"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 26 septembre 2011

Au bonheur des dames, Zola



Ma note: 8/10

Voici la quatrième de couverture: Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

C'est un très bon roman de Zola. Un de mes préférés des Rougon-Macquart jusqu'à présent. Habituellement, avec cet auteur, c'est la qualité de son écriture qui me fait vibrer mais ici, c'est sa critique du capitalisme moderne. Elle est juste et incisive. Je crois même qu'il ne se rendait pas compte à quel point elle serait encore d'actualité plus d'une centaine d'années plus tard. À travers un commerce pour femme, il décrit avec justesse ce qu'est devenue notre société. Un espace de marchandage.

Donc, tout y passe. La cruauté des grands magasins. Le désir de ceux-ci à devenir de plus en plus gros pour annihiler ceux qui osent se mettre sur son passage. On y voit aussi à quel point ces commerces sont sanguinaires, contre leurs employés, contre leurs clients, contre la concurrence, contre leurs fournisseurs. Contre le monde! C'est le Wal-Mart expliqué 100 ans avant sa création.

Zola explique aussi les moyens douteux pour attirer les clients et faire croître leur désir de consommation. Les rabais sur certains articles, les couleurs pour attirer l'oeil, la grandeur et la splendeur pour épater. Ses propriétaires en deviennent même mégalomanes, comme les affairistes qu'on connaît tous et qui sont bien présents dans nos sociétés.

Ce roman c'est aussi un peu le fétichisme de la marchandise de Marx expliqué par le beau style d'écriture de Zola (je sais que Zola ne connaissait pas ce concept à son époque.) En fait, ce roman nous apprend que l'époque de Zola n'était pas si différente de la nôtre.

Donc, pour terminer, je crois que ce doit être une lecture essentielle. Même si c'est une fiction, c'est en même temps une leçon sur le commerce en particulier et le capitalisme en général. Les personnages sont pris dans la tourmente de la consommation et celle de l'argent. Comme je le disais, plus ça change, plus c'est pareil!

2 commentaires:

  1. Merci pour votre blogue. Excellent article. J’aime votre plume.
    «Ce roman c'est aussi un peu le fétichisme de la consommation de Marx expliqué par le beau style d'écriture de Zola».

    Intrigant...Vous me donnez envie de lire ce roman. Merci pour le temps que vous avez passé à composer un résumé.

    J’aime bien votre blogue, je reviendrai vous visiter. Bonne continuité.

    P.-S. Écrire un roman demande de laisser son imaginaire prendre le contrôle de sa plume.

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  2. Merci à vous.
    Pour le roman, je dois dire que c'est quand même un classique et donc, très différent des romans contemporains. Donc je crois qu'il faut aimer les classiques à la base.

    Au plaisir de vous reparlez.

    Jimmy

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