"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 2 mars 2012

Tempête sur la ville, Maxime Gorki



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Okouroff est une petite ville de 7000 habitants, dans l'immensité de l'empire tsariste, endormie au bord d'une rivière. Sur une rive, vivent les commerçants et les notables. Sur l'autre, il y a le faubourg où s'entassent les pauvres et où l'on trouve le Paradis, le bordel de la ville. Deux rives, deux mondes antagonistes. Jacques Tiounoff, le borgne, est revenu dans la ville après une longue absence. Il tient des propos étranges qui inquiètent. Il parle de réformes, de liberté, d'un monde qui change, de révolution...Les policiers s'inquiètent, les esprits s'échauffent. Un meurtre est commis un soir au "Paradis" et on se bat dans les rues de la ville, en principe entre les partisans et les adversaires du meurtrier. En réalité, parce que réellement, deux mondes s'affrontent. Le tonnelier infatigable travaille quelque part et ses coups sonnent à intervalles réguliers. Boum-boum-boum. Comme tous les jours dans la petite ville. Et c'est un glas qui annonce d'autres tempêtes.

Au cours des dernières années, j'ai lu le plus possible les classiques russes, notamment Dostoïevsky, Tolstoï, Gogol et Boulgakov. En étudiant davantage l'histoire russe, un nom revenait sans cesse et c'était Gorki. Celui-ci était relié au réalisme socialiste et il était ami avec les bolcheviks de Lénine et ensuite de Staline. Je voulais commencer avec une de ses oeuvres majeures, "La mère", mais j'ai seulement déniché ce très court roman qu'est "Tempête sur la ville".

Tout d'abord, le style de Maxime Gorki m'a plu dès les premières pages. Il représente bien le style à mi-chemin des classiques et du roman contemporain. Par contre, ce n'est pas le plus original qu'on puisse trouver. Il est assez conformiste. Ensuite, le réalisme socialiste est bien ancré dans cette histoire où la révolution qui suivra n'est pas très loin (Gorki l'a écrit en 1910 et nous savons que la révolution russe, bolchevik, eut lieu en 1917). Marx est même évoqué dans le roman ainsi que Tolstoï (que Gorki a déjà rencontré soit dit en passant). Alors, tous les éléments pour en faire une histoire socialiste sont réunis.

Tout cela est bien beau, mais j'arrive maintenant au plus grand défaut de ce récit. Et c'est la brièveté du roman lui-même. Avec seulement 180 pages, l'auteur n'a pas le temps de bien développer son histoire. En plus, contrairement aux contemporains, les auteurs classiques prennent plus de temps pour les descriptions et pour placer l'intrigue, les personnages, etc. Ce qui en résulte en une sorte de bâclage, vers la fin. J'ai resté sur ma faim littéraire.

Alors pour terminer, est-ce que je peux dire que Gorki a sa place parmi les grands auteurs russes (mes préférés à l'international)? Fort probablement. Mais je reviens au défaut de ce roman. Je n'ai pas eu assez de temps avec l'auteur pour l'affirmer hors de tout doute. En plus, il est mal édité en français et donc, très difficile à trouver.

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