"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

mardi 26 mars 2013

La princesse des glaces, Camilla Läckberg



Ma note: 5,5/10

Voici la présentation de l'éditeur: Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’oeuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres –, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d’autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d’un peintre clochard – autre mise en scène de suicide. Au-delà d’une maîtrise évidente des règles de l’enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et – tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol – disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense. Camilla Läckberg, née le 30 août 1974, est à ce jour l’auteur de cinq polars ayant pour héroïne Erica Falck et dont l’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, port de pêche de la côte ouest en Suède, qui eut son heure de gloire mais désormais végète. En Suède, tous ses ouvrages se sont classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années, au coude à coude avec Millénium de Stieg Larsson.

J'arrive avec ma critique cinq ans en retard sur à peu près tout le monde. Ce roman marqua fortement les palmarès de ventes, en français, en grande partie à cause de sa couverture, très belle, qui rappelait la série Millénium de Stieg Larsson. Par contre, je dois dire qu'il est, de loin, moins bon que ce dernier, moins bien écrit, avec une histoire beaucoup moins intéressante et globalement, Camilla Läckberg a moins de talents que Larsson, sans aucun doute. De plus, Millénium apportait quelque chose de nouveau au genre thriller-policier avec une sociologie des pays scandinaves très étoffée. Cela faisait de Millénium quasiment un roman littéraire à part entière, alors qu'ici, avec "La princesse des glaces", premier d'une série de plusieurs volumes, on est tout simplement dans le policier et rien d'autre.

J'ai trouvé le roman assez décevant, même si je ne m'attendais pas à grand-chose. La narration et l'action du récit se déroulent d'une façon linéaire, on peut même découvrir le plan de l'auteure en le lisant, ce qui est mauvais signe. De plus, il y a une saveur "Chick lit" (pour ne pas dire "Shit lit") qui me lève le coeur. Ses descriptions de mascara, de vêtements, etc., sont pénibles à lire. Ces nombreuses descriptions sont superficielles, n'apportent rien à l'histoire. Le roman est trop long, comme à peu près tous les policiers contemporains.

Cependant, l'originalité du bouquin repose sur "l'enquêteuse". En effet, le personnage principal est un biographe d'écrivaines suédoises et forcé d'admettre que sur ce point c'est réussi parce que cela permet au roman de sortir un peu des sentiers battus, lui qui en avait bien besoin. C'est ce qui le démarque des autres romans policiers sur le marché littéraire. Un autre point intéressant (et on le retrouve aussi dans Millénium) est le drame familial qui se dévoile petit à petit au cours de notre lecture.

En conclusion, la fin réchappe un roman ennuyant au possible. Elle est bien ficelée, le fond de l'enquête tient la route, mais là où j'en ai le plus à redire c'est sur la forme. La plume de l'auteure est très ordinaire, convenue, prévisible. Les longueurs sont légion, et la structure repose uniquement sur des clichés que l'on retrouve dans le genre du thriller. L'auteure n'est pas très intéressante dans ses propos, dans ses descriptions, dans ses métaphores, etc. Bref, voici un roman policier que l'on peut facilement éviter !

mardi 19 mars 2013

Toute une histoire, Günter Grass



Ma note : 5,5/10


Voici la présentation de l'éditeur: Berlin, de 1989 à 1991, au moment de la réunification, observée par un couple digne de Cervantès : le grand et maigre Fonty, le petit et trapu Hoftaller. Le premier est né en 1919, a fait la guerre dans l'aviation de Goering comme journaliste correspondant de guerre, ensuite Il a été instituteur, puis conférencier littéraire en RDA enfin appariteur dans les ministères : un témoin. Mais il est aussi la réincarnation de Theodor Fontane, le grand romancier né un siècle plus tôt, dont il connaît par coeur les romans, les chroniques et la vie, et auquel il s'identifie jusque dans les détails de son existence privée. Hoftaller son " vieux compagnons " qui l'espionne sans désemparer, est sans âge et aussi vieux que la police politique : il traquait déjà le jeune Marx, il a connu la révolution de 1848, l'unification de 1871. la république de Weimar, il a travaillé avec la Gestapo, avec la Stasi : toujours au service de l'ordre. Il " tient " Fonty-Fontane, dont le libéralisme gauchisant a été suspect à tous les régimes, et qui a quelques peccadilles à se reprocher. Ce vieux couple infernal de l'intellectuel et de l'espion permet une vision stéréoscopique de l'histoire, récente et moins récente : un tableau cocasse et effarant, mais aussi nuancé, poétique et profond. Avec sa verve prodigieuse, doublée d'une minutie acerbe, l'auteur du Tambour donne ici le livre monumental qu'on attendait sur le grand tournant de cette fin de siècle. Il a valu à Günter Grass un extraordinaire déchaînement de critiques haineuses. C'est qu'il ne s'agit pas seulement de la réunification allemande, mais de l'effondrement des " socialismes réels " et du triomphe mondial du capitalisme libéral. Toute une histoire ! Toute notre histoire évoquée par un romancier de génie.

C'est peut-être toute une histoire, mais le résultat est très décevant. Pourtant cette histoire avait tout pour me plaire, je n'avais jamais lu de livres sur la réunification des deux Allemagnes, le sujet m'intéresse et je sortais d'une autre lecture de Günter Grass, "Les années de chien", que j'avais bien apprécié. "Toute une histoire" est écrit dans un style un peu plus conservateur et classique que "Les années de chien", mais on retrouve la forme satirique que l'auteur semble souvent utiliser. C'est une farce, une dénonciation politico-économique et en apparence, le roman est simple alors qu'il est d'une complexité extrême. J'étais perdu dans les méandres des chapitres la plupart du temps.

Günter Grass est très critique du capitalisme et il le démontre bien ici. Il critique les marques, les idioties du capitalisme. Ce roman nous montre le triomphe du néolibéralisme sur le communisme. Par contre, on ne peut pas dire que Grass encense le communisme, bien au contraire, mais il est davantage nuancé que les essayistes de la question. Grass est de toute évidence à gauche du spectre politique mais il ne tombe pas dans les extrêmes.

Ce roman est étrange. Certains passages rappellent le genre du réalisme, mais rien ne semble vraiment sérieux, parce qu'il glisse constamment vers l'allégorie, la satire. Les personnages sont tout aussi étranges, avec Hoftaller qui n'existe pas réellement, parce qu'il est davantage un fantôme à moitié réel et moitié imaginaire (si l'on peut qualifier un fantôme de réel). Il est une sorte de double miniature du personnage principal, Fonty, et il se fond en lui, en plus de le surveiller, de le suivre. Ces personnages nous échappent, le roman en entier nous fuit. La narration est à la première personne mais on la confond souvent avec la narration plus classique, celle de la troisième personne du singulier. Dostoïevski emploie souvent ce genre de narration, où le narrateur est effacé derrière un voile de mystère. Au fur et à mesure que le récit avance, on perçoit un peu plus clairement ce narrateur. L'arrière-plan du récit est la réunification des deux Allemagnes mais l'écrivain choisit plutôt de se tenir un peu à l'écart du sujet, de compliquer notre lecture, etc. Certains passages font penser aux contes de Dickens.

Donc, en conclusion, ce livre m'a laissé de glace mais je me suis amusé avec le narrateur, en jouant avec lui, en essayant de le découvrir. C'est, selon moi, la plus grande force du bouquin. Pour le reste, c'est relativement raté.

mardi 12 mars 2013

Les années de chien, Günter Grass




Ma note: 8/10


Voici la présentation de l'éditeur: Il était une fois... un chien. Il s'appelait Perkun et appartenait à un compagnon meunier de Lituanie qui avait trouvé du travail à l'embouchure de la Vistule. Perkun survécut et engendra Senta. Senta engendra Harras. Harras couvrit la chienne Thekla qui engendra Prinz. Et Prinz, offert pour son anniversaire au Führer et Chancelier du Reich, parut aux actualités. Quand trois hommes, deux femmes, et une lignée de chiens survivent à une avant-guerre, une guerre et une après-guerre, la chronique de leurs expériences prend une allure d'épopée.

Günter Grass est le prix Nobel de littérature de 1999 entre José Saramago et Gao Xingjian. C'est la première fois que je le lisais, je découvre donc un grand écrivain admiré des plus grands. Sa plume m'a frappée tout de suite, dès les premières pages. Elle est foisonnante, hermétique, érudite, parfois poétique et aussi, cruelle pour le lecteur. Elle est dense comme la plupart des écrivains allemands, parce que, notamment, cela fait partie intrinsèque de la langue allemande. Une cascade de mots. Son style, bien qu'éloigné du réalisme magique, m'a fait penser à Gabriel Garcia Marquez. Son style éclaté, sa poésie. Et comme Garcia Marquez, ce livre de Günter Grass est extrêmement difficile d'approche.

En effet, c'est un des romans les plus difficiles à saisir que j'ai lu. Il est divisé en trois parties. Dans la première, la plus difficile à lire, l'auteur fait un emploi fréquent de métaphores. Elle traite d'épouvantails, de chiens. On est dans l'avant-guerre, on sent une tension monter, l'ambiance est inquiétante. Dans la deuxième partie, le roman devient beaucoup plus intéressant. Cette partie est écrite sous forme de lettres, pour la cousine Tulla, la prose commence à nous éclairer sur l'horreur du nazisme. Cette partie est la plus facile, la mieux écrite, surtout pour un lecteur contemporain. Dans la troisième partie, on est dans l'après-guerre et Grass revient avec une forme un peu plus classique au début pour ensuite recommencer à jouer avec elle, à se jouer de nous. Si l'on a lu sur cette époque et sur ce thème (l'histoire du nazisme, Hitler, etc.) on peut saisir un peu mieux le propos, qui lui, est enveloppé d'un voile littéraire difficilement pénétrable.

L'auteur semble avoir une obsession pour les animaux, il s'en sert pour les métaphores, les allégories, les analogies, etc. Prenant une place tellement importante, on croirait par moments qu'ils remplacent les humains. Et avec le thème du nazisme comme point central, cela s'imbrique tout seul, en toute logique. Et à la fin de tout cela, ce qui reste, c'est que le chien du Führer est plus important à ses yeux que son peuple. Normalement, l'épouvantail chasse les oiseaux, mais ici, c'est le nazisme qu'il semble éloigner.

En conclusion, malgré les grandes qualités de ce roman, l'auteur reste tellement en périphérie du sujet que l'on en vient par lâcher prise, ou à tout le moins par s'ennuyer pendant de longs moments. C'est un énorme défaut qui porte ombrage sur ses qualités indéniables. La deuxième partie est de loin, selon moi, supérieure aux deux autres. Elle constitue un bon roman à elle seule. De  plus, les points de repère historiques sont nombreux et l'on est en plein dans la Deuxième Guerre mondiale. Dans la troisième partie, la paix revient et avec elle, les questionnements sur la philosophie, la métaphysique, l'étant, l'être, le non-être et Heidegger. Finalement, dans l'ensemble, je peux dire que c'est un bon drame en trois actes, écrit sous une forme littéraire éclatée au possible.

lundi 4 mars 2013

Le ravin, Joyce Carol Oates



Ma note: 5,5/10


Voici la présentation de l'éditeur: Weymouth, New Jersey. Agent immobilier le jour et photographe la nuit, Matt McBride semble heureux. Qui se douterait qu'il n'a pas oublié le cadavre atrocement mutilé de Marcey Mason, découvert jadis dans un ravin ? Aujourd'hui encore, il est certain c ce meurtre aurait pu être évité s'il avait été moins indifférent au charme de la jeune fille. Aussi, quand il apprend que son amie Diana Zwolle a récemment disparu, impossible ne pas lier les deux affaires. A croire que Matt porte malheur et qu'il a raison de se sentir coupable. Même s'il est innocent. Ce qui n'est pas évident à prouver. Surtout à la police, qui le soupçonne d'être le tueur qu'elle recherche. Comme expliquer que culpabilité et innocence sont parfois affaire de nuances ?

Joyce Carol Oates est une auteure américaine très réputée qui a remporté nombre de prix littéraires parmi les plus prestigieux. Mais elle n'écrit pas que des romans "littéraires". Parfois, sous le nom de Rosamond Smith elle écrit des thrillers. Et pour mes premiers pas avec cette auteure, j'ai décidé de commencer par un de ces thrillers. Je crois avoir fait une erreur. Elle n'impressionne pas vraiment, non plus par sa qualité stylistique, même si "Le ravin" est quelque peu supérieur à la moyenne des thrillers sur ce point. Comme tous les romans de ce genre, elle place l'écriture au service de l'histoire et de la mécanique du thriller.

Mais comme je le disais, le style d'écriture est un peu supérieur à ce qui se fait dans le thriller. Son écriture est un peu recherchée, avec de fréquentes références au grand poète William Blake et le tout devient assez noir et ténébreux. L'objectif de Joyce Carol Oates semble être d'introduire la poésie dans le policier, mais ce n'est pas très réussi. C'est un "page-turner" sans réel substance. Il y a un grand nombre de clichés dans ce roman. Par exemple, le livre est entrecoupé de chapitres où l'on suit un mystérieux personnage qui a toute apparence du meurtrier. En plus, celui qui nous est présenté comme étant NOM INCONNU était la risée de sa classe et il a eu une enfance difficile. C'est un artiste raté, il considère les femmes comme des objets, etc. Bref, c'est du déjà vu en littérature.

Le roman fait parfois penser à un scénario de film. Un peu comme James Patterson le fait. Comme avec les romans de Patterson, les personnages sont d'une minceur certaine, le roman est superficiel, même si au début on croit lire un thriller psychologique profond, pour se rendre compte ensuite que l'histoire devient une enquête comme la plupart des autres policiers. Aussi, l'enquête est menée par celui qui est soupçonné au départ et cela n'est pas très original non plus.

En conclusion, je ne peux dire que c'est un mauvais roman. Il souffre seulement des mêmes défauts que la grande majorité des autres thrillers. Un bon roman nous permet de saisir la musicalité de la prose, son rythme, etc., mais ici, comme tous les thrillers (ou presque), c'est l'histoire qui prime et donc, le style a pour objectif de raconter une histoire sans la beauté pour elle-même, sans avoir une démarche a priori esthétique. Pour le contenu, la quatrième de couverture le décrit assez bien. Et la fin, est-elle surprenante? Eh bien, le méchant meurt et le bon survit. C'est américain, est-ce que je vous l'avais dit?

samedi 2 mars 2013

Molloy, Samuel Beckett




Ma note: 9/10


Voici la quatrième de couverture: " Je suis dans la chambre de ma mère ". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : " Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement " (Jean Blanzat, le Figaro littéraire). L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur, En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett.

"Watt" m'avait déçu mais il en fut tout autrement pour "Molloy". C'est un chef-d'oeuvre. L'intrigue est simple. Dans la première partie, un homme, Molloy, qui est d'un pessimisme sans égal, s'enfonce, cherche sa mère sans trop en savoir plus, et décide de partir en forêt, se cacher de l'humanité sur sa bicyclette. Et dans la deuxième partie, un autre homme, Moran, est chargé de le suivre, de le surveiller. Deux chapitres, deux parties, écrites à la première personne, avec deux personnages sombres, qui, bien qu'ayant des rôles différents, sont en même temps semblables.

Le début du roman a de fortes ressemblances avec "L'étranger" de Camus. Le narrateur est perdu, fait référence à sa mère, et semble être pris dans un maelstrom psychologique. Ensuite, cela devient beaucoup plus ténébreux que "L'étranger". Ayant un style d'écriture proche de Camus, avec de petites phrases sèches, Beckett installe un climat angoissant où l'on pénètre dans la tête de Molloy et après, dans celle de Moran. Et c'est la plus grande force du roman. Malgré un style minimaliste et difficile d'approche, le climat de terreur nous parvient au plus profond de notre être. C'est un tour de force et en plus, Beckett n'écrit même pas dans sa langue maternelle ("Molloy" est écrit en français). Ce n'est pas pour rien qu'il a gagné le Prix Nobel de littérature en 1969 et il était considéré comme le plus grand écrivain vivant par le Pr Harold Bloom (dans les années 80).

Écrit sous forme de flux de pensées, tout se défait dans ce roman. Tout tombe en morceaux, surtout le langage, et cela est un exercice de style souvent employé par Beckett. C'est rare qu'un auteur n'écrive pas dans sa langue maternelle. Kundera s'est essayé avec plus ou moins de succès et Cioran, le grand nihiliste, l'a fait avec brio. Quant à Beckett, c'est réussi sur toute la ligne. Ce "Molloy" est le livre le plus ténébreux que j'ai lu après "Enfants de morts" de Jelinek. Un des mieux écrit aussi. C'est un peu l'écrivain qui met en fiction "De l'inconvénient d'être né" de Cioran. Beckett s'inscrit dans le courant de l'absurde (surtout son théâtre) mais ici je dirais qu'il est bien ancré dans la mouvance "nihiliste" théorisée en philosophie par Schopenhauer comme l'a bien décrit Nancy Huston dans son "Professeurs de désespoir". Les derniers écrivains de ce courant sont Michel Houellebecq et Linda Lê. Mais pour débuter avec ce genre bien précis, je vous conseillerais plutôt "Molloy".