"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

samedi 5 janvier 2013

Fictions, Jorge Luis Borges



Ma note : 7,5/10

Voici la quatrième de couverture : «Des nombreux problèmes qui exercèrent la téméraire perspicacité de Lönnrot, aucun ne fut aussi étrange - aussi rigoureusement étrange, dirons-nous - que la série périodique de meurtres qui culminèrent dans la propriété de Triste-Le-Roy, parmi l'interminable odeur des eucalyptus. Il est vrai qu'Eric Lönnrot ne réussit pas à empêcher le dernier crime, mais il est indiscutable qu'il l'avait prévu...» Jorge Luis Borges est l'un des dix, peut-être des cinq, auteurs modernes qu'il est essentiel d'avoir lus. Après l'avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. Sans doute même avons-nous plus de coeur.

Alors que "Le livre de sable" de Borges m'habitait encore, même si cela fait très longtemps que je l'ai lu, j'entamais "Fictions" avec le souvenir d'un géant des lettres qui sait manier la nouvelle littéraire comme pas un. Borges est le nouvelliste que je préfère et "Fictions" fait même partie des 100 plus grands livres de tous les temps, selon 100 écrivains de partout dans le monde. C'est ce qui frappe d'emblée avec cet écrivain, son internationalité, et dans celui-ci, c'est un peu la même chose, à l'exception de la dernière nouvelle du recueil où l'on sent bien l'Argentine, le pays de Jorge Luis Borges.

La deuxième partie du recueil m'a par contre déçu et globalement ennuyé. Il n'y a pas vraiment de nouvelles qui ressortent du lot et mon souvenir de ces nouvelles s'est déjà estompé après quelques heures seulement, ce qui est mauvais signe (entre autres parce que c'est le contraire qui se produisit avec "Le livre de sable". Il y a plusieurs nouvelles que je me rappelle encore, notamment celle où un protagoniste rencontre un double de lui-même (plus vieux) sur un banc de parc. Aussi, il y a celle du pays, dans un autre espace et temps, où il n'y a plus de gouvernements, plus de guerres, plus de livres, etc. Avec "Le livre de sable" il y avait un thème qui reliait chaque nouvelle, celui du temps, alors que c'est moins intéressant avec "Fictions" où l'on retrouve bien entendu le thème de la fiction au travers des âges de même que celui du livre et de son histoire (par moments encyclopédique)).

Par contre, dans la première partie, il y a des nouvelles qui m'ont marqué. En premier lieu, celle où un auteur essaie de réécrire le Don quichotte de Cervantes mais sans écrire une suite ni même de le réécrire avec un oeil contemporain. Il essaie plutôt de se replonger dans le siècle de Cervantes en étant encore plus Cervantes que Cervantes lui-même, en oubliant volontairement l'histoire du monde depuis l'écriture de ce roman, etc. Bref, j'ai trouvé Borges très malin avec celle-ci. Aussi, il y a la première nouvelle du recueil où l'auteur place l'idéalisme philosophique comme idée centrale appuyée par le thème de l'encyclopédie. De plus, il y a celle de la loterie à Babylone où l'on pourrait dire qu'elle est une métaphore sur l'absurdité de notre monde contemporain écrit avec le prisme du passé, de la société perdue. En terminant, comme je le disais, cette première partie est très réussie, mais dans la deuxième partie du recueil, les nouvelles sont moins marquantes, mais plus subtiles (et mieux écrites et plus littéraires aussi). Donc, en général, j'ai préféré "Le livre de sable", mais ce qui serait préférable, c'est une imbrication des meilleures nouvelles des deux recueils.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire