lundi 24 octobre 2011

La bête humaine, Zola



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s'entend vraiment qu'avec sa machine... Une femme qui semble née pour faire le malheur de tous les hommes qui l'approchent... Un juge pétri de préjugés, prêt à renier la justice au profit de l'intérêt social ou politique... Tels sont les personnages de ce drame, un des plus sombres qu'ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart. Vivante et précise comme un reportage, puissante comme une épopée, son évocation du monde des chemins de fer au moment de leur âge d'or va de pair avec la vision d'une humanité en proie à ses démons héréditaires et sociaux - l'alcoolisme, la misère -, et chez qui la jalousie et la convoitise charnelle portent le meurtre comme la nuée porte l'orage.

La préface fait beaucoup mention de Freud, de l'inconscient, des pulsions. Je me demandais si le roman allait dans ce sens, notamment parce que Zola a écrit au 19e siècle alors que Freud est surtout un psychanalyste-écrivain du 20e siècle. Et bien, je dois dire que la préface est juste. Zola traite abondamment de ces thèmes dans "La bête humaine". Le personnage principal est tourmenté par ses pulsions de meurtres. Aussi, Zola traite de l'inconscient, cette partie cachée de notre être, avec Jacques Lantier, un autre descendant des Rougon-Macquart. Schopenhauer avait déjà traité de l'inconscient avant Zola (et avant Freud aussi, mais bien sûr en tant que métaphysicien et non en romancier).

Le roman est aussi proche, selon moi, du "Crime et châtiment" de Dostoïevsky. Les deux personnages principaux ont quelques points en communs et l'histoire est, par bien des façons, proche du récit de Dostoïevsky. C'est surtout le désir de meurtre et la tourmente qui s'ensuit qui rapprochent les deux livres. Mais la question fondamentale qu'ils posent (d'après moi), c'est l'innocence ou non des meurtriers. S'agit-il d'une tare héréditaire, d'une ombre cachée dans notre être? Est-ce la société qui en est responsable? Ou est-ce le démon qui se cache en nous? Ou tout simplement, le libre arbitre de l'individu qui le pousse à agir ainsi pour une récompense quelconque? Sans donner de véritable réponse, ces deux romans proposent quelques pistes intéressantes.

Donc, ce bouquin traite de la bête humaine qui est en nous. Le tout, métaphoriquement, nous est présenté par la locomotive, les chemins de fers (outils qui sont à la base de notre développement collectif). C'est assez complet comme histoire et Zola revient avec un style d'écriture plus conventionnel pour celui-ci. Ce n'est probablement pas un chef-d'oeuvre mais c'est une lecture qui nous tourmente. C'est déjà beaucoup...

jeudi 20 octobre 2011

Le rêve, Zola



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: Je voudrais, écrivait Zola en préparant Le Rêve, faire un livre qu'on n'attend pas de moi. Un livre écrit " à l'ombre d'une cathédrale ", une sorte de livre mystique et légendaire d'intention analogue à celle de Flaubert racontant " l'histoire de saint Julien l'Hospitalier, telle à peu près qu'on la trouve, sur un vitrail d'église, dans (son) pays. " Mais l'intuition sociale de Zola nous vaut une étonnante évocation néo-balzacienne des milieux et des métiers liés à la vie religieuse et, si la légende est durement ancrée dans la réalité, celle des conflits de classes et des amours impossibles, elle s'épanouit en pages somptueuses, le mariage, la mort de l'héroïne, qui sont comme un dernier flamboiement de l'imagination romantique.

Ce "Rêve" est un très court roman quand on le situe dans l'oeuvre de Zola. Quelque 250 pages. Très mince aussi. L'intrigue, les personnages, les thèmes. Tout est mince, mais cependant, tout est bien écrit aussi. Zola a usé d'une plume compatible à ce genre de roman, un genre qu'il n'est pas habitué.

En effet, c'est un livre à part dans l'oeuvre du romancier. Plus lumineux, plus rêveur (comme le dit le titre), plus doux. Mais surtout, ce roman est moins naturaliste et moins réaliste par le fait même. Moins pessimiste aussi. Les bons sentiments viennent accaparer complètement le récit. Pas de place ici à ce que nous a habitué Zola.

Je crois que ce bouquin se rapproche quelque peu de "La joie de vivre" quant à sa construction à part dans cette saga des Rougon-Macquart. Par contre, le propos est à l'opposé parce que rappelons-nous, l'ombre de Schopenhauer flottait au-dessus de "La joie de vivre". Avec "Le rêve", pas de place pour ce philosophe. Tout repose sur l'espoir, tout est beau, tout est lisse. C'est ce qui m'a quelque peu déplu avec ce roman. Mais par chance, il ne fait que 250 pages...

lundi 17 octobre 2011

La terre, Zola



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture: De retour de la bataille de Solférino, le Provençal Jean Macquart s'est installé dans un village de la Beauce où il est devenu le valet du fermier Hourdequin. Mais quoiqu'il s'éprenne bientôt de Françoise, la nièce du vieux père Fouan, Jean reste ici un étranger à la communauté villageoise : car le vrai drame qui va se jouer est celui de la terre que Louis Fouan a décidé de partager entre ses trois enfants. Qu'il s'agisse en effet de la terre ou de la sexualité, c'est le désir de possession brutale qui est au cœur de ce quinzième roman des Rougon Macquart. Mais ce que souhaite surtout Zola, lorsqu'il fait paraître son livre en 1887, c'est brosser aussi complètement que possible un tableau de la campagne et de la paysannerie, décrite comme une sorte d'humanité primitive. Et parce qu'il n'écarte pas les formes les plus vives ni les plus frustes de cette vitalité élémentaire, son roman a heurté la critique. Mais le public ne l'a pas écoutée et, à la mort de l'écrivain, La Terre demeurait l'un de ses romans les plus lus.

Habituellement, avec la série des Rougon-Macquart, Zola traite d'un sujet différent pour chaque roman. Aussi, les romans de cette série mettent en scène un descendant différent de la famille des Rougon (et des Macquart). Mais ce qui est intéressant avec ces livres, c'est que Zola ne se contente pas d'un sujet. Il rajoute toujours un autre élément. Avec "L'oeuvre", cet élément était la mélancolie de la vie et cela se transposait, entre autres, dans son écriture envoûtante. Mais ici, avec "La terre", il n'y a rien de plus que le sujet de la paysannerie, de la terre. Il manque une identité certaine à ce récit.

En plus, j'étais perdu dans ma lecture. Je commence à être habitué des classiques, ce qui facilite mes lectures. Mais pas avec "La terre". Peut-être un manque de concentration de ma part. Et par-dessus tout, j'ai trouvé que le bouquin manquait d'originalité. L'auteur enchaîne les scènes sans vraiment nous toucher.

Finalement, malgré le réalisme qui s'en dégage (un genre que j'aime bien), le manque total d'intrigue m'a déplu au plus au point. Par contre, l'auteur se nomme quand même Émile Zola. Donc, il sait écrire et nous nous rendons à la fin de l'histoire sans problème. Il a un don pour l'écriture. Mais avec "La terre", c'est la seule chose qu'on puisse dire. J'espère juste qu'il ne s'est pas essoufflé avec cette saga et que les prochains seront meilleurs. Voyons voir...

mardi 11 octobre 2011

L'oeuvre, Zola



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Camarade de jeunesse de Cézanne, ami et défenseur de Manet et des impressionnistes, Zola a résumé dans L'Œuvre toute son expérience du milieu et des problèmes de la peinture sous le Second Empire et les premières décennies de la IIIe République. Document de premier ordre sur ces «Refusés», ces «plein-airistes» que nous considérons comme les fondateurs de la modernité, L'Œuvre dit aussi la tragédie d'un homme, Claude Lantier, tempérament romantique hanté par des rêves d'absolu, le désir de «tout voir et tout peindre. Des fresques hautes comme le Panthéon ! Une sacrée suite de toiles à faire éclater le Louvre !» Mais, devant l'incompréhension de l'époque, l'absolu du rêve deviendra celui de la détresse, et Claude, qui a commencé comme Manet, aura la même fin que Van Gogh.

"L'oeuvre" est le roman de la maturité, selon moi. Le style d'écriture est mélancolique, envoûtant par moment, ce que je n'avais pas encore vu chez Zola. Plus on avance, plus le récit devient pessimiste et l'on s'attache au personnage principal, Claude Lanthier (le frère d'Étienne qu'on suivait dans "Germinal"). Le dénouement final est majestueux, surtout pour un nihiliste comme moi. "L'oeuvre" est profonde.

Par contre, il y a plusieurs longueurs qui m'ont particulièrement déplu. Même si l'écriture de Zola frise la perfection du début à la fin (c'est peut-être même le Zola le plus réussi sur ce point), on se demande souvent où l'on est dans l'histoire et l'intrigue est quasiment absente pendant tout le roman. C'est bien que Zola ait approfondi le personnage de Claude mais il n'y a rien de plus. Les autres personnages déçoivent le lecteur et les aventures des protagonistes sont plus ou moins intéressantes.

Donc, je ne sais pas si je le conseillerais aux lecteurs peu habitués des classiques. On y retrouve les bons côtés des romans du 19e siècle mais aussi, on y retrouve les moins bons, comme l'intrigue faible. La lecture devient vite ardue.

Finalement, j'ai bien aimé le côté mélancolique du roman et sur ce point, c'est réussi. De plus, ceux qui veulent en connaître plus sur le milieu de l'art du 19e siècle seront comblés.

samedi 1 octobre 2011

La joie de vivre, Zola



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Dans un petit village de pêcheurs des côtes normandes, Pauline Quenu, devenue orpheline, est recueillie par les Chanteau, auxquels elle se dévoue entièrement. Éprise de Lazare, le fils - double inquiet de l'écrivain -, elle se voue à son bonheur, malgré lui et au prix des plus grands sacrifices. Conçu par Zola comme une oeuvre « sur la douleur et la bonté », La joie de vivre, douzième volume des Rougon-Macquart, est un roman sur la mort, la disparition brutale des êtres ou l'étiolement de chaque jour. Marqué par un pessimisme à la Schopenhauer, c'est l'un des livres les plus personnels de l'écrivain.

C'est le livre de Zola qui m'a rejoint le plus (je les lis dans le bon ordre de parution). C'est le plus actuel, celui qui a le mieux maturé. Mais c'est aussi le plus intime, le plus personnel et le plus psychologique. Je dirais même philosophique, parce que le centre du roman est le philosophe Arthur Schopenhauer et tout gravite autour de son oeuvre. Le pessimisme est donc à l'avant-plan et c'est avec une touche d'ironie que l'auteur a intitulé son roman "La joie de vivre".

Je dis bien une touche d'ironie, parce que malgré la douleur physique, le mal de vivre et d'une façon plus générale la souffrance des personnages, il se dégage quand même un peu d'espoir. Les personnages deviennent épris, à différent degré, de la pensée de Schopenhauer. Mais celle qui semble le moins l'être, Pauline, est celle qui l'est le plus selon moi. Dans toute cette souffrance, elle trouve une certaine joie de vivre pour ne pas dire une joie de vivre certaine. Schopenhauer est un philosophe mal compris (parce que contrairement à ce que les gens en pensent, il n'est pas que pessimiste), et Pauline représente le plus sa pensée. Elle voit la lumière dans l'obscurité.

Donc, j'ose croire que Zola savait tout cela. Il a bien représenté à quel point on peut lire Schopenhauer de la mauvaise façon. Nietzsche a bien résumé la chose en disant qu'on ne peut être pessimiste et jouer de la flûte après le dîner (comme le faisait Schopenhauer). Avec ce bouquin, je crois que Zola est devenu intemporel. Très bien écrit mais sans véritablement d'intrigues, "La joie de vivre" est un de mes classiques préférés, notamment à cause de son caractère personnel et intemporel. Il parle de la douleur, entre autres, et ça, il y en aura toujours.

mercredi 21 septembre 2011

Pot-Bouille, Zola



Ma note: 6,5/10

Voici la quatrième de couverture : Zola est entré partout, chez les ouvriers et chez les bourgeois. Chez les premiers, selon lui, tout est visible. La misère, comme le plaisir, saute aux yeux. Chez les seconds, tout est caché. Ils clament : « Nous sommes l´honneur, la morale, la famille. » Faux, répond Zola, vous êtes le mensonge de tout cela. Votre pot-bouille est la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille. Octave Mouret, le futur patron qui révolutionnera le commerce en créant « Au Bonheur des Dames », arrive de province, et loue une chambre dans un immeuble de la rue de Choiseul. Beau et enjoué, il séduit une femme par étage, découvrant ainsi les secrets de chaque famille. Ce dixième volume des Rougon-Macquart, qui évoque la vie sous le Second Empire, montre ici la bourgeoisie côté rue et côté cour, avec ses soucis de filles à marier, de rang à tenir ou à gagner, coûte que coûte. Les caricatures de Zola sont cruelles mais elles sont vraies. Edition de Marie-Ange Voisin-Fougère.

Je suis déçu de ce roman de Zola, mais je m'y attendais. Passage obligé, car je commence la deuxième moitié des Rougon-Macquart. Je lui ai mis une note relativement correcte, parce qu'on y retrouve quelques perles de prose. Cet écrivain a un don certain pour l'écriture et même si je considère "Pot-Bouille" comme étant assez faible dans l'ensemble, le roman est parsemé de quelques phrases à couper le souffle tant la poésie de son écriture est forte.

Le principal défaut du roman est qu'il n'y a pas d'intrigue générale. On suit un descendant des Rougon (et aussi des Macquart) dans sa conquête de la bourgeoisie (et du capitalisme). Zola n'a pas eu une grande inspiration pour écrire ce livre et donc, il n'y a rien de bien consistant dans l'histoire. Les scènes s'enchaînent sans vraiment nous toucher. (Comme à peu près tous les classiques en littérature, le roman est écrit (et se divise) en scènes.)

Finalement, c'est peut-être une bonne introduction pour le prochain sur la liste, "Au bonheur des dames", mais sans plus. Le personnage principal, Octave Mouret, nous rappelle ses ascendants, par son appétit pour la richesse et la bourgeoisie en général. Par lui, Zola a voulu nous montrer l'hypocrisie des riches. Il y a des répliques judicieuses à ce sujet dans le roman. Mais j'avais hâte de passer au prochain, qui lui, est semble-t-il la meilleure critique du capitalisme qu'on puisse trouver en roman. C'est maintenant fait !

vendredi 16 septembre 2011

Le guérisseur de cathédrales, Philip K. Dick



Ma note: 8/10

Voici la présentation de l'éditeur: Joe Farnwright ne vit que par son métier. Homme ordinaire broyé par une société rigide et tyrannique, Joe recolle des morceaux de céramique, il guérit des objets avec un talent merveilleux. Hélas, arrive un jour où plus personne n'a besoin de ses services. Il sombre lentement jusqu'à ce qu'un message venu de l'espace donne un nouveau tournant à sa vie misérable.
Une entité extraterrestre souhaite l'engager, lui et d'autres individus venant des quatre coins de la galaxie, pour une entreprise titanesque : restaurer une cathédrale au fond de l'océan, sur une planète lointaine. Alors Joe n'hésite pas, il part et rejoint un étrange équipage. Cette créature pourra peut-être les sauver...

Le roman le plus humain de Philip K. Dick. On suit un personnage principal fort attachant, qui se cherche, qui est profondément humain. Trop humain comme le dirait Nietzsche. C'est certainement un livre à part dans l'oeuvre de K. Dick. L'âme y est, le désespoir, la recherche de sens, la blessure mais aussi la guérison. Le récit en lui-même est une métaphore de la condition humaine. Le tout traité dans un environnement de science-fiction. Mais évidemment, cet univers n'est qu'un prétexte. L'auteur voulait, selon moi, parler de l'humain. Faire abstraction de l'intrigue, de l'histoire, etc. Il voulait faire différent. Je crois même qu'il pensait que ce serait son dernier roman. (mais ce n'est pas son dernier, grand merci!)

Pas surprenant que l'écriture soit si poétique. Encore une fois, on peut dire que c'est rare chez Philip K. Dick. Aussi, les références aux grands écrivains parsèment le roman. Malgré une intrigue très mince (au milieu de l'histoire le personnage principal se voit confier une mission et c'est à peu près tout ce qu'on a comme intrigue), il se dégage de ce roman une ambiance mélancolique, profonde et ainsi, fort agréable pour les amateurs de littérature.

Cette édition de Folio nous offre la traduction la plus réussie des livres de K. Dick. Cela fait une quinzaine de romans de l'auteur que je lis et ce fut, pendant ces lectures, le point faible. Mais pas ici.

Alors, pour terminer, "Le guérisseur de cathédrales" ajoute encore plus de profondeur à une oeuvre de science-fiction déjà remarquable. Je me surprends même à espérer que ce que nous disait K. Dick dans "Ubik" soit vrai. Vous savez quand on pouvait y lire la phrase suivante : "Je suis vivant et vous êtes morts". Eh oui Philip, on souhaite que tu sois vivant.

mercredi 14 septembre 2011

Message de Frolix 8, Philip K. Dick



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Sur Terre, en l'an 2135, ce sont les Exceptionnels et les Hommes Nouveaux qui gouvernent - surdoués, technocrates et tyranniques. Et les Ordinaires obéissent, sans désespérer tout à fait... Ils se souviennent, en effet, de Thors Provoni, un Ordinaire comme eux, mais rebelle. A bord d'un vaisseau, il s'est échappé dans la galaxie, à la recherche d'alliés qui libéreront la Terre de l'oppression. Où est-il ? Vit-il encore ? Oui, un message clandestin circule : Provoni revient, mission réussie. Ce que le message ne dit pas, c'est que l'aide qu'il a obtenue est celle des Frolixiens, des créatures non humaines... Va-t-il avec eux sauver la Terre, ou la perdre ?

J'ai bien aimé ce roman de Philip K. Dick. Même si ce n'est pas son meilleur ("Ubik", "Le temps désarticulé" et "Coulez mes larmes, dit le policier" sont d'après moi ses plus puissants, et mes préférés), le récit de base, comme vous avez pu le lire en quatrième de couverture, est très original et fort intéressant. On embarque dès les premières pages et notre lecture se fait très rapidement, ce qui est généralement bon signe en littérature. La plume de l'auteur est davantage efficace que plusieurs autres de ses romans. Donc, on ne regrette certainement pas les quelques heures pour lire ce bouquin (même s'il est court, le roman est un des plus longs de l'auteur).

Quant à l'histoire, je l'ai perçu, plus le récit avançait, comme une métaphore de la religion chrétienne. Surtout en ce qui a trait à l'aspect du messie qui est attendu sur terre (il est joué par Provoni). Pour ce qui est de Dieu, il est fait mention dans le roman qu'il aurait été trouvé (physiquement, eh oui!) mais il y a des protagonistes qui réfutent cette théorie. Je ne vous en dis pas plus, à vous de lire le livre pour en savoir plus sur ces éléments religieux.

Finalement, ce fut une belle lecture. Souvent, avec K. Dick, il y a trop d'éléments de la science-fiction traités en peu de pages. On se perd, cela devient ardu et notre lecture en souffre. Ici, l'auteur a un peu épargné le lecteur. On est dans un monde contrôlé par des forces supérieures et tout tourne autour de ce fait. C'est réussi !

lundi 12 septembre 2011

Les clans de la lune Alphane, Philip K. Dick



Ma note: 6/10

Voici la quatrième de couverture: Chuck Rittersdorf est programmeur de simulacre pour le compte de la CIA, un travail médiocre et répétitif dont il s'accommode parfaitement. Ce n'est cependant pas le cas de sa femme, Mary, une brillante psychologue qui a décidé que son mari devait employer ses talents créatifs à de meilleures fins. Hélas, sa demande de divorce ne produit pas sur Chuck l'électrochoc espéré, initiant au contraire une longue et pénible déchéance qui le mène au bord du suicide. Sur le point de commettre l'irréparable, le programmeur commence alors à entrevoir la vérité : et si tout cela n'était que la partie émergée d'un terrible complot ? Quels liens existent entre la CIA, Mary, un fongus ganymédien, et les terribles clans de la lune alphane ?

Je vais être honnête, je n'ai tout simplement pas embarqué dans ce roman de Philip K. Dick (même si j'aime beaucoup l'auteur). En aucun moment l'histoire ne m'a pris aux tripes comme c'est souvent le cas avec lui. Le récit est inutilement complexe et malgré le style d'écriture (qui est particulièrement réussi), je n'ai à peu près rien compris de cette histoire de malades psychiatriques qui aboutissent sur la lune (et oui c'est bien la thèse de départ, des clans de malades qui habitent la lune).

Ces malades sont classés par différents troubles psychologiques, ce qui est à la base très original. Mais le tout est mélangé avec plusieurs autres idées de la science-fiction importantes pour K. Dick. Par exemple, on y retrouve les simulacres, les différents habitats autres que la terre, etc. On ne sait plus qui est qui et en plus, la CIA vient faire son tour dans l'histoire. Bref, tout pour porter à confusion. J'ai lu une quinzaine de romans de K. Dick et selon moi, celui-ci est le plus complexe. Pas complexe pour ce qui est de l'histoire en tant que telle, mais il est excessivement difficile à suivre.

Un autre point faible du roman est l'absence d'histoire et surtout, d'intrigues intéressantes. Tout au long de notre lecture on se fout éperdument de ce qui arrivera aux personnages et comment l'histoire se développera (ou aboutira). On nage en plein dans la science-fiction classique alors que moi, je préfère cet écrivain quand il est bien ancré dans la réalité mais avec une touche de science-fiction. Ici, pas du tout, on est les deux pieds dans ce genre littéraire. Je n'ai pas vu les thèmes habituellement bien exploités par l'auteur comme celui de l'identité, de notre perception de la réalité, etc.

Alors, pour finir, j'aime mieux oublier cette lecture le plus tôt. Je lui ai mis une note convenable parce que je crois que les vrais amateurs de la science-fiction traditionnelle sauront apprécier. Pour les autres : oubliez ça !

samedi 10 septembre 2011

Dr. Bloodmoney, Philip K. Dick



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Les bombes étaient finalement tombées. Malgré l'équilibre de la terreur, un jour un homme avait été assez fou pour appuyer sur le bouton. Cependant, dans ce coin perdu de Californie, la vie continuait : pour Bonny Keller que six ans d'analyse n'avait pas réussi à rééquilibrer ; pour Bruno Blugthgeldn l'un des responsable de la grande Carastrophe ; pour Hoppy, le pholclomèle, l'ancien bébé thalidomide... doté de pouvoir supranormaux. Elle continuait pour Walt Dangerfield, l'astronaute expédié vers Mars, mais dont la cabine s'était satélisée autour de la Terre. Là, à l'abris des radiations, il s'était transformé en une sorte de superdisc-jockey dont l'écoute était devenue une drogue pour tous les survivants. Mais peut-on réellement survivre dans un monde radioactif?

Voici un roman très différent des autres oeuvres de Philip K. Dick. On pourrait presque dire que c'est un "Dean Koontz", mais avec l'aspect thriller en moins.

Même le style d'écriture de l’auteur, dans "Dr. Bloodmoney", est quelque peu différent de ce qu’il fait habituellement. En effet, sa plume est plus subtile, les descriptions davantage appuyées. C'est le roman le plus littéraire que j'ai lu de cet écrivain. Il n'y a pas vraiment d'intrigue, en tout cas moins que dans ses autres romans et cette fois-ci, les personnages occupent presque toute la place. Habituellement, avec K. Dick, l'histoire (le récit et l'intrigue) passe avant tout. Mais pas ici.

Ensuite, le roman est une autre variation sur les thèmes de "l'après nucléaire" et "l'après-apocalypse" qui ont été traités maintes et maintes fois dans la littérature contemporaine. Je crois que "La route" de Cormac McCarthy remporte la palme. Ici, avec "Dr. Bloodmoney", on est très loin du chef-d'oeuvre qu'est "La route". Le style est bien entendu plus faible que celui de McCarthy et aussi, on est davantage dans la science-fiction avec des personnages plus loufoques les uns que les autres. Ça se lit bien mais sans plus.

Alors, pour terminer, je dois dire que j'aime mieux un Philip K. Dick qui reste dans ses propres standards de la science-fiction. La grande qualité de cet auteur est son imagination sans limite et ses intrigues intéressantes avec le paradigme de la science-fiction en avant-plan. Il a essayé de faire différent avec "Dr. Bloodmoney" et le résultat est plus ou moins bien réussi selon moi, même si plusieurs aimeront.

mercredi 7 septembre 2011

La brèche dans l'espace, Philip K. Dick



Ma note: 7/10

Voici la présentation de l'éditeur: Que peut faire un président des Etats-Unis, un président de race noire, face au problème de la surpopulation, alors que déjà plus de dix millions d’individus sont hibernés et que même l’avortement n’y pourvoit plus ? Il ne reste qu’un espoir : gagner, à travers les dimensions, un monde parallèle, un refuge enfin habitable. Mais comment ? Et à quel prix ? Et si, vraiment, les Terriens étaient de « trop » au sein de l’univers ? Indésirables ?

Ce roman de Philip K. Dick offre quelques belles pistes d'écritures, mais l'auteur semble avoir eu de la difficulté à les exploiter. Premièrement, la politique États-Unienne est très présente dans le roman et fait particulier, un futur Président noir en est un des personnages principaux. Il est confronté à une population en désespoir et on peut donc faire un rapprochement intéressant avec Barack Obama. Sauf que le roman a été écrit au cours des années 60 et qu'il est du genre de la science-fiction...

En plus de la politique, on retrouve les univers parallèles. C'est mon premier K. Dick qui traite de cet aspect fort intéressant de la science-fiction (intéressant, notamment parce qu'il est maintenant appuyé - tant bien que mal - par la théorie des cordes en physique). Je suis mitigé quant à la façon dont l'auteur a fait évoluer l'histoire. Il y a des éléments intéressants et bien décrits, dont la façon qu'ils découvrent la brèche pour pénétrer dans une deuxième planète terre, mais le tout se déroule beaucoup trop vite. Le roman est peut-être trop court. Mais une chose est sûre, c'est qu'on ne parvient pas à s'attacher aux nouveaux habitants et à la nouvelle planète en général. Comme on ne s'attache pas aux personnages du roman non plus.

Finalement, ce livre de Philip K. Dick jouit d'une bonne idée de départ mais est, par moment, mal exploitée. La politique n'avait peut-être pas d'affaire dans le récit. Je ne sais vraiment pas, mais je crois que l'auteur aurait gagné à écrire plus longuement sur la nouvelle planète. Ce n'est pas un échec, mais non plus une grande réussite. J'attends plus d'un auteur de génie comme lui.

lundi 5 septembre 2011

Le profanateur, Philip K. Dick



Ma note: 7,5/10

Voici la quatrième de couverture: Allen Purcell, communicateur, était chargé de faire respecter l'ordre moral à coups de feuilletons télévisés dans un monde de comité de quartier, de minuscules mouchards robots et de conformisme absolu. Il était un citoyen parfait. Le seul ennui pour lui et pour le Rémor, le Réarmement Moral, c'était qu'il avait le sens de l'humour. Profond, dévastateur, inconscient. Il y avait un trou dans son emploi du temps. Et la statue du Major Streiter avait perdu la tête. Dans ce roman qui aurait pu s'intituler L'imprécateur, Philip K. Dick, l'un des maîtres incontestés de la science-fiction américaine, introduit pour la première fois dans son oeuvre un humour grinçant et corrosif qui défonce la société et la réalité.

Contrairement à la plupart des romans de cet auteur (enfin, ceux que j'ai lu), "Le profanateur" démarre prodigieusement mais s'essouffle un peu par après. Le début est donc très bien, ce qui est rare avec K. Dick, mais ensuite, l'histoire devient banale et redondante et finalement, elle reprend de son lustre vers la fin. Les 20 dernières pages viennent sauver le tout.

On est dans une société totalitaire dans ce récit. Écrit en 1955, le livre est grandement actuel, parce que la société est contrôlée par d'obscures forces par l'entremise de la télévision. Rigides, les valeurs morales ont pour fonctions de crédibiliser le tout. Encore une fois, on est dans un roman proche de "1984" d'Orwell.

En plus, le personnage principal, comme dans "1984", se révolte contre cette société complètement fausse et artificielle (en référence aux États-Unis ?). Par moment, cette révolution est subtile et plutôt inconsciente. Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, ce sera intéressant de voir pour vous le développement qui suivra cette révolte.

Pour terminer, voici donc un Philip K. Dick plutôt moyen dans l'ensemble. L'idée de départ était très bonne mais malgré la brièveté du roman (c'est quasiment une novella), quelques longueurs viennent porter ombrage au tout. Pour une première approche de son oeuvre, je conseillerais plutôt "Ubik".