"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

samedi 29 octobre 2011

L'argent, Zola



Ma note: 7/10

Voici la quatrième de couverture: Pénétrer la Bourse, cette «caverne mystérieuse et béante, où se passent des choses auxquelles personne ne comprend rien» : tel est l'un des buts que se donne Zola en écrivant L'Argent (1891). Spéculation, fraude, liquidation, krach : l'épopée de la Banque universelle fondée par Saccard pourrait être l'histoire d'une grosse machine lente à s'ébranler puis formidable dans sa destruction, conduite par un poète du million qui la chauffe jusqu'à la faire éclater. Mais ici, l'argent ne se résume pas à la folie du gain. Du jeune Sigismond, disciple de Marx, à la princesse d'Orviedo, figure de la charité, le romancier esquisse une multitude de rapports à l'argent. Et fait apparaître celui-ci, au bout du compte, comme une incroyable force de vie : «Je ne suis pas de ceux qui déblatèrent contre l'argent, écrivait Zola. Je pars du principe que l'argent bien employé est profitable à l'humanité tout entière.»

C'est le 18e roman de la saga des Rougon-Macquart. C'est donc le 18e que je lisais. Avec celui-ci, Zola est sans pitié pour les riches, pour les banquiers plus particulièrement. Son socialisme se radicalise et encore une fois, il place Karl Marx au centre de sa critique du capitalisme. Mais contrairement à ses précédentes critiques, ici rien n'est subtile. Il dénonce la cupidité, l'arrogance et le côté pathologique des banquiers. L'argent et le profit à tout prix et rien d'autres est leur leitmotiv.

Mais ce que j'ai moins aimé du roman est l'absence de pluralité thématique. En effet, il commence le roman avec le thème de l'argent (comme l'indique son titre) mais j'ai constaté avec regret que ce sera le seul thème véritablement exploité. Après quelques centaines de pages, cela devient lassant par moment.

Aussi, "L'argent" m'a rappelé quelque peu "Son excellence Eugène Rougon" qui est, selon moi, son roman le plus faible. Ce qui n'est pas bon signe. Ce dernier avait par contre la politique comme sujet, mais comme c'est le cas pour "L'argent", il ne sortait pas de son thème principal. Il ne sortait pas des sentiers battus et c'est ce que je déplore avec "L'argent".

Les 20 dernières pages sont par contre exceptionnelles. La philosophie et la sociologie sont fortement appuyées par un lyrisme plus que magnifique.

Donc, pour terminer, malgré quelques grands défauts, "L'argent" est une lecture essentielle, surtout en 2011 avec le mouvement Occupy Wall Street. Ce qui en fait, d'après moi, le roman de Zola le plus actuel. Ceux qui pensent que la financiarisation de l'économie a débuté au 21e siècle en prendront pour leur rhume. Zola démontre bien, que plus ça change, plus c'est pareil. C'est peut-être cela la force de cette saga de 20 romans. Il m'en reste deux à lire. Alors, plongeons...

4 commentaires:

  1. Si vous êtes comme moi intéressé par Emile Zola et son œuvre, les Rougon-macquart, je vous invite à découvrir le site sur lequel je rends hommage à cet écrivain chef de file du courant naturaliste :

    www.emile-zola-les-rougon-macquart.fr

    Et bonne continuation pour votre blog, bien trop rare de nos jours.

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  2. Merci bcp,

    Je m'en vais y jeter un coup d'oeil.

    Jimmy

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  3. Inspiration ou défilé de la cavalerie?


    Bon, j’ai été très occupée ces derniers temps. Lorsque l’inspiration est présente, il faut la capter. J’ai toujours comparé l’inspiration à un défilé de la cavalerie qui suit son chemin. Imaginez que votre fenêtre est ouverte et que le défilé passe devant chez vous. Vous n’avez pas d’appareil photo, mais vous désirez vraiment partager ce que vous voyez avec un membre de votre famille qui sera là plus tard dans la soirée.

    S’il arrive dans la soirée, alors vous aurez encore les idées claires pour lui décrire ce que vous avez vu. S’il est en retard et qu’il arrive le lendemain, vous aurez déjà oublié plusieurs détails...

    ... À moins de les noter!

    Cette façon imagée de me représenter l’inspiration et m’a toujours aidé à me souvenir d’apporter un calepin avec moi en tout temps, afin d’y noter les précieuses petites parades qui passent (parfois rapidement) dans ma tête.

    Oui, j’ai été absente du web durant un moment, c’est comme ça. Mais aujourd’hui je prends une pause pour venir voir ce qu’il y a de neuf sur votre blog. Venir visiter votre site me détend les neurones, c’est ma pause café du jour. Merci d’écrire pour nous. J’aime me tenir au courant.

    L.G. M.

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