Les critiques l'adorent, notamment pour son style et sa critique acide de la société américaine. Pour Les corrections, comme Zola l'a fait plus d'un siècle avant lui, il décrit une société malade à travers une famille elle aussi malade, mais qui représente la famille typique américaine. On est pas loin du chef-d'oeuvre, ça c'est sûr.

Sans avoir une plume aussi belle que Zola, ce qui est pratiquement impossible de nos jours, elle nous transporte quand même vers des contrées plus qu'intéressantes. C'est de moins en moins fréquent avec les écrivains d'aujourd'hui. Il a un talent certain et pour preuve, ce roman-fleuve de plus de 700 pages se lit vite. Très vite. Et en plus, sans avoir droit à un huis clos, on peut dire que Les correction est un roman très fermé sur lui-même, parce qu'il nous décrit la vie de chaque membre de la famille Lambert, sans plus. Mais, la force du roman est dans ses non-dits, et là c'est intéressant. On ressent au plus profond de notre âme le malaise de cette société malade, le non-sens de la société de consommation. Tout ça avec une seule famille, c'est donc une réussite ce roman. Franzen a frappé fort.

Finalement, Les corrections n'a pas gagné le prestigieux National Book Award(prix littéraire américain le plus convoité) pour rien. Même s'il n'y a pas d'intrigue à proprement parler, le roman compense par de fortes doses de sociologie et de philosophie(entre autres avec les références à Schopenhauer). C'est un roman pessimiste mais réaliste. On est dans le très littéraire mais loin du thriller. En fait, on est dans la littérature, ce qui est rafraîchissant à notre époque!

mercredi 18 août 2010

Hypérion, Dan Simmons



Ma note: 9/10

Voici la quatrième de couverture: Quand les sept pèlerins se posent à Hypérion, le port spatial offre un spectacle de fin du monde. Des millions de personnes s'entassent derrière les grilles : les habitants de la planète sont sûrs que le gritche va venir les prendre et ils veulent fuir. Mais l'Hégémonie ne veut rien savoir. Une guerre s'annonce et les routes du ciel doivent être dégagées. Et tout ce que le gouvernement a trouvé, c'est d'envoyer les sept pèlerins. La présidente le leur a dit d'emblée : Il est essentiel que les secrets des Tombeaux du Temps soient percés. C'est notre dernière chance. " Mais les pèlerins n'y comprennent rien, et ne se connaissent même pas ! Heureusement, le voyage leur permettra de se rapprocher. Chacun raconte son histoire, et l'on s'aperçoit vite que nul n'a été pris au hasard. Celui qui a fait la sélection, au fil des confidences, parait avoir fait preuve d'une lucidité... diabolique. Et d'une cruauté... raffinée!

Chef-d'oeuvre absolu de la littérature de science-fiction, Hypérion, le premier tome des Cantos d'Hypérion, est selon moi, la plus grande oeuvre de ce genre jamais écrite. Un roman parfait qui fait partie d'un cycle de 4 tomes. Le plus difficile pour moi en faisant cette critique est de lui trouver un défaut. Pour en citer un je pourrais dire qu'il manque un peu d'action pour un roman de science-fiction, mais cela on l'aura dans les prochaines parties.

Ce coup de génie de Dan Simmons, ce roman grandiose est imbattable dans le genre. Bien meilleur que les livres et les films Stars Wars, ce cycle de science-fiction fait preuve de beaucoup d'originalité. En fait c'est plus que ça. Comme Bram Stoker avec Dracula et les vampires, Simmons a rassemblé une foule de thèmes de la science-fiction en un seul roman. Le tout raconté avec une main de maître, une écriture plus qu'efficace et une originalité sans borne dans sa trame narrative. En effet, les protagonistes racontent chacun leur histoire qu'ils ont eue par le passé avec Hypérion mais d'une façon différente chacun. Du grand art à l'état pur. Une merveille ce roman.

Pour terminer, je dois dire que je ne suis pas le plus grand spécialiste de ce genre littéraire. C'est peut-être pour ça que j'ai tant apprécié ce roman. Comme les films Stars Wars, il ne s'adresse pas seulement aux amateurs inconditionnels du genre. C'est plus que ça Hypérion. Et comme le dit Stephen King, je suis de plus en plus impressionné par ce qu'écrit Dan Simmons. C'est un grand, il n'y a pas de doute.

lundi 9 août 2010

Les intrus, Michael Marshall



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: Depuis qu'il a quitté la police de Los Angeles, Jack Whalen est devenu écrivain et s'est installé dans une petite ville tranquille sur la côte nord du Pacifique, dans l'espoir d'échapper au chaos de la cité des Anges. Un jour, un ancien copain de lycée, Gary Fisher, lui demande son concours pour élucider un double meurtre. Mais Jack a un dossier plus urgent à résoudre : sa femme Amy, partie en voyage d'affaires à Seattle, ne lui donne plus signe de vie, et cette disparition inopinée l'oblige à considérer leur histoire d'un œil neuf. De ce moment, toutes ses certitudes vont voler en éclats. D'ailleurs, tout change autour de lui, y compris ce bon vieux Gary, qui n'est sans doute pas celui qu'il prétend être. Peut-être Jack Whalen trouvera-t-il des réponses à ces mystères dans les entrailles d'un immeuble de Seattle, sur les traces d'une fillette capable du pire...

Un des seuls romans de Michael Marshall que je n'avais pas lus, Les intrus, est loin de révolutionner le monde du thriller fantastique. Beaucoup moins intéressant que Les hommes de paille, ce roman de Marshall est trop long à démarrer. Même s'il n'a que 400 pages, l'histoire devient intéressante qu'à la page 300. On doit se taper au préalable un mauvais roman et un mauvais thriller pendant 300 pages. C'est assez pénible!

Étonnement, la plume de Marshall est de moins en moins bonne au fil des romans qu'il écrit. Habituellement c'est le contraire mais dans son cas, on pourrait penser à la paresse, à un laisser-aller ou tout simplement à un essoufflement pur et simple. On peut ajouter à cet essoufflement le fait que ses romans sont de moins en moins bons et recherchés. Depuis Les hommes de paille, chaque roman est identique aux autres. Le style est semblable tout comme la trame narrative. Des romans quelconques même si Les hommes de paille est selon moi un chef-d'oeuvre du genre. Ensuite, les quatre suivants, dont Les intrus, sont sans grand intérêt.

Finalement, si vous n'avez jamais lu Michael Marshall ne commencez surtout pas par celui-ci. Comme je l'ai écrit plus haut, son chef-d'oeuvre absolu est Les hommes de paille. Ses romans de science-fiction du début de sa carrière sont eux aussi pas si mal. Mais depuis son chef-d'oeuvre, c'est presque l'horreur, sans jeux de mots....

mardi 3 août 2010

Glamorama, Bret Easton Ellis



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Après le yuppie sanguinaire d'American Psycho, les ados névrosés de Moins que Zéro et Les Lois de l'attraction, Bret Easton Ellis présente Victor Ward, l'homme qui monte dans les milieux branchés de New York. Jeune mannequin chargé de lancer la nouvelle boîte de nuit à la mode, il côtoie toutes les célébrités de la couture et du cinéma avant de plonger dans une sordide histoire de terrorisme. Naomi Campbell, Calvin Klein, Pedro Almodovar, Bruce Willis, Kate Moss, Johnny Depp et tous les obsédés de l'objectif défilent. Dans le désordre, ce petit monde joyeux tape de la coke, se bourre de vodka et de calmants, s'envoie en l'air dans tous les sens, part en cure de désintoxication, porte du Donna Karan ou du Gucci, s'observe derrière d'incontournables verres fumés. Sous la plume toujours aussi clinique de l'auteur, un univers de sitcom impitoyable prend vie et se transforme vite en une mise en abyme vertigineuse de la vacuité du monde.

Ce roman est trop long. Il y a facilement 150 pages de trop, ce qui laisse un goût amer. En plus, il a beaucoup trop d'interminables énumérations de vedettes et de produits de marque. Ça ne finit plus. Je sais que c'est le credo de l'auteur et qu'il veut passer un message, mais ça devient vite lassant.

Ensuite, pour continuer au rayon des défauts, le roman est un peu trop burlesque et peu crédible. M. Easton Ellis le voulait de toute évidence ainsi, mais il y a une limite que je m'impose pour la crédibilité d'un roman et celui-ci est continuellement sur cette limite et la dépasse parfois.

Les qualités du roman sont par contre eux aussi nombreuses. Pour ce qui est du style d'écriture et de la plume de l'auteur, il y a une nette amélioration entre celui-ci et son premier roman, Moins que zéro. Sa plume est plus mature, moins lourde et davantage agréable à lire. En plus, au final, le roman est captivant. C'est comme si l'auteur l'avait écrit avec une boule de cristal. Il y a des allusions subtiles ou moins subtiles sur les attaques du 11 septembre 2001, sur le Da vinci code et même sur la future auteure vedette Stephenie Meyers, l'écrivaine de Twilight. Aussi, on peut faire un parallèle avec ce roman et les extravagances et la superficialité de Paris Hilton. Tout ça écrit en 1998!!

Donc, en résumé, voici un roman loin d'être parfait mais plutôt plaisant à lire. Moi qui croyais à une densité à la Moins que zéro, j'ai été comblé.