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mercredi 4 avril 2012

L'invention de la solitude, Paul Auster



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: "Paul Auster est devenu écrivain parce que son père, en mourant, lui a laissé un petit héritage qui l'a soustrait à la misère. Le décès du père n'a pas seulement libéré l'écriture, il a littéralement sauvé la vie du fils. Celui-ci n'en finira jamais de payer sa dette et de rembourser en bonne prose le terrifiant cadeau du trépassé." Là se trouve — Pascal Bruckner le note d'emblée dans sa lecture — la clef de voûte du système Auster. L'Invention de la solitude est le premier livre du jeune écrivain, c'est aussi le livre fondateur de son œuvre, son art poétique. Dans les deux parties — Portrait d'un homme invisible (le père) et le Livre de la mémoire —, Paul Auster interroge la mémoire familiale et met en place un univers que l'on retrouvera dans chacun de ses romans.

On pourrait comparer ce livre, certains passages à tout le moins, à "Les mots" de Jean-Paul Sartre et à "Une histoire d'amour et de ténèbres" d'Amos Oz. Ce n'est pas vraiment un roman. La première partie est consacrée à la vie de son père et de ses grands-parents paternels. Il commente sa situation familiale d'un oeil pour le moins critique. Et lors de la deuxième partie, Auster nous offre une autobiographie très dirigée sur la place de l'écriture dans sa vie.

Les références de Paul Auster sont les mêmes tout au long de sa carrière et ici, dans son premier livre, il mettait la table pour son oeuvre futur. Alors, Emily Dickinson, Freud, Proust, Hölderlin et Thoreau - et d'autres - viennent se greffer aux autres thèmes de l'auteur comme l'identité, la solitude et la création littéraire. De plus, cet écrivain a un certain attachement à la culture de masse, notamment en écrivant beaucoup sur le baseball.

J'avais lu tous les romans d'Auster et pour boucler la boucle, j'ai décidé de lire celui-ci même si l'auteur a débuté avec la publication de cet essai (je crois que le genre de l'essai est ce qui se rapproche le plus de ce livre difficile à catégoriser). J'ai bien aimé mon moment de lecture mais je comprends pourquoi plusieurs n'ont pas appréciés. Cependant, je crois qu'il est préférable de ne pas commencer par celui-ci et en plus, on doit aimer ce romancier au préalable, parce que ce livre est très personnel.

Pour terminer, je dois glisser un mot sur la traduction. La traductrice, Christine Le Boeuf, est habituellement excellente pour traduire les livres de Paul Auster, mais ici, avec "L'invention de la solitude", c'est raté. Plusieurs mots sont mal agencés, ce qui donne des phrases difficilement lisibles, surtout dans la deuxième partie. C'est peut-être l'auteur qui voulait être trop original, mais le style d'écriture du "Livre de la mémoire" n'est pas à la hauteur de Paul Auster après une première partie courte mais efficace.

jeudi 29 décembre 2011

La musique du hasard, Paul Auster



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Nashe, qui a hérité de deux cent mille dollars, se débarrasse de ce qu’il possède, achète une voiture et entreprend de sillonner l’Amérique. Ainsi rencontre-t-il Pozzi, professionnel du poker, avec qui il décide de miser le restant de sa fortune dans une partie "facile" contre deux millionnaires excentriques, Flower et Stone. Et le plus extravagant commence alors… A chacun de ses romans, Paul Auster révèle une nouvelle dimension de sa maîtrise romanesque. Et son succès, en Europe comme aux Etats-Unis, doit beaucoup à la manière qu’il a de combiner une esthétique européenne avec des mythes américains. Les amateurs de littérature romanesque seront comblés par ce livre scintillant de coïncidences et de conjonctions révélatrices, écrit avec une ferveur et une habileté narratives plus "austériennes" que jamais.

C'est le dernier roman de Paul Auster qu'il me restait à lire. Cependant, j'ai prévu une relecture du "Livres des illusions" dans un avenir pas si lointain.

"La musique du hasard" est, comme vous l'aurez deviné, un roman qui traite beaucoup de ce thème du hasard qui est très présent dans l'oeuvre d'Auster. La thèse de l'auteur, et je suis d'accord avec lui, semble être que chaque événement qui nous arrive est le fruit du hasard, contrairement à ce qu'en pensent plusieurs. Alors, les personnages intéressants qui peuplent ce livre se verront dominer par les hasards (quotidiens). Pour le meilleur et pour le pire.

En plus de ce thème abondamment exploité (mais aussi exploité subtilement) dans le récit, j'y ai vu aussi une critique du capitalisme. Bien cachée par contre, cette critique est en relation avec l'argent, le travail, le plaisir et plus globalement, notre quotidien. Petit à petit, les personnages se retrouvent prisonniers des riches et confinés aux travaux forcés pour simplement survivre. En plus, on retrouve des parcelles du syndrome de Stockholm vis-à-vis du capitalisme. Les gens finissent par s'y sentir bien!

Malgré une deuxième moitié plus romanesque et dans la plus pure tradition de cet écrivain, la quatrième de couverture et la première partie du roman annonçaient pourtant un Auster plus dans le genre du thriller. Notamment avec un sujet comme le poker, la course à l'argent, etc., je croyais que l'intrigue se rapprocherait d'un banal thriller américain. Par chance, ce ne fût pas le cas pour la suite.

Finalement, même s'il ne fait pas partie de mes préférés, "La musique du hasard" est agréable à lire et Auster nous entraîne sur quelques pistes qui resteront ouvertes et surtout, inachevées par l'auteur. Quelques personnages disparaissent, le mystère plane. La fin est éblouissante et bref, c'est un roman à lire!

mardi 27 décembre 2011

Tombouctou, Paul Auster



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Willy erre dans Baltimore à la recherche de son ancienne institutrice car, avant de mourir, il aimerait lui confier son chien — le fidèle Mr Bones — et aussi l’œuvre de sa vie : soixante-quatorze cahiers, et notamment les huit cents premiers vers d’une épopée inachevée, Jours vagabonds. Mais Willy meurt sans avoir pu assurer l’avenir de ses écrits, et Mr Bones se retrouve seul, livré à lui-même, privé de ce maître qui fut pour lui le pivot et la raison d’être de l’univers. Pour Mr Bones c’est une évidence, Willy est désormais à Tombouctou, l’au-delà des bienheureux. Les harangues de Willy et les souvenirs que Mr Bones garde des méditations de son maître constituent la plus grande part d’une fable romanesque écrite avec un art de la narration qui, depuis son premier livre, a fait la réputation de Paul Auster.

C'est un court roman de cet auteur. En format hardcover, il ne fait que 210 pages. Et heureusement, j'oserais dire. Je n'aime pas les histoires avec des animaux comme personnages principaux (à part "La ferme des animaux" de George Orwell, mais ce dernier est un génie) et malgré une très jolie couverture et un résumé très réussi en quatrième de couverture, ce roman m'a ennuyé, comme je m'y attendais un peu.

En plus de suivre un chien tout au long du récit, Paul Auster ramène à sa plus simple expression ses thèmes préférés. L'histoire est une fable, je le conçois, mais je crois qu'il aurait dû expliciter davantage l'épopée poétique inachevée de Willy, le compagnon du chien (qu'on retrouve seulement dans la première moitié du roman). Donc, Auster ne nous parle presque pas de poésie, de littérature. La métaphore qu'on peut tirer de "Tombouctou" est également très mince.

Bien qu'il soit à part dans la bibliographie de l'écrivain, ce roman est proche de "Mr. Vertigo". Comme pour ce dernier, on ne sait pas trop à qui il voulait s'adresser. On sent le roman d'apprentissage pas trop loin mais pas trop réussi non plus. Bref, ces deux livres sont rachetés par une seule et unique chose : la plume agréable de l'auteur.

dimanche 25 décembre 2011

Moon Palace, Paul Auster



Ma note: 8,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: "Rien ne saurait étonner un Américain." Telle est l’épigraphe empruntée à Jules Verne par laquelle Paul Auster invite le lecteur à suivre les tribulations de son héros. Marco Stanley Fogg raconte ici les circonstances étranges qui ont marqué le commencement de sa vie, depuis son arrivée à New York en 1965 jusqu’à ce que, sept ans plus tard, il découvre l’identité de son père… à temps pour assister à son enterrement. Et ses amours, ses rencontres, sa misère, ses errances dans les paysages mythiques de l’Amérique rêvée constituent le matériau d’un formidable roman d’aventures en même temps qu’elles apparaissent comme les étapes d’un voyage initiatique aux confins de la solitude et de la déréliction — thèmes fondateurs de l’œuvre de l’écrivain.

Au-delà de tous les thèmes qui se retrouvent dans ce roman (et ce sont les mêmes thèmes austeriens que ses autres romans), celui de la solitude est certainement le plus important. La première partie au complet traite amplement de ce thème et l'écrivain semble s'être inspiré de la vie d'Emily Dickinson, la grande poétesse américaine qui s'est enfermée pendant 30 ans. Mais ici, c'est un jeune homme, le héros, qui vit en reclus et dans la seconde partie du récit, il quittera sa solitude extrême pour la route. Il y rencontrera d'autres personnages intéressants et vivra des expériences pour le moins rocambolesques. Sur sa route, en plus de se retrouver lui-même, il retrouvera son passé.

L'histoire est aussi très proche de celle, réelle, de Chris McCandless, le jeune homme dont l'histoire nous est parvenu grâce au livre (et au film) "Into The Wild". J'avais aimé ce livre tout comme j'ai aimé "Moon Palace". Celui de Paul Auster est un peu le pendant fictif d'"Into the Wild". Mais, bien sûr, il y a plusieurs différences. Entre autres, on peut dire que "Moon Palace" se déroule plus à l'intérieur et dans les villes. Les thèmes de l'imagination, du mystère et du hasard sont aussi plus présents dans "Moon Palace".

En terminant, je dois dire que j'ai davantage préféré la première partie au reste du roman. Parce qu'après cette première partie, le récit devient quelque peu ennuyeux et le destin du personnage principal me glissait petit à petit entre les doigts.

Cependant, "Moon Palace" est sans contredit un de mes préférés de Paul Auster.

vendredi 23 décembre 2011

Brooklyn Follies, Paul Auster



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture: Nathan Glass a soixante ans. Un divorce, un cancer en rémission, trente ans de carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan et une certaine solitude qui ne l'empêche pas d'aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Chaque jour, Brooklyn et ses habitants le séduisent davantage, il prend ses habitudes, tombe sous le charme d'une serveuse et décide de faire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses faiblesses de langage, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps, le 23 mai de l'an 2000, ce livre intitulé Brooklyn Follies prend une autre dimension. Ce jour-là, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood. Perdu de vue depuis longtemps, ce garçon de trente ans reprend très vite la place qui fut la sienne dans le cœur de son oncle. Et c'est ensemble qu'ils vont poursuivre leur histoire, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout, le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence... Un livre sur le désir d'aimer. Un roman chaleureux, à travers lequel tous les grands thèmes austériens se répondent, où les personnages reprennent leur vie en main, choisissent leur destin, vivent le meilleur des choses - mais pour combien de temps encore, en Amérique ?...

Ce fût une de mes plus belles lectures de Paul Auster. On y retrouve à peu près tous les thèmes chers à l'auteur (notamment l'identité, la solitude, les livres, la création artistique, l'imagination, etc.) et j'ai aimé particulièrement "Brooklyn Follies" parce qu'on y parle d'auteurs que j'affectionne, comme Thoreau (mais cela n'est pas nouveau pour Auster), Emily Dickinson, Wittgenstein et Kafka, qui n'est pas mon préféré du lot mais qui a eu une vie extraordinaire. Il décrit même l'histoire de la poupée de Kafka, que je ne vous conterai pas mais que je vous laisserai plutôt découvrir. Avec "Brooklyn Follies", Paul Auster n'a pas peur de nous faire part de sa grande culture littéraire, pour notre plus grand bonheur. Dans ses autres oeuvres, il semblait afficher, malheureusement, un peu plus de retenue sur ce point.

Le concept de L'Hôtel Existence est particulièrement réussi. Sans vous en dévoiler trop, comme plusieurs critiques le font souvent, je vous dirai simplement que l'art d'écrire occupe une grande place dans ce livre et L'Hôtel Existence y joue un grand rôle.

Donc, pour terminer, ce que j'aime en littérature se retrouve dans ce roman. En plus d'une construction bien menée, d'un juste équilibre dans le rythme et de personnages plus attachants les uns que les autres, on en apprend beaucoup avec ce bouquin. La musicalité de la prose de Paul Auster y est pour beaucoup dans mon appréciation de ce grand auteur (même en traduction, on sent parfaitement cette musicalité des mots). Ainsi, tous les éléments sont réunis pour lui donner le nom de chef-d'oeuvre.

mardi 20 décembre 2011

Léviathan, Paul Auster



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: C’est une course de vitesse qui s’engage dès le premier chapitre de Léviathan. En effet, quand Peter Aaron (P.A. comme Paul Auster) lit dans les journaux que, sur une route du Wisconsin, on a retrouvé le corps défiguré d’un homme qui s’est tué en manipulant un engin explosif, il n’hésite pas : il s’agit à coup sûr de Benjamin Sachs qui fut son très proche ami. Et il entreprend aussitôt de reconstituer et d’écrire l’histoire de Sachs, pour que l’on sache quelles interrogations sur l’identité américaine ont conduit celui-ci à cette fin quasiment prévisible, et pour prévenir ainsi les mensonges des enquêteurs. Dès lors, P.A. se lance sur toutes les pistes qui s’ouvrent, explore les étrangetés de conduite qu’il découvre (en particulier celles des couples et des femmes) et relève avec soin chacune de ces coïncidences qui ont quelque chose d’un rictus du destin. Et soudain l’on comprend que l’une des clefs essentielles dans l’art de ce romancier si "différent", c’est sa manière d’être moins le portraitiste que le biographe de chacun de ses personnages. Le délire parfois mortel qui les anime nous devient aussi présent que si nous vivions parmi eux et, du coup, les lignes de fuite du récit, à la manière d’un trompe-l’œil, s’inscrivent dans la perspective des nôtres.

Ce roman de Paul Auster m'a quelque peu déçu. Il avait gagné le prix Médicis étranger en 1993 et plusieurs le considère comme un chef-d'oeuvre. C'est vrai qu'il est très bien écrit, comme toujours avec Auster, et qu'il jouit d'une construction sans faille. Mais je m'attendais à plus.

En effet, une grande partie du roman est quasiment sans intérêt. En tout cas, je n'y ai pas trouvé mon compte. Le début est très bien, parce qu'il est mystérieux et on veut en apprendre plus sur ce Ben Sachs. La fin aussi est très réussie. Même si je l'avais vue venir de loin, elle nous éclaire sur nombre de points. Mais entre ces deux parties, c'est le néant. Il ne se passe rien, les conversations entre les personnages sont à la limite de l'inutilité et l'ennuie est au rendez-vous.

Pourtant, le roman ne fait que 310 pages en format hardcover. Il ne devrait pas y avoir de longueur.

Quant au contenu, je ne peux me prononcer parce que j'en dirais trop (et dévoilerais par le fait même l'intrigue et le dénouement qui sont cachés dans le récit). La quatrième de couverture fait le travail sur ce point et même très bien. Mais dans le même genre, j'avais de loin préféré "Pastorale américaine" de Philip Roth, que je vous recommande davantage que "Léviathan".

lundi 28 novembre 2011

La nuit de l'oracle, Paul Auster



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Après un long séjour à l'hôpital, l'écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne plus jamais retrouver l'inspiration. Un matin, alors qu'il fait quelques pas dans son quartier, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, presque dans un état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu'il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve de plus dangereuses surprises... Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l'improvisation et de la maîtrise, La Nuit de l'oracle précipite le lecteur au cœur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l'imaginaire n'était rien d'autre que le déroulement du temps avant la mort. Ou pire encore, son origine.

Ce roman de Paul Auster m'a beaucoup fait penser à "Seul dans le noir". La construction est semblable, parce qu'encore une fois on est dans l'emboitement d'histoires, l'histoire dans l'histoire, dans la mise en abyme (et ici on pourrait même dire "les mises en abyme"). Donc, un homme seul chez lui (enfin, presque seul) commence à écrire une histoire. Et plus on avance, le thème de la réalité dépassant la fiction refait surface. Par contre, même si le récit de "La nuit de l'oracle" ne m'a pas rejoint autant que celui de "Seul dans le noir", on peut dire que "La nuit de l'oracle" est beaucoup plus profond, notamment parce qu'il est plus long. On a donc le temps de bien pénétrer dans l'histoire et d'apprécier à sa juste valeur la plume agréable d'un Paul Auster, qui maîtrise l'art du roman à la perfection. L'art du post-modernisme en particulier.

Mais ce qui ne m'a pas plu dans ce bouquin, c'est la complexité des récits. Souvent, on se demande dans qu'elle histoire on est. Et par moment, il y a trois récits d'imbriqués et personnellement, j'ai été perdu.

Aussi, les romans de Paul Auster commencent à tous se ressembler, et ainsi, après plusieurs livres lus de cet auteur, on devient insensible à ce genre de texte. On n'est plus surpris et on commence à connaître les astuces de l'auteur. On voit maintenant les ficelles qui nous échappaient peut-être quand on commençait tout juste à lire cet écrivain.

Finalement, je conseillerais plutôt "La trilogie new-yorkaise" d'Auster si vous ne l'avez pas encore lu ou bien, dans un genre un peu différent, "Le voyage d'Anna Blume". J'aime beaucoup cet auteur mais parfois ses romans tombent à plat. Sans être dans cette catégorie, "La nuit de l'oracle" n'est pas ce qu'il a fait de meilleur, loin de là.

jeudi 17 novembre 2011

Dans le scriptorium, Paul Auster



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: L'homme qui, ce jour-là, se réveille, désorienté, dans une chambre inconnue est à l'évidence âgé. Il ne sait plus qui il est, il ignore pourquoi il se retrouve assigné à résidence entre les quatre murs de cette pièce, percés d'une unique fenêtre, d'ailleurs condamnée, et d'une porte que des "visiteurs" vont franchir, dans un sens ou dans l'autre... Sur un bureau, sont soigneusement disposés une série de photographies en noir et blanc, deux manuscrits et un stylo. Qui est-il ? Et que lui veulent ses interlocuteurs, dont cette Anna qui lui donne du "Mr. Blank" et lui tient des propos où il est question de comprimés, d'un traitement en cours, mais aussi d'amour et de promesses ? Et qui sont ces autres qui, sous l'œil infatigable de la caméra enregistrant les minutes de l'ultime épreuve du vieil homme, s'acharnent à lui reprocher de les avoir jadis envoyés accomplir de mystérieuses missions dont certains d'entre eux sont revenus irrémédiablement détruits ? Revisitant les territoires de l'inquiétante étrangeté, où son œuvre s'enracine depuis son entrée en écriture, Paul Auster livre ici une étonnante variation sur la relation du romancier à ses personnages qui entre en résonance avec une interrogation profonde sur les responsabilités de l'Amérique contemporaine face à l'Histoire. Avec ce roman, un écrivain au sommet de sa notoriété accepte de se réinventer pour questionner les labyrinthes du langage et affronter de manière exemplaire les exigences de la fiction dans son essence même.

J'aimais bien le "concept" de ce roman de Paul Auster, écrit en 2005. Un homme enfermé dans une chambre, bien qu'il porte le nom de Mr.Blank, c'est sans contredit Paul Auster, cet homme, et qui reçoit la visite de ses personnages créés dans ses précédents romans. Alors, on retrouve Anna Blume (un roman que j'avais adoré d'ailleurs), Mr. Quinn (de "La trilogie New yorkaise) et bien d'autres aussi.

Donc, Auster nous amène, avec l'aide de son post-modernisme en général et ses mises en abyme, en particulier, dans le scriptorium où le personnage principal devra faire face aux démons de ses créations. C'est en fait la mise en abyme ultime que voulait créer l'auteur.

Tout cela est bien beau, mais le tout est presque raté. Je crois qu'il ne s'est pas pris de la bonne façon et bien que je n'ai aucune leçon d'écriture à faire à ce grand écrivain (que j'adore), le récit est mal ficelé. L'histoire nous perd dès les premières pages et en plus, je n'ai pas tout lu de Paul Auster, ce qui m'a été fatal, parce que le roman est une référence (en tant que telle) à ses livres antérieurs.

Avec seulement 140 pages, j'appréhendais que le bouquin soit trop court mais étant donné qu'il est plutôt faible, la fin nous libère en quelque sorte. Je lui ai mis une note convenable, parce que je suis un grand amateur du style d'écriture de l'auteur et une note en-déçà de la note de passage aurait été injustifiée. Donc, sans être totalement mauvais, vaut mieux ne pas lire "Dans le scriptorium". Surtout si on n'a pas lu l'entièreté de son oeuvre auparavant.

dimanche 13 novembre 2011

Sunset Park, Paul Auster



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Parce qu'il s'est toujours senti coupable de la mort accidentelle de son demi-frère, Miles s'est banni de sa propre histoire. Il a quitté sa famille, abandonné ses études, et travaille, en Floride, à débarrasser les maisons désertées par les victimes des subprimes. Amoureux d'une fille trop jeune, passible de détournement de mineure, Miles fait bientôt l'objet d'un chantage et est obligé - encore une fois - de partir. Il trouve alors refuge à Brooklyn où son fidèle ami Bing Nathan squatte une maison délabrée, en compagnie de deux jeunes femmes, elles aussi condamnées à la marge par l'impossibilité d'exprimer ou de faire valoir leurs talents respectifs. Désormais Miles se trouve géographiquement plus proche de son père, éditeur indépendant qui tente de traverser la crise financière, de sauver sa maison d'édition et de préserver son couple. Confronté à l'écroulement des certitudes de toute une génération, il n'attend qu'une occasion pour renouer avec son fils afin de panser des blessures dont il ignore qu'elles sont inguérissables...Avec ce roman sur l'extinction des possibles dans une société aussi pathétiquement désorientée qu'elle est démissionnaire, Paul Auster rend hommage à une humanité blessée en quête de sa place dans un monde interdit de mémoire et qui a substitué la violence à l'espoir.

Je termine cette lecture avec une pointe glaciale de déception. Je ne sais pas où Paul Auster voulait nous emmener avec ce roman. Peut-être veut-il enfin se débarrasser du post-modernisme en glissant tranquillement vers le réalisme? Mais pour ma part, j'y ai vu une tentative, parfois malhabile, de nous parler de la crise économique de 2008 et surtout, des conséquences désastreuses qui ont suivi. Et la fin du bouquin me donne plutôt raison. Sans être une charge pro-socialiste, on n'en est pas loin.

Pendant ma lecture, je souhaitais presque qu'Auster nous revienne avec ses fameuses mises en abyme (ses poupées russes littéraires, comme je les ai appelé dans une autre critique). Parce que cette fois-ci, le récit est ennuyeux. Il ne se passe rien. La légèreté de l'écriture de l'auteur ne parvient pas à sauver un manque d'inspiration.

L'auteur a peut-être voulu, aussi, se limiter à un exercice de style. Il y quelques phrases très poétiques. Après un "Invisible" qui m'avait convaincu (et qui avait racheté quelques romans plus faibles, selon la plupart des critiques), "Sunset Park" ramène Auster dans ce qu'il a fait de moins bon.

Par contre, je ne peux pas dire que c'est un mauvais roman. Auster n'est jamais mauvais et il y a quelques paragraphes écrits prodigieusement. Mais sans rentrer dans le contenu en tant que tel (notamment parce que la quatrième de couverture le fait amplement et très bien) je peux vous dire que ce contenu est décevant. Avec cet écrivain, on a toujours quelque chose de plus qu'une banale histoire. Pas cette fois.

vendredi 11 novembre 2011

Seul dans le noir, Paul Auster



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: "Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain." Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d'un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad... Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l'assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n'aurait pas eu lieu et où l'Amérique ne serait pas en guerre contre l'Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l'Histoire. En plaçant ici la guerre à l'origine d'une perturbation capable d'inventer la "catastrophe" d'une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l'infatigable et fécond questionnement qu'il poursuit quant à l'étrangeté des chemins qu'emprunte, pour advenir, l'invention romanesque.

"Seul dans le noir" de Paul Auster est un roman beaucoup trop court pour ses promesses. Avec seulement 180 pages en format hardcover, notre lecture, comme c'est souvent le cas avec cet auteur, coule tout seul sous nos yeux. Auster écrit très bien, mais on croirait qu'avec celui-ci, il n'a pas su développer une histoire digne de la quatrième de couverture (du résumé).

Pourtant, le roman jouit de quelques idées remarquables. Le fait de reconstituer le monde sans le 11 septembre 2001 avait tout pour me plaire. En plus, cette reconstitution romanesque se fait sous nos yeux, parce qu'encore une fois, l'écrivain utilise la mise en abyme pour nous en mettre plein la gueule. C'est particulièrement bien rendu avec "Seul dans le noir". Mais la brièveté du récit, et la minceur de la dystopie sur le 11 septembre, viennent gâcher notre plaisir.

Pour terminer, je n'ai pas regretté ma lecture non plus. Le talent de l'auteur vient racheter le désastre que cela aurait pu être. Malgré la petitesse du bouquin (c'est davantage une novella), Auster construit les personnages avec une profondeur surprenante. Il y a aussi une leçon d'écriture qui s'en dégage. Donc, avec une plume plus poétique qu'avec plusieurs autres de ses romans, on peut dire qu'il réussi sur plusieurs plans. Par contre, je ne saurais si je vous le conseille. Ce n'est vraiment pas son meilleur...

samedi 13 août 2011

Mr. Vertigo, Paul Auster



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: " J'avais douze ans la première fois que j'ai marché sur l'eau. L'homme aux habits noirs m'avait appris à le faire, et je ne prétendrai pas avoir pigé ce truc du jour au lendemain. Quand maître Yehudi m'avait découvert, petit orphelin mendiant dans les rues de Saint Louis, je n'avais que neuf ans, et avant de me laisser m'exhiber en public, il avait travaillé avec moi sans relâche pendant trois ans. C'était en 1927, l'année de Babe Ruth et de Charles Lindbergh, l'année même où la nuit a commencé à envahir le monde pour toujours. J'ai continué jusqu'à la veille de la Grande Crise, et ce que j'ai accompli est plus grand que tout ce dont auraient pu rêver ces deux cracks. J'ai fait ce qu'aucun Américain n'avait fait avant moi, ce que personne n'a fait depuis. " Précipité par ce premier paragraphe dans un récit d'une prodigieuse virtuosité narrative - les modèles d'Auster furent Grimm et Andersen - le lecteur découvre, du Ku Klux Klan au gangstérisme, quelques facettes étranges de cette Amérique que l'écrivain n'a pas fini de nous révéler.

Je termine cette lecture avec une déception certaine. C'est la première fois que Paul Auster me déçoit. Comme c'est souvent le cas avec les récits initiatiques (récemment j'avais abordé ce point avec le "Kafka sur le rivage" de Murakami), l'auteur a voulu ratisser trop large quant à l'âge des lecteurs, ce qui donne un roman pour adolescents pour le moins banal. Je ne crois pas que les adultes y trouveront leur compte avec ce bouquin. La première moitié on a droit à un récit plus que fade où le personnage principal apprend à voler dans les airs. Ensuite, c'est un peu mieux mais il n'y a rien d'extraordinaire non plus.

Ce roman est, selon moi, une métaphore. Paul Auster a voulu nous expliquer qu'un enfant doit apprendre à voler avant tout. Il doit apprendre les leçons de la vie avant de la vivre et l'auteur s'adresse ainsi aux adultes, parce que la plupart d'entre eux n'ont rien appris. C'est aussi une critique de la société américaine et occidentale. Le culte de la célébrité qui conduit au désastre est bien représenté par cet enfant qui parcourt les scènes pour leur démontrer qu'il sait voler.

Tout n'est pas raté. Mais la déception est tellement grande dans mon cas que même la plume d'Auster (qui est toujours judicieuse) est ici un peu éteinte. L'imaginaire de l'auteur ressort un peu, mais dans la mauvaise direction. Par chance que le roman n'est pas long (quelque 300 pages) parce que sinon, je ne pense pas que j'aurais tenu le coup. J'aime mieux un Paul Auster plus adulte où les thèmes de la solitude, de l'identité, de l'imaginaire (entre autres), sont traités par un sage, pour des lecteurs aggueris. Ce n'est pas le cas ici.

lundi 4 juillet 2011

Invisible, Paul Auster



Ma note: 8,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: New York, 1967: un jeune aspirant poète rencontre un énigmatique mécène français et sa sulfureuse maîtresse. Un meurtre scelle bientôt, de New York à Paris, cette communauté de destins placés sous le double signe du désir charnel et de la quête éperdue de justice. Superbe variation sur "l'ère du soupçon", Invisible explore, sur plus de trois décennies, les méandres psychiques de protagonistes immergés dans des relations complexes et tourmentées. Le vertigineux kaléidoscope du roman met en perspective changeante les séductions multiformes d'un récit dont le motif central ne cesse de se déplacer. On se délecte des tribulations du jeune Américain naïf et idéaliste confronté au secret et aux interdits, tout autant qu'on admire l'exercice de haute voltige qu'accomplit ce très singulier roman de formation. Au sommet de son art narratif, Paul Auster interroge les ressorts mêmes de la fiction, au fil d'une fascinante réflexion sur le thème de la disparition et de la fuite.

Paul Auster est le digne représentant du courant postmoderne en littérature. Ses métafictions et mises en abymes rejoignent autant les initiés que les profanes. Il use d'une plume simple mais très belle aussi. Il ne fait pas de concession sur l'esthétisme de ses écrits.

Invisible n'échappe pas à la règle. Ses emboîtement (et enchaînement) d'histoires sont fortement réussis, comme tous les Paul Auster que j'ai lu. On sent dans celui-ci en particulier, une maturité. Cet auteur est véritablement au sommet de son art (même si j'ai préféré sa "Trilogie new-yorkaise").

Outre sa construction sans faille, l'histoire en tant que telle nous amène dans un monde d'intellectuelles (étudiants en littérature, mécène, etc.) mais avec un minimum de personnages. Ils semblent tourmentés et le mensonge parsème le récit. Aussi, les références aux auteurs célèbres sont nombreuses. J'adore ce genre d'histoire où l'intellectualisme prime sur l'action.

Finalement, comme dans tous bons Auster, le "jeu" des narrateurs est bien ancré dans le livre et le mystère plane tout au long de notre lecture. On cherche à savoir qui tire réellement les ficelles de l'histoire. En plus, dans celui-ci, on ne sait jamais si l'action qui se déroule sous nos yeux a réellement existé (dans le roman on s'entend). En plus de ce "jeu", il y a une histoire solide dans le roman, des personnages étoffés et une intrigue intéressante. Bref, que du bon!

vendredi 14 janvier 2011

Trilogie New-Yorkaise, Paul Auster



Ma note : 9/10

Voici la quatrième de couverture : De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l'art de la narration est sans doute la plus déterminante. C'est qu'il suffit de s'embarquer dans la première phrase d'un de ces trois romans pour être emporté dans les péripéties de l'action et étourdi jusqu'au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant, le thriller prend une allure de quête métaphysique et la ville, illimitée, insaisissable, devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions pour mieux nous parler de dépossession.

Je suis complètement soufflé par cette trilogie. Certes la meilleure trilogie que j'ai lu de ma vie, mais aussi un des meilleurs livres qu'il m'ait été donné de lire. C'est rare que je donne un 9/10. En haut de ça, j'attends quelques années pour voir si le temps sera bénéfique pour augmenter ma note. Mais déjà qu'un 9, je vous le dis, c'est très rare que je donne ça.

En plus d'être un livre saisissant, "La trilogie New-Yorkaise" se lit vite. Il n'a que 426 pages en tout, mais c'est 426 pages remarquables. Pour l'histoire en tant que telle, je ne peux vous en dire beaucoup, parce que sinon, j'en dirais trop. Mais disons simplement que la philosophie est abordée. Celle de Thoreau, entre autres. Aussi, des thèmes récurrents chez Paul Auster sont présents, tels que l'identité, l'imaginaire (entre autres à travers l'écriture), la solitude et la perception de la réalité. Mais en dehors de ces thèmes, c'est réellement une leçon d'écriture que nous donne Paul Auster. Il a un réel talent d'auteur et ça c'est précieux.

Au final, voici un chef-d'oeuvre. N'ayons pas peur des mots. On sort de cette lecture conquis par l'auteur. Je le conseillerais à tous, parce qu'on ne peut passer à côté d'un aussi bon livre. Même si l'année 2011 est encore jeune, j'ose même penser que ce sera mon livre préféré de 2011. J'en suis même pas mal convaincu. Et si la vie est juste, Paul Auster sera encore lu dans 500 ans.

mercredi 1 décembre 2010

Le voyage d'Anna Blume, Paul Auster



Ma note : 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : In the Country of Last Things est le titre original du Voyage d'Anna Blume. De ce " pays des choses dernières " où elle tente de survivre au froid, aux prédations et au désespoir, Anna Blume - venue chercher son frère disparu, William - écrit une longue lettre dont on ne sait si elle trouvera jamais son destinataire : ses errances dans une ville aux rues éventrées, sa lutte pour subsister parmi les " chasseurs d'objets " et les " ramasseurs d'ordures ", la mort omniprésente, la difficulté de vivre des amours durables... revêtent ici une force symbolique d'une actualité étonnante. Et cette lettre, en même temps qu'elle éveille en lui un passé de terreurs et d'apocalypse, interroge d'insidieuse façon le lecteur sur son rapport au monde... et au langage.

J'aime beaucoup Paul Auster. Son style d'écriture est splendide et il est le maître de la "poupée russe" littéraire, soit des romans qui contiennent plusieurs illusions ou plusieurs autres romans en un seul. On croit lire un roman quelconque mais il revire la situation et on s'aperçoit qu'on ne lisait pas nécessairement ce qu'on pensait. Dans les romans de Paul Auster, il y a donc emboîtement d'histoires différentes, de narrateurs différents aussi. Le tout fait avec une main de maître pour notre plus grand plaisir.

Pour "Le voyage d'Anna Blume" la situation n'est pas différente. C'est un mystérieux personnage qui nous lit la lettre qu'il a trouvée, écrite par Anna Blume. Cette lettre étant écrite d'un endroit très différent du nôtre. Tout le roman repose sur la description de la cité où Anna Blume se trouve. Le coup de génie de Paul Auster avec ce roman est que cet endroit est très différent de notre monde mais quand on le lit comme une métaphore, - de notre monde, de nos villes (New york en particulier)- on peut y faire des liens. L'endroit où se trouve Anna Blume est très intéressant, c'est le moins que l'on puisse dire, et l'ambiance qu'a réussi à créer Paul Auster est magique. C'est un véritable coup de maître ce roman!

Finalement, j'aurais aimé mettre une note plus haute pour ce roman(je l'ai tellement aimé) mais comme à chaque fois que je lis Paul Auster il manque un petit je-ne-sais-quoi pour crier au chef-d'oeuvre. À chaque fois c'est la même chose. C'est difficile à expliquer, mais on finit la lecture en ayant le sentiment que l'auteur a passé à côté de quelque chose d'exceptionnelle. Ne vous méprenez pas, c'est très bon comme roman. C'est à lire absolument, mais il manque quelque chose. Un petit quelque chose...