"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

vendredi 7 octobre 2011

Germinal, Zola



Ma note: 8,5/10

Voici la quatrième de couverture : Germinal est le récit d'une grève de mineurs sous le Second Empire, mais également de leurs souffrances et de leurs amours, de leurs révoltes et de leurs espoirs, de leur fraternité et de leurs dissensions.
Et si, dans ce treizième volume des Rougon-Macquart, Zola n'hésite pas à peindre au plus noir cette vie ouvrière, c'est qu'il souhaite conduire ses lecteurs de 1885 au sursaut nécessaire pour qu'advienne un avenir moins sombre. C'est ainsi l'espérance qui éclaire la fin du livre et que son titre annonce : dans le calendrier révolutionnaire, Germinal était le mois du printemps - celui du renouveau.

Après un roman intimiste et psychologique, "La joie de vivre", Zola nous revient avec une grande fresque sur la condition des travailleurs miniers sous le Second Empire. Comme avec son roman "Au bonheur des dames", "Germinal" est une critique acide du capitalisme sauvage. Un petit groupe de propriétaires et de dirigeants ont tout. Et les autres ont seulement la maladie, la pauvreté, la sueur, la mort. Ce qui est intéressant ici c'est le héros du roman, Étienne Lantier. Il est un descendant des Macquart. Très pauvre, il se fait engager comme manoeuvre pour ensuite se porter à la défense des miniers. Ce sont les premiers mouvements (la grève plus particulièrement) ouvriers (industriels) qu'a voulu dépeindre Zola. C'est une réussite totale et cette oeuvre est depuis longtemps le chef-d'oeuvre absolu de l'auteur. Le plus vendu, le plus lu, le plus commenté.

L'écriture de Zola est particulièrement bien rendue dans ce roman. Les descriptions amènent une ambiance inégalable, surtout au début du roman où l'on peut voir le grand talent de l'auteur. Le tout s'essouffle un peu vers la fin, parce que ce roman est un peu plus long que les autres Zola que j'avais lus. Mais ce petit défaut ne nuit aucunement à l'ensemble. Les personnages sont tous aussi intéressants les uns que les autres et on sent bien leur souffrance.

Avec ce livre, les syndicats avaient enfin un livre de fiction sur lequel ils pouvaient s'appuyer. Zola a été l'un des premiers auteurs à écrire sur les prolétaires et les pauvres. Ce roman le démontre bien. Aussi, il commente les découvertes de Darwin dans ce bouquin et fait des liens avec l'évolution humaine, la lutte pour la survie. Mais surtout, l'ombre de Marx est encore présente. Il ne connaissait pas son oeuvre mais il parle de Marx en tant que leader de l'International, un mouvement ouvrier qui sera le premier balbutiement du communisme en Europe. (Lénine et Trotsky en seront plus tard les principaux acteurs). Voici donc un Zola plus qu'intéressant. En fait, c'est un Zola essentiel!

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