"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." -Marcel Proust


"Je ne suis rien d'autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose." -Franz Kafka


"J'ai dit à la vie pratique un irrévocable adieu." -Gustave Flaubert

lundi 8 août 2011

Fahrenheit 451, Ray Bradbury



Ma note : 9/10

Voici la quatrième de couverture: 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Selon Wikipédia, une dystopie — ou contre-utopie — "est un récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur et contre l'avènement de laquelle l'auteur entend mettre en garde le lecteur." Voilà pour le genre qu'est "Fahrenheit 451". Cette définition explique très bien l'ambiance du bouquin, son but et ses visés.

Mais là où ce livre est particulièrement réussi, selon moi, c'est dans l'actualité du propos. Même s'il a été écrit en 1951, il est actuel comme pas un. Plus que "1984" d'Orwell (que j'ai adoré) et "Brave new World" de Huxley. Dans "Fahrenheit 451" on brûle les livres et cela conduit à une société très proche de la nôtre. Une société d'abrutis, d'insignifiants et qui, pour la plupart (en tout cas au Québec), ne lisent jamais de livres. Ils ne font que des choses soi-disant "utiles". Ils travaillent et ils s'amusent. Voilà ce qu'ils font. Mais comme dans ce roman, cela résulte en des conversations entres ces mêmes abrutis dénués de fondement, d'âme (oh voilà un mot qu'ils ne connaissent pas!) et de profondeur. Une phrase de ce bouquin m'a particulièrement marquée. Le contexte : une jeune fille rencontre le personnage principal et celle-ci voit un peu plus loin que les autres. Elle se met à écouter les gens dans le métro et un peu partout. Et elle lui dit : "Les gens ne parlent de rien". Elle lui raconte ensuite que les gens ne parlent que de leurs piscines, de leurs beaux vêtements qu'ils se sont achetés. En fait, elle a raison, les gens ne parlent de rien. Cela représente très bien notre époque, un enfer de débilité. Comme dans le roman, les gens dans notre société sont ridicules.

Bradbury dit qu'il y a plusieurs façons de brûler les livres. Je crois que la meilleure est de ne pas les lire.

Ensuite, la fin de ce roman est grandiose et elle est réussie sur toute la ligne. Mais je ne vous la dévoilerai pas.

En terminant, c'est la première fois que je lisais Bradbury et son écriture m'a laissé pantois. En effet, les métaphores sont légions, un peu trop même, et il diffère donc des autres écrivains de science-fiction. Cela peut devenir lassant sur le long terme mais par chance, le roman est court. Donc, il n'y a pas d'inquiétude à y avoir de ce côté. Et pour l'ensemble du roman? Une réussite!

4 commentaires:

  1. Bon, séduite par cet excellent commentaire, je m'empresse de me procurer de roman d'urgence !

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  2. Merci, mais c'est surtout le propos et la métaphore du livre qui m'a séduit. Parce que, point de vue littéraire, je crois que "1984" d'Orwell est meilleur.

    En tout cas, bonne lecture quand, mais je ne veux pas créer trop d'attente non plus.

    Au plaisir,

    Jimmy

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  3. héhé je l'ai lu assez récemment. un an peut etre.
    Livre bouleversant, inquiétant, saisissant.

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  4. En effet, t'as bien résumé ce livre. C'est à lire !!!

    Jimmy

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